Les troubles de 1838 à Napierville: David Alexandre dénoncé

David Alexandre avait fait cette déposition le 13 novembre 1838 devant le juge de paix William Macrae (1).


Ont comparu devant moi William Macrea, un des juges de paix – François Brosfeau [Brosseau], David Alexandre et Jean-Baptiste Faneuf [Phaneuf] lesquels après avoir été dument assermentés, déposent qu’ils auraient été commandés de se rendre au camp des Rebelles à Saint-Cyprien par un nommé François Bourafsa [Bourassa] , fils, et que le dit François Bourafsa aurait ajouté que s’ils ne s’y rendaient pas que leurs propriétés ainsi que leur famille seraient détruites. Les déposants ajoutent de plus que craignant les menaces qu’ils se seraient rendus au sus dit camp des Rebelles mais qu’ils s’en seraient échappés à la première occasion. Les dits déposants ne disent rien de plus…

Asfermenté par devant moi
13 novembre 1838
Macrea J. P.
François X Brosfeau
David  X  Alexandre
Jean-Baptiste X Faneuf


Cette déposition vient en contradiction avec cinq autres dépositions où David Alexandre est directement pointé d’un doigt accusateur et dénoncé pour avoir participé activement à la rébellion de novembre 1838.

Patriotes à Beauharnois en novembre 1838

Pourquoi essaie-t-il alors de se disculper et dénonce-t-il, avec Jean-Baptiste Phaneuf et François Brosseau, François Bourassa ?

Je pense connaître la réponse.

Revoyons deux  événements de la rébellion de novembre 1838 à St-Cyprien.

9 novembre 1838, vers 20 h

Craignant que leurs troupes les livrent à Colborne, les officiers généraux des Patriotes quittent secrètement Napierville vers 20 h.

10 novembre 1838

Ne trouvant pas leurs chefs, les Patriotes réunis à Napierville se dispersent. Édouard-Élisée Malhiot qui avait réuni près de 1 000 Frères Chasseurs à Saint-Bruno-de-Montarville décide de ne pas attaquer Sorel comme il devait le faire selon le plan d’invasion ; il ordonne la dispersion de ses hommes lorsqu’il apprend celle des autres groupes. Vainqueurs, les Volontaires loyalistes incendient les maisons et les bâtiments de ferme de ceux qu’ils soupçonnent d’être des Frères Chasseurs à L’Acadie, Saint-Athanase, Saint-Édouard, Lacolle, Saint-Valentin et Napierville.

Les patriotes bien ordinaires se retrouvaient maintenant seuls sans personne pour les commander. Face aux représailles des Volontaires loyalistes, chacun devait sauver sa peau comme ils le pouvaient.

N’empêche que les dépositions faites contre David Alexandre étaient sérieuses et qu’il aurait dû être emprisonné pour le rôle qu’il avait joué dans la rebellion, peut-être même pendu!

Mystère!

déposition de Moïse Granger faite le 15 novembre 1838
contre Pierre Granger, David Alexandre et François Mango

Moïse Granger, pas ce fier patriote de Ste-Anne-des-Plaines, mais un autre, fait cette déposition devant le juge de paix Timoléon Quesnel.

