LA MENACE D’INVASION DE L’AUTOMNE 1813 : LES CANADIENS FRANÇAIS ET LA DÉFENSE DE LA NATION

Luc Lépine, historien militaire, nous revient avec sa recherche sur un aspect peu connu de la guerre de 1812…


LA MENACE D’INVASION DE L’AUTOMNE 1813 : LES CANADIENS FRANÇAIS ET LA DÉFENSE DE LA NATION

Luc Lépine Ph.D.
27 août 2015

L’implication des miliciens canadiens-français dans la guerre de 1812 constitue un sujet peu étudié. Dans nos travaux précédents, hormis la bataille de la rivière Châteauguay, nous avions peu touché la situation militaire de l’automne 1813 [1]. Nous nous intéresserons, ici, à la réaction des miliciens canadiens-français face à une menace d’invasion américaine à l’automne 1813. À ce moment, la nation bas-canadienne est sous la menace d’une invasion américaine. Nous verrons ici comment l’attitude de résistance à la conscription devient, dans certaines régions de la province, une levée en masse pour repousser l’ennemi américain.

De 1812 à 1813, le gouverneur du Bas-Canada, George Prévost, sent qu’une invasion américaine peut se produire à tout moment. Les troupes régulières britanniques : 5200 hommes en Amérique du Nord, dont 4000 au Bas-Canada font face à 12 000 soldats réguliers américains [2]. Le recours à la milice devient essentiel. En 1811, la colonie possède, sur papier, une force de 49 532 hommes, de 16 à 50 ans, en état de porter les armes [3]. Le district de Montréal compte environ 16 500 miliciens [4].

L’implication de la milice assure un appui aux forces militaires britanniques et empêche les Américains de recruter des Canadiens français comme ils l’avaient fait en 1775. L’impact de la guerre de 1812 sur les miliciens et les officiers fait éclater au grand jour, pour les uns, l’attachement à l’institution, et, pour les autres, le désintéressement à faire du service actif.

Pour les Canadiens français, le choix de ne pas participer à la guerre n’est plus possible. La population de plus de 65 ans se souvient encore de la Conquête de 1759 et des destructions faites par les Britanniques sur la ville de Québec. La population âgée de plus de 45 ans, se rappelle, pour sa part, de l’arrivée des Bostonnais qui ont fait le siège de Québec et ont pillé les fermes autour de Québec et Montréal. Même si l’allégeance à la couronne britannique est faible, la lutte contre un envahisseur quel qu’il soit devient impérative. Il faut repousser l’ennemi. C’est la présence de l’ennemi à nos portes ou la rumeur d’une telle présence qui va moduler la réaction des Canadiens français durant la guerre. Cette réaction s’articule sur trois objectifs bien précis : empêcher les Américains d’envahir la province, apporter un appui minimum aux troupes britanniques afin de sécuriser les frontières et réduire au minimum les pertes humaines.

Les habitants francophones du Bas-Canada forment une nation d’ancien régime. Cette nation repose sur le concept du théologien luthérien Johann Gottfried von Herder pour qui la nation s’inscrit essentiellement dans l’attachement et l’appartenance à un groupe ethnique et à un groupe religieux. Pour les Canadiens français de l’époque, le concept de nation d’Ernest Renan pour qui la nation renvoie à la volonté de vivre ensemble, quelle que soit l’origine ethnique leur est étranger. Une nation englobant le Haut et le Bas-Canada ne fait pas partie de leur préoccupation. La nation bas-canadienne fait partie de l’empire britannique contre son gré.

Organisation de la milice
En 1813, on retrouve trois types de miliciens: les miliciens sédentaires, les miliciens volontaires des Voltigeurs canadiens et les miliciens des Bataillons de la Milice d’élite et Incorporée. Tous les hommes de 16 à 50 ans font partie de la milice sédentaire ou milice locale. Les miliciens sédentaires doivent s’enrôler tous les ans au mois d’avril pour une fin de semaine afin de faire un relevé des effectifs, vérifier les armes et faire un peu de « drill ». Ces fins de semaines d’entraînement se terminent généralement à la taverne locale. Encadrée par des officiers locaux, cette milice constitue le réservoir dans lequel on puise les miliciens qui combattent les Américains.

Dès le 25 avril 1812, on commence le recrutement de volontaires pour le corps des Voltigeurs canadiens dirigé par Charles-Michel de Salaberry, un major du 60e Régiment, un natif du Québec. Les murs de Québec, de Montréal et de Trois-Rivières sont rapidement recouverts d’affiches. On offre 96 livres françaises à tous les miliciens qui voulant éviter la conscription sont prêts à joindre les rangs du bataillon [5]. On rassure les miliciens: « Vous ne devenez pas des soldats, mais vous restez miliciens et vous ne serez pas sujets à aucune des punitions auxquelles les Troupes sont assujetties» [6]. On rajoute que le bataillon est réservé aux Canadiens de naissance et qu’aucun étranger n’y sera admis. La prime à l’engagement est payée immédiatement et le calcul de la solde débute dès l’enrôlement.

