Les ancêtres Bud Light de la semaine: les immigrants allemands

Une lectrice m’avait envoyé ce lien il y a deux  semaines… quand j’avais parlé de mes racines allemandes.

Je ne suis pas le seul à en avoir…

C’est pas mal intéressant à lire…

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Voici le texte…

LES IMMIGRANTS ALLEMANDS

PAR ANGÈLE GAGNON

«Ce sont des groupes de mercenaires allemands loués par la Couronne britannique de 1775 à 1783 dans le but de combattre la Révolution américaine. Trente mille sont venus et environ 1400 s’établissent au Québec à la fin des hostilités»1.

«Le premier décembre 1775, le général Richard Montgomery et ses Bostonnais entreprennent le siège de Québec et dans la soirée du 31 décembre 1775, par une tempête de neige, Montgomery se lance à l’assaut de Québec. Il est tué dans le combat à Foulon. Désorganisée, son armée se replit à Lévis ; sur la Butte-à-Neveu et dans le faubourg Saint-Roch à Québec. Le 5 mai 1776, Burgoyne, fraîchement débarqué à Québec, force les Bostonnais à lever le siège et à se replier sur Montréal. Dès l’automne 1775, les Américains avaient des espions dans la place pour recruter des collaborateurs»1.

C’est ainsi que des familles furent désunies entre frères et sœurs, cousins et autres degrés de parenté et entre voisins. Influencées par ces espions, ces personnes en venaient à se battre contre les leurs.

Voici quelques mercenaires allemands qui s’établirent dans la région.

Jean-André Eschemback

Jean-André Eschemback, de Levuda, diocèse de Wurtzbourg, Allemagne, se marie à Montmagny à l’âge de 28 ans le 8 août 1786 à Geneviève Deneau. Il est inhumé à Saint-Roch-des-Aulnaies le 2 juin 1821 à l’âge de 70 ans et son épouse à L’Islet en 1851 âgée de 88 ans.

Ces familles Eschemback étaient meuniers de père en fils, de Montmagny à Rivière-Ouelle. En effet, le père opère un moulin en ces lieux et André prendra la relève en 1814. Étienne, un autre fils, travaillera pour sa part au moulin de Saint-Roch-des-Aulnaies.

Le couple fondateur donnera naissance à dix enfants (trois à Montmagny, sept à Rivière-Ouelle) qui s’uniront aux Mignot, Massé, Saint-Pierre, Pelletier, Perrault et Lizotte, ce qui fera que plusieurs gens de la région en sont des descendants qui l’ignorent.

Un autre Eschemback, prénommé Georges, s’est marié à Montmagny en 1830 à Félicité Fournier. Existe-t-il un lien de parenté avec Jean-André ? C’est possible mais l’état actuel de nos recherches ne peut le certifier. À son mariage, il est nommé Avehkumback mais au baptême de ses huit enfants à L’Islet, on écrit Eschemback.

De plus, au mariage de sa fille Catherine, son nom est bien écrit Eschemback. Cette dernière épousera Michel Caron, commerçant domicilié à Chippanwa Falls, Ste-Marie, États-Unis.

Le baron Edmond-Victor Von Koenig

Le baron Von Koenig passa au Canada en 1776, dans les troupes auxiliaires allemandes. Il était lieutenant-chirurgien et commandé par le baron de Riedesel. Il obtint son congé en 1783 et eut la permission de rester au pays.

Il se marie vers 1787 à Marie-Louise Jean en secondes noces, sa première femme se nommant Marie-Céleste Bourguignon. Il vient demeurer à L’Islet où seront baptisés ses enfants qui s’allieront aux familles Bernier, Simpson, Gagnon, Fonjamy et Gauvin.

Le baron décéda à L’Islet le 19 juillet 1833 âgé de 83 ans. Parmi ses descendants, nous en retrouvons au collège de L’Islet qui deviendront des pilotes et des capitaines de navires.

Le destin de cette famille est très proche de celle du fameux capitaine J.-Elzéar Bernier. En 1859, Charles-Frédérick, petit-fils de l’ancêtre, achète de Thomas Bernier, père de J.-Elzéar, une maison à L’Islet.

