Un petit spécial d’Halloween: Le sous-marin Subway

Un petit spécial du chef ce matin…

Si vous avez lu mon article de lundi dernier sur Scholastique Lauzon, vous vous êtes sûrement demandé…

Diantre, comment lire toute l’histoire du sous-marin Subway qui se trouve sur son ancien blogue…

Non?

En tout cas, just in case, j’y ai pensé pour vous…

L’histoire du sous-marin Subway est toujours d’actualité et toujours aussi drôle.

Je l’ai récupérée dans mes fichiers.

Sous-marin Subway

L’ancêtre Labatt de la semaine: Gilles Lauzon

J’aurais bien aimé vous parler de l’ancêtre Neveu, mais il n’est pas dans la liste des ancêtres Labatt…

Probablement un amateur de Bud Light…

Quoi qu’il en soit, voici l’ancêtre de Scholastique Lauzon.

Gilles Lauzon est l’ancêtre de plusieurs personnes qui résident à Sainte-Anne-des-Plaines.

Il est aussi l’ancêtre de Michel Lauzon qui est celui qui m’a donné des photos et des renseignements sur la famille Neveu.

Il les a obtenus d’une descendante de la famille Neveu qui habite aux États-Unis.

Maxime Neveu a marié Scholastique Lauzon, fille d’André Lauzon et Justine Guernon (Grenon).

Ce sont les personnes âgées au centre de la photo d’hier…

Maxime et Scholastique sont avec leur fille qui est avec son mari et ses quatre enfants.

C’est écrit au verso de la photo, mais je dois débroussailler tout ça.

Bon, je vais arrêter de vous niaiser…

Toute cette histoire a commencé en août dernier.

Un Américain du Michigan m’avait mis un commentaire sur la version anglaise de mon blogue.

Il me disait qu’il était un descendant de Maxime Neveu et Scholastique Lauzon.

Hello!
I am looking for information about Scholastique Lauzon. I know that she married Maxime Neveu and had a daughter in 1851 in Sainte-Anne-des-Plaines named Leocadie Neveu.

I gave some more information if you think you can help me out.

Thanks,
Sam
Michigan, USA

J’avais commencé à l’aider en cherchant des informations sur le site des mormons.

Pis là, quelqu’un d’autre m’a écrit la semaine dernière.

Ça, je vous en parle demain, car je n’écris plus autant qu’avant.

Je me contrôle même si c’est difficile.

Ça, je vais en parler uniquement sur ma version anglaise…

Scholastique Lauzon et les recensements

Scholastique serait née en 1825 selon le recensement canadien de 1851 qui a eu lieu en 1852. On la retrouve avec son mari Maxime Neveu…

1852
Neveu, Maxime   Cultivateur    Bas-Canada   Catholique   Ste-Anne-des-Plaines   38   M
Lauzon, Scholastique Bas-Canada  Catholique  Ste-Anne-des-Plaines  27  F
Neveu, Seuphronie    Bas-Canada  Catholique  Ste-Anne-des-Plaines  10  F
Neveu, Edwidge    Bas-Canada  Catholique  Ste-Anne-des-Plaines  7  F
Neveu, Jules    Bas-Canada  Catholique  Ste-Anne-des-Plaines  4  M
Neveu, Damase   Bas-Canada  Catholique  Ste-Anne-des-Plaines  3  M
Neveu, Léocadie   Bas-Canada  Catholique  Ste-Anne-des-Plaines  1  F

C’est le 25 octobre 1841 qu’elle se marie avec Maxime Neveu.

Cliquez sur l’image.

Elle célèbre donc aujourd’hui son 169e anniversaire de mariage.

On sait très peu de choses sur Scholastique. On n’a même pas de photos.

Elle a laissé par contre des traces de sa vie, et je les ai retrouvées… dans les recensements et les registres paroissiaux.

Mais je ne suis pas seul à chercher des traces…

On s’en reparle lundi prochain.