District de Montréal

L’an mil huit cent trente huit le 15 de novembre par devant Timoléon Quesnel, Écuyer, l’un des Juges de paix de sa Majesté pour le district de Montréal est comparu Moïse Granger cultivateur de Blairfindie lequel après serment prêté sur les Saints Évangiles dit et dépose que samedi trois du courant Pierre Granger journalier de Blairfindie est venu le commander pour aller aux Côtes mais lui déposant ayant refusé d’y aller le même homme est revenu le lendemain le commander d’y aller lui disant qu’on le trouverait bien s’il refusait d’y aller. Alors le déposant s’est transporté chez la veuve Langlois où il a trouvé plusieurs autres et notamment Joseph Langlois qui était armé d’un fusil. Rendus tous chez David Alexandre qu’ils trouvèrent armé d’un sabre ils se mirent en route pour se rendre chez Francisque Bourassa [François Bourrassa] Alexandre le sabre à la main marchait en tête et Langlois le fusil sur l’épaule marchait à l’arrière garde chemin faisant David Alexandre et François Mango [Mongeau] sont entrés chez Joseph Grenier qu’ils ont fait sortir de sa maison et parce que cet homme refusait de marcher Alexandre et François Mango dit Clermont l’ont jetté (sic) par terre arrivés chez Francisque Bourrassa  ce dernier ayant pris le sabre de David Alexandre est monté à cheval et a conduit toute la troupe à St-Cyprien ou le déposant est resté jusqu’au sept du courant dans la compagnie de Francisque Bourrassa  dans le cours de cette journée il a cherché à déserter sans pouvoir y parvenir en ayant été empêché par les gardes enfin sur les cinq heures il est parvenu à gagner le bois au moment où il s’échappait il a vu les gardes tirer deux coups de fusil sur deux hommes qui cherchaient aussi à gagner le bois. Le déposant étant arrivé chez lui Moïse Terrien est venu lui ordonner de retourner disant qu’il venait de Saint-Cyprien des gens pour tuer ceux qui avaient déserté. Le déposant effrayé est retourné à St-Cyprien où il est resté jusqu’au vendredi neuf du courant qu’il en est parti de nouveau pour revenir chez lui et ne sachant signer le Déposant a fait sa marque ordinaire d’une croix. Lecture faite.

sa

Moïse X Granger

Marque

affirmé devant moi
à Blairfindie…
T. Quesnel
Magistrat spécial

Il est clair que tout le monde avait la chienne après la débandade du 10 novembre 1838, et qu’on essayait de sauver sa peau et les meubles.

Il est clair également que mon arrière-arrière-grand-père David Alexandre était à l’avant-scène.

S’il avait été forcé de se joindre aux rebelles comme il le dit dans sa déposition du 13 novembre, alors il jouait bien son rôle et il prenait ça au sérieux.

Qu’en est-il de ces autres dépositions qui dénoncent David Alexandre?

Il en reste quatre, celle de Vital Cardinal, d’Anselme Breault, de Julien Simard et de Narcisse Breault.

On se revoit samedi prochain.

(1) William McRae, marchand de Saint-Jean (source)

Franchère est associé en 1820 avec Eustache Soupras, négociant de Saint-Mathias, et plusieurs autres marchands et seigneurs de la vallée du Richelieu dans la construction du bateau à vapeur De Salaberry (Joseph Demers, 30 octobre 1820). Il est aussi partenaire actif avec plusieurs personnes dans l’achat du bateau à vapeur Le Richelieu (Louis Chicou-Duvert, 16 avril 1825). Non seulement, il s’implique dans le transport et le commerce sur la rivière Richelieu, mais Timothée Franchère s’engage activement dans la construction du canal de Chambly. Il est commissaire pour le canal de 1831 jusqu’en 1843 (La Minerve, 21 avril 1831; Basile Larocque, 9 février 1833; 20 avril 1843). Les autres commissaires sont Samuel Hatt, seigneur de Chambly, René Boileau, notaire de Chambly, William McRae, marchand de Saint-Jean et Eustache Soupras, négociant de Saint-Mathias.

Les troubles de 1838 à Napierville: la suite

Est-ce vraiment nécessaire que je vous parle des trois petits cochons de mon arrière-arrière-grand-père David Alexandre?

Oui, justement, je pense que c’est nécessaire pour bien comprendre que je prends l’histoire et celle de mes ancêtres au sérieux, et que je vais au fond des choses.

David Alexandre avait bel et bien trois cochons en 1842.

Et un mouton en plus!

Ça, c’est la première page du recensement  de 1842.


Cliquez sur l’image.

David Alexandre est à la ligne 16. Il est cultivateur et la famille compte 6 personnes.

Ça, c’est la page 2…

Cliquez sur l’image.

Pas encore de cochons…

Page 3.

Cliquez sur l’image.

Pas encore…

Page 4.

Cliquez sur l’image pour voir les trois cochons.

Pour les sceptiques…

On en apprend des choses intéressantes sur mon blogue en plus des trois cochons de David Alexandre.

David Alexandre a fait cette déposition le 13 novembre 1838.

Les troubles de 1838 à Napierville étaient chose du passé.

