Tout un commentaire

Un peu de lecture intéressante pour toi Réal…

Nos ancêtres

De Bernard Pageau…

Je découvre votre site aujourd’hui, à la faveur d’une vérification de routine de certaines données de mon arbre généalogique. J’ai fait une recherche sur Benjamin Sabourin et Angélique Mallette, pour le bénéfice d’une parente dont la mère était descendante de ce couple. Je suis moi-même arrière-petit-fils de Blanche Sabourin, du côté paternel. Mais elle est d’un lignée différente de celle de Benjamin.  Voici le fruit de mes recherches, en date du 6 mai 2010 :  » La biographie de Benjamin Sabourin est incertaine, car la plupart des documents historiques qui en auraient étayé les principales dates sont introuvables, probablement perdus, voire même inexistants, comme le formulaire du recensement de 1852 dans lequel aurait été inscrite sa famille.

Toutefois, plusieurs faits tendent à prouver que Benjamin n’est nul autre que cet Antoine Sabourin, né le 29 janvier 1813, à Vaudreuil, et baptisé le lendemain à l’église de La-Visitation-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie…

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Gardien de leur mémoire – Adolphe Groleau, photographe

C’est un des commentaires laissés par Réal Lavergne…

photo-de-groupe-avec-automobile-vers-1918

Gardien  de  notre  mémoire…
(collection Réal Lavergne)

La photo a été prise par Adolphe Groleau. Le frère des autres Groleau sur la photo. Il a été photographe au début du 20e siècle et on reconnait ici sa mise en scène. C’était des gens formidables. Je suis un peu le gardien de leur mémoire.

Réal  Lavergne  

adolphe-groleau

Adolphe Groleau, photographe
(collection Réal Lavergne)

fiche-adolphe-groleau

Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire – Potasse et le sel d’ammoniaque

Luc Lépine, historien militaire, partage ses recherches…

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Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire

Juin 2014

Colligés par Luc Lépine, auteur de Le Québec et la guerre de 1812

couverture

Table des matières
1. L’émeute de Lachine (publié  le 14 août)
2. Conflagration à la Pointe-Claire (La Presse 22 mai 1900) (publié  le 21 août)
3. Le téléphone (sera  publié  le 28 août)
4. La carrière de Pointe-Claire (publié  le 4 septembre)
5. Évolution de la population de la population de Pointe Claire (publié  le 11 septembre)
6. Le régime seigneurial (publié  le 18 septembre)
7. Potasse et le sel d’ammoniaque (publié  le 25 septembre)
8. La milice à Pointe-Claire (sera  publié  le 2 octobre)
9. Inventaires des biens : Que retrouvait-on à Pointe Claire au XIXe siècle?  (sera  publié  le 9 octobre)
10. Loyalistes à Pointe-Claire  (sera  publié  le 16 octobre)
11. Les « voyageurs » et la traite des fourrures  (sera  publié  le 23 octobre)
12. La Voirie et le Voyer  (sera  publié  le 30 octobre)
13. Les hôtels  (sera  publié  le 6 novembre)
14. Le docteur John-Augustus-George Meyer (sera  publié  le 13 novembre)
15. Recensement de 1889 fait par le curé de Pointe Claire (sera  publié  le 20 novembre)

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7. Potasse et le sel d’ammoniaque

Les premières industries de Pointe-Claire, sous le régime britannique à la fabrication du sel d’ammoniaque et de la potasse.

Dans le premier quart du XIXe siècle, on comptait près de cinq cents potasseries et ” perlasseries ” au Bas-Canada. Le sel ammonium provenait avant 1700 du Levant et d’Égypte où on l’extrait de la cendre de fumier de vache, mélangée à du sel marin. Il a cependant une odeur répugnante. Mais dans les colonies britanniques, on a trouvé d’autres moyens de les produire. Ce sel vient par pains plats circulaires plus grands qu’une assiette épais de 3 ou 4 doigts et disposés dans leur épaisseur en cristaux droits comme des colonnes. Son utilisation était pour faire reluire le métal. On sait qu’en 1769, John McAndrew possède une manufacture de sel d’ammoniaque à Pointe-Claire et qu’il passe un contrat avec le tonnelier du village, Jacques Spénard.

