Les troubles de 1838 à Napierville

J’ai pris les informations qui suivent sur ce site…

Elles me permettent de mieux situer dans le temps les actions de mon arrière-grand-père David Alexandre et de comprendre les six dépositions, mais surtout dont celle qu’il a faite le 13 novembre 1838 devant le juge de paix William McRae.

Ont comparu devant moi William Macrea, un des juges de paix – François Brosseau, David Alexandre et Jean-Baptiste Faneuf lesquels après avoir été dument assermenté, déposent qu’ils auraient été…

Déposition de François Brosseau, David Alexandre et Jean-Baptiste Phaneuf contre François Bourassa (13 novembre 1838)

Le début de mon histoire est ici si vous voulez être capable de me suivre sur la route des Patriotes de Napierville en 1838…


T’as encore raté la sortie GP…!

Chronologie des événements

7 septembre 1838

Un jury francophone, considérant que sa mort résulte d’un acte de guerre, acquitte les accusés du meurtre de Joseph Armand dit Chartrand commis le 27 novembre 1837.

26 septembre 1838

Après avoir dit au curé Noël-Laurent Amiot de la paroisse de Saint-Cyprien que les Frères Chasseurs se réunissaient à Napierville et qu’ils préparaient l’invasion du Bas-Canada, Michel Moisan explique la procédure du serment d’allégeance aux Frères Chasseurs, la peine imposée à ceux qui trahiraient le secret et les signes pour se reconnaître entre eux. Il révèle également que des armes en provenance des États-Unis sont déjà ou seront bientôt cachées dans certaines fermes en vue de l’offensive qui devrait avoir lieu le 1 octobre 1838 dans le Haut-Canada et entre le 8 et le 15 octobre 1838, dans le Bas-Canada. Le même jour, le curé Amyot communique cette information à son évêque, Mgr Lartigue; ce dernier informe le général Colborne le 27 septembre 1838 ; Colborne a donc amplement le temps de prendre les dispositions nécessaires pour contrer l’action des Frères Chasseurs. On sait maintenant que la date fixée pour l’attaque a été repoussée aux 3 et 4 novembre 1838 dans le Bas-Canada.

3 novembre 1838

Lord Durham s’embarque pour l’Angleterre. Les Frères Chasseurs de Saint-Constant dirigés par Joseph Robert tuent un certain Aaron Walker, un Volontaire loyaliste. Plusieurs rassemblements ont lieu aux endroits où l’on avait présumément entreposé des armes, mais les armes ne s’y trouvant pas, les hommes se dispersent et retournent chacun chez-soi.

4 novembre 1838

75 Frères chasseurs dont Joseph-Narcisse Cardinal et Joseph Duquette sont arrêtés par les Mohawks de Kahnawake où ils cherchent des armes ; les Mohawks les remettent aux autorités anglaises. Joseph Dumouchel et Jean-Baptiste-Henri Brien mènent l’attaque à Beauharnois ; ils capturent le seigneur Edward Ellice et sa famille ; dirigés par François-Xavier Prieur, un autre groupe rend le vapeur Henry Brougham inutilisable pour le transport de troupes. Robert Nelson arrive à Napierville avec deux officiers français, dont Charles Hindelang, qu’il avait engagé aux États-Unis ; les Patriotes qui s’y étaient réunis en vue d’un grand assaut sur Saint-Jean s’attendaient pourtant à le voir arriver avec un grand nombre d’Américains. Robert Nelson proclame de nouveau la république du Bas-Canada. Denis-Benjamin Viger est incarcéré.

6 et 7 novembre 1838

Bataille de Lacolle ; oppose le colonel Oklowski et 170 Patriotes au capitaine Scriver et 400 volontaires loyalistes; vainqueurs de l’escarmouche du 6 novembre, les Patriotes perdent celle du lendemain et dénombrent 9 tués.


7 novembre 1838

Chevalier de Lorimier et François-Xavier Prieur à la tête d’environ 200 Frères Chasseurs de Beauharnois se rendent à Sainte-Martine rejoindre 300 autres Patriotes dirigés par le docteur Perrigo ; un détachement de quelques centaines de Volontaires et de soldats de l’armée régulière attaque le camp Baker ; bilan ; 2 morts et plusieurs blessés parmi les attaquants.