Patriotes à Beauharnois en novembre 1838 (source)

Ont comparu devant moi William Macrea, un des juges de paix – François Brosfeau, David Alexandre et Jean-Baptiste Faneuf lesquels après avoir été dument assermentés, déposent qu’ils auraient été commandés de se rendre au camp des Rebelles à Saint-Cyprien par un nommé François Bourafsa, fils, et que le dit François Bourafsa aurait ajouté que s’ils ne s’y rendaient pas que leurs propriétés ainsi que leur famille seraient détruites. Les déposants ajoutent de plus que craignant les menaces qu’ils se seraient rendus au sus dit camp des Rebelles mais qu’ils s’en seraient échappés à la première occasion. Les dits déposants ne disent rien de plus…

Asfermenté par devant moi
13 novembre 1838
Macrea J. P.
François X Brosfeau
David  X  Alexandre
Jean-Baptiste X Faneuf

Ouin c’est du sérieux que cette déposition!

Elle vient en contradiction avec cinq autres dépositions où là, on accuse David Alexandre d’avoir participé activement à la rébellion.

On se revoit samedi prochain. En attendant, lisez ceci sur François Bourassa.

Demain, on s’en va à Rigaud.

Les vertus du curé Poirier

Un petit temps d’arrêt dans le dossier de la famille Sabourin.

Le 20 mars est une journée mémorable dans l’histoire des Ancêtres de Sainte-Anne-des-Plaines.

En effet, le 20 mars 1981, je déménageais ici.

Le clan Panneton m’avait déménagé!

La référence…

Ouin… Mettons…

Toute une histoire que ce déménagement, mais là je commencerais à déraper avec toutes les histoires de déménagement dans ma vie…

Oublions ça!

Dans un autre ordre d’idées, je m’en voudrais durant tout le reste de ma vie de ne pas reparler du curé Poirier.

En fait, je n’ai pas été très très tendre avec l’endos de ma cuillère vis-à-vis monsieur le curé.

Ouin… Mettons…

Je sais bien qu’il avait été un produit de son temps et qu’il suivait le courant, mais son sermon avait comme fouetté mon ardeur de patriote.

Sylvain m’a écrit ce petit courriel à son sujet…

Bonsoir Pierre, 
Ci-joint un passage de « L’Argent du Curé de Campagne », livre assez récent que j’ai emprunté en même temps que « Le Curé de Campagne et la contestation (…) » suite à ton article. 
Il n’avait pas que de la haine pour les patriotes, on dirait qu’il avait des vertus !
Sylvain a numérisé ces trois pages… de ce livre.

L’auteur de ce livre n’est pas très très tendre envers la paroisse de Sainte-Anne… (voir le haut de la page 40)

Paroisse de médiocre rapport…

Rapport!

Si j’étais lui, j’éviterais de traverser la rue à l’intersection du boulevard Ste-Anne et de la 6e Avenue s’il vient faire un petit nowhere dans le coin.

Les troubles de 1838 à Napierville

J’ai pris les informations qui suivent sur ce site…

Elles me permettent de mieux situer dans le temps les actions de mon arrière-grand-père David Alexandre et de comprendre les six dépositions, mais surtout dont celle qu’il a faite le 13 novembre 1838 devant le juge de paix William McRae.

Ont comparu devant moi William Macrea, un des juges de paix – François Brosseau, David Alexandre et Jean-Baptiste Faneuf lesquels après avoir été dument assermenté, déposent qu’ils auraient été…

Déposition de François Brosseau, David Alexandre et Jean-Baptiste Phaneuf contre François Bourassa (13 novembre 1838)

Le début de mon histoire est ici si vous voulez être capable de me suivre sur la route des Patriotes de Napierville en 1838…


T’as encore raté la sortie GP…!

Chronologie des événements

7 septembre 1838

Un jury francophone, considérant que sa mort résulte d’un acte de guerre, acquitte les accusés du meurtre de Joseph Armand dit Chartrand commis le 27 novembre 1837.