Potasse

On découvre qu’en Amérique du Nord, les cendres contiennent un plus grand pourcentage de potasse pure que dans les régions de la Baltique, d’où la demande constante et stable de ce produit. La potasse sert à épurer le sable dans la fabrication du verre. Elle est également utilisée dans certains procédés chimiques, telle la solidification des couleurs sur le coton imprimé. La potasse est habituellement expédiée vers Montréal dans de grands barils de 227 kg (500 lbs). Donc, il faut avoir un approvisionnement de tonneaux. Les représentants des fabriques de potasse se déplaçaient et achètent les cendres que les agriculteurs ont conservées. Il est intéressant de noter que la potasse est un produit qui n’est pas soumis aux taxes seigneuriales.

Pour fabriquer de la potasse, il faut d’abord se procurer de la cendre de bois franc récupérée dans les poêles mais surtout sur les lieux du défrichement des forêts. En prévision du passage du ramasseur de cendre, les gens accumulent ce résidu dans un baril généralement placé dans une petite cabane située loin des bâtiments, au cas où des charbons encore ardents mettent le feu.

On se sert de grands chaudrons dans lesquels on chauffe l’eau qui sert à ébouillanter la cendre. Ceci a pour effet de produire de la potasse que l’on appelait « Salt », ou salin. Ce produit est donc obtenu en faisant bouillir de la lessive de cendre de bois jusqu’à la consistance voulue. Une fois refroidi, ce résidu prend alors l’aspect du verre concassé et peut se garder dans les auges de bois ou des paniers. On l’appelle également perlasse du nom anglais Pearl Ash.

Cette cendre ébouillantée produit aussi le ” lessi ” qu’on ajoute à des corps gras, des carcasses d’animaux, des intestins récupérés lors des boucheries. On procède à la cuisson du savon, en ajoutant du lessi, de l’eau, de la résine et du sel. Une fois cuite, cette préparation donne une partie de savon jaune et une autre brunâtre. Les femmes s’en servaient surtout pour faire le lavage de la lingerie de la maison et parfois des vêtements.

En 1792, on sait que David McKay possède une manufacture de postasse au coin des rues Sainte-Anne et Saint-Louis. Cette même année, ses biens sont vendus à l’encan. On retrouve alors un fourneau, une chaudière, une cuve et autres apparats et ustensiles pour la production de la potasse. Dans le recensement de 1825, on sait que James Glassford est le propriétaire d’une manufacture de potasse dans le village.

***

Pour en savoir plus…

http://www.histoireforestiereoutaouais.ca/b12/

Extrait

Le pionnier peut se contenter d’entreposer les cendres dans des tonneaux pour les échanger à une potasserie. En retour, les propriétaires de la fabrique lui fournissent de la farine, du porc salé ou d’autres produits essentiels. En 1831, on dénombre deux potasseries dans le canton de Hull, une dans les cantons de Templeton et de Buckingham, trois dans celui de Lochaber et cinq dans la seigneurie de la Petite-Nation2. Mais la solution la plus payante pour le pionnier est de s’équiper pour fabriquer sa propre potasse et sa propre perlasse et de les revendre sans intermédiaire.

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Je sais c’est qui…

james-franco

Je reconnaissais le visage de l’acteur mais j’ignorais son nom. Comme quoi la généalogie a une certaine utilité…

La généalogie en a aussi une autre…

Réécrire l’histoire.

Le très beau site du Comité du Patrimoine de Ripon en est un bel exemple. Je leur ai écrit ceci.

Bonjour,

Mon nom est Pierre Lagacé. Je suis un généalogiste amateur. Dans mes recherches je suis tombé par hasard sur votre site. Vraiment un beau travail que votre comité a fait pour préserver l’histoire de Ripon.

Je n’ai aucun lien avec Ripon sauf que cette page a attiré mon attention à cause du patronyme Mignier dit Lagacé.

http://www.patrimoineripon.com/patrimoine_familial.html

Un petit paragraphe indique ceci.

La famille d’Ignace Mignier-Lagacé habite un chantier de bois rond sur le lot 7. Ignace, cultivateur (41 ans) son épouse (38 ans) ont sept enfants dont l’âge varie de 15 à 1 an: Noé, journalier, Salomon, Philomène, David, Alexandre, Jos et Napoléon.

Puis ceci un peu plus loin…

Nous n’avons pas de données précises en ce sens pour la famille Mignier-Lagacé qui ne sera que de passage. La famille Boismenu retournera sans doute dans l’Est ontarien. Aucune donnée n’est disponible pour les Cyr, les Rhéaume, les Beauvais…

Mes recherches me prouvent que cette famille n’a pas été que de passage à Ripon.