Au début de la guerre, le recrutement va assez bien mais plafonne rapidement. Certaines rumeurs commencent à circuler sur la discipline de fer de Charles-Michel de Salaberry. En décembre 1812, on offre une terre de 50 arpents à tous les miliciens qui joindraient le bataillon. À l’automne1813, ce bataillon compte 450 miliciens actifs. Les Canadiens français représentent 75 % des miliciens et 50 % des officiers.

MILICE D’ÉLITE ET INCORPORÉE
En plus de recruter des volontaires, le gouvernement impose la conscription afin de lever quatre bataillons de milice d’élite et incorporée. En mai 1812, on tire au sort les noms de 2000 miliciens célibataires de 18 à 30 ans. Chaque division de la milice sédentaire doit envoyer environ 20 % des miliciens. Ceux-ci sont enrôlés pour une période 90 jours et jusqu’à deux ans si la guerre se poursuit. Dans le cas où la guerre avec les États-Unis se poursuivrait, ils pourraient rester sous les drapeaux pendant deux ans. [7] La France révolutionnaire avait imposé un système semblable en 1793 : la levée en masse des hommes de 25 à 30 ans. Alors qu’en février 1793, la France n’avait que 200 000 hommes sous les drapeaux, elle en comptait 804 000 en décembre, répartis en 15 armées, [8] chiffre considérable pour l’époque.

La population canadienne-française oppose une résistance passive en refusant de participer. L’ennemi est loin et la guerre ne concerne pas la nation canadienne-française. À Vaudreuil, le colonel Michel Eustache Chartier de Lotbinière rapporte dix-sept réfractaires parmi les 92 miliciens désignés pour le service actif. [9] Dans la région de Boucherville, parmi 138 miliciens qui doivent joindre leur bataillon à Montréal, seulement vingt miliciens arrivent au camp, les autres se perdent en forêt. [10] Les réfractaires ne sont pas uniquement chez les Canadiens. James McGill, colonel Montreal British Militia, rapporte que dix miliciens sur 37 refusent de servir. [11] Sur un objectif de 2000 hommes, le gouvernement n’en enrôle que 1200.

Résistance vis-à-vis la levée de milice
En juin 1812, les Voltigeurs canadiens cantonnés à Chambly défient l’autorité en refusant de former les rangs. Les leaders de cette insubordination sont arrêtés. Certaines rumeurs commencent à circuler. Salaberry aurait fait sauter la tête d’un des mutins [12] et le capitaine Perreault aurait tranché deux doigts d’un des miliciens.

En août, les miliciens stationnés à Pointe-Lévy se révoltent. Ils crient à haute voix qu’il faut tuer et assommer les officiers et retourner à la maison. Les mutins sont arrêtés en envoyés en prison. [13]

L’incident le plus important demeure l’émeute de Lachine. [14] En juin 1812, la division de Pointe-Claire doit sélectionner 59 hommes. [15] Seulement 28 des 59 miliciens conscrits se présentent au point de ralliement à La Prairie et quatre miliciens désertent immédiatement. [16] On demande alors au major Philippe Leprohon de ramener l’ordre dans la division. Le 30 juin 1812, Leprohon et une compagnie de miliciens se mettent à la recherche d’un réfractaire de Sainte-Geneviève. [17] En cours de route, ils capturent deux autres réfractaires et les emprisonnent à Lachine. Pendant ce temps, plusieurs miliciens se réunissent et soutiennent qu’aucune loi n’a été sanctionnée pour embrigader les miliciens. Tout en consentant au recrutement des jeunes volontaires, ils refusent la conscription. [18]

Le lendemain, une centaine des miliciens armés de Pointe-Claire, Sainte-Geneviève, Isle-Bizard et d’autres paroisses marchent sur Lachine. Ils demandent aux autorités de clarifier la situation. Si la loi est légale, ils obéiront aux ordres, sinon, ils exigent la libération des prisonniers.

À Montréal, le Conseil exécutif envoie deux émissaires pour ramener les miliciens à la raison. On menace d’envoyer une troupe de soldats britanniques qui somme les miliciens de rentrer chez eux. Certains obéissent mais plusieurs ne le font pas. À l’arrivée des troupes britanniques, McCord donne une demi-heure aux insurgés pour quitter les lieux, mais la plupart font face aux soldats. Le délai terminé, on tire un coup de canon au-dessus de la tête des insurgés qui ripostent. En quelques minutes, plusieurs coups de feu sont échangés entre les deux groupes. Les émeutiers comptent un mort et un blessé. La nuit tombée ils quittent les lieux. Le lendemain, 24 mutins sont arrêtés et s’ajoutent aux treize miliciens capturés le soir de l’émeute. Le 4 juillet, 200 miliciens demandent pardon pour leur offense. George Prévost les amnistie, se contentant de garder les 37 miliciens capturés pour jugement ultérieur. [19] Quatorze miliciens récoltent des peines de prison et de lourdes amendes. [20]

