Histoire 101

Il semblerait que je serais un petit nationaliste qui sommeille en moi…

À lire.

http://www.ledevoir.com/politique/canada/488844/a-quand-le-limogeage-de-john-a-macdonald

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Photo: Matthew Brady / Library of Congress

Extrait

HISTOIRE DU CANADA

À quand le limogeage de John A. Macdonald?Le bilan du premier premier ministre du pays ne cesse d’embarrasser l’ensemble des Canadiens

11 janvier 2017 | Maxime Laporte et Christian Gagnon – Respectivement président général et conseiller général de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal | Canada

C’est aujourd’hui, 11 janvier, la journée Sir John A. Macdonald, comme chaque année depuis qu’une loi fédérale a été adoptée en ce sens, en mars 2002. On s’attend donc à ce que la ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, publie un communiqué très convenu pour souligner cet hommage à une icône du Parti conservateur. Mais en politique, certains silences en disent parfois plus long qu’un interminable discours.

C’était particulièrement évident le 8 décembre dernier, lorsque le ministre des Finances, Bill Morneau, a annoncé que l’image de la militante néo-écossaise des droits civiques des Noirs, Viola Desmond, allait remplacer sur le billet de dix dollars celle de… John A. Macdonald ! Normalement, cette décision libérale aurait dû être vertement critiquée par l’opposition conservatrice, le gouvernement Harper ayant tenté de nous faire célébrer le bicentenaire de la naissance de Macdonald durant toute l’année 2015. Mais en 2016, ce sont plutôt les douloureuses audiences de la Commission de vérité et réconciliation qui ont mis en évidence l’héritage toxique de l’instigateur des pensionnats autochtones, ce même John A. Macdonald.

Ce que le rapport de la Commission qualifia sans détour de « génocide culturel » a achevé de rendre Macdonald définitivement infréquentable. De là découle le mutisme sur l’expulsion du père de la Confédération de notre monnaie, non seulement chez l’opposition conservatrice, mais aussi dans les médias canadiens en général.

 

C’est fou comme j’ai écrit sur la généalogie depuis janvier 2008

J’avais écrit ça à ma petite soeur sur Messenger hier. Un petit coucou pour sa semaine de travail qui commençait après des vacances bien méritées.

Je dis rarement j’aime aux gens que j’aime…

Mon père sait pourquoi. 

Euclide_Florent_Pierre_Léo

Il sait pourquoi j’écris sur la généalogie depuis janvier 2008.

Une histoire de famille et non pas une histoire de gros sous, car je ne retire aucun revenu de tout ce que j’écris.

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Arrêtez-moi quelqu’un!

Impossible d’arrêter d’écrire même si je n’avais aucune lectrice ni aucun lecteur. Mon écriture est quasi automatique. Je ne cherche pas ni les belles expressions ni les belles tournures de phrases. Ce n’est pas mon genre.

Vous êtes en train de lire le 1 405e billet sur ce blogue. J’ai plein d’autres blogues.

Mon père me disait que la folie ne portait pas juste à tuer… J’aimais bien ça quand mon père me parlait. Mon père, tout comme son père, ne parlait pas souvent.

Léo Lagacé Junior repos

De retour le 28 janvier.

Ton blogue c’est une vraie drogue…

Pour faire suite à mes souvenirs de janvier…

Nos ancêtres

J’avais été fort surpris il y a trois ans quand ma suppléante préférée m’avait dit ça lors de la fête de la retraite d’une consoeur.

Je comprends maintenant.

C’est comme hier quand je regardais les photos prises lors de mon petit nowhere à St-Louis-de-Gonzague.

L’histoire commence en 1957 dans ma tête d’enfant.

J’avais assisté à un mariage.

Dans ma tête d’enfant, c’était le mariage de Venance Paiement, le fils de Benjamin Paiement, le demi-frère de ma mère.

J’étais sûr et certain…

À 100 %

Benjamin est le petit gars juste derrière le petit gars qui tient l’ardoise sur cette photo…

Lui c’est le petit Donat Paiement, son petit frère. 