Une belle histoire d’une petite fille d’un petit village au sud des Pays d’en Haut.

Pour une fois que je ne vous monte pas de bateau…

Mercredi… Vue du pont

L’ancêtre Labatt de la semaine : Jean Ménard Vive L’amour

Si votre patronyme est Ménard, ceci pourrait vous intéresser sauf que…

Il y a d’autres souches du patronyme Ménard…

En voici une autre qui a laissé sa marque dans l’histoire…

Régiment La Sarre

Colonel : marquis de Montpouillan, nommé le 24 février 1747.
Le 2ème bataillon s’embarque avec d’autres troupes à la Rochelle en mai 1755 pour passer au Canada. Il y sert sous les ordres du marquis de Montcalm. (voir le commentaire de Claude Jean)

Le 14 août 1756, La Sarre participe au siège du fort de Chouaguen et de tous les forts environnants. En Août 1757, il prend part à la prise du fort George, notamment en ouvrant une tranchée le 4 . La garnison du colonel Monroe se rend le 9 août.

Le 8 juillet 1758 a lieu un violent combat qui oppose les troupes de Montcalm, de l’ordre de 8000 hommes, au corps expéditionnaire du général Abercombry, ne comprenant pas moins de 20 000 soldats. La Sarre défend les retranchements du fort Carillon et contribue à l’échec de l’offensive ennemie.

Le 13 septembre 1759, à la bataille du Québec, le bataillon occupe en partie l’aile droite de l’armée française.

Le 25 avril 1760, sous les ordres du chevalier de Lévis, La Sarre contribue à la victoire de Sainte Foy, et se distingue particulièrement par l’attaque d’un moulin retranché dont il reste maître. Mais l’arrivée de la flotte de Lord Colleville contraint les Français, trop affaiblis, à lever le siège de Québec, aux mains des Anglais.

Après la chute de Montréal en septembre 1760, le régiment est reconduit en France par la flotte britannique.

Résumé de l’histoire du régiment La Sarre, de ces uniformes et drapeaux.

Liste des militaires du régiment La Sarre.

Source : http://alain.lorange.pagesperso-orange.fr/gen/montcalm.htm

Jean Ménard Vive L’amour était un soldat de ce régiment.

Il a combattu les Anglais sur les Plaines d’Abraham.

Un de ses descendants ira combattre les Allemands à Dieppe.

 

Cliquez ici.

Cliquez ici maintenant…

Vive l’amour et non la guerre…

Cinq ans, ça se fête

Ma petite cousine éloignée de France m’avait écrit le mois dernier.

En fait, elle a écrit à tout le monde qu’elle connaissait…

Aujourd’hui 22 septembre 2010, nous fêtons les 5 ans de notre site !

Bonne fête Migrations… 

Merci à tous ceux qui sont là et ont été là, pour nous encourager, nous aider de tout leur cœur et bénévolement. sans eux ce site ne serait pas le même.

Merci à vous, qui venez nous visiter régulièrement, merci de vos mots mis sur le livre d’or ou vos mots écris directement ! Votre plaisir, votre joie de retrouver un ancêtre est notre plus belle récompense !

 Chaleureusement, Jocelyne Nicol et Bernard Quillivic

Elle fête le 5e anniversaire de son site Migrations.

Si vous ne le connaissez pas, alors vous manquez quelque chose…

Cliquez ici…

Si votre ancêtre était un ancien soldat du régiment Carignan Salières, alors son site va vous épater. Si votre ancêtre est une Fille du Roi également.

Les deux… C’est encore mieux.

Jocelyne et son mari Bernard m’épatent toujours…

André  Minier Lagassé Soldat

Huguenot, originaire de la paroisse Saint Martin de l’ile de Ré

Ref: Claire Lambert et Yves Landry "Programme de recherches sur l’émigration des français en N.F" (Prefen)

Mignier dit Lagassé ou Lagacé, André :

Fils de Michel Mignier et de Catherine Masson, baptisé en avril 1651 à la Chapelle-du-Bois, Île de Ré, Charente Maritime; Poitou Charentes.( Aunis ).

