Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire – Potasse et le sel d’ammoniaque

Luc Lépine, historien militaire, partage ses recherches…

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Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire

Juin 2014

Colligés par Luc Lépine, auteur de Le Québec et la guerre de 1812

couverture

Table des matières
1. L’émeute de Lachine (publié  le 14 août)
2. Conflagration à la Pointe-Claire (La Presse 22 mai 1900) (publié  le 21 août)
3. Le téléphone (sera  publié  le 28 août)
4. La carrière de Pointe-Claire (publié  le 4 septembre)
5. Évolution de la population de la population de Pointe Claire (publié  le 11 septembre)
6. Le régime seigneurial (publié  le 18 septembre)
7. Potasse et le sel d’ammoniaque (publié  le 25 septembre)
8. La milice à Pointe-Claire (sera  publié  le 2 octobre)
9. Inventaires des biens : Que retrouvait-on à Pointe Claire au XIXe siècle?  (sera  publié  le 9 octobre)
10. Loyalistes à Pointe-Claire  (sera  publié  le 16 octobre)
11. Les « voyageurs » et la traite des fourrures  (sera  publié  le 23 octobre)
12. La Voirie et le Voyer  (sera  publié  le 30 octobre)
13. Les hôtels  (sera  publié  le 6 novembre)
14. Le docteur John-Augustus-George Meyer (sera  publié  le 13 novembre)
15. Recensement de 1889 fait par le curé de Pointe Claire (sera  publié  le 20 novembre)

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7. Potasse et le sel d’ammoniaque

Les premières industries de Pointe-Claire, sous le régime britannique à la fabrication du sel d’ammoniaque et de la potasse.

Dans le premier quart du XIXe siècle, on comptait près de cinq cents potasseries et ” perlasseries ” au Bas-Canada. Le sel ammonium provenait avant 1700 du Levant et d’Égypte où on l’extrait de la cendre de fumier de vache, mélangée à du sel marin. Il a cependant une odeur répugnante. Mais dans les colonies britanniques, on a trouvé d’autres moyens de les produire. Ce sel vient par pains plats circulaires plus grands qu’une assiette épais de 3 ou 4 doigts et disposés dans leur épaisseur en cristaux droits comme des colonnes. Son utilisation était pour faire reluire le métal. On sait qu’en 1769, John McAndrew possède une manufacture de sel d’ammoniaque à Pointe-Claire et qu’il passe un contrat avec le tonnelier du village, Jacques Spénard.

Potasse

On découvre qu’en Amérique du Nord, les cendres contiennent un plus grand pourcentage de potasse pure que dans les régions de la Baltique, d’où la demande constante et stable de ce produit. La potasse sert à épurer le sable dans la fabrication du verre. Elle est également utilisée dans certains procédés chimiques, telle la solidification des couleurs sur le coton imprimé. La potasse est habituellement expédiée vers Montréal dans de grands barils de 227 kg (500 lbs). Donc, il faut avoir un approvisionnement de tonneaux. Les représentants des fabriques de potasse se déplaçaient et achètent les cendres que les agriculteurs ont conservées. Il est intéressant de noter que la potasse est un produit qui n’est pas soumis aux taxes seigneuriales.

Pour fabriquer de la potasse, il faut d’abord se procurer de la cendre de bois franc récupérée dans les poêles mais surtout sur les lieux du défrichement des forêts. En prévision du passage du ramasseur de cendre, les gens accumulent ce résidu dans un baril généralement placé dans une petite cabane située loin des bâtiments, au cas où des charbons encore ardents mettent le feu.

On se sert de grands chaudrons dans lesquels on chauffe l’eau qui sert à ébouillanter la cendre. Ceci a pour effet de produire de la potasse que l’on appelait « Salt », ou salin. Ce produit est donc obtenu en faisant bouillir de la lessive de cendre de bois jusqu’à la consistance voulue. Une fois refroidi, ce résidu prend alors l’aspect du verre concassé et peut se garder dans les auges de bois ou des paniers. On l’appelle également perlasse du nom anglais Pearl Ash.