Ma grand-mère Rosina, la mère de Benjamin, était devenue veuve en 1918 et avait remarié son neveu Euclide Sauvé en 1919.

Ils fondèrent une nouvelle famille.

Rosina est décédée en février 1955 et sa mort m’avait bouleversé.

Voir sa grand-mère dans…

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Le Rose Bowl

On a tous  de ces souvenirs.

Moi, ce sont les premiers janviers de la fin des années 50 et le début des années 60. Ma famille allait chez mon grand-père Euclide.

Euclide s’était remarié le 24 octobre 1955, 9 mois après la mort de Rosina.

000 mariage d'Euclide Sauvé et Blanche Girard 1955

Cela avait causé des remous dans la famille…

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Moi, je n’en avais eu aucune connaissance, mais je me souviens encore très bien des belles fougères de Blanche Girard dans le petit salon de la maison que mon grand-père avait construit de ses propres mains à Ste-Justine-de-Newton vers 1960.

Euclide aurait eu alors 67 ans bien sonné!

Les premiers janviers on n’écoutait pas le football, mais la parade du Rose Bowl avec ses beaux chevaux. Euclide parlait peu. Il aimait beaucoup les chevaux, mais je ne le savais pas à ce moment. Je l’ai appris de la bouche de mon oncle Florent.

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Euclide s’est éteint en décembre 1977. On le voit ici avec ses deux soeurs Marie-Ange à gauche et Yvonne Imelda à droite.

Euclide et ses soeurs

Je ne me souviens pas des funérailles de mon grand-père, mais ma petite soeur elle s’en souvient parfaitement.

On en a parlé hier lors d’un souper de famille.

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Une belle rencontre du mois de janvier avec plein de beaux souvenirs…

 

 

1 janvier 1964

J’avais oublié que j’avais déjà écrit sur le premier janvier 1964…
Désolé.

Nos ancêtres

Cinquante ans!

Je venais tout juste d’avoir mes 15 ans.

Mon grand-père lui venait tout juste de mourir.

acte-de-deces-leo-lagace-seniorJe ne me souviens de rien de ce premier janvier 1964.

Léo Lagacé Senior

J’imagine que mon père a dû prendre ça dur de perdre son père.

leo lagace 1933Je ne sais pas si mon père était là quand mon grand-père est mort. Je ne sais pas si son père avait eu des remords.

Mon père devait sûrement admirer son père, du moins je pense.

L’année 1963 avait été une annus horribilis pour Léo Lagacé Junior, fils de Léo Lagacé Senior, fils de Dennis Lagasse, contracteur à Bristol, au Connecticut.

Son petit frère Marcel s’était éteint le 6 mars 1963.

Marcel Lagacé

C’était juste 9 mois après leur mère Juliette Métayer. Mon père a dû prendre ça dur la mort de son petit frère Marcel.

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La mort de sa mère… ?Juliette Métayer

Pas sûr…, mais je ne reviendrai pas là-dessus.

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Je me souviens – Premier janvier 1964

J’aimerais bien me souvenir du premier janvier 1964.

J’ai beau fouillé, je n’ai rien dans mes souvenirs d’adolescence.

Léo Lagacé Senior

Premier janvier 1964, on avait dit au revoir à l’année 1963.

1963

Annus horribilis…

Celle de la Reine Élizabeth II avait été en 1992. La mienne fut 1963 avec la maladie de ma mère.

1963 fut aussi l’Annus horribilis du clan Kennedy, puis des familles frappées par la tragédie de Ste-Thérèse. La tragédie de Ste-Thérèse, je m’en souviens même si je n’avais pas été touché directement.

J’ai pris ce qui suit ici…

http://www.collectionscanada.gc.ca/sos/002028-3100-f.html

L’air

L’écrasement du DC-8 des Lignes aériennes Trans-Canada, 29 novembre 1963

L’écrasement du DC-8 des Lignes aériennes Trans-Canada (TCA), survenu vers 18 h 30 le vendredi 29 novembre 1963, est considéré comme le pire accident aérien impliquant un seul avion et non causé par un acte de terrorisme de toute l’histoire du Canada. Les 111 passagers et les sept membres de l’équipage ont tous péri.