Le 3 juillet 1812, J.H.A. Roux, vicaire-général du diocèse de Québec, envoie au curé de la paroisse Notre-Dame de Montréal un mandement où il incite la population à la défense de leur colonie :

Nous vous rappellerons la bravoure de vos ancêtres, toujours prêts à voler au combat contre les ennemis de leur roi; tenant, pour ainsi dire, comme les juifs, une main à la charrue qui les nourrissait et l’autre à l’épée qui défendait leur pays.
(…) Quand on a conscience pure, on ne craint pas la mort. Le champ d’honneur où l’on périrait ne serait que l’escabeau qui ferait monter au trône immortel le soldat qui mourrait pour son seul Dieu et sa patrie. [21]

À Pointe-Claire, le sulpicien Jean-Jacques Lartigue dénonce le comportement des miliciens:

Dans une paroisse qui vient d’être agitée des plus violentes convulsions et qui a été témoin de l’égarement de plusieurs de ses habitants, dans des circonstances lamentables, où plusieurs d’entre vous ont à gémir sur l’erreur coupable de leurs amis ou de leurs proches. [22]

 

L’émeute de Lachine permet de voir la réaction des miliciens vis-à-vis une situation qu’ils jugent inacceptables. Considérant qu’il n’y a pas de menace imminente contre la nation, ils n’acceptent pas la conscription de miliciens contre leur gré et l’emprisonnement des réfractaires.

Tout au long de la guerre, les miliciens canadiens-français sont soumis à un niveau de propagande qui restera sans doute inégalé jusqu’à la Première Guerre mondiale. Les Britanniques qui dirigent le Bas-Canada depuis un peu plus de 50 ans veulent obtenir l’appui de la population canadienne-française pour s’assurer une victoire contre les troupes américaines qui menacent d’envahir la province. Pour arriver à leurs fins, ils vont utiliser tous les moyens mis à leur disposition, tant administratifs que politiques, en incluant la propagande religieuse et la voix des journaux.

Marie Amable Normandin Maillet fait publier une lettre à son fils Joseph: « Je pense que tu n’auras pas la bassesse de déserter ou de t’opposer à la loi et aux autres autorités qui t’obligent à rester sans murmurer. Je t’avertis de ne pas mettre les pieds à la maison afin que je n’aie pas la douleur de voir devant moi un enfant rebelle aux ordres de sa mère ». [23]

Un journal rapporte qu’un soldat déserteur se cache jusqu’à ce que son bataillon quitte la ville, puis se présente chez sa fiancée qui le reçoit avec froideur. Après avoir été expulsé par le père de sa fiancée, il revient de nouveau devant sa dulcinée qui lui déclare: « Va, retire-toi: je ne veux jamais avoir d’enfants coupables de deux péchés originels. Nous sommes bien certains de la rémission par le baptême du premier : mais je questionne si l’empreinte du dernier n’est pas ineffaçable. Enfin, va-t-en plus loin, car je ne veux pas être une femme ni mère de lâches.  » [24]

D’après nos calculs, de mai 1812 à la fin de la guerre, les autorités gouvernementales tentent de lever 8430 miliciens : 2817 en 1812, 3585 en 1813 et 2126 en 1814. Pour l’année 1812, 2076 miliciens se sont enrôlés, soit 73,7 % de l’objectif annuel; pour 1813, 2712 miliciens soit un taux d’enrôlement de 77,7 %.

Plan de mobilisation en masse de la milice sédentaire

Dès septembre 1812, pour repousser une menace américaine, les miliciens sédentaires de Montréal s’entraînent une fois par semaine. [25] En juin 1813, l’adjudant-général de milice du Bas-Canada, François Vassal de Monviel élabore un plan pour mobiliser rapidement la milice sédentaire. Il propose de regrouper les divisions de milice sédentaire deux par deux pour obtenir ainsi des nouveaux bataillons de 1272 hommes dirigés par un lieutenant-colonel, deux majors, un adjudant, un paie-maître, un quartier-maître, un chirurgien et un assistant-chirurgien. Ces bataillons sont ensuite regroupés par quatre pour former des brigades totalisant 5088 miliciens. [26]

Il divise la région de Montréal en trois brigades. Une de ces brigades comprend un bataillon pour les divisions de milice sédentaire de l’Isle Jésus et de Longue-Pointe; un pour celles de Terrebonne et Blainville et un autre pour celles de Vaudreuil et Argenteuil. Montréal forme le dernier bataillon et constitue une réserve.