Cette cendre ébouillantée produit aussi le ” lessi ” qu’on ajoute à des corps gras, des carcasses d’animaux, des intestins récupérés lors des boucheries. On procède à la cuisson du savon, en ajoutant du lessi, de l’eau, de la résine et du sel. Une fois cuite, cette préparation donne une partie de savon jaune et une autre brunâtre. Les femmes s’en servaient surtout pour faire le lavage de la lingerie de la maison et parfois des vêtements.

En 1792, on sait que David McKay possède une manufacture de postasse au coin des rues Sainte-Anne et Saint-Louis. Cette même année, ses biens sont vendus à l’encan. On retrouve alors un fourneau, une chaudière, une cuve et autres apparats et ustensiles pour la production de la potasse. Dans le recensement de 1825, on sait que James Glassford est le propriétaire d’une manufacture de potasse dans le village.

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Pour en savoir plus…

http://www.histoireforestiereoutaouais.ca/b12/

Extrait

Le pionnier peut se contenter d’entreposer les cendres dans des tonneaux pour les échanger à une potasserie. En retour, les propriétaires de la fabrique lui fournissent de la farine, du porc salé ou d’autres produits essentiels. En 1831, on dénombre deux potasseries dans le canton de Hull, une dans les cantons de Templeton et de Buckingham, trois dans celui de Lochaber et cinq dans la seigneurie de la Petite-Nation2. Mais la solution la plus payante pour le pionnier est de s’équiper pour fabriquer sa propre potasse et sa propre perlasse et de les revendre sans intermédiaire.

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Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire – Le régime seigneurial par Luc Lépine

Luc Lépine, historien militaire, partage ses recherches…

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Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire

Juin 2014

Colligés par Luc Lépine, auteur de Le Québec et la guerre de 1812

couverture

Table des matières
1. L’émeute de Lachine (publié le 14 août)
2. Conflagration à la Pointe-Claire (La Presse 22 mai 1900) (sera publié le 21 août)
3. Le téléphone (publié le 28 août)
4. La carrière de Pointe-Claire (publié  le 4 septembre)
5. Évolution de la population de la population de Pointe Claire (publié  le 11 septembre)
6. Le régime seigneurial (publié  le 18 septembre)
7. Potasse et le sel d’ammoniaque (sera publié  le 25 septembre)
8. La milice à Pointe-Claire (sera  publié  le 2 octobre)
9. Inventaires des biens : Que retrouvait-on à Pointe Claire au XIXe siècle?  (sera  publié  le 9 octobre)
10. Loyalistes à Pointe-Claire  (sera  publié  le 16 octobre)
11. Les « voyageurs » et la traite des fourrures  (sera  publié  le 23 octobre)
12. La Voirie et le Voyer  (sera  publié  le 30 octobre)
13. Les hôtels  (sera  publié  le 6 novembre)
14. Le docteur John-Augustus-George Meyer (sera  publié  le 13 novembre)
15. Recensement de 1889 fait par le curé de Pointe Claire (sera  publié  le 20 novembre)

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Le régime seigneurial est une forme institutionnelle de distribution et d’occupation des terres qui fut établie en Nouvelle-France en 1627 et abolie officiellement en 1854. Ce régime était inspiré du système féodal dans lequel le censitaire dépendait du seigneur. En Nouvelle-France la comparaison se limite à l’occupation des terres, au paiement de certaines redevances et à l’observation de certains droits et obligations tant de la part du seigneur que de la part du censitaire.

Le système de distribution des terres est régi par la loi et comporte de nombreux avantages. Sa fonction première était de promouvoir une colonisation systématique. La seigneurie de Montréal couvrait l’ensemble de l’île. Elle avait été attribuée au Séminaire de Saint-Sulpice. Cette seigneurie était divisée en rang. Chaque terre était assez grande (elle mesurait généralement 3 × 30 arpents) pour procurer au fermier une subsistance raisonnable. Dans le village, les terrains étaient évidemment plus petits. On peut rappeler ici qu’un arpent mesure 180 pieds français mais 192 pieds anglais.

5-6

Un seigneurie typique

Les Sulpiciens donnaient une concession à des habitants qui en faisaient la demande. Le censitaire possède la «propriété utile» qu’il peut vendre, diviser entre ses enfants et exploiter à sa guise.