9 novembre 1838

Bataille de Odelltown; la dernière bataille de l’insurrection; 500 à 600 Patriotes conduits par Robert Nelson, Médard Hébert et Charles Hindelang s’opposent à 1 000 Volontaires loyalistes dirigés par Lewis Odell et Charles McAllister; 200 hommes de troupe de l’armée régulière prêtent main-forte aux Volontaires. Défaits, les Patriotes dénombrent une douzaine de tués et une quinzaine de blessés. Les vainqueurs perdent 8 des leurs et comptent 15 hommes blessés gravement. Repliés à Napierville, les Patriotes apprennent que Colborne se dirige vers eux avec 2 000 hommes de troupe.

9 novembre 1838, vers 20 h

Craignant que leurs troupes les livrent à Colborne, les officiers généraux des Patriotes quittent secrètement Napierville vers 20 h.

10 novembre 1838

Ne trouvant pas leurs chefs, les Patriotes réunis à Napierville se dispersent. Édouard-Élisée Malhiot qui avait réuni près de 1 000 Frères Chasseurs à Saint-Bruno-de-Montarville décide de ne pas attaquer Sorel comme il devait le faire selon le plan d’invasion ; il ordonne la dispersion de ses hommes lorsqu’il apprend celle des autres groupes. Vainqueurs, les Volontaires loyalistes incendient les maisons et les bâtiments de ferme de ceux qu’ils soupçonnent d’être des Frères Chasseurs à L’Acadie, Saint-Athanase, Saint-Édouard, Lacolle, Saint-Valentin et Napierville.

27 novembre 1838

Colborne forme une Cour martiale pour juger les personnes accusées de participation à l’insurrection; les accusés n’ont pas droit aux services d’avocat devant cette cour qui doit prononcer la culpabilité ou l’acquittement ; la sentence du coupable est automatiquement la pendaison que le gouverneur peut exécuter ou commuer selon son bon vouloir ; à la suite de protestations, deux avocats anglophones, Louis Thomas Drummond et Charles Hart, sont assignés d’office à la défense des accusés.

28 novembre 1838

Début des audiences de la Cour martiale.

21 décembre 1838

Joseph-Narcisse Cardinal et Joseph Duquette sont pendus à la prison du Pied-du-Courant à Montréal.

David Alexandre, fier patriote?

Je me demande si je dois me lancer dans une telle aventure les fins de semaine…

Mes recherches sur les Patriotes de Sainte-Anne m’ont conduit sur la Rive-Sud.

À St-Cyprien de Napierville pour être plus précis.

Je compte bien m’y rendre un jour avec mes petits-enfants.

- St-Cyprien…!
Grand-papa, on vient de rater la sortie.

- Cé ça… Aidez-moi pas!

Moi la Rive-Sud, je ne connais pas ça beaucoup. St-Cyprien encore moins à part la piste de course.

Je n’y ai jamais mis les pieds, mais un de mes ancêtres oui… même deux, un sabre à la main!

Je me reconnais un peu. C’est mon genre… Toujours en avant…!

Je connais bien peu de choses sur les troubles de 1838 dans la région. C’est peut-être une occasion rêvée de reprendre le temps perdu.

David Alexandre, le père d’Henriette dont je cherche encore désespérément une photo pour ajouter à ma collection, y aurait été mêlé. Je vais essayer de vous démêler tout ça, mais je ne suis plus trop sûr, car ça risque d’être long.

Bah de toute façon, je n’écris rien les fins de semaine…

Commençons!


Où j’ai foutu mon foutu sabre diantre?

Voici l’image d’une page du recensement de 1842 de Blairfindie.

Recensement du Bas-Canada 1842

J’ai d’autres pages à vous montrer n’ayez crainte. On apprendra que David avait même trois cochons!



1… 2…, 3 petits cochons

Quand je cherche, je cherche…

baptême de David Alexandre à Ste-Marguerite-de Blairfindie 21 septembre 1811


1842…

Les troubles de 1837 et de 1838 sont maintenant choses du passé.

David Alexandre peut passer à autre chose dans sa vie et mettre son sabre de côté. François Mango peut quant à lui s’occuper de son cheval.

La petite Henriette Alexandre viendra au monde en 1845. Elle le quittera le 18 septembre 1907 après y avoir laissé une longue descendance.

13 enfants.

6 avril 1845

Elle revivra en 2009 sous la plume de son arrière-petit-fils Pierre qui la fera renaître de ses cendres.

Dans le recensement de 1842, son père David Alexandre est à la ligne 16.