26 septembre 1838

Après avoir dit au curé Noël-Laurent Amiot de la paroisse de Saint-Cyprien que les Frères Chasseurs se réunissaient à Napierville et qu’ils préparaient l’invasion du Bas-Canada, Michel Moisan explique la procédure du serment d’allégeance aux Frères Chasseurs, la peine imposée à ceux qui trahiraient le secret et les signes pour se reconnaître entre eux. Il révèle également que des armes en provenance des États-Unis sont déjà ou seront bientôt cachées dans certaines fermes en vue de l’offensive qui devrait avoir lieu le 1 octobre 1838 dans le Haut-Canada et entre le 8 et le 15 octobre 1838, dans le Bas-Canada. Le même jour, le curé Amyot communique cette information à son évêque, Mgr Lartigue; ce dernier informe le général Colborne le 27 septembre 1838 ; Colborne a donc amplement le temps de prendre les dispositions nécessaires pour contrer l’action des Frères Chasseurs. On sait maintenant que la date fixée pour l’attaque a été repoussée aux 3 et 4 novembre 1838 dans le Bas-Canada.

3 novembre 1838

Lord Durham s’embarque pour l’Angleterre. Les Frères Chasseurs de Saint-Constant dirigés par Joseph Robert tuent un certain Aaron Walker, un Volontaire loyaliste. Plusieurs rassemblements ont lieu aux endroits où l’on avait présumément entreposé des armes, mais les armes ne s’y trouvant pas, les hommes se dispersent et retournent chacun chez-soi.

4 novembre 1838

75 Frères chasseurs dont Joseph-Narcisse Cardinal et Joseph Duquette sont arrêtés par les Mohawks de Kahnawake où ils cherchent des armes ; les Mohawks les remettent aux autorités anglaises. Joseph Dumouchel et Jean-Baptiste-Henri Brien mènent l’attaque à Beauharnois ; ils capturent le seigneur Edward Ellice et sa famille ; dirigés par François-Xavier Prieur, un autre groupe rend le vapeur Henry Brougham inutilisable pour le transport de troupes. Robert Nelson arrive à Napierville avec deux officiers français, dont Charles Hindelang, qu’il avait engagé aux États-Unis ; les Patriotes qui s’y étaient réunis en vue d’un grand assaut sur Saint-Jean s’attendaient pourtant à le voir arriver avec un grand nombre d’Américains. Robert Nelson proclame de nouveau la république du Bas-Canada. Denis-Benjamin Viger est incarcéré.

6 et 7 novembre 1838

Bataille de Lacolle ; oppose le colonel Oklowski et 170 Patriotes au capitaine Scriver et 400 volontaires loyalistes; vainqueurs de l’escarmouche du 6 novembre, les Patriotes perdent celle du lendemain et dénombrent 9 tués.


7 novembre 1838

Chevalier de Lorimier et François-Xavier Prieur à la tête d’environ 200 Frères Chasseurs de Beauharnois se rendent à Sainte-Martine rejoindre 300 autres Patriotes dirigés par le docteur Perrigo ; un détachement de quelques centaines de Volontaires et de soldats de l’armée régulière attaque le camp Baker ; bilan ; 2 morts et plusieurs blessés parmi les attaquants.

9 novembre 1838

Bataille de Odelltown; la dernière bataille de l’insurrection; 500 à 600 Patriotes conduits par Robert Nelson, Médard Hébert et Charles Hindelang s’opposent à 1 000 Volontaires loyalistes dirigés par Lewis Odell et Charles McAllister; 200 hommes de troupe de l’armée régulière prêtent main-forte aux Volontaires. Défaits, les Patriotes dénombrent une douzaine de tués et une quinzaine de blessés. Les vainqueurs perdent 8 des leurs et comptent 15 hommes blessés gravement. Repliés à Napierville, les Patriotes apprennent que Colborne se dirige vers eux avec 2 000 hommes de troupe.

9 novembre 1838, vers 20 h

Craignant que leurs troupes les livrent à Colborne, les officiers généraux des Patriotes quittent secrètement Napierville vers 20 h.

10 novembre 1838

Ne trouvant pas leurs chefs, les Patriotes réunis à Napierville se dispersent. Édouard-Élisée Malhiot qui avait réuni près de 1 000 Frères Chasseurs à Saint-Bruno-de-Montarville décide de ne pas attaquer Sorel comme il devait le faire selon le plan d’invasion ; il ordonne la dispersion de ses hommes lorsqu’il apprend celle des autres groupes. Vainqueurs, les Volontaires loyalistes incendient les maisons et les bâtiments de ferme de ceux qu’ils soupçonnent d’être des Frères Chasseurs à L’Acadie, Saint-Athanase, Saint-Édouard, Lacolle, Saint-Valentin et Napierville.