Il prend pour épouse à Québec le 23 octobre 1668 (Cont. 7, Not. Becquet)  Jacquette Michel veuve de Jacques Gardin (Jean pour Jetté) et fille du roi, née vers 1637 au bourg de Sainte-Catherine-de-La Flotte, Île-de-Ré, arrondissement de La Rochelle en Aunis, apportant des biens estimés à 100 livres.  Elle était la fille de feu Jacques Michel et de Jeanne Dupont.  Au recensement de 1681, il résidait au village de Saint-Joseph, près de Bourg Royal et possédait un fusil, trois bêtes à cornes et 15 arpents de terre en valeur. Jacquette Michel décède le 28 novembre 1710 à Rivière-Ouelle.  Lui décède le 21 novembre 1727 au même endroit.  Ménage établit à Rivière-Ouelle. (6 enfants)

Tang, 1, 432; Jetté, p.812-813; Drouin, vol.2, p.952; Dumas, p.299; Landry, p.348; Sulte, Hist. 5, p.82 (2); R.M. Le régiment de Carignan, p.107; DBAQ, t.3, p.440; Langlois, p.515)(Duquet, 3 août 1666, Langlois, p.515) 

 

Michel  Jacquette Ile de Ré 03/07/1668

La Nouvelle-France Née vers 1637

décédée le 28/11/1710 100 livres de dot

Jacquette Michel veuve de Jacques Gardin (Jean pour Jetté) et fille du roi, née vers 1637 au bourg de Sainte-Catherine-de-La Flotte, Île-de-Ré, arrondissement de La Rochelle en Aunis, apportant des biens estimés à 100 livres. 

Elle était la fille de feu Jacques Michel et de Jeanne Dupont

1 mariage

Minier André dit Lagacé ou Lagassé

Huguenot, originaire de la paroisse Saint Martin de l’ile de Ré

Ref: Claire Lambert et Yves Landry "Programme de recherches sur l’émigration des français en N.F" (Prefen)

Fils de Michel Mignier et de Catherine Masson, baptisé en avril 1651 à la Chapelle-du-Bois, Île de Ré, Charente Maritime; Poitou Charentes.( Aunis ).

Il prend pour épouse à Québec le 23 octobre 1668 (Cont. 7, Not. Becquet)  Jacquette Michel veuve de Jacques Gardin (Jean pour Jetté)  Au recensement de 1681, il résidait au village de Saint-Joseph, près de Bourg Royal et possédait un fusil, trois bêtes à cornes et 15 arpents de terre en valeur.

Jacquette Michel décède le 28 novembre 1710 à Rivière-Ouelle. 

Lui décède le 21 novembre 1727 au même endroit. 

Ménage établit à Rivière-Ouelle. (6 enfants)

Tang, 1, 432; Jetté, p.812-813; Drouin, vol.2, p.952; Dumas, p.299; Landry, p.348; Sulte, Hist. 5, p.82 (2); R.M. Le régiment de Carignan, p.107; DBAQ, t.3, p.440; Langlois, p.515)(Duquet, 3 août 1666, Langlois, p.515)

Soldat du Régiment, Cie Berthier

Si vous lisez mon blogue religieusement, vous savez que saint Frère André avait un ancêtre qui faisait partie du régiment de Carignan…