La famille compte six personnes.

Qui est vraiment David Alexandre?

Un fier patriote?

On le dit cultivateur dans le recensement de 1842.

L’histoire l’a oublié.

Je cherche à y voir clair dans les six dépositions trouvées dans les Archives nationales.

Pas facile à lire en plus.

Ici on a un petit extrait.

Archives nationales du Québec

Alors le déposant [Moïse Granger] s’est transporté chez la veuve Langlois où il a trouvé plusieurs autres et notamment Joseph Langlois qui était armé d’un fusil rendus tous chez David Alexandre qu’ils trouvèrent armé d’un sabre ils se mirent en route pour se rendre chez Francisque Bourassa Alexandre le sabre à la main marchait en tête et Langlois le fusil sur l’épaule marchait…

Je vais vous mettre de la ponctuation…

Alors le déposant [Moïse Granger] s’est transporté chez la veuve Langlois où il a trouvé plusieurs autres et, notamment, Joseph Langlois qui était armé d’un fusil. Rendus tous chez David Alexandre qu’ils trouvèrent armé d’un sabre, ils se mirent en route pour se rendre chez Francisque Bourassa. Alexandre, le sabre à la main, marchait en tête et Langlois, le fusil sur l’épaule, marchait…

Fascinant!

C’est la déposition de Moïse Granger de St-Cyprien faite à Timoléon Quesnel.

Aucun lien avec l’autre Moïse Granger, notre fier patriote de Sainte-Anne-des-Plaines.

Voici la déposition au complet.

Archives nationales du Québec

Archives nationales du Québec

La déposition est datée du 15 novembre 1838. Moïse dénonce Pierre Granger, David Alexandre et François Mango.

Je ne me demande plus si je dois me lancer dans une telle aventure…

Je vous laisse lire et on se revoit samedi prochain.

Jean-Baptiste Leblanc fier patriote anneplainois

Je mets un terme à cette histoire des Patriotes de Sainte-Anne.

Jean-Baptiste Leblanc peut être regardé comme le second chef de la rébellion, quoiqu’il agisse d’une manière plus cachée. Nicolas Daumais (sic), Joachim Villeneuve et Séraphin Gore (sic), outre qu’ils ont commandé dans les premiers troubles, ont avancé au capitaine Gore (sic) qu’ils avaient prêté l’automne dernier le serment patriotique c’est lui-même qui me l’a assuré. Octave Villeneuve, Jean Villiot et Félix Granger viennent ensuite avec Thomas Villiot et Joseph Adam dont on viendrait peut-être à bout si sa méchante femme ne le gâtait pas par ses mauvais conseils.

Source : Richard Chabot, Le curé de campagne, page 209.

Revoici une partie de la déposition du curé Porier écrit le 10 juin 1839.

Isidore Poirier, prêtre, curé de Sainte-Anne-des-Plaines, à M. Griffin, adjudant général, 10 juin, 1839.
Persécutions dont il est l’objet de la part de quelques rebelles.

Les troubles de 1837 et 1838 sont choses du passé, mais monsieur le curé sentait le besoin d’y aller d’une petite dénonciaton.

Moïse Granger est aux premières loges lors des troubles de décembre 1837 à St-Eustache.

Il se voit dénoncer par monsieur le curé qui ne mentirait sûrement pas n’est-ce pas, car la médisance est un péché.

On peut donc se fier à lui.

Moïse Granger a pris les armes pour aller au feu de la Rivière-du-Chêne (décembre 1837) et a dit en pleine assemblée qu’il persécuterait le curé Poirier jusqu’à la mort.

On peut aussi se fier sur moi, car j’ai pris cette affaire très au sérieux.

De plus, je pense avoir trouvé un de mes ancêtres qui aurait joué un rôle lors de la rébellion, mais pas à celle de Ste-Anne ni à celle de St-Eustache.

Ceci expliquerait finalement mon intérêt pour la question.

Son nom est David Alexandre, le père d’Henriette mon arrière-grand-mère.

On voit son nom dans plusieurs dépositions datée du mois de novembre 1838 dont une faite par un autre Moïse Granger, sauf que celui-là n’avait pas l’âme d’un patriote.

Disons que voir le nom d’un de mes ancêtres qui aurait été patriote, ça me fait un petit velours.

On se revoit demain.

Séraphin Bouc fils, fier patriote?

Séraphin Bouc dénoncé par monsieur le curé Poirier serait le fils de Séraphin Bouc.