27 novembre 1838

Colborne forme une Cour martiale pour juger les personnes accusées de participation à l’insurrection; les accusés n’ont pas droit aux services d’avocat devant cette cour qui doit prononcer la culpabilité ou l’acquittement ; la sentence du coupable est automatiquement la pendaison que le gouverneur peut exécuter ou commuer selon son bon vouloir ; à la suite de protestations, deux avocats anglophones, Louis Thomas Drummond et Charles Hart, sont assignés d’office à la défense des accusés.

28 novembre 1838

Début des audiences de la Cour martiale.

21 décembre 1838

Joseph-Narcisse Cardinal et Joseph Duquette sont pendus à la prison du Pied-du-Courant à Montréal.

David Alexandre, fier patriote?

Je me demande si je dois me lancer dans une telle aventure…

Mes recherches sur les Patriotes de Sainte-Anne-des-Plaines, ma terre d’adoption depuis 1981, m’ont conduit sur la Rive-Sud.

À St-Cyprien de Napierville pour être plus précis.

Je compte bien m’y rendre un jour avec mes petits-enfants.

– St-Cyprien…!
Grand-papa, on vient de rater la sortie.

– Cé ça… Aidez-moi pas!

Moi la Rive-Sud, je ne connais pas ça beaucoup. St-Cyprien encore moins à part la piste de course.

Je n’y ai jamais mis les pieds, mais un de mes ancêtres oui… même deux, un sabre à la main!

Je me reconnais un peu. C’est mon genre… Toujours en avant…!

Je connais bien peu de choses sur les troubles de 1838 dans la région. C’est peut-être une occasion rêvée de reprendre le temps perdu.

David Alexandre, le père d’Henriette dont je cherche encore désespérément une photo pour ajouter à ma collection, y aurait été mêlé. Je vais essayer de vous démêler tout ça, mais je ne suis plus trop sûr, car ça risque d’être long.

Bah de toute façon, je n’écris rien les fins de semaine…

Commençons!


Où j’ai foutu mon foutu sabre diantre?

Voici l’image d’une page du recensement de 1842 de Blairfindie.

Recensement du Bas-Canada 1842

J’ai d’autres pages à vous montrer n’ayez crainte. On apprendra que David avait même trois cochons!



1… 2…, 3 petits cochons

Quand je cherche, je cherche…

baptême de David Alexandre à Ste-Marguerite-de Blairfindie 21 septembre 1811


1842…

Les troubles de 1837 et de 1838 sont maintenant choses du passé.

David Alexandre peut passer à autre chose dans sa vie et mettre son sabre de côté. François Mango peut quant à lui s’occuper de son cheval.

La petite Henriette Alexandre viendra au monde en 1845. Elle le quittera le 18 septembre 1907 après y avoir laissé une longue descendance.

13 enfants.

6 avril 1845

Elle revivra en 2009 sous la plume de son arrière-petit-fils Pierre qui la fera renaître de ses cendres.

Dans le recensement de 1842, son père David Alexandre est à la ligne 16.

La famille compte six personnes.

Qui est vraiment David Alexandre?

Un fier patriote?

On le dit cultivateur dans le recensement de 1842.

L’histoire l’a oublié.

Je cherche à y voir clair dans les six dépositions trouvées dans les Archives nationales.

Pas facile à lire en plus.

Ici on a un petit extrait.

Archives nationales du Québec

Alors le déposant [Moïse Granger] s’est transporté chez la veuve Langlois où il a trouvé plusieurs autres et notamment Joseph Langlois qui était armé d’un fusil rendus tous chez David Alexandre qu’ils trouvèrent armé d’un sabre ils se mirent en route pour se rendre chez Francisque Bourassa Alexandre le sabre à la main marchait en tête et Langlois le fusil sur l’épaule marchait…

Je vais vous mettre de la ponctuation…

Alors le déposant [Moïse Granger] s’est transporté chez la veuve Langlois où il a trouvé plusieurs autres et, notamment, Joseph Langlois qui était armé d’un fusil. Rendus tous chez David Alexandre qu’ils trouvèrent armé d’un sabre, ils se mirent en route pour se rendre chez Francisque Bourassa. Alexandre, le sabre à la main, marchait en tête et Langlois, le fusil sur l’épaule, marchait…

Fascinant!