Le patronyme Mignier-Lagacé s’est transformé au fil du temps en plusieurs variances : Mignier, Minier, Migné, Lagassé, Lagacé et également Meunier. Jos Mignier Lagacé est devenu Joseph Meunier qui a marié Valérie Marcoux. On retrouve cette famille dans le recensement de 1911 à Ripon.

Voici le lien…

http://automatedgenealogy.com/census11/View.jsp?id=110514&highlight=17

17 68 Meunier Joseph M Chef M avril 1846 65

18 68 Meunier Valérie F Epouse M mars 1865 46

19 68 Meunier Vitalien M Fils C juin 1885 25

20 68 Meunier Laurenza F Fille C juin 1891 19

21 68 Meunier Donat M Fils C juin 1893 17

22 68 Meunier Louis M Fils C avril 1895 15

23 68 Meunier Ubalda F Fille C fév. 1899 12

24 68 Meunier Lucien M Fils C juin 1903 7

25 68 Meunier Ovila M Fils C avril1908 3

Voici une capture d’écran où on voit que deux fils d’Ignace et Françoise, Napoléon et Damase (né vers 1856), célibataires, sont les voisins de leur frère Joseph.

capture-dans-le-courriel-1901

On retrouve aussi la famille dans le recensement de 1901.

Voici le lien…

http://automatedgenealogy.com/census/SurnameList.jsp?surname=Meunier&subdistrictIndex=6179

Et une capture d’écran… où on voit Françoise Filiatrault l’épouse d’Ignace Mignier dit Lagacé

capture-dans-le-courriel-1911

Je voulais juste vous signaler ceci. Vous pouvez ajouter une note à votre page si vous voulez.

En terminant Joseph Meunier et Valérie Marcoux sont enterrés dans le cimetière avec leur fille Rosanna et leur fils Lucien.

Voir pièce jointe

pierre-tombale-joseph-meunier

Pierre Lagacé

Ah oui? Ça m’intrigue…

photo-de-groupe-avec-automobile-vers-1918

Qui sont les deux jeunes filles assises derrière Ovila Richer?

Cette vieille photo est sur le blog de Réal avec cette description…

J’ai inscrit des détails sur la photo, mais je vous donne quelques noms ici: à l’arrière de la voiture, de gauche à droite: Joseph Groleau le père (correction: je crois que c’est Benjamin Richer), les enfants de Joseph Groleau et Valentine Richer: Florestine Groleau, Florida Groleau, en avant d’elle son plus jeune frère Adélard, Églantine Groleau, Idaise Groleau. Dans la voiture au volant Oliva Richer, les deux jeunes femmes à l’arrière je ne suis pas certain… et Osias Richer. Debout en avant à gauche c’est William Richer (l’acteur américain James Franco me fait penser à lui!), ainsi que le plus vieux de la famille, Gilbert Richer fils, à droite. Environ 1918. 

james-franco

Je sais c’est qui…

Deux des filles de William Richer et Herméline Lavergne.

germaine-richer

Germaine Richer

flore-richer

Flore Richer

fiche-de-william-richer

René de la Voye – Prise 2

Un texte intéressant

René de la Voye

Les deux ancêtres Lavoie ont connu des existences fort différentes

Les Lavoie font partie de la huitième plus grande famille, en nombre, dans l’est du Québec, selon la Fédération des familles souches. Sur la carte du Canada et de l’Amérique du Nord, cela fait du monde à la grand-messe de la généalogie. En chiffres, il faut compter en dizaines de milliers.

À leur arrivée en Nouvelle-France, les deux ancêtres, René et Pierre, signent ou sont enregistrés sous le nom de La Voye ou De Lavoye. C’est progressivement qu’ils deviendront plus simplement des Lavoie.

Avec ou sans la particule, les deux premiers Lavoie sont d’humble extraction, comme la grande majorité des ancêtres québécois. C’est leur seul trait commun. Pour le reste, ils sont aussi différents qu’on peut l’être.

René est originaire de Rouen et Pierre, de Larochelle. Le premier laissera à sa mort une dizaine de petits-enfants. Le second, lui, aura toutes les difficultés du monde à trouver une femme solide avec qui fonder un foyer et faire des petits Lavoie nés au Canada.

Deux destins à l’image de la vie qu’on menait en Nouvelle-France au XVIIe siècle.

L’ancêtre fécond

René (de) Lavoie a été baptisé, le 28 novembre 1628, dans la paroisse de Saint-Maclou, où l’on trouve l’une des plus belles églises (le style flamboyant de la fin du XIVe siècle) de l’agglomération rouennaise, qui n’en manque pourtant pas.