Séraphin Bouc père est mort en 1837.

Le curé Poirier n’avait donc aucune raison de le dénoncer lors de sa déposition faite le 10 juin 1839 à moins d’être complètement hystérique.

Il aurait plutôt dénoncer Séraphin Bouc fils né vers 1815.

Du moins je pense.

Voici l’image d’une page du recensement de 1842 à Sainte-Anne-des-Plaines.

Nos Patriotes sont bien là!

 

Jean-Baptiste Leblanc est encore un mystère actuellement.

Mais qu’en est-il de Joseph Adam et de sa "méchante" femme?

On voit ça samedi prochain. Eux je les connais.

Je ne veux surtout pas…

Je ne veux surtout pas vous ennuyer avec les Patriotes, sauf que le père d’Henriette Alexandre (mon arrière-grand-mère) aurait été mêlé dans la révolte de 1838 à St-Cyprien.

Comme il aurait pu être tué, je ne serais pas ici en train de vous écrire.

David Alexandre mérite donc de petits articles afin de tirer tout ça au clair surtout que je ne sais pas grand-chose de l’histoire des Patriotes même si j’ai fait mes études en histoire.

J’ai donc décidé d’en parler les week-ends.

Comme ça, si ça ne vous intéresse pas, pas de problème. Vous n’avez qu’à revenir lundi.

 

 

Moi je sais que mon ami Michel va venir les lire.

‘…dont on viendrait peut-être à bout si sa méchante femme ne le gâtait pas par ses mauvais conseils.’

Sexiste à souhait, le p’tit Izzy… mais quand même respectueux des règles de grammaire les plus élémentaires (j’admire notamment sa maîtrise de l’utilisation du subjonctif imparfait)

Tu nous fais redécouvrir les Patriotes par ton maniement tout autant habile que judicieux du microscope anneplainois.

Good job.

Qui sait, je pourrais peut-être lui en trouver aussi des Patriotes dans ses ancêtres.

On se revoit dimanche pour enterrer l’histoire des Patriotes de Sainte-Anne-des-Plaines. Ensuite, on s’en va à Napierville.

Les Patriotes de Ste-Anne

Non ce n’est pas le nom d’une équipe de Midget AAA.

Mais ça serait winner comme nom.


Le hockey a toujours été fort à Ste-Anne.

L’histoire des Patriotes, disons un peu moins.

Cépasgrave.

L’histoire revient dans l’actualité par les temps qui courent.

Tenez…

Branchez-vous! 

On commence à se réveiller! On a aussi un article dans Le Devoir.

Il était grand temps.

En tout cas, je fais ma part.

Voici nos Patriotes de Ste-Anne.

Si on croit le curé Poirier, qui avait la chienne de se faire tuer, nous avons maintenant nos braves Patriotes anneplainois…

Moïse Granger, qui a pris les armes…

Jean-Baptiste Leblanc, regardé comme le second chef de la rébellion

Nicolas Daunais, Joachim Villeneuve, Séraphin Bouc, Octave Villeneuve, Jean Villiot, Félix Granger, Thomas Villiot et Joseph Adam dont on viendrait peut-être à bout si sa méchante femme… et finalement Louis Dubois.

Il ne reste plus qu’à élever un monument quelque part à Ste-Anne-des-Plaines.

Moïse Granger fier patriote

Moïse Granger qui a pris les armes pour aller au feu de la Rivière-du-Chêne a dit en pleine assemblée qu’il me persécuterait jusqu’à la mort; et il paraît bien qu’il veut tenir sa parole, puisqu’il se trouve maintenant à la tete d’une conjuration ouverte contre moi. Il en est rendu à un tel point, que je ne voudrais pas me trouver seul avec lui dans un lieu écarté. Je craindrais qu’il ne me donnât le coup de la mort.

Richard Chabot, Le curé de campagne page 209.

Revoici une partie de la déposition du curé Porier écrite le 10 juin 1839.

Isidore Poirier, prêtre, curé de Sainte-Anne-des-Plaines, à M. Griffin, adjudant général, 10 juin, 1839.
Persécutions dont il est l’objet de la part de quelques rebelles.

Les troubles de 1837 et 1838 sont choses du passé, mais monsieur le curé sent le besoin d’y aller d’une petite dénonciaton.

Moïse Granger est aux premières loges.

Il se voit dénoncer par monsieur le curé qui ne mentirait sûrement pas n’est-ce pas, car la médisance est un péché.