C’est la déposition de Moïse Granger de St-Cyprien faite à Timoléon Quesnel.

Aucun lien avec l’autre Moïse Granger, notre fier patriote de Sainte-Anne-des-Plaines.

Voici la déposition au complet.

Archives nationales du Québec

Archives nationales du Québec

La déposition est datée du 15 novembre 1838. Moïse dénonce Pierre Granger, David Alexandre et François Mango.

Je ne me demande plus si je dois me lancer dans une telle aventure…

Je vous laisse lire et on se revoit samedi prochain.

Jean-Baptiste Leblanc fier patriote anneplainois

Je mets un terme à cette histoire des Patriotes de Sainte-Anne.

Jean-Baptiste Leblanc peut être regardé comme le second chef de la rébellion, quoiqu’il agisse d’une manière plus cachée. Nicolas Daumais (sic), Joachim Villeneuve et Séraphin Gore (sic), outre qu’ils ont commandé dans les premiers troubles, ont avancé au capitaine Gore (sic) qu’ils avaient prêté l’automne dernier le serment patriotique c’est lui-même qui me l’a assuré. Octave Villeneuve, Jean Villiot et Félix Granger viennent ensuite avec Thomas Villiot et Joseph Adam dont on viendrait peut-être à bout si sa méchante femme ne le gâtait pas par ses mauvais conseils.

Source : Richard Chabot, Le curé de campagne, page 209.

Revoici une partie de la déposition du curé Porier écrit le 10 juin 1839.

Isidore Poirier, prêtre, curé de Sainte-Anne-des-Plaines, à M. Griffin, adjudant général, 10 juin, 1839.
Persécutions dont il est l’objet de la part de quelques rebelles.

Les troubles de 1837 et 1838 sont choses du passé, mais monsieur le curé sentait le besoin d’y aller d’une petite dénonciaton.

Moïse Granger est aux premières loges lors des troubles de décembre 1837 à St-Eustache.

Il se voit dénoncer par monsieur le curé qui ne mentirait sûrement pas n’est-ce pas, car la médisance est un péché.

On peut donc se fier à lui.

Moïse Granger a pris les armes pour aller au feu de la Rivière-du-Chêne (décembre 1837) et a dit en pleine assemblée qu’il persécuterait le curé Poirier jusqu’à la mort.

On peut aussi se fier sur moi, car j’ai pris cette affaire très au sérieux.

De plus, je pense avoir trouvé un de mes ancêtres qui aurait joué un rôle lors de la rébellion, mais pas à celle de Ste-Anne ni à celle de St-Eustache.

Ceci expliquerait finalement mon intérêt pour la question.

Son nom est David Alexandre, le père d’Henriette mon arrière-grand-mère.

On voit son nom dans plusieurs dépositions datée du mois de novembre 1838 dont une faite par un autre Moïse Granger, sauf que celui-là n’avait pas l’âme d’un patriote.

Disons que voir le nom d’un de mes ancêtres qui aurait été patriote, ça me fait un petit velours.

On se revoit demain.

Séraphin Bouc fils, fier patriote?

Séraphin Bouc dénoncé par monsieur le curé Poirier serait le fils de Séraphin Bouc.

Séraphin Bouc père est mort en 1837.

Le curé Poirier n’avait donc aucune raison de le dénoncer lors de sa déposition faite le 10 juin 1839 à moins d’être complètement hystérique.

Il aurait plutôt dénoncer Séraphin Bouc fils né vers 1815.

Du moins je pense.

Voici l’image d’une page du recensement de 1842 à Sainte-Anne-des-Plaines.

Nos Patriotes sont bien là!

 

Jean-Baptiste Leblanc est encore un mystère actuellement.

Mais qu’en est-il de Joseph Adam et de sa « méchante » femme?

On voit ça samedi prochain. Eux je les connais.