Le fils de Charles-Frédérick, Charles, est l’héritier de cette demeure et il se marie à Caroline Fortin la même année que le capitaine Bernier. Ils sont tous deux cousins et navigueront ensemble quelques fois. Son épouse devait voyager à l’occasion avec son mari puisqu’elle décède en 1886 lors d’un accouchement pendant un voyage. L’enfant survit et est prénommé Pacifique. Il héritera des biens avec sa soeur Délima et sera télégraphiste en 1918.

Au cours des expéditions que fait le capitaine Bernier dans l’Arctique, nous retrouvons des Koenig jusqu’à l’expédition de 1910 avec l’ingénieur-chef John V. Koenig.

Friedrich Wilhem Oliva

Une autre famille allemande s’allie aux Couillard avec Friedrich Wilhem Oliva, chirurgien-major dans les Brunswickers. Cette profession était bien représentée car son régiment et celui de Hesse pouvaient compter sur trente-cinq de ces «spécialistes».

Ce métier était indispensable car les troupes allemandes eurent leur lot de blessures et de maladies comme le scorbut, la petite vérole ou la dysenterie.

C’est cet homme qui vaccina le futur auteur Philippe Aubert de Gaspé, alors âgé de cinq ans. Ce dernier écrivit dans ses mémoires que sa mort fut une perte irréparable pour la ville de Québec (où il s’était installé en 1792) car les bons médecins étaient une denrée rare.

La famille Shink

Nous avons peu de renseignements à leur sujet. Jacob ou Jacques Shink, Allemand, fils de Nicolas et Marguerite Cultamine, se marie à Saint-Charles de Bellechasse le 9 novembre 1761 à Madeleine Vallière. Six enfants du couple s’uniront aux Hayot, Couture, Côté, Rouillard et Godbout à Saint-Gervais et Saint-Charles de Bellechasse. Les générations suivantes contracteront alliance avec les Leclerc, Nadeau, Richard, Laliberté, Rousseau, Sylvestre et Laflamme entre autres.


PHOTO : Gilles Boileau
À la quatrième génération, Napoléon vient se marier à L’Islet avec Philomène Théberge en 1865. Il y demeure quelques années mais le baptême de son dernier enfant indique qu’il demeurait à ce moment au Cap Saint-Ignace et qu’il y exerçait le métier de forgeron. Auparavant, soit de 1866 à 1876, sept enfants avaient été baptisés à L’Islet. Plusieurs représentants de cette famille sont allés s’établir dans la Beauce et au Kamouraska.

Les Fitzback

Charles Fitzbach dit Didienne, âgé de 22 ans, de la paroisse de Saint-Nicolas de Luxembourg, diocèse de Trèves, en Allemagne, se marie à Montréal en 1759 à Marie-Julie Haoussery, 23 ans, fille de Michel Haoussery et de Marie-Catherine Ganilles de Philipbourg, en Allemagne. En troisièmes noces, il épouse, à Saint-Michel de Bellechasse, Geneviève Nadeau en 1795.

Parmi les principales alliances, nous retrouvons les Hudon à Saint-Jean-Port-Joli en 1798, les Jean à Kamouraska en 1820, les Bard et les Martin à Rivière-Ouelle, les Gendreau, Bernard et Fortin à Montmagny en 1840, les Bélanger à Rivière-du-Loup en 1855 et 1931 et les Dionne à Cacouna en 1906.


Marie-Josephte Fitzback
(Archives du bon-Pasteur de Québec).
De l’union de l’ancêtre avec Geneviève Nadeau naquit Marie le 16 octobre 1806. Mariée à François-Xavier Roy, marchand de Québec, en 1828, elle deviendra veuve quatre ans plus tard avec trois filles à sa charge. Au service du curé de Saint-Gervais en 1840 elle deviendra directrice de l’Asile Sainte-Madeleine de Québec après la mort de ce dernier, institut qui portera le nom de Asile du Bon Pasteur de Québec. En 1856, Marie prononcera ses voeux de religion et devient Mère Marie du Sacré-Coeur, «fondatrice et première Supérieure des servantes du coeur Immaculé de Marie du Bon Pasteur de Québec»2.