Le plan d’incorporation de la milice canadienne de Montréal prévoit un bataillon composé de six compagnies de flanc de 60 miliciens chacune, comprenant les sergents et les caporaux et deux compagnies d’artillerie de 40 hommes. La solde des miliciens et des officiers sera la même que pour l’armée britannique. Le bataillon fait le devoir de garnison et fournit la garde. Il s’exerce tous les jours pendant deux heures. Le reste du temps les officiers et les miliciens sont libres de vaquer à leurs occupations. Le bataillon est cantonné uniquement à Montréal. Les hommes ne sont pas «encasernés» et chacun peut garder sa demeure dans l’enceinte de la ville et des faubourgs. Le bataillon pourra quitter Montréal si la colonie est attaquée par les Américains. [27]

Mise en place du plan de mobilisation
En 1813, la menace américaine devient plus réelle. Le 3 juin 1813, deux navires de guerre américains, le Growler et l’Eagle, sont capturés à l’embouchure de la rivière Richelieu, près de l’Île-aux-Noix. [28] En juillet, les Américains capturent une goélette britannique, à l’aide d’un drapeau de trêve comme ruse pour approcher le navire. En plus de les « piéger », rapporte l’éditeur de la Gazette, les Américains étaient également coupables de délibérément surestimer la valeur de leur capture: « L’ennemi évalue la valeur de ce prix à 30 000 dollars, dix fois sa valeur réelle … » [29] En août, le colonel de milice Patrick Murray et un groupe de miliciens volontaires font une descente sur les villes frontalières de Plattsburg et Swanton. Le colonel est particulièrement satisfait du travail accompli par les miliciens. [30]

Le 25 septembre, à Châteauguay Four Corners, dans l’État de New York, le major-général Wade Hampton, planifie une attaque sur le Bas-Canada. Son armée consiste en 5520 hommes d’infanterie, 180 cavaliers, ainsi qu’une batterie d’artillerie de huit pièces de 6 lb, une de 12 lb, et un obusier. Ce sont principalement des soldats de l’armée régulière mais également des membres d’une unité de la Milice de New York. Il faut cependant souligner que les miliciens américains n’étaient pas obligés de quitter les limites géographiques de leur état. [31]

Le 1er octobre, une escarmouche a lieu près de Châteauguay. Le 12 octobre, des raids américains ont lieu dans la baie Missisquoi. Le 16 octobre, Hampton se positionne à l’embouchure de la Châteauguay pour s’opposer aux troupes bas-canadiennes. Cinq jours plus tard, Hampton entreprend une remontée vers le nord. Son avance est ralentie par le mauvais état des chemins peu carrossables. Des arbres ont été également abattus par les miliciens canadiens-français pour nuire à sa progression.

En août 1813, Jean Thomas Taschereau, l’assistant-adjudant-général de la milice, décide d’armer une partie des 16 455 miliciens sédentaires de 16 à 50 ans de la région de Montréal. [32]  Il veut en équiper immédiatement le quart, soit 4114 hommes mais il lui manque 1614 armes. L’incorporation sera repoussée. Au début de septembre, les autorités gouvernementales craignent une attaque dirigée contre Montréal. On réquisitionne les miliciens sédentaires de la région de Montréal. En tout, 11 295 miliciens sédentaires de la région de Montréal sont incorporés et envoyés à Lachine, Chambly et Saint-Jean. [33]

Les miliciens sont classés en trois catégories :
1e classe : 18 à 35 ans : ils doivent monter au front
2e classe : 36 à 45 ans : ils font le service de garnison
3e classe : 46 à 60 ans : ils restent à la maison. [34]

Le 24 septembre, Vassal de Monviel demande à plusieurs commandants de milice, en dehors du district de Montréal, d’enrôler des miliciens de 16 à 50 ans « Vous aurez soin que ces miliciens soient forts, robustes et capable de faire le service actif….vous ferez un choix des jeunes gens les plus actifs et les plus intelligents pour faire des subalternes et des bas-officiers ». [35] Puis, le 7 octobre 1813, il prend soin de spécifier « de ne pas envoyer comme ils le font ordinairement des Malades ou des Estropiés qu’on est obligés de renvoyer et de remplacer par d’autres. » [36] Les miliciens doivent prendre avec eux les armes et munitions qu’ils peuvent avoir. Ceux qui n’en ont pas prennent des haches. Les curés de paroisse doivent faire sonner le tocsin. [37]

Le Montreal British Militia incorpore huit compagnies de miliciens comprenant 36 officiers et 414 miliciens. [38] Le Deuxième bataillon de Montréal lève pour l’occasion sept compagnies comptant en tout 576 hommes. [39] Les divisions sédentaires du district de Montréal prennent des positions défensives. Les 396 miliciens de la 1e division s’installent le long du chemin Côte-Saint-Luc menant à Pointe-Claire. Les 534 miliciens de la deuxième division couvrent le chemin menant à Lachine le long du fleuve. Les 645 miliciens des 3e et 4e divisions protègent le chemin menant à Lachine et aux Tanneries. [40]

William Dunlop, chirurgien du 89e régiment britannique, croise plusieurs miliciens sur sa route, en octobre 1813.