On peut donc se fier à lui.

Moïse Granger a pris les armes pour aller au feu de la Rivière-du-Chêne (décembre 1837) et a dit en pleine assemblée qu’il persécuterait le curé Poirier jusqu’à la mort.

On peut aussi se fier sur moi, car je pense avoir trouvé un de mes ancêtres qui a joué un rôle lors de la rébellion, mais ni à Ste-Anne ni à St-Eustache.

Ceci expliquerait mon intérêt pour la question, du moins je pense.

Je devrais avoir honte…

Je devrais avoir honte…

Moi un ptit gars de Montréal.

Je reste à Sainte-Anne-des-Plaines depuis 1981, le 20 mars pour être plus précis, et je ne connais même pas l’histoire des Patriotes qui ont vécu ici.

Ça, c’est un vrai péché mortel.

Je devrais avoir honte…!

Honte de me promener avec ma caméra et prendre des photos à gauche et à droite sans connaître l’histoire qui se cache derrière mes photos.

Honte de me promener dans les rues de Sainte-Anne sans connaître vraiment la signification des rues comme la rue Daunais.

Nicolas Daunais?

Le nom me disait vaguement quelque chose. On en parle sur ce site.

En 1787, le territoire de Sainte-Anne fut détaché de la seigneurie de Terrebonne qui s’appelait Mascouche du Page. En 1788, la nouvelle paroisse pris le nom de Sainte-Anne de Mascouche et en 1816, le nom est changé pour celui de Sainte-Anne-des-Plaines (Blondin, 1987, p.14). Nous commençons par le patriote Nicolas Daunais (1805-1862). Il habitait Saint-Louis de Terrebonne où ses parents possédaient de grandes étendues de terre. En 1827, il se marie avec Esther Granger, fille de bourgeois possédant également plusieurs terres à Sainte-Anne-des-Plaines. Nicolas Daunais était un cultivateur fortuné. Sa maison se situait en face de l’église où se trouve maintenant un dépanneur. Il était un des chefs patriotes et fit partie d’une conjuration contre le curé Isidore Poirier pour les propos antipatriotes qu’il tenait. (Blondin, 1987, p.122).

On parle aussi des frères Prévost sur le site.

Les frères Prévost, eux je les connaissais un tout petit peu. Leur maison était anciennement sur le site de la caserne des pompiers.

Les pompiers…

Ça je connais ça!

J’ai hâte d’en parler à mes petits-enfants…

Séraphin Bouc fier patriote

Excusez le retard de la mise en ligne…

Revenons à nos patriotes de Ste-Anne-des-Plaines.

Rien d’inventer sur mon blogue pour une fois.

Richard Chabot en parle dans son livre.

Sauf que…

Il mentionne dans son livre le nom de Séraphin Gore.

Séraphin Gore? Connais pas.

Séraphin Bouc, alors oui je le connais!

Séraphin Bouc et non Gore est né à Lachenaie, le 27 octobre 1788, puis baptisé le 29, dans la paroisse Saint-Charles. Il est le fils de Charles-Jean-Baptiste Bouc, marchand, et d’Archange Lepage.  Il fut un cultivateur à Sainte-Anne-des-Plaines. Il servit, le 8 septembre 1812, durant la guerre de 1812 dans le 3e bataillon de milice de la division de Blainville.  ll fut élu député de Terrebonne en 1834. Il appuya le parti patriote.  Il décède en fonction à Sainte-Anne-des-Plaines, le 29 juillet 1837, à l’âge de 48 ans et 9 mois. Il fut inhumé dans l’église paroissiale, le 31 juillet 1837.  Il avait épousé dans la paroisse Saint-Louis-de-France, à Terrebonne, le 5 octobre 1813, Françoise Dalcourt, fille de Joseph Dalcourt et d’Angélique Gravel.  

Erreur pardonable, car Richard Chabot a transcrit le nom à partir d’une lettre du curé Porier qui se retrouve sur le site des Archives nationales.

Isidore Poirier, prêtre, curé de Sainte-Anne-des-Plaines, à M. Griffin, adjudant général, 10 juin, 1839.
Persécutions dont il est l’objet de la part de quelques rebelles.

Séraphin Bouc se retrouve donc dans ce livre avec d’autres présumés patriotes dont Moïse Granger.