Habituellement, la location des terres du seigneur était dûment notariée. Ces actes de concession énuméraient les droits et devoirs de chacune des parties.

La position du seigneur lui confère plusieurs droits, ou privilèges, qui représentent autant d’obligations pour le censitaire. Par exemple, le censitaire doit donner à son seigneur, lors de l’achat d’une terre déjà concédée, une taxe équivalente au douzième de la valeur de l’achat (lods et ventes). Ceci devient chez nous la taxe de bienvenue. Il doit également payer au seigneur le cens, redevance annuelle (sorte de loyer), ainsi qu’une somme figurant d’impôt symbolique par lequel le censitaire reconnaît sa dépendance envers son seigneur (cens). Le censitaire doit aussi moudre son grain au moulin banal situé dans le village et verser le quatorzième minot de blé moulu au seigneur. Les investissements, dans les manufactures par exemple, sont taxés (lods et ventes) et limités par le régime seigneurial. Les lods et ventes fixent une taxe équivalente au douzième de chaque vente de propriété immobilière. Les Sulpiciens pouvaient réclamer de leurs censitaires qu’ils travaillent pour eux un certain nombre de jours annuellement.

En ce qui a trait aux paysans, leur position face au régime seigneurial évolue au cours du XIXe siècle. Avant 1830, la majorité des Canadiens-français est favorable au maintien du régime seigneurial. Le Bas-Canada des années 1830 (sud du Québec actuel) est grandement agité. Ils se questionnent également à savoir s’il est préférable de le réformer (en diminuant les taux de lods et ventes, des cens et rentes) ou de l’abolir tout simplement.

De 1763 à 1840, la seigneurie de l’Île de Montréal fut au centre d’un débat. Les mécanismes du régime seigneurial deviennent inadaptés au territoire de plus en plus urbanisé de l’île de Montréal, en particulier le droit de lods et ventes, en vertu duquel les Sulpiciens, en tant que seigneurs, percevaient une redevance sur chaque vente de terrain qui s’effectuait dans la seigneurie. En 1820, des négociations entre le gouvernement et les Sulpiciens conduisent à une entente par laquelle d’une part les droits seigneuriaux des Sulpiciens sont officiellement reconnus mais d’autre part on initie un mécanisme d’abolition volontaire de ces droits seigneuriaux moyennant une certaine compensation.

En 1840, une ordonnance des autorités coloniales confirme les droits des Sulpiciens sur la seigneurie et institua un mécanisme de commutation du régime de tenure des terrains selon lequel les tenanciers qui en font la demande peuvent obtenir l’abolition du régime seigneurial sur leur terrain en échange du paiement aux Sulpiciens d’un droit de commutation. Compte tenu de l’existence de ce régime de commutation particulier en place pour la seigneurie de l’Île de Montréal, la loi générale de 1854 sur l’abolition obligatoire du régime seigneurial au Canada ne s’appliqua pas à cette seigneurie. Toutefois, une loi ultérieure de 1859 en rend les principes essentiels également applicables à la seigneurie l’île de Montréal.

Le Conseil législatif rend la commutation obligatoire, c’est-à-dire qu’il oblige le censitaire à racheter sa tenure et les droits seigneuriaux. La rente constituée est le montant fixé par le gouvernement que le censitaire doit payer à son seigneur pour posséder sa tenure et se libérer de ses obligations envers son seigneur.

Le censitaire devient ainsi indépendant de son seigneur. Les paiements de la rente constituée peuvent être faits sur de nombreuses années voire des décennies. Le gouvernement dédommage également en argent les seigneurs pour la perte de leurs privilèges.

Les censitaires de la Pointe-Claire, comme plusieurs autres censitaires de l’ïle de Montréal, ne payaient pas toujours les cens et rentes ni les lods et ventes. En 1842, le Séminaire de Saint-Sulpice décide de récupérer les sommes qui lui sont dues. Il engage le notaire André Jobin, de Sainte-Geneviève, pour faire le tour des paroisses et obtenir des reconnaissances de dettes des différents censitaires retardataires.
Du 4 mai au 27 mai 1842, 97 habitants de Pointe-Claire viennent signer de telles reconnaissances de dettes, puis le 5 septembre, il en ajoute 5 autres. Sur toute, l’île de Montréal, Jobin amasse 1283 reconnaissances de dette.