« Ils présentaient tous une apparence satisfaisante. Ils avaient été bien entraînés et leurs armes, qui provenaient de la tour de [Londres], étaient en parfait état. Leur troupe n’avait pas l’aspect désordonné qu’aurait eu un tel contingent de gens mobilisés dans tout autre pays. Leurs capots et leurs pantalons en étoffe du pays étaient tous semblables et de la même couleur, de même que leurs tuques bleues, ce qui leur donnait une apparence uniforme et ajoutait beaucoup à leur air martial… Ils marchaient gaiement, en chantant leurs chansons de voyageurs et quand ils nous virent approcher portant l’uniforme britannique, ils lancèrent le cri de guerre amérindien…sur toute leur ligne de marche. [41]

L’éditeur de la Gazette de Montréal rend compte de toute la population de la ville se rassemblant pour défendre sa frontière: « toutes les catégories de personnes … se sont dirigées au drapeau, avec la volonté de soutenir leur caractère national, et de défendre leur nation de l’emprise de l’impie ennemi. » [42]

En septembre, les miliciens de Beauharnois doivent obstruer et détruire les chemins conduisant de Châteauguay à la ligne de la province. [43] Le bataillon de Vaudreuil envoie neuf compagnies de miliciens pour défendre la colonie : quatre à Vaudreuil, deux à la Nouvelle-Longueuil, deux à Soulanges et une à Rigaud. [44] Pour sa part, le bataillon d’Argenteuil lève trois compagnies de 58 miliciens chacune. [45] Ici, le problème se trouve au niveau des distances à parcourir :

«It must be considered that (captain Wrights company of the township of Hull) is not less then ninety miles from Argenteuil, and the half company of captain Chases, at the little Nation River, not the less than fifty, and what makes it difficult to transmit orders to them is that for several miles there is no inhabitants, nor any roads but by water. » [46]

Les miliciens sédentaires de l’île de Montréal, de Vaudreuil et d’Argenteuil répondent assez bien à la levée de milice. Cependant, le reste de la province ne semble pas ressentir l’urgence d’agir. Lors de la conscription d’octobre 1813, la division de la Rivière-du-Chêne choisit 25 miliciens pour servir la milice incorporée. Seulement quinze arrivent à destination et quatre tombent immédiatement malades. [47] Le commandant de la division, le lieutenant-colonel Louis Dumont décrit une partie de son unité. Sur 299 miliciens célibataires de 18 à 30 ans :

7 se disent infirmes, 12 refusent de marcher ou sont réfractaires, 1 est toujours saoul, 2 mutins, 3 désobéissants, 28 ont déserté leur unité et 1 a l’adresse d’esquiver tous les commandements. [48] 

De plus, il rapporte que son bataillon contient, en tout, 308 réfractaires sur un effectif de 1413 miliciens. [49] Les miliciens de la région de Québec se sentent moins interpellés par la menace américaine. Sur 348 miliciens appelés sous les armes, 59 refusent de se présenter.

La compagnie de milice sédentaire de l’Isle d’Orléans présente un taux de refus de 40 % tandis que le 4e bataillon de Québec a un taux de refus de 30 %. [50] Il semble que la distance qui sépare le bataillon de milice et la menace américaine influence grandement l’enthousiasme à aller défendre la nation.

Tout au long de l’automne, le clergé incite les miliciens à aller défendre la nation :
Que ne nous est-il donné de voler à votre secours, et de nous mettre au-devant de leurs bataillons, pour protéger, contre leurs attaques, cette portion de notre troupeau chéri. [51]

Un phénomène intéressant à noter de la part des miliciens canadiens-français est la diminution des désertions et des absences sans permission durant l’automne 1813. Au mois de novembre 1813, seulement 9 miliciens ont quitté un des six bataillons de la Milice d’élite et incorporée ou des Voltigeurs Canadiens. En 1812, 68 miliciens s’absentaient chaque mois. Durant les onze autres mois de 1813, 44 miliciens s’absentaient illégalement, puis, en 1814, ce nombre remonte à 54 miliciens par mois. [52] Il est très clair qu’une menace imminente d’invasion change le comportement des miliciens canadiens français.

 

DÉBUT DES OPÉRATIONS DE L’AUTOMNE
Généralement, les miliciens sédentaires qui vont participer aux opérations durant l’automne 1813 feront du travail de garnison et seront mis en réserve en cas de besoin. Le seul véritable fait militaire tourne autour de la bataille de la rivière Châteauguay.

Les troupes américaines arrivent près de Four Corners à partir du 21 octobre 18131, divisés en 2 brigades pour contourner les obstacles laissés par les Voltigeurs canadiens. La stratégie élaborée par Hampton est d’envoyer 1000 hommes, dirigés par le colonel Robert Purdy sur le côté sud de la rivière Châteauguay pour contourner les positions canadiennes. Mille autres hommes se dirigeront de face vers la ligne de front. [53]

Les hommes commandés par Purdy partent le 25 octobre au soir pour la rive sud. Au matin du 26 octobre, la seconde division prend son poste devant la ligne de front délimitée par l’abattis et échange quelques coups de feu. Ils cessent brusquement et attendent. Malheureusement, les hommes sur la rive sud se sont perdus dans les bois denses et sur le terrain marécageux. Les troupes sur la rive sud rencontrent le petit groupe de Canadiens français dirigés par le capitaine Jean-Baptiste Brugière. Les coups de feu tirés et la confusion règne alors sur la rive sud. Vers 14 heures, Brugière, qui a reçu des renforts de la compagnie de Daly, portant les effectifs sur le côté sud à environ 90 hommes, ordonne une charge à la baïonnette, manquant de munitions. Daly et Brugière sont blessés, les Américains tentent alors de contourner la petite compagnie, en rejoignant la berge de la rivière.