Le DC-8, le plus gros avion de cette catégorie utilisé à l’époque par TCA, a quitté l’aéroport de Dorval à Montréal à destination de Toronto. Quelques minutes à peine après le décollage, il s’est écrasé près de Sainte-Thérèse de Blainville, une petite ville de 12 000 habitants située à environ 30 kilomètres au nord-ouest de Montréal.

Au dire de plusieurs témoins, l’avion a pris feu pendant qu’il était encore dans les airs, puis a explosé et s’est écrasé. Les témoins ont dit aussi que l’impact avait provoqué l’éclatement des fenêtres des maisons et la chute d’objets à l’intérieur des maisons.

L’écrasement de l’avion a créé un cratère d’environ 45 mètres de long par 22,5 mètres de large. Les enquêteurs ont eu énormément de difficulté à faire leur travail parce que des pluies abondantes récentes avaient rendu le terrain boueux et marécageux.

Il a fallu de nombreuses heures avant que des bouteurs et d’autres machineries lourdes ne réussissent à ouvrir un chemin entre la route principale et le site de l’écrasement pour permettre aux enquêteurs d’accéder au lieu de l’accident avec leur équipement.
Vue aérienne du lieu de l’écrasement de l’avion à Sainte-Thérèse de Blainville, au Québec, en novembre 1963

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Lieu de l’écrasement de l’avion, à Sainte-Thérèse de Blainville, au Québec, le 29 novembre 1963

D’après le rapport de la Commission royale d’enquête sur l’écrasement, présenté par le ministère des Transports en juin 1965, l’avion était tellement désintégré qu’il a été impossible de déterminer la cause exacte de l’accident. On présume que la cause la plus probable a été une défaillance mécanique du système utilisé pour régler les positions longitudinales (le compensateur ou la tendance de l’avion à se cabrer ou à piquer).

Le 25 février 1964, un peu moins de trois mois après l’écrasement à Sainte-Thérèse de Blainville, un autre DC-8, appartenant à Eastern Air Lines, a été impliqué dans un accident semblable peu de temps après son décollage à La Nouvelle-Orléans en route pour New York.

Les Lignes aériennes Trans-Canada (le prédécesseur d’ Air Canada) ont fait construire, près du lieu de l’écrasement, un jardin commémoratif auquel on peut accéder en passant par le cimetière de la paroisse Sainte-Thérèse. Il y a dans le jardin des pins et des bancs de pierre, deux énormes roches provenant du site de l’écrasement et un monument de granit sur lequel sont inscrits les noms des 118 personnes qui ont péri.

***

Bonne année…

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Jacques Fournier (1947-2016)

Sa mère

Laurette Tessier (1912-2007) épouse de Donat Fournier. Fille de Placide Tessier et Flora Sansoucy

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Source Internet

Son père

Donat-Cléophas Fournier (1905-1995) époux de Laurette Tessier. Fils de Edmond Fournier et Albertine Martel

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Source Internet

Docteur Donat Fournier

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Source ici

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Source Internet

Jacques Fournier

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Jacques Fournier 1947-2016, organisateur communautaire retraité. Jacques, ce grand amoureux de la vie, de sa famille, a quitté soudainement son monde le 29 novembre dernier. Il était le fils cadet de feu Donat Fournier et de feu Laurette Tessier. Hélène, sa conjointe, ses filles Anne-Marie (Jean-Simon) et Isabelle (Maxime), leurs enfants Alexis, Gaël, Ève, Clovis et Renaud, ses frères Louis (Marie-France) et Luc (Elisabeth), les autres membres de sa famille, ainsi que ses nombreux amis se souviendront de lui pour toujours. La famille accueillera les condoléances le vendredi 9 décembre…

Son grand-père Edmond Fournier

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La petite histoire d’une famille ouvrière écrite sur de simples cartes postales

Par Louis Fournier, petit-fils d’Edmond Fournier

Mon grand-père, Edmond Fournier, est arrivé à Montréal en octobre 1910 pour y chercher de l’ouvrage dans l’industrie de la construction. Son beau-frère Joseph Martel, qui vit «en ville» depuis un an, a trouvé du travail comme charpentier et menuisier dans le bâtiment. Il vient donc le rejoindre pour tenter sa chance lui aussi.