J’ai fait ressortir tous les noms des patriotes dénoncés par monsieur le curé Poirier. La déposition date de juin 1839


Ce n’est pas la seule erreur. On a aussi le nom de Nicholas Daumais dans la déposition qui est en fait Nicolas Daunais.

On y reviendra, car cette histoire qui n’a pas fait couler beaucoup d’encre depuis 1837, risque d’en faire couler beaucoup sur ce blogue.

En attendant, petite lecture préparatoire…


La haine du curé Poirier

Je reviens avec l’histoire des Patriotes.

Une lectrice m’a envoyé une petite lecture.

Heureusement qu’Étienne Simard ne fut pas tué en décembre 1837 à St-Eustache, car il aurait eu droit toutes des funérailles!

Ouin mettons…

Une brique et un fanal si on en juge par le sermon de monsieur le curé de l’époque!

J’aime bien le préambule de Gilles Boileau.

L’historien Marcel Trudel dont on ne peut mettre en doute l’intégrité, l’honnêteté et surtout la compétence, a déjà parlé du comportement de l’Église canadienne sous le régime militaire, suite à la conquête de 1760. Par ailleurs, nous savons bien comment les patriotes de 1837-1838 furent les victimes de l’intransigeance, de l’incompréhension et surtout de la mauvaise foi des évêques de l’époque et de la majorité des curés de paroisses. En dépit d’une réhabilitation hautement proclamée des patriotes de 1837 par l’Assemblée des évêques du Québec en 1987, ces mêmes patriotes sont encore et toujours l’objet de l’ostracisme primaire et abusif de plusieurs membres du clergé comme on peut le voir par les deux derniers documents présentés dans ces pages. Deux pièces à conviction bien courtes mais combien éloquentes à l’époque de la grande repentance! Les extraits de documents que nous vous présentons dans ces pages sont tirés d’archives accessibles à tous. Puissent ces quelques paragraphes inciter à une relecture de certaines tranches de notre histoire et provoquer une salutaire et utile réflexion.

LA HAINE DU CURÉ POIRIER (pour la source, cliquez ici…)

Le troisième document concerne l’épopée des patriotes. Il s’agit du sermon prononcé dans l’église de Sainte-Anne-des-Plaines par le curé Isidore Poirier le dimanche 11 novembre 1838, au moment où plusieurs paroisses de la rive sud du Saint-Laurent – dans le diocèse de Montréal – étaient encore en pleine effervescence insurrectionnelle.

Ce texte, dont on peut lire ici quelques extraits, a été publié par le L’Ami du Peuple, de l’Ordre et des Lois, journal dirigé par le surintendant de police de Montréal, le tristement célèbre Pierre-Édouard Leclère, et soutenu financièrement et intellectuellement par les ecclésiastiques du Séminaire de Montréal et leur supérieur M. Quiblier, p.s.s. On notera combien des hommes, tout curés qu’ils soient- avaient la bravoure facile une fois le danger passé.

«Vous ne sauriez ignorer, mes frères, quels sont les devoirs que vous devez rendre à César, c’est-à-dire au roi, ou à la puissance souveraine; depuis un an surtout, on vous les a expliqués amplement… Cependant comme il y a encore parmi vous des têtes dures, qui font semblant de ne rien comprendre, pour se livrer sans remords à la fureur de leurs passions, je profite de ces dernières paroles de notre évangile, pour vous remettre de nouveau sous les yeux la vérité sous tout son jour.

«C’est Jésus-Christ lui-même, qui vous assure que toute puissance vient de Dieu, et que celui qui résiste à la puissance qu’il a établie résiste à Dieu même et se damne. La puissance ne vient donc pas du peuple, comme vos prétendus grands hommes ont malheureusement réussi à vous le faire croire, mais elle vient de Dieu seul qui la communique à qui il lui plaît; toute autre puissance ne saurait venir que de l’enfer; seriez-vous donc assez aveugles pour vouloir prendre le parti des puissances infernales? C’est ce que vous feriez certainement si vous aviez le malheur de manquer au respect et à l’obéissance que vous devez au gouvernement sous lequel nous avons le bonheur de vivre.