Cliquez ici…

Besset dit Brisetout, Jean: (appelé aussi Bellestre)
Né vers 1642 , de la ville de Cahors, 46000; Lot; Midi-Pyrénées (Quercy) .  Il fut confirmé au fort Chambly le 20 mai 1668. Nous ne connaissons pas le nom de ses parents.  Il prend pour épouse le 3 juillet 1668 au fort de Chambly (Cont. 3 juillet 1668, Not. Adhémar),  Anne Le Seigneur, fille de feu Guillaume Le Seigneur et de Madeleine Sauvé, de la paroisse Saint-Maclou, Ville de Rouen; 76000; Seine-Maritime; Haute Normandie.  Elle fut baptisée au même endroit, le 1er mars 1649.  Tanguay écrit par erreur que les parents de cette fille, étaient Jean Seigneur et Jeanne Godaillon.  Jean Besset décède à Chambly le 5 janvier 1707.  Son épouse décède le 4 juillet 1733 au même endroit. Ménage établi à Chambly. (10 enfants)
(Tanguay, vol.1, p.49, 546;  Jetté, p.97;  Dumas, p.333;  Landry, p.370;  Sulte, Hist. vol.5, p.74(2);  Sulte et Malchelosse: Le Fort de Chambly, p.21 et 53;  Not.Adhémar 3 juillet 1668 et 14 octobre 1673;  DBAQ, t1, p.181;  Langlois, p.230-231)

Jean Bessette dit Brisetout

Jean Bessette dit Brisetout est né vers 1642 en Guyenne, en France.

Il était un soldat du régiment de Carignan, de la compagnie La Tour.

Il maria Anne Seigneur (ou Le Seigneur ou Leseigneur…) le 3 juillet 1668.  Le contrat de mariage fut signé en présence du notaire Antoine Adhémar St-Martin le 3 juillet 1668.

Il mourut le 5 janvier 1707 et fut inhumé le 7 à Chambly.

Jean Bessette dit Brisetout est l’ancêtre du frère André, canonisé hier par le pape Benoît XVI.

 


Alfred Bessette

BESSETTE, ALFRED, dit frère André, frère convers de la Congrégation de Sainte-Croix et figure charismatique, né le 9 août 1845 dans la paroisse de Saint-Grégoire (Mont-Saint-Grégoire, Québec), fils d’Isaac Bessette et de Clothilde Foisy ; décédé le 6 janvier 1937 à l’hôpital Notre-Dame-de-l’Espérance de ville Saint-Laurent, Québec.

Pour en savoir plus… et encore plus.

Alfred Bessette est le neuvième enfant d’une famille de 13 (dont 4 morts en bas âge). Il est si frêle à sa naissance que le curé le baptise, le lendemain, « sous condition ». À l’automne de 1849, Isaac Bessette vend sa propriété de Saint-Grégoire et achète une terre à neuf milles de là, au sud-est, à Farnham, près de la rivière Yamaska. Le père de famille, pauvre, exerce divers métiers : menuisier, charpentier, tonnelier et charron. Le 20 février 1855, un arbre qu’il abat lui tombe sur la poitrine et le tue. Désormais seule avec ses enfants, Clothilde assure leur éducation chrétienne et leur transmet la dévotion traditionnelle à la sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph. Restée sous le choc de la mort de son mari, elle dépérit et meurt de tuberculose le 20 novembre 1857.

Alfred a 12 ans. Il est recueilli par sa tante maternelle Marie-Rosalie et son mari Timothée Nadeau, qui résident à Saint-Césaire. Il suit des leçons de catéchisme, puis reçoit la confirmation de Mgr Jean-Charles Prince, premier évêque de Saint-Hyacinthe, le 7 juin 1858. Sa pauvreté et sa santé fragile expliquent la brièveté de ses études ; il ne saura que signer son nom et lire les caractères imprimés. Pour gagner sa vie, Alfred transporte des matériaux de construction. Quand l’oncle Nadeau, en 1860, part chercher de l’or en Californie, le maire de Saint-Césaire, Louis Ouimet, accueille l’adolescent pour travailler dans la ferme. Alfred exerce ensuite divers métiers à Farnham, à Saint-Jean (Saint-Jean-sur-Richelieu), à Waterloo et à Chambly. En 1862, de retour à Saint-Césaire, il est apprenti boulanger et cordonnier. Ces multiples expériences de travail n’améliorent pas son état, lui qui ne digère rien, disent des témoins, mais qui prie toujours. D’ailleurs, depuis sa tendre enfance à Farnham, Alfred a des comportements qui inquiètent son entourage : malgré sa santé fragile, il se prive de dessert et porte à la taille une ceinture en cuir avec des pointes de fer. Ses stations de prière à genoux sont longues, fréquentes et intenses : on le trouve les bras en croix, devant un crucifix, à l’église, dans sa chambre ou dans une grange.