Salaberry, aux prises avec les forces américaines devant l’abattis, élabore diverses tactiques. Donnant ses ordres en français, ordonnant le feu à volonté, demandant aux Amérindiens de crier et de courir dans les bois et bluffant en sonnant le clairon pour annoncer des renforts, il donne l’illusion aux Américains qu’il n’y a pas seulement 300 hommes sur la ligne de front, mais bien 3000. Lorsque les Américains sur la rive sud passent sur la berge de la rivière, de Salaberry ordonne une potence, et les miliciens sur la rive nord entrecroisent leurs tirs avec les hommes de Daly et Brugière, les Américains se trouvant alors dans une mauvaise position.

Purdy exige alors le retrait de ses hommes et ils retournent au campement, alors qu’Hampton ordonne aussi de son côté le retour des hommes devant l’abattis. Ceci clôt l’engagement de la bataille de la Châteauguay, et les Américains retournent aux États-Unis le 29 octobre 1813.

Retour au foyer et appréciation

Suite à la victoire de Salaberry sur les troupes américaines et la disparition de la menace d’invasion, le gouvernement permet aux miliciens sédentaires de retourner dans leurs foyers graduellement entre les 7 et 18 novembre 1813. Les miliciens reçoivent en compensation pour la paie et la ration, la somme d’un shilling et trois pences par cinq lieues de distance parcourue à partir de Montréal. [54] Le montant s’applique du moment qu’il quitte son poste jusqu’à son retour à la maison, à raison de 5 lieues par jour de marche. [55] Le gouverneur Prévost se montre très satisfait de la réponse des miliciens sédentaires. [56]

Les division de Saint-Ours et Beloeil retournent à la maison le 7 novembre : Beauharnois et Saint-Denis le 8 novembre, Chambly et Boucherville le 10 novembre, Vaudreuil, le 16 et les Chasseurs de Châteauguay le 17 novembre, celui de Trois-Rivières les 14 et 15 novembre. Les miliciens gardent dix cartouches chacun mais retournent le reste au magasin du Roi ainsi que les couvertures, havresacs et cantines. [57]

Le Spectateur canadien rapporte : « Il serait difficile de faire dignement le tableau du zèle et de l’ardeur qu’ont montré les miliciens du district de Montréal pour accourir à la défense de leur Pays ». [58] À la fin de septembre, Vassal de Monviel félicite les miliciens pour avoir laissé avec célérité leurs demeures et leurs familles pour voler à la défense de leur Pays. [59] Le gouverneur saluait les miliciens qui se dévouent à la défense de la religion et de la Patrie. [60]

La mobilisation de la milice sédentaire à l’automne 1813 illustre très bien l’attitude des Canadiens français vis-à-vis le service et face à une menace d’invasion. Jusqu’à ce que la menace soit ressentie, une assez large partie des miliciens refusent de s’enrôler et une fois enrolés, plusieurs miliciens désertent. Le même phénomène se présente durant l’année 1814. Devant la menace d’invasion, la population se mobilise. Les miliciens sédentaires directement menacés obéissent aux ordres et se déplacent pour défendre la patrie. On remarque que plus on s’éloigne de la région de Montréal et de la menace américaine plus est grande la résistance à l’enrôlement. Les miliciens qui prennent les armes veulent défendre leur famille, leur terre et leur religion. Pour eux, le concept d’un Canada comprenant le Haut et le Bas-Canada n’existe pas. Ils ne vont pas se battre pour un roi britannique qui ne partage pas la même langue ni la même religion. Il s’agit de la défense de la nation. Cette nation est définie par une proximité immédiate avec d’autres Canadiens français catholiques. Il s’agit de défendre sa localité, sa région et le Bas-Canada contre l’envahisseur américain.

Une question demeure. Qui a gagné la guerre en réalité ? On fait souvent référence à 1812 comme étant « La guerre que personne n’a gagnée » ou « La guerre gagnée par les deux camps. ». Nous aimerions apporter ici un angle nouveau en soutenant que les Canadiens français du Bas-Canada en atteignant les objectifs qu’ils s’étaient fixés au début de la guerre sortent victorieux de la guerre de 1812. Premièrement, ils ont empêché les Américains d’envahir la province et de causer des dommages aux villages et fermes de la province. En utilisant une résistance passive, ils ont apporté l’appui minimum nécessaire aux troupes britanniques afin de sécuriser les frontières. Tout au long de la guerre, ils ont subi un minimum de pertes humaines. Finalement, la victoire de Salaberry et des Voltigeurs canadiens lors de la bataille de la Châteauguay apporte aux Canadiens français un héros qui les suivra pendant deux siècles.