De Saint-Maclou sont aussi venus d’autres pionniers et fondateurs de lignées. Ils s’appellent Jean Groulx, Louis Lefebvre dit Batanville, Étienne Vallée, Pierre Boivin et Claude Poulin. Un salut, en passant, aux ancêtres Lemieux, deux frères, des tonneliers, originaires eux aussi de la bonne ville de Rouen.

René Lavoie, fils de René et d’Isabeau Bélanger, arrive à Québec relativement tard, soit en 1655. Il rattrapera rapidement le temps perdu.

Moins d’un an après son arrivée, il marie Anne, la fille aînée d’Élie Godin et d’Esther Ramage. L’épousée a 16 ans et le fringant mari approche la trentaine. Ils auront huit enfants, qu’ils élèveront sur leur ferme de Sainte-Anne-du-Petit-Cap (Sainte-Anne-de-Beaupré). René ne quittera cette terre que pour aller mourir, 40 ans plus tard, chez son gendre Pierre Allard, à Château-Richer.

Mais n’anticipons pas. La vie de René Lavoie sera somme toute heureuse et réussie, mais jamais reposante.

 » On ne peut pas troquer sa croyance religieuse comme une peau de castor « , écrit le généalogiste Gérard Lebel dans Nos ancêtres. Anne Godin avait été introduite par ses parents à la religion calviniste au temple de La Rochelle. Pour se marier, elle devra renier la foi huguenote.

Le cas de son mari n’est pas plus simple. Selon Lebel, qui cite le généalogiste A. Godbout, O.F.M., notre René aurait été baptisé catholique à Rouen, serait devenu calviniste Dieu sait où avant de revenir à l’Église de Rome pour pouvoir refaire sa vie sans tracas dans la région de Québec.

Afin de garder sa terre de Beaupré, il devra louer ses talents de menuisier, notamment, pour reconstruire l’église de Sainte-Anne. Il connaîtra l’angoisse de l’attaque iroquoise du printemps 1661. Il vivra le tremblement de terre de l’hiver 1663. Il assistera, impuissant, à l’arrivée spectaculaire de l’armada (32 navires) de l’Anglais Phipps, à l’automne 1690. Les bons historiens nous apprennent que cette attaque fut repoussée par les canons du gouverneur Frontenac et, d’abord et avant tout, par une épidémie de petite vérole. Sans compter l’hiver précoce qui menace de bloquer les navires anglais.

C’est finalement à travers ses enfants que l’ancêtre René Lavoie se réalisera le mieux.

L’aîné des huit enfants Lavoie se prénomme René comme son père. En 1680, il obtient une concession de six arpents de front à Petite-Rivière. L’année suivante, il achète la propriété voisine de la sienne qui fait neuf arpents, selon le généalogiste Lebel. Il est donc propriétaire d’une terre de 15 arpents de front sur le fleuve. Un domaine immense pour qui commence dans la vie.

Le 4 novembre 1683, il épouse Marguerite Bouchard, la fille de l’ancêtre Claude Bouchard. René  » le jeune  » et Marguerite auront 10 enfants, qu’ils élèveront à Petite-Rivière. Son fils Michel sera nommé notaire de Baie-Saint-Paul, en 1737, par l’intendant Hocquart.

Un autre fils de René (le premier), Pierre, vivra à Rivière-Ouelle et aura 13 enfants. Pierre se mariera deux fois ; il aura quatre enfants avec Marie-Constance Duchesne avant de se remarier avec Madeleine Tournebroche, veuve de Julien Dumont, de Saint-Michel de Bellechasse. Elle ajoutera trois filles à la famille. Le cadet, Joseph, sera tout aussi fécond. Il épousera Françoise Guimond, veuve de Noël Racine et mère d’une petite fille ; elle lui donnera huit autres enfants.

Malchanceux en amour

La vie de Pierre, l’autre ancêtre Lavoie, peut être regardée comme une tragédie ou comme une comédie amoureuse. C’est selon. Ses femmes meurent trop tôt ou ne veulent carrément pas de lui. Probablement parce qu’il est veuf et père de cinq enfants nés en France et venus avec lui au pays. Peut-être aussi simplement parce qu’il n’a pas le tour en amour. Après bien des tribulations, il trouvera enfin chaussure à son pied.

Pierre est né à Aytré, près de La Rochelle. Vers 1650, il épouse Jacquette Grinon d’origine inconnue. Il arrive à Québec, en 1666, avec femme et enfants. Son épouse décède l’année suivante. Alors commence la saga du pauvre Pierre qui veut désespérément une épouse pour lui et une mère pour ses enfants.