En 1868, messieurs Marler et Raymond se rendent à Pointe-Claire pour recueiller les rentes non-payées par les censitaires. Il y en a plusieurs qui ont des dettes qui datent de plusieurs années.

Voici quelques exemples :

John Shannon des lots 52-53 doit $00.83 pour un retard d’une année sur les rentes non-payées.
La Fabrique qui possède le lot 1, doit $00.75 pour un retard d’une année sur les rentes non-payées.
Le bedeau Paul Brunet, du lot 31 doit $22.81 pour un retard de 26 années sur les rentes non-payées.
Narcisse Daout du lot 3a doit $38.90 pour un retard de 34 années sur les rentes non-payées depuis 1833.
Antoine Phelks des lots 4 et 5 doit $72.10 pour un retard de 62 années sur les rentes non-payées depuis 1806.
Jean-Baptiste Trottier du lot 74 doit $12.21 pour un retard de 66 années sur les rentes non-payées depuis 1802.

François Moreau des lots 30-30a doit $35.58 pour un retard de 87 années sur les rentes non-payées depuis 1781.

La veuve François Guérard du lot 26 doit $79.01 pour un retard de 87 années sur les rentes non-payées depuis 1781.

Raphaël Brunet du lot 27 doit $64.63 pour un retard de 87 années sur les rentes non-payées depuis 1781.

No 23 : le 27 juin 1798 puis David Flynne ensaisiné puis James Glasford père ensaisné le 28 juillet 1818,
No 28 : puis Jean-Baptiste Phelks le 2 septembre 1820 (Cadieux) Peter Lynch 2 novembre 1826 (Mondelet)

No 34 : puis Charles Frederic Laind ensaisiné le 5 juillet 1799

No 42 :puis le sieur André McGill a acquis par adjudication le 4 avril 1790 et a été ensaisiné le 16 novembre 1795 puis sieur McGill héritier puis François Desrivières héritier puis les héritiers
François Desrivières.

Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire – Évolution de la population de la population de Pointe-Claire

Luc Lépine, historien militaire, partage ses recherches…

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Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire

Juin 2014

Colligés par Luc Lépine, auteur de Le Québec et la guerre de 1812

couverture

Table des matières
1. L’émeute de Lachine (publié  le 14 août)
2. Conflagration à la Pointe-Claire (La Presse 22 mai 1900) (publié  le 21 août)
3. Le téléphone (publié  le 28 août)
4. La carrière de Pointe-Claire (publié  le 4 septembre)
5. Évolution de la population de la population de Pointe Claire (publié  le 11 septembre)
6. Le régime seigneurial (sera  publié  le 18 septembre)
7. Potasse et le sel d’ammoniaque (sera  publié  le 25 septembre)
8. La milice à Pointe-Claire (sera  publié  le 2 octobre)
9. Inventaires des biens : Que retrouvait-on à Pointe Claire au XIXe siècle?  (sera  publié  le 9 octobre)
10. Loyalistes à Pointe-Claire  (sera  publié  le 16 octobre)
11. Les « voyageurs » et la traite des fourrures  (sera  publié  le 23 octobre)
12. La Voirie et le Voyer  (sera  publié  le 30 octobre)
13. Les hôtels  (sera  publié  le 6 novembre)
14. Le docteur John-Augustus-George Meyer (sera  publié  le 13 novembre)
15. Recensement de 1889 fait par le curé de Pointe Claire (sera  publié  le 20 novembre)

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5. Évolution de la population de la population de Pointe-Claire.

Le passage de l’empire français à l’empire britannique a modifié certaines caractéristiques de la société à Pointe-Claire. Il faut voir l’évolution du village à travers les idées de continuité et de changement. Certains points de la vie des habitants n’ont pas été changés tel que le commerce, l’agriculture, la langue et la religion. Pour un censitaire de la montée Saint-Rémi, l’arrivée des Britanniques n’a pas beaucoup d’impact. Il continue à cultiver sa terre. Il continue à payer ses rentes seigneuriales aux Sulpiciens. Ses voisins sont les mêmes qu’avant la Conquête, sauf que peut-être que maintenant ce sont les enfants qui ont repris la terre. Du point de vue religieux, les habitants de Pointe-Claire vont continuer à fréquenter l’église Saint-Joachim.