[1]        Pour une mise en contexte du fonctionnement de la milice, consulter : Luc Lépine, Le district de milice de Montréal 1787-1829: essai d’histoire socio-militaire, thèse de doctorat, Université du Québec à Montréal, 2005, 342 p.

[2]        Desmond Morton, Une histoire militaire du Canada, 1608-1991, Sillery, Les Éditions du Septentrion, 1992, p. 90.

[3]         Rapport du Comité spécial auquel a été référée cette partie de la harangue de Son Excellence relative à l’organisation de la milice, Québec, Neilson et Cowan, 1829 Appendice 6.

[4]        Le nombre pour 1813 est de 16 455. Archives nationales du Canada, ANC, RG9, 1A1, vol. 7, HQLC, 1813, Taschereau à François Vassal de Monviel.

[5]  Affiche de recrutement, 22 décembre 1812, copie conservée à la Bibliothèque nationale du Québec.

[6]  La Gazette de Montréal, 11 mai 1812.

[7]  Luc Lépine, La participation des Canadiens français à la guerre de 1812, mémoire de maîtrise, Université de Montréal, 1986. pp 19-22

[8]  On peut également se référer à Alain Pigeard, La conscription au temps de Napoléon, Bernard Giovanangeli Éditeur, 2003, p.36

[9]  Archives nationales du Canada, (ANC), RG9, 1A1, vol. 69, colonel de Lotbinière à François Vassal de Monviel, 20 juin 1812.

[10] ANC, RG9, 1A1, vol. 2, (Boucherville), P. Lacroix à François Vassal de Monviel, 8 juin 1812.

[11]   ANC, RG9, 1A1, vol. 69, James McGill à François Vassal de Monviel, 18 juin 1812.

[12]   Ma Saberdache Bleue, Vol. II, pp 95-98, Jacques Viger à Charles-Michel de Salaberry, 26 juin 1812.

[13]    Bibliothèque nationale du Québec, RES AC 48, Ordre général, 1e septembre 1812.

[14]    Luc Lépine, La participation…., pp. 124-128.

[15]    ANC, RG9, 1A1, vol. 69, p.67.

[16]    Jean-Pierre-Wallot, Un Québec qui bougeait, Trame socio-politique au tournant du XIXe siècle, Québec, Éditions du Boréal Express, 1973, p. 110.

[17]        ANQM, TL 19, S1, SS1, Dossier juillet 1812.

[18]        Ibid, p. 118.

[19]        Jean-Pierre Wallot, op.cit., p.119.

[20]        Ibid, p. 128.

[21]        Mandement de Messire J.H.A. Roux, vicaire-général du diocèse de Québec, pour la paroisse de Montréal, 3 juillet 1812, La Gazette de Québec, 9 juillet 1812.

[22]        Sermon de Jean-Jacques Lartigue, Pointe-Claire, 5 juillet 1812, Revue d’histoire de l’Amérique française, 1968, pp 303-304

[23]        La Gazette de Montréal, 21 septembre 1812.

[24]        Le Spectateur canadien, janvier 1813.

[25]        ANC, RG9, 1A1, vol. 70, p.13, François Vassal de Monviel aux colonels de milice de Montréal, 22 septembre 1812.

[26]        ANC, RG9, lA1, vol. 72, pp. 104-106, Projet d’organisation pour servir la milice sédentaire dans un cas urgent et pour pouvoir s’en servir avec un plus grand avantage, François Vassal de Monviel au général de Rottenburg, 5 juin 1813.

[27]        Université de Montréal, Collection Baby, 1812-Plan d’une incorporation volontaire des plusieurs compagnies de la milice canadienne de Montréal pour faire le service de garnison de Montréal particulièrement de la ville de Montréal, P2/174. Document non-daté.

[28]        George F.G. Stanley, The War of 1812, Land Operations, MacMillan of Canada, 1983, P.242.

[29]       La Gazette de Montreal, 12 juillet 1813. [traduction libre]

[30]        Le Spectateur Canadien, 5 août 1813.

[31]        Tiré de Victor SuthrenTenir bon : la bataille de Châteauguay, Musée canadien de la guerre La série des batailles canadiennes no 1, 1986.

[32]        ANC, RG9, lA1, vol. 7, (5216), Headquarters of Lower Canada, Part 4, Thomas Pierre Joseph Taschereau à François Vassal de Monviel , 16 août 1813.

[33]        ANC, RG9, lA1, vol. 72, pp. 345-346, François Vassal de Monviel au Commissaire Général, 12 novembre 1813.

[34]        ANC, RG9 1A1, vol. 72, p. 345, 17 novembre 1813, Vassal de Monviel à Charles Chevalier de Tonnancour.

[35]        ANC, RG9, 1A3, vol. 2, Vassal de Monviel, 24 septembre  1813.