Les Lindner, Nickner et Dickner

Johann-Christopher Lindner, de Fonder-Lhausen, comté de Schwartzbourg, Allemagne, se marie à Saint-Roch-des-Aulnaies en 1786 à Madeleine Hautin et il épouse en secondes noces Madeleine Perrault à Sainte-Anne-de-la-Pocatière en 1789. À ce moment, il est âgé de 26 ans.

Les descendants s’unissent aux familles Castonguay, Voyer, Joncas, Moreau et Sirois. Nous retrouvons plusieurs membres de cette famille sous le nom de Dickner dans la région de Rivière-du-Loup – Témiscouata.

Les Berger

Frédérick Wilhelm Nunberger, originaire de Hesse-Cassel, en Allemagne, arrive au Canada en 1776 sous le commandement du général von Riedesel. Il se marie à L’Islet en 1787 à Euphrosine Gaudreau. Pour ce faire, il avait dû abjurer le luthéranisme comme bien d’autres de ses compatriotes. Pour sa part, cet événement eut lieu le premier mai 1784 dans l’église de L’Islet devant le curé Jacques Panet.

Parmi ses descendants, qui deviendront des Berger, nous en retrouvons mariés aux Gagné, Fortin, Bernier, Kirouac, Lemieux, Talon et Ménard de L’Islet et du Cap Saint-Ignace. D’autres se dirigeront à L’Isle-Verte, Rimouski ou Trois-Pistoles et seront les ancêtres de certaines branches des familles Michaud, Rioux, Dastous et Ouellet.

Les Vignola ou Fiola

Joseph Vignola, baptisé en 1756 en Allemagne, se marie à Geneviève Guyon/Després de Saint-Michel de Bellechasse.

Par la suite, nous retrouvons parmi leurs descendants dans le Bas-du-Fleuve (Rimouski, Bic, etc.) des représentants des familles Proulx, Choret, Lepage, Rouleau, Gagné et bien d’autres.

Les Frève

François Froebe, fils de l’archiduc Germain Froebe et de Louise Rupelle, est né en 1759 à Mulhausen en Alsace. Enrôlé de force dans le régiment d’Anhalt, il réussit avec quatre compagnons dont Dickner, Phristern et Hurst à fuir la frégate Delight ancrée près de Rivière-Ouelle en 1780.

Recueilli par Antoine Lizotte, il s’engage chez Joseph Francoeur, cultivateur de Sainte-Anne-de-la-Pocatière et par la suite s’engage sur le bateau de Jean-Baptiste Pelletier qui fait du cabotage sur le fleuve Saint-Laurent.

Abjurant le 2 janvier 1786, il épouse Marie Dépau le 20 février suivant et reconnaît son fils, Joseph-François, né le 10 janvier 1784.

Les Harton

Félix Harton, fils de Hans et Angélique Martin, d’Anhalt, Weilbourg, Allemagne, épousera Angélique Gauvin le 10 janvier 1785 à Saint-Roch-des-Aulnaies.

Sept enfants contracteront alliance à Saint-Roch ou à La Malbaie avec les Pelletier, Robinson, Bergeron, Robitaille, Brisson et Saint-Pierre.

C’est une des familles de souche allemande les plus représentées sur la Côte-du-Sud.

Cette compilation se veut un bref résumé des principales familles de souche allemande dans la région. Comme toute compilation, elle est toujours sujette à complément et les recherches se poursuivent à cet effet.

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  1. Jean-Pierre Wilhelmy, Les Mercenaires allemands au Québec, Beloeil, Maison des Mots, 1984. 331 p. 
  2. Alain Laberge et al., Histoire de la Côte-du-Sud, Québec, I.Q.R.C., 1993, p. 286.

Source : Le Javelier, Vol. X, No 2, Mai 1994, pp. 7-9.

Fascinant n’est-ce pas…