Parmi les changements, nous retrouvons : le changement de « Canada » pour « Province of Québec », l’apparition du droit criminel anglais, un changement des monnaies et le changement de mère-patrie. Les marchands de Pointe-Claire ne peuvent plus s’approvisionner en France. De plus, la population qui jusqu’en 1760 était complètement francophone et catholique va devoir cohabiter avec des étrangers ne partageant pas toujours les mêmes croyances.

Un recensement demandé par les autorités britanniques nous donnent une excellente idée de la population de Pointe-Claire en 1765. Nous comparons cette population avec d’autres villes et villages voisins.

5-1 5-2

Grâce à ce recensement, on remarque que la paroisse de Pointe-Claire possède un population similaire à celle de Sainte-Geneviève mais elle est beaucoup plus populeuse que l’Isle Perrot, Lachine, Les Cèdres et Vaudreuil.

Pointe-Claire est véritablement une paroisse agricole. Elle recouvre 11 575 arpents de terre donc 4339 de ceux-ci sont en semence. La paroisse possède un très bon cheptel : 322 bœufs, 372 vaches, 356 taurillons, 428 moutons, 271 chevaux et 579 cochons.

Des esclaves à Pointe-Claire

Le chercheur Marcel Trudel a recensé 4 185 esclaves au Québec entre la deuxième moitié du XVIIe siècle et 1834. De ce nombre, les trois-quarts étaient d’origine amérindienne, communément appelés des panis, et le quart était d’origine africaine.

Contrairement aux esclaves de la Nouvelle-Angleterre, qui étaient surtout exploités dans un contexte agricole, les esclaves de la Nouvelle-France étaient exploités en milieu urbain, notamment à Montréal, comme domestiques.

Le village de Pointe-Claire a également connu quelques esclaves pour la première période du régime britannique. Marcel Trudel a identifié pour Pointe-Claire onze esclaves amérindiens (un homme et dix femmes) et deux esclaves noirs, tous des hommes.

Voici un tableau récapitulatif

5-3

Voici un relevé du nombre de baptêmes, mariages et sépultures pour la période1760 à 1798.

5-4 5-5

Plus que des cultivateurs dans le village de Pointe-Claire

Dans cette section nous relevons les noms des personnes qui occupaient des métiers autres que ceux de la terre. La date suivant leur nom identique l’année où cette information a été inscrite dans les archives.

Allan, James : marchand, 1774.

Baude, Joseph César : aubergiste, 1785.

Belingue, François : maître boulanger, 1787

Berthelet, François : marchand, 1789

Céras dit Coquillard, Jean-Louis : marchand, 1788

Charlebois, Pierre : capitaine de milice, 1764.

Chénier, Jean-Baptiste : marchand, 1762.

Conte, Pierre : maître forgeron et Geneviève Boulerice, son épouse, du bourg de la Pointe Claire, 1798

Couturier, François : maître-tanneur, 1783.

Delord, Joseph : marchand, 1764.

Ducharme, Joseph : forgeron, 1763.

Fontigny, Pierre : aubergiste, 1776

Fritz, Jean-Baptiste : faiseur de potasse, 1789, il travaille pour George Meyers.

Labelle, François : maître menuisier, 1794

Lecavalier, Louis : marchand et pelletier, 1763

Lefebvre-Lacizeraie, Jean-Baptiste : marchand, 1764.

Lemieux, Louis : tailleur d’habit, 1776

Letang, Dominique : marchand, 1788

Meyers, docteur George : 1789, 1797, chirurgien à la Division de Pointe-Claire le 8 novembre 1813.

McLean, Joseph: marchand 1769.

Mellish, Nathaniel: marchand, 1777

Ménard, François : marchand, 1783

Mondoux, Mathieu : marchand 1768.

Morel, Jean-Baptiste : marchand, 1778, 1789

Pape, Pierre : Cuisinier, 1765, aubergiste, 1767, marchand, 1779, boucher, 1786.