[36]        ANC, RG9, 1A3, vol. 2, Vassal de Monviel, 7 octobre 1813.

[37]        ANC, RG9, 1A1, vol. 72, p 346, District de Montréal, Vassal de Monviel aux commandants de la milice du district de Montréal, 8 novembre 1813.

[38]        ANC, RG9, 1A7, vol. 19 1st battalion Montreal Militia, 25 september to 24 october 1813.

[39]        État indiquant les nom, age et résidence des miliciens de 1812-1815, qui ont demandé à participer aux gratifications votées par le parlement de 1875, ainsi que le corps ou division et le grade dans lequel ils ont servi, Ottawa, McLean, Roger and Cie, 1876, p. v.

[40]        ANC, RG9, 1A1, vol 72 pp345-346, 12 novembre 1813.

[41]   Dunlop, William, Recollections of the American War, 1812-14, Toronto, Historical Publishing, 1905, p. 13. Traduction faite pour Le patrimoine militaire canadien : d’hier à aujourd’hui (1755 à 1871), vol 2.

[42]        La Gazette de Montréal, 16 novembre 1813. [traduction libre]

[43]        ANC, RG9, 1A1, vol 74, Jean-Thomas Taschereau au capitaine Milnes, 17 septembre 1813.

[44]        ANC, RG9, 1A7, vol. 20, Vaudreuil Militia, 25 sept to 24 oct 1813.

[45]        ANC, RG9, 1A7, vol. 19 Argenteuil Militia, 25 sept to 24 oct 1813.

[46]        ANC, RG9, vol. 11, Argenteuil, Lieutenant-colonel William Kell to François Vassal de Monviel, 1er octobre 1813.

[47]        ANC, RG9, 1A1, vol. 70, François Vassal de Monviel au lieutenant-colonel Dumont, 6 octobre 1812.

[48]        ANC, RG9, 1A1, vol. 11, Vaudreuil, 1813, lettre du 3 novembre 1813.

[49]        ANC, RG9, 1A1, vol. 11, Vaudreuil, 1813, lettre du 13 novembre 1813.

[50]        ANC, RG9, 1A1, vol 73, p.9, 23 novembre 1813.

[51]        Mandement pour les prières pendant la guerre, 11 novembre 1813.

[52]        Tableau XIV, Tableau récapitulatif montrant le nombre mensuel des déserteurs des Voltigeurs canadiens et des bataillons de malice d’élite et incorporée pour la durée de la guerre, Luc Lépine, La participation…, op.cit, p. 146.

[53]        Cette section de l’article est tirée de Victor Suthren Tenir bon: la bataille de Châteauguay, Musée canadien de la guerre, 1986

[54]        The Quebec Mercury, 23 novembre 1813, Edward Baynes, General Order, 17 novembre 1813.

[55]        ANC, RG9 1A3 vol.2, Ordre général du 18 novembre 1813.

[56]        Le Spectateur canadien , 11 novembre 1813. The Quebec Mercury, 23 novembre 1813.

[57]       Le Spectateur canadien, 11 novembre 1813.

[58]        Le Spectateur canadien, 18 novembre 1813.

[59]        Le Spectateur canadien, 7 octobre 1813.

[60]        Le Spectateur canadien, 21 septembre 1813.

Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire – Recensement de 1889 fait par le curé de Pointe-Claire

Luc Lépine, historien militaire, partage la dernière partie de ses recherches sur Pointe-Claire…

***

Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire

Juin 2014

Colligés par Luc Lépine, auteur de Le Québec et la guerre de 1812

couverture

Table des matières

1. L’émeute de Lachine (publié le 14 août)

2. Conflagration à la Pointe-Claire (La Presse 22 mai 1900) (publié le 21 août)

3. Le téléphone (publié le 28 août)

4. La carrière de Pointe-Claire (publié le 4 septembre)

5. Évolution de la population de la population de Pointe Claire (publié le 11 septembre)

6. Le régime seigneurial (publié le 18 septembre)

7. Potasse et le sel d’ammoniaque (publié le 25 septembre)

8. La milice à Pointe-Claire (publié le 2 octobre)

9. Inventaires des biens : Que retrouvait-on à Pointe-Claire au XIXe siècle? (publié le 9 octobre)

10. Loyalistes à Pointe-Claire (publié le 16 octobre)

11. Les « voyageurs » et la traite des fourrures (publié le 23 octobre)

12. La Voirie et le Voyer (publié le 30 octobre)

13. Les hôtels (sera publié le 6 novembre)

14. Le docteur John-Augustus-George Meyer (publié le 13 novembre)

15. Recensement de 1889 fait par le curé de Pointe-Claire  (publié le 20 novembre)

***

15. Recensement de 1889 fait par le curé de Pointe-Claire

recensement

Mot de la fin…

Écrivez-moi.

On ne sait jamais ce qu’on peut découvrir ensemble.

bergeron1

Moi je suis incapable d’arrêter d’écrire.