Dans l’espoir d’y trouver un travail adapté à sa constitution, Alfred prend le train pour la Nouvelle-Angleterre en octobre 1863. Des milliers de compatriotes attirés par la prospérité du pays y ont déjà émigré, et parmi eux, des frères, des sœurs et des connaissances d’Alfred. Le jeune homme de 18 ans, qui a peine à supporter le travail en usine, alterne les emplois dans des filatures de coton avec le travail dans des fermes. Il est embauché au Connecticut (Moosup, Putnam, Hartford et Killingly), au Massachusetts (North Easton) et au Rhode Island (Phenix). Réservé de nature, Alfred, épuisé après sa journée de travail, s’enferme dans sa chambre et prie.

Après avoir cherché sans succès pendant quatre ans un emploi qui lui convienne, Bessette revient au Canada en 1867 et s’installe à Sutton, où vivent sa sœur Léocadie et son frère Claude. Il retourne bientôt à Farnham. Le prêtre de l’endroit, Édouard Springer, l’engage pour prendre soin du cheval, du jardin et des gros travaux du presbytère. Quand il change de cure en 1868, Bessette retourne à Saint-Césaire chez Louis Ouimet ; ce dernier, témoin de sa piété, en parle à son curé, André Provençal. Interrogé sur son désir d’entrer en religion, Alfred invoque son ignorance. L’abbé Provençal calme ses réticences en l’assurant qu’il trouvera dans la Congrégation de Sainte-Croix, à laquelle il confie en 1869 la direction d’un collège dans sa paroisse, le climat de prière dont il a besoin, tout en se rendant utile.

Le 22 novembre 1870, Bessette se présente au collège Notre-Dame, à Côte-des-Neiges (Montréal), où la Congrégation de Sainte-Croix vient d’installer son noviciat. Le mois précédent, le curé Provençal a écrit une lettre de recommandation au maître des novices, Julien-Pierre Gastineau, lui disant qu’il envoyait un saint à sa communauté. Le 8 décembre, le pape Pie IX déclare saint Joseph patron de l’Église universelle. Avec un autre postulant, Bessette prend l’habit religieux le 27 décembre, ainsi que le nom d’André, en l’honneur du curé Provençal. On lui confie la fonction de portier du collège, qu’il exercera jusqu’à la mi-juillet 1909. Il doit aussi assurer la propreté des lieux, faire les courses, donner l’aumône aux pauvres. Il fait de plus office de barbier et d’infirmier auprès des collégiens malades, s’occupe du courrier, du transport des colis des élèves, qu’il accompagne parfois les jours de promenade. En 1872, les supérieurs de la congrégation hésitent cependant, en raison de sa mauvaise santé, à l’admettre à la profession religieuse. Après une conversation avec Mgr Ignace Bourget – celui-là même qui a fait venir la congrégation au pays [V. Joseph-Pierre Rézé* ; Jean-Baptiste Saint-Germain] -, l’évêque de Montréal rassure le frère André. Peu après, le nouveau maître des novices, Amédée Guy, le recommande en disant : « Si ce jeune homme devient incapable de travailler, il saura au moins bien prier. » Admis à prononcer ses vœux temporaires le 22 août 1872, le frère André fait sa profession perpétuelle à 28 ans et 6 mois, le 2 février 1874.