Papineau dit Montigny, François : tonnelier, 1767

Quintin, Barthélemy : charpentier, 1798

Sicard, Simon : maître meunier, 1799, 1828

Singer, Frédéric : aubergiste, Marchand, 1789.

Spénard, Jacques : tonnelier, 1769

Soupras, Louis-Joseph : notaire, 1774, 1787

Trottier, Joseph : marchand, 1772

Valois, Jean : Marchand tanneur, de la Pointe-Claire, 1795
au lieu nommé la Grande Anse.

Vialard François : chaudronnier,1778

Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire – La carrière de Pointe-Claire

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Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire

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1. L’émeute de Lachine (publié le 14 août)
2. Conflagration à la Pointe-Claire (La Presse 22 mai 1900) (publié le 21 août)
3. Le téléphone (publié le 28 août)
4. La carrière de Pointe-Claire (sera publié le 4 septembre)
5. Évolution de la population de la population de Pointe Claire (sera publié le 11 septembre)
6. Le régime seigneurial (sera publié le 18 septembre)
7. Potasse et le sel d’ammoniaque (sera publié le 25 septembre)
8. La milice à Pointe-Claire (sera publié le 2 octobre)
9. Inventaires des biens : Que retrouvait-on à Pointe Claire au XIXe siècle? (sera publié le 9 octobre)
10. Loyalistes à Pointe-Claire (sera publié le 16 octobre)
11. Les « voyageurs » et la traite des fourrures (sera publié le 23 octobre)
12. La Voirie et le Voyer (sera publié le 30 octobre)
13. Les hôtels (sera publié le 6 novembre)
14. Le docteur John-Augustus-George Meyer (sera publié le 13 novembre)
15. Recensement de 1889 fait par le curé de Pointe Claire (sera publié le 20 novembre)

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En 1854, la construction du pont Victoria aura une grande importance pour le développement de Pointe-Claire.

Le 20 mars 1854, La compagnie du Grand Tronc acquiert une terre appartenant à Eustache Brunet dit L’Etang. La compagnie Peto and Company reçoit le contrat pour établir une carrière pour la construction du Pont Victoria.

En mai 1855, on apprend que le terrain vendu par Eustache Brunet dit L’étang, cultivateur, s’étale sur 3 arpents par 36 arpents. Le terrain est borné, en avant, par le Chemin de la Reine, en arrière par la terre de Hyacinthe Legault dit Deslauriers, d’un côté partiellement par Madame Rose Labadie dite Saint Pierre veuve de Michel Meyer, et partiellement par Joseph Daoust. De l’autre côté par les héritiers Mallette, par Antoine Perrier, par Séraphin Denis et Daniel Allard.

Des immenses blocs de pierre calcaire destinés à la construction des piliers et des culées du pont Victoria y sont extraits. Ces blocs sont extraits à la hauteur du sol et même quelques fois au-dessus du sol.

Ces derniers sont tirés par des chevaux jusqu’à des wagons puis acheminés par une petite voie ferrée qui relie la carrière et le lac Saint-Louis via la rue Cartier, jusqu’au quai aménagé par la compagnie du Grand Tronc (aujourd’hui le Canadien National).
Les blocs étaient finalement levés manuellement sur des immenses barges à fonds plats et étaient tirés par deux puissants remorqueurs, le Beaver et le Musk, jusqu’à Montréal. Chaque barge pouvait transporter 100 tonnes de pierre. Chaque bloc de calcaire pèse entre 7 et 10 tonnes. Selon de le Dublin University magazine de 1855, la pierre utilisée pour le pont Victoria occupe un volume de 27 500 000 pieds cube. Soit un poids total de 205 000 tonnes.

La compagnie du Grand tronc a investi des sommes énormes dans l’approvisionnement en pierre. La construction du quai et la machinerie nécessaire pour le transport des pierres coûta 150 000 $. Une somme astronomique à cette époque. Trente-cinq barges servant au transport de bloc de calcaire ont été construits pour une somme de 120 000 $.

De 1854 à 1855, 500 nouveaux travailleurs se joignent à la population de Pointe-Claire. On trouve évidemment des tailleurs de pierre mais également de très nombreux journaliers. Parmi ceux-ci, il y a de nombreux Irlandais. D’autres travailleurs viennent de Caughnawaga. On pouvait les apercevoir arrivés par canots après avoir traversé le lac Saint-Louis.