Alors âgé de 33 ans, Edmond est un grand costaud de six pieds qui arbore une belle grosse moustache brune. Il porte souvent sa casquette d’ouvrier, lui qui a travaillé une douzaine d’années comme homme à tout faire dans une manufacture de vêtements de travail, la Warwick Overalls.

Derrière lui à Saint-Albert-de-Warwick, un gros village situé non loin de Victoriaville dans les Bois-Francs, il a dû laisser sa femme, Albertine Martel, et son fils de cinq ans, Donat, en attendant qu’ils puissent venir le rejoindre dans la métropole.

La première lettre qu’il envoie à sa femme est une simple carte postale, en noir et blanc, qui porte cette inscription: Montréal : vue générale prise de l’Île Sainte-Hélène. Les gens du peuple s’écrivaient alors souvent sur de telles cartes.

Edmond rassure Albertine : «Chère épouse, je t’écris quelques mots pour te dire que je me suis rendu heureusement en ville. Joseph était à la station et Freddy est venu veiller. Je vais prendre mon ouvrage à midi. Je t’en écrirai plus long un autre tantôt. Edmond ». La «station», c’est la vieille gare Bonaventure dans l’ouest de la ville. Freddy Lainesse est un cousin.

Une «union américaine»

Edmond Fournier commence donc à travailler comme charpentier et menuisier dans le bâtiment. Albertine et le petit Donat viennent le retrouver peu après à Montréal. Ils habitent un modeste logement au 741, rue Ontario Est, près de la rue Panet, dans la paroisse du Sacré-Cœur.

Ils vivent dans le «Faubourg à m’lasse», ainsi qu’on appelle ce coin du quartier Sainte-Marie à cause de la forte odeur de la mélasse en tonneaux qu’on décharge, sur les quais du port, des bateaux venus des Antilles. La mélasse est alors le «sucre du pauvre».

Comme travailleur de la construction, Edmond adhère à un syndicat, une «union» comme il dit. Sur sa carte de membre, on peut lire : Fraternité Unie des Charpentiers-Menuisiers d’Amérique – United Brotherhood of Carpenters and Joiners of America, section locale 134.

Cette «union internationale», c’est-à-dire nord-américaine, est l’une des plus puissantes au Québec dans la première moitié du 20e siècle. Edmond sera fier de son «union américaine» et de la force qu’elle représente pour lui obtenir de bonnes conditions de travail et de salaire.

Les Fournier d’Amérique

Dans le Québec de la «revanche des berceaux», les familles nombreuses prolifèrent. Ainsi, Edmond Fournier est le seizième d’une famille de dix-sept enfants, dix garçons et sept filles.

Fils de Jean-Baptiste Fournier, cultivateur, et d’Éléonore Gazé, il est né le 21 octobre 1876 à Saint-Thomas de Montmagny sur la rive sud de Québec, berceau des Fournier d’Amérique. L’ancêtre commun des Fournier, Guillaume, parti de la province de Normandie en France, était débarqué à Québec vers 1650, sous le règne de Louis XIV, avant de prendre racine à Montmagny.

En 1882, les parents d’Edmond doivent quitter la terre paternelle à Saint-Thomas pour s’établir sur une nouvelle ferme à Saint-Albert de Warwick dans le comté d’Arthabaska. Edmond a alors cinq ans.

Expatriés aux États-Unis

Cinq de ses frères aînés – Télesphore, Adélard, Louis, Georges et Alfred – doivent s’exiler aux États-Unis, vers 1885, afin de trouver du travail. Ils vont s’installer à Pawtucket et Central Falls, villes jumelles du Rhode Island.