Parmi les visiteurs que le frère André accueille au collège se trouvent des personnes qui confient leur maladie à ses prières. D’autres l’invitent à les visiter à la maison. Le religieux prie avec eux ; il leur remet une médaille de saint Joseph, celui à qui il voue une dévotion particulière, quelques gouttes de l’huile d’olive qui brûle devant la statue du saint, dans la chapelle du collège, et leur conseille de s’en frictionner avec confiance. Des personnes, de plus en plus nombreuses, se mettent à déclarer avoir été guéries ou soulagées de cette manière. Le premier récit connu, celui de Désiré-Michel Giraudeau, dit frère Aldéric, qui rapporte sa propre guérison ainsi que celle de plusieurs autres personnes, est publié à Paris en 1878, dans les Annales de l’Association de Saint-Joseph. La réputation de thaumaturge et de sainteté du petit frère – il mesure à peine plus de cinq pieds – se répand de bouche à oreille. La direction du collège finit par s’inquiéter du flot croissant des visiteurs. Des parents, des confrères et même le médecin de l’établissement dénoncent aux autorités religieuses et sanitaires de la ville la présence de malades à proximité des élèves. Certains qualifient le frère de charlatan, de vieux graisseux… Autour de 1900, on demande au frère André de recevoir les malades dans un abri construit en face du collège, à l’arrêt du tramway, pour les parents des élèves. Il amène ses visiteurs prier devant une statue de saint Joseph qu’il a installée dans une niche sur le mont Royal. Le terrain, acquis en 1896 par le collège Notre-Dame, a été nommé parc Saint-Joseph ; la partie du bas sert à la culture et celle du haut fait office de lieu de récréation. Le frère André nourrit le projet d’y ériger une chapelle à saint Joseph. Avec l’appui de ses amis – les vœux de plusieurs d’entre eux ont été exaucés après avoir prié avec lui -, il finit par obtenir l’autorisation de la construire. La direction du collège et l’archevêque de Montréal, Mgr Paul Bruchési, précisent toutefois que les frais engagés seront à la charge des demandeurs. Grâce aux dons offerts spontanément, en argent ou en nature (par exemple des statues, des vases, des vêtements liturgiques, une cloche), le sanctuaire primitif est inauguré le 16 octobre 1904.

De 1905 à 1908, la cérémonie du jeudi de l’Ascension et la procession de septembre marquent l’ouverture et la fermeture de la saison des pèlerinages. Après s’être réunis à plusieurs reprises en 1907, les zélateurs de l’oratoire Saint-Joseph se constituent en comité le 9 septembre 1908, sous le nom de comité de l’oratoire Saint-Joseph de la Côte-des-Neiges. L’afflux des pèlerins est tel qu’on devra augmenter les dimensions de la chapelle à quatre reprises de 1908 à 1912. Chaque fois, la générosité populaire permettra de payer les travaux rubis sur l’ongle. Le comité existe jusqu’à la mi-juillet 1909 ; à partir de ce moment, les autorités du collège Notre-Dame assument l’administration de l’oratoire, dont le frère André devient alors le gardien. Une association pieuse, la confrérie de Saint-Joseph du Mont-Royal, est constituée officiellement par Mgr Bruchési le 21 novembre 1909. Des laïques, hommes et femmes, amis du frère André et bienfaiteurs de l’œuvre, en font partie et sont convoqués par le recteur de l’oratoire, le supérieur provincial Georges-Auguste Dion, pour une heure de prière à trois heures de l’après-midi, le troisième dimanche de chaque mois. C’est l’occasion de rendre compte des affaires du sanctuaire : lettres reçues, intentions recommandées, guérisons obtenues, renseignements divers sur le développement et les activités de l’œuvre. À partir de 1910, le frère André a un secrétaire pour répondre au courrier qui lui est adressé.