Pour loger les ouvriers, quelques bâtiments sont construits dans la carrière, notamment pour loger les chevaux qui aident à l’extraction de la pierre, mais surtout pour héberger les travailleurs qui ne demeurent pas dans la municipalité. En 1904, le club de golf de Beaconsfield achète la carrière mais conserve le dortoir des travailleurs. On peut encore l’apercevoir près du 16e trou du parcours.

Après la fin des travaux au pont Victoria, les activités de la carrière diminuent, mais elles se poursuivent tout de même jusqu’à la fin du XIXe siècle.

Source:

THE DUBLIN UNIVERSITY MAGAZINE ,No CCLXXII AUGUST 1855 , Vol XL VI (46)
THE RAILWAY CANADA (pp. 126-137)

Pour en savoir plus, cliquez ici.

Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire – Le téléphone

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Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire

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Colligés par Luc Lépine, auteur de Le Québec et la guerre de 1812

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Table des matières
1. L’émeute de Lachine (publié le 14 août)
2. Conflagration à la Pointe-Claire (La Presse 22 mai 1900) (publié le 21 août)
3. Le téléphone (publié  le 28 août)
4. La carrière de Pointe-Claire (sera  publié  le 4 septembre)
5. Évolution de la population de la population de Pointe Claire (sera  publié  le 11 septembre)
6. Le régime seigneurial (sera  publié  le 18 septembre)
7. Potasse et le sel d’ammoniaque (sera  publié  le 25 septembre)
8. La milice à Pointe-Claire (sera  publié  le 2 octobre)
9. Inventaires des biens : Que retrouvait-on à Pointe Claire au XIXe siècle?  (sera  publié  le 9 octobre)
10. Loyalistes à Pointe-Claire  (sera  publié  le 16 octobre)
11. Les « voyageurs » et la traite des fourrures  (sera  publié  le 23 octobre)
12. La Voirie et le Voyer  (sera  publié  le 30 octobre)
13. Les hôtels  (sera  publié  le 6 novembre)
14. Le docteur John-Augustus-George Meyer (sera  publié  le 13 novembre)
15. Recensement de 1889 fait par le curé de Pointe Claire (sera  publié  le 20 novembre)

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3.Le téléphone

En 1885, Bell Telephone Company, l’ancêtre de Bell, installe une ligne téléphonique reliant Montréal à Sainte-Anne de Bellevue. Cette ligne s’étire sur 16 kilomètres de poteaux et 43 kilomètre de fils électriques No.12. 

En 1887, l’annuaire téléphonique de la compagnie indiquait que l’agent de Bell, à Pointe-Claire,  était M. Paquette et que deux abonnés étaient branchés. C.E. Dawson, The Grove, et John Kennedy à Beaconsfield.

Quand tout allait bien, les abonnés pouvaient avoir des communications très claires avec des gens situés à 160 kilomètres de Pointe-Claire. Dans certains cas, la transmission était beaucoup plus difficile. Un rayon de 80 kilomètres assure la meilleure connectivité. Les usagers ne pouvaient pas envoyer des téléphones à frais virés. Les paiements du téléphone étaient mensuels.

 Les appels étaient manuels donc il fallait passer par la centrale téléphonique. Les téléphones de l’époque étaient les Blake Wall Téléphones, faits de 3 boîtes, comme l’illustration.

Blake Wall Telephone

La boîte du haut consiste en un générateur magnéto, la boîte du milieu est le micro. Celle du bas contient la batterie. Pour appeler, l’usage actionne la manivelle pour contacter l’opératrice. Le récepteur se trouve à gauche de l’appareil

En 1903, le service fonctionne le jour de 6 h à 22 h 30. On sait cependant que durant l’incendie de Pointe-Claire du 22 mai 1900, un appel a été envoyé à Montréal en pleine nuit. En 1908, Pointe-claire compte 47 clients résidentiels, 20 clients commerciaux et  3 téléphones publics. La centrale téléphonique emploie deux opératrices qui traitent en moyenne 168 appels locaux et 38 appels interurbains par jour.

En 1910, lors du spectacle aérien de Pointe-