«Rappelez-vous encore ce que notre évêque nous a écrit l’année dernière. Je vais vous en répéter quelques mots… Tous ceux qui meurent les armes à la main contre leur souverain sont réprouvés de Dieu et condamnés à l’enfer. L’Église a tant d’horreur d’une insurrection qu’elle refuse d’enterrer dans les cimetières ceux qui s’en rendent coupables; qu’on ne peut être absous, ni recevoir aucun autre sacrement, sans faire un énorme sacrilège…

«Vous allez me faire une objection: nous voudrions bien la paix, dites-vous, mais ce n’est pas aisé dans le temps où nous sommes; on nous commande, on nous force de marcher, et si on refuse on nous menace de nous fusiller; que pouvons-nous faire? À cette objection, qui ne doit être de nulle valeur chez les chrétiens, voici comment je réponds: si vous êtes dans un danger éminent (sic) de perdre la vie et que vous ayez le temps de vous sauver, prenez aussitôt la fuite et mettez-vous à l’abri de la violence des rebelles; que si vous êtes pris au dépourvu, sans pouvoir échapper, souvenez-vous que vous êtes des enfants des martyrs, et qu’en cette qualité la crainte de la mort ne doit pas vous porter à trahir votre gouvernement. Si donc vous vous trouvez dans la circonstance que je viens de dire, ne craignez rien, marchez en héros, la mort est un gain à qui sait l’accepter; il vaut mieux mourir innocent que de vivre coupable, et perdre la vie pour la cause de Dieu, ce n’est pas la perdre, mais la changer en une autre meilleure.

«Pour moi, mes frères… je me sens aujourd’hui doublement fortifié et disposé à affronter plus hardiment que jamais les périls de la prison et de la mort… Sans doute, si je prévoyais un danger de mort évident, je prendrais la fuite pour ne pas m’exposer volontairement, mais si j’étais surpris dans ma maison, ou ailleurs, et qu’il se trouvait parmi vous des gens assez gâtés pour me menacer de la mort en disant: Écoutez, vous voyez bien que vous nous faites du tort en vous déclarant si hautement contre nous en toute occasion, il faut que vous changiez et que vous soyez de notre parti, autrement nous allons vous ôter la vie; je vous répondrais sans crainte: fusille, tue, massacre; ta fureur m’ouvre le ciel et te plonge dans l’abîme, mais ne crois pas jamais intimider un serviteur de Dieu.

«Il faut bannir pour jamais du milieu de vos familles ce détestable mot de patriote, pour lequel vous marquez un si honteux attachement. Je ne crains pas de le dire: si vous aimez encore le titre de patriote, vous aimez votre destruction et celle de vos enfants.

«C’est vous, au contraire, patriotes insensés, qui voulez, malgré le gouvernement, détruire notre sainte religion sous le prétexte mensonger de la rétablir. Quoi! Vous dites que vous êtes attachés à votre patrie, que vous travaillez pour le soutien de la religion et par le plus fanatique et le plus aveugle de tous les entêtements, vous détruisez la patrie et la religion. Vous forcez le gouvernement de brûler les églises, les villages et les campagnes; vous vous vantez d’être des patriotes religieux et vous ne parlez que de tuer, fusiller, massacrer les prêtres, les évêques, et tout ce qu’il y a dans le pays de citoyens respectables. Quel affreux patriotisme! Quelle affreuse religion! L’enfer a-t-il jamais inventé rien de plus horrible, de plus exécrable?

«Pauvres brebis égarées… entrez dans la voie de la soumission et de la subordination aux autorités légitimes; rendez à César ce qui appartient à César; soyez obéissants, respectueux, soumis et reconnaissants envers les puissances que Dieu a établies pour vous gouverner…»

Note :

Voici l’acte de baptême du petit Étienne, né le 30 avril 1811.

Étienne avait donc 26 ans quand il aurait été sur les premières lignes en décembre 1837 à la rivière du Chêne.

Merci à Michel Chartrand pour le scoop du baptême…

Pour la bataille de St-Eustache, je vous ai trouvé ça.

La bataille de Saint-Eustache, le 14 décembre 1837

À la fin de la bataille de Saint-Eustache, en décembre 1837, les Patriotes qui fuient sont interceptés sur la rivière gelée de Mille-Îles par les volontaires loyalistes de Saint-Eustache (dont la plupart sont des Canadiens français). Cette gravure de 1840 reprend un croquis de l’incident réalisé par un officier britannique qui a participé à la bataille. À noter, les vêtements d’hiver portés par les deux camps. À l’arrière-plan, l’église de Saint-Eustache, le principal bastion des Patriotes, est la proie des flammes. (Archives nationales du Canada, C396) (source)

Pour être aux premières de la bataille… cliquez ici.