En 1912, on organise le conseil de l’oratoire Saint-Joseph, formé de trois prêtres et de trois frères de Sainte-Croix, dont le frère André. La revue mensuelle les Annales de Saint-Joseph – destinée à répandre la dévotion à saint Joseph et à faire connaître les œuvres de l’oratoire et les missions de la Congrégation de Sainte-Croix au Bengale, tout en faisant écho aux préoccupations sociales de l’époque – commence à paraître à Montréal la même année. Une édition anglaise verra le jour en 1927. Une équipe de religieux s’emploie à la rédaction des articles et des chroniques ; des auteurs de choix, tels Félix Leclerc*, Guy Mauffette, Alfred DesRochers*, Françoise Gaudet-Smet [Gaudet*], Marie-Antoinette Grégoire-Coupal, apporteront par la suite leur collaboration, ainsi que les illustrateurs Edmond-Joseph Massicotte, Jacques Gagnier* et Gui Laflamme. La revue paraît encore au début du xxie siècle et s’intitule l’Oratoire. De 3 600 en 1912, le tirage sera de 122 000 exemplaires en 1932.

L’affluence au sanctuaire continue d’augmenter. En 1913, sous la pression des laïques et avec l’encouragement de Mgr Bruchési, un projet de basilique, dont les plans sont dessinés par les architectes Alphonse Venne et Dalbé Viau, est mis en branle. L’argent nécessaire pour financer la construction de la crypte, soit 80 000 $, est déjà amassé grâce aux dons des fidèles. Les travaux commencent donc dès 1914 et l’inauguration de la crypte – première étape du projet – a lieu le 16 décembre 1917. En moins d’un an, le sanctuaire, qui peut accueillir 1 000 personnes assises, se révèle cependant trop petit. Le nombre de visiteurs s’accroît encore au cours des années 1920, pendant lesquelles le sanctuaire devient, selon la volonté de l’archevêque et de son coadjuteur, Mgr Georges Gauthier, le cœur des activités religieuses de l’archidiocèse. Des associations de toutes sortes – mouvements sociaux, syndicats catholiques, congrégations – prennent l’habitude d’y faire des pèlerinages et des rassemblements qui attirent des milliers de personnes. Dans les paroisses et les établissements d’enseignement, on organise des visites annuelles à l’oratoire.

Les visiteurs ne viennent plus seulement de la province de Québec, mais aussi de l’Ontario, du Nouveau-Brunswick, de l’Ouest canadien, et des États-Unis. Le frère André les reçoit chaque jour de neuf heures du matin à cinq heures de l’après-midi. Le soir, des amis le conduisent en auto chez des malades qui ne peuvent se déplacer. Une seule personne ne suffit plus pour répondre aux quelque 200 à 300 lettres qu’il reçoit quotidiennement ; on met en place un secrétariat. En 1920, le frère André institue la tenue, chaque vendredi soir à huit heures, d’une heure sainte à la crypte, bientôt suivie d’un chemin de la croix ; ces soirées de prière attirent des centaines de fidèles. L’idée de réparation que proposent les autorités religieuses pour contrer la menace du socialisme et du communisme, ainsi que les guerres en Europe, donne lieu à diverses initiatives laïques. À compter de 1926, par exemple, Édouard-L.-H. Barsalo organise un pèlerinage à pied pour assister à la première messe de chaque année à l’oratoire ; des centaines, puis des milliers de personnes répondent à l’appel.

Dès 1915, les supérieurs du frère André lui permettent de prendre un peu de repos deux fois par année ; il en profite pour aller visiter des parents et des amis à Sutton, à Saint-Césaire et à Québec, mais également aux États-Unis (surtout en Nouvelle-Angleterre) et en Ontario (Toronto, Sudbury et Ottawa). Sa réputation de saint et de thaumaturge le précède. Les chefs de gare annoncent sa venue et les gens se pressent à sa descente du train, à la porte des hôtels ou des presbytères où il est hébergé. C’est chaque fois l’occasion de guérisons que relatent les journaux locaux. Il revient toujours avec les offrandes données en reconnaissance des faveurs obtenues. La population réclame de plus en plus la poursuite du projet de basilique ; en 1927, Mgr Georges Gauthier autorise une souscription pour recueillir la somme nécessaire. En attendant, on continue d’aménager le terrain et d’y construire des chemins et des aires de stationnement, d’y ériger des lieux de services.