Son drame, c’est qu’il cherche une compagne parmi les  » filles du roi  » arrivées récemment en Nouvelle-France. Contrairement à l’idée reçue, les pupilles de sa Majesté ne se donnent pas au premier venu. Elles sont plus capricieuses que les filles du pays.

Le généalogiste Michel Langlois raconte, dates et noms à l’appui, dans son Dictionnaire biographique des ancêtres québécois les déconvenues amoureuses de notre héros.

Il fait d’abord la cour à Jeanne Burel. Le contrat de mariage pourtant signé devant le notaire Becquet, en 1667, est annulé peu après par la promise. La Burel, 20 ans et toutes ses dents, épousera peu après un certain André Poutré.

Deux ans plus tard, Pierre passe un autre contrat de mariage devant le même notaire. Cette fois, la promise se nomme Anne-Françoise Richard. Elle n’a que 16 ans mais possède déjà un fort quant-à-soi. Elle fait annuler le contrat à la dernière minute. La jeune femme avait déjà fait le coup à un autre prétendant malheureux. Elle trouvera finalement un Pierre Campagna qui lui conviendra.

Le calvaire de Pierre prendra fin le 25 août 1670. Il épouse la belle Isabelle Loppé, âgée de 20 ans et dont les parents sont de Rouen, en Normandie. Huit enfants naîtront de cette union tardive. Pierre a dépassé la quarantaine. Il était temps.

Les quatre premiers enfants verront le jour à Saint-Augustin et les quatre autres à Neuville, dans la région de Portneuf. Pierre Lavoie terminera ses jours sur sa petite terre de la seigneurie de Neuville, Il meurt en 1708.

Si on lit bien Michel Langlois, on ne peut être que mal à l’aise. Ce Pierre Lavoie aura loué toute sa vie la force de travail de ses filles pour payer ses dettes. Il les place le plus souvent comme servantes. Il faut voir tout cela avec les yeux de l’époque. Mais tout de même.

Hors de l’ordinaire

Chaque famille de pionniers compte ses ancêtres exemplaires, ses saints et ses pas fins. Les Lavoie ne font pas exception.

Micheline Lavoie-Dussault, une sainte de patience et la secrétaire-généalogiste de la grande famille, nous présente quelques Lavoie remarquables ou originaux venus de tous les milieux.

– En 1690, la flotte de l’amiral Phipps, partie de Boston pour attaquer Québec, jette l’ancre à la pointe de Rivière-Ouelle pour se ravitailler en eau potable et en viande fraîche. Les habitants n’entendent pas se laisser piller. Sous la conduite de leur curé, l’abbé de Francheville, un géant physiquement, qui, comme ses paroissiens, a sorti son meilleur fusil de chasse, ils attendent les Anglais de pied ferme. Après quelques salves nourries, les hommes de Phipps retournent, en catastrophe, dans leurs chaloupes. Parmi ces vaillants habitants de Rivière-Ouelle qui font le coup de feu contre les Anglais se trouve Jean Lavoie, le propre fils de l’ancêtre René.

– Alphonse-Joseph Lavoie, né à Longueuil, en 1876, est membre de la Society of Automative Engineers. Il rêve de créer sa propre voiture et de la commercialiser. Il réussira la moitié de son programme. Ce sera la Lavoie Sedan 1923. Malheureusement, cette merveille ne sera jamais produite en série. Un journaliste du Nouvelliste pourra écrire de Joseph Lavoie :  » Il mourut (en 1941) comme il avait toujours vécu, les poches vides et la tête pleine d’idées « .

– En 1890, le gouvernement d’Honoré Mercier permet aux familles québécoises de 12 enfants et plus de bénéficier gratuitement de cent acres de terre publique. Parmi les familles bénéficiaires, on relève 31 familles Lavoie.

– En 1867, une famille Lavoie de l’Île aux Grues donne deux de ses fils, Eustache et Eucher, au pape Pie IX pour combattre Garibaldi, qui veut unifier l’Italie et menace le pouvoir de l’Église de Rome. Ils en reviendront sans avoir jamais vu ni le pape ni Garibaldi. Mais ils étaient là.

– Les Lavoie ont le pied marin. La Maison de la Trinité dirigeait, au début du XIXe siècle, la navigation sur le fleuve. Elle a compté dans ses rangs au moins 16 Lavoie qui ont exercé professionnellement le beau métier de pilote du Saint-Laurent.

Louis-Guy Lemieux, Le Soleil