Les frères Fournier font partie du million de Franco-Américains qu’on dénombrera aux États-Unis vers le début du 20e siècle. Ils forment alors près de la moitié des travailleurs et travailleuses du textile et du vêtement en Nouvelle-Angleterre, alors que des familles entières allaient «weaver» (tisser) dans les filatures, les «facteries de coton». Pawtucket, qui a abrité la première usine de textile aux États-Unis, fut le berceau de l’industrialisation américaine.

Edmond a donc une ribambelle de frères et sœurs et ils s’écrivent beaucoup sur des cartes postales, parfois insérées dans des enveloppes. L’écriture est bien tassée car il faut en raconter le plus possible en peu d’espace et peu de mots. On y parle de la famille, bien sûr, mais aussi beaucoup du travail, de l’«ouvrage» comme ils disent, ce travail que plusieurs ont pu décrocher aux Etats-Unis tout proches.

Une «post card» des «États», parmi tant d’autres, arrive à Montréal en 1912 : «Un mot pour vous dire qu’on envoie Laura en promenade au Canada avec Octave. Elle part dimanche le 31 de ce mois. Si vous voulez avoir la bonté d’aller les chercher aux chars. Chacun un baiser. Votre frère et belle-sœur, Louis et Eugénie.» Les «chars», ce sont les «gros chars», c’est-à-dire les trains, alors que les «p’tits chars» sont les tramways de Montréal.

Louis, qui envoie ses enfants visiter la famille à Montréal, est un cheminot, préposé à l’entretien des voies de chemin de fer à Pawtucket, tout comme son frère Georges. Télesphore et Alfred travaillent dans les filatures. Adélard est épicier-boucher à Central Falls.

1, 05 $ par jour…

Georges écrit à son tour quelque temps après : «Cher frère et belle-sœur, vous ne pouvez vous imaginer la grande nouvelle que j’ai à vous apprendre. Samedi dernier, ma femme Olivine a fait l’achat de deux petites filles. Cela pourrait peut-être empêcher notre promenade au Canada, mais ne perdez pas espérance. S’il y a moyen, nous irons quand même.»

D’autres cartes arrivent au fil des mois et des années : d’Amabilis, une des sœurs d’Edmond restée à la campagne ; d’Alfred Martel, le beau-frère monté travailler dans une scierie à Macamic en Abitibi ; de la jeune nièce américaine Aurore Fournier partie trouver de l’ouvrage dans un atelier de vêtement à Leominster au Massachussetts.

Aurore écrit le 19 octobre 1914 : « Je suis bien contente d’être rendue par ici. Je travaille et j’aime bien ça. Je fais la même ouvrage qu’Héléna. Ça va faire trois semaines que je travaille. Astheure je fais 1,05 $ par jour et quelquefois 1,12 $ et on a de l’ouvrage en masse.» Elle écrit à nouveau un peu plus tard : «Chez nous sont tous bien. Je travaille toujours et j’aime bien mon ouvrage. Maintenant, je fais des chemises d’hommes. C’est une ouvrage propre.»

En août 1914, on reçoit à Montréal une carte postale signée par Omer Martel, jeune beau-frère d’Edmond qui est allé travailler aux récoltes dans les prairies de l’Ouest du Canada : «Je suis arrivé à Winnipeg. Je dois prendre le train demain à 9 heures pour Forget en Saskatchewan. Ça coûte 10,35$ pour aller là-bas. Si je trouve pas d’ouvrage là, je vas plus loin. Ça coûte une demi cenne du mille. Je vous assure que le voyage été bien long parce que j’ai pas eu d’associé pour monter.»

1914 est aussi l’année où meurt en octobre au début de la Grande Guerre le père d’Edmond, Jean-Baptiste Fournier, à l’âge de 81 ans, sur sa ferme à Saint-Albert de Warwick. La mère d’Edmond, Éléonore, le rejoindra bientôt en 1919, à 84 ans.

Un accident du travail

À Montréal, Edmond Fournier travaille toujours comme charpentier et menuisier. Parfois, il doit chômer. Parfois, il fait la grève.

Malheureusement, en 1915, il est victime d’un accident du travail. Il fait une chute de 55 pieds du haut d’un échafaudage, lors de la construction du noviciat des Frères des Écoles chrétiennes à Laval-des-Rapides. Il s’en tirera par miracle mais gardera un léger boitillement pour le reste de ses jours.

On évoque ce triste évènement dans une carte du Nouvel An postée de Central Falls à la fin de décembre : «Il y a une bonne secousse qu’on s’est vus. Edmond, espérons que la nouvelle année sera plus heureuse pour vous que celle qui vient de se terminer dans la malchance. Nous vous souhaitons une bonne santé et un prompt rétablissement». La carte est signée : «Adélard et son épouse Marie-Anne».

Les accidents et les maladies du travail sont le sort de tant de travailleurs, comme en témoigne cette carte postée de Warwick par la belle-sœur d’Edmond, Marie-Anna Martel : «Jean-Louis Bédard est mort, il va être enterré demain. Il est mort de consomption, comme ses trois sœurs. Celle qui reste vaut pas beaucoup mieux, elle diminue tranquillement.» La «consomption», c’est la tuberculose. Les Bédard travaillaient à la manufacture de la Warwick Overalls.

Marie-Anna termine sa carte en annonçant à sa sœur sa visite prochaine à Montréal : «Tâche de venir au devant de moi aux chars. S’il peut pas faire trop froid, je pars en chapeau d’été…»

« Venez travailler par ici »…

Edmond Fournier a recommencé à travailler et à chômer parfois. Le petit Donat va à l’école Plessis, rue Ontario. Le dimanche matin, après la messe à l’église Sacré-Cœur de Jésus, Edmond sort son grand cahier rouge où il a transcrit, d’une écriture appliquée, les paroles de belles chansons d’ici et de France. Il chante alors d’une bonne voix ses airs préférés. Dans la famille Fournier, on aime bien chanter.

Une des nombreuses cartes du Nouvel An 1916, timbrée à Pawtucket, est datée du 30 décembre. Elle vient de Louis, le cheminot, et de sa femme Eugénie qui écrit : «De ce temps-ci, il fait très froid. Il faut chauffer les deux poêles. Aussi, Louis a la bouteille à la main. Il vient de me donner un petit verre de chartreuse et je ne vois plus très clair. J’ai toutes les misères du monde à écrire.» Elle continue d’une écriture un brin tremblotante : «Ici tout le monde travaille, il y a beaucoup d’ouvrage. Venez travailler par ici si vous n’avez pas d’ouvrage. Chacun un bon bec du Jour de l’An.»

Séduits par ce chant des sirènes, des dizaines de milliers de Québécois – de Canadiens français, comme on les appelait alors – se sont expatriés dans les États américains de la Nouvelle-Angleterre pour y trouver du travail. Afin de gagner leur vie, ils ont dû choisir l’exil aux États-Unis, là où on les appela longtemps des Franco-Américains. Hélas, au fil des années, leurs enfants et leurs petits-enfants allaient finir par perdre leur langue et leur culture françaises et devenir, simplement, des Américains.

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Cette petite tranche de l’histoire de ma famille, c’est l’histoire bien ordinaire de dizaines de milliers de travailleurs et de travailleuses du Québec vers la fin du 19e siècle et au début du 20e en Amérique du Nord. Mais Edmond Fournier, c’est mon grand-père. Voilà pourquoi j’ai tant d’affection pour ce vieux charpentier et, à travers lui et sa famille, pour toute la classe ouvrière.

Edmond Fournier est décédé le 14 septembre 1946, à 69 ans. Son épouse Albertine l’avait précédé au début de la Crise, le 12 octobre 1929.

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* Louis Fournier a été directeur des communications de la FTQ (1994-2005). Il a écrit plusieurs ouvrages sur l’histoire du mouvement syndical, notamment une Histoire du mouvement ouvrier au Québec -150 ans de luttes, une biographie de Louis Laberge Le Syndicalisme c’est ma vie, une Histoire de la FTQ 1965-1992 et une histoire des débuts du Fonds de solidarité FTQ, Solidarité Inc.