Les merveilles qui s’accomplissent à l’oratoire Saint-Joseph suscitent l’intérêt des journaux, surtout anglophones. En 1922, George Henry Ham, lobbyiste pour la Compagnie du chemin de fer canadien du Pacifique, publie dans le magazine Maclean’s, de Toronto, un reportage qu’il a rédigé après avoir visité le religieux et rencontré des personnes qu’il aurait guéries. Le texte suscite un tel intérêt qu’il donne immédiatement lieu à la parution, à Toronto, de la première biographie du frère André, The miracle man of Montreal, aussitôt traduite par Raoul Clouthier et publiée à Montréal sous le titre le Thaumaturge de Montréal. La même année, Arthur Saint-Pierre* reçoit le mandat d’écrire l’histoire du sanctuaire ; l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, paru à Montréal, connaîtra plusieurs rééditions.

Après avoir montré beaucoup de réticence au sujet de son projet, les supérieurs du frère André ont fini par se laisser gagner par la sincérité, la simplicité et la conviction de celui qui, pour étayer sa cause, ne s’est réclamé d’aucun miracle ni d’aucune vision, mais seulement de sa dévotion à saint Joseph. À cette ferveur particulière s’ajoutaient l’amour de Dieu, la fréquentation de l’Évangile, ainsi qu’un culte à la sainte Famille et au Sacré-Cœur. À ses amis intimes, il racontait la Passion avec une telle émotion qu’ils en étaient remués et transformés. Avec eux, il priait et faisait le chemin de la croix. À tous, il demandait de prier. Parmi ceux qui l’ont accompagné assidûment figurent Jules-Aimé Maucotel, qu’il appelait son conseiller, et qui a activement collaboré à l’organisation des cérémonies, Azarias Claude, riche commerçant qui est devenu son bras droit et son chauffeur, Joseph-Olivier Pichette qui, après avoir été condamné par son médecin à une mort prochaine à l’âge de 25 ans, attribuait sa guérison aux longues prières avec le thaumaturge.

Plusieurs années avant sa mort, le frère André était déjà la figure emblématique de l’oratoire Saint-Joseph. Son charisme, sa figure souriante – toute ridée et respirant la bonté -, son humour simple savaient gagner les plus indifférents. Il faisait preuve de discernement auprès de ses visiteurs, mais aussi d’une charité sans bornes : il accueillait tous ceux qui se présentaient, sans égard à leur condition sociale ni à leur religion. Même s’il aimait rire, il avait des moments d’impatience, surtout quand on lui attribuait le mérite des faveurs obtenues : «  n’est pas moi qui guéris. C’est saint Joseph, disait-il alors en pleurant.

Alfred Bessette est mort le 6 janvier 1937. Son corps a été exposé à l’oratoire – auquel on a permis l’accès jour et nuit – jusqu’au 12 janvier. Un premier service funèbre a eu lieu à la cathédrale de Montréal, puis un deuxième à l’oratoire Saint-Joseph. Plus de un million de personnes sont venues de partout pour lui rendre hommage, pour le pleurer et pour prier auprès de lui. Le frère André a été déclaré bienheureux le 23 mai 1982 par le pape Jean-Paul II.

Denise Robillard

La bibliographie la plus complète sur le frère André se trouve dans Étienne Catta, le Frère André (1845-1937) et l’oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal (Montréal et Paris, 1965). Dans Denise Robillard, les Merveilles de l’oratoire : l’histoire de l’oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, 1904-2004 (Montréal, à paraître), nous la mettons à jour en y ajoutant des titres parus pendant les 40 dernières années. Pour des renseignements supplémentaires, le lecteur consultera la biographie la plus récente du frère André : Laurent Boucher, Brother André : the miracle man of Mount Royal (Montréal, 1997).

Arch. nationales du Québec, à Montréal, CE604-S11, 10 août 1845.- Le Devoir (Montréal), 7 janv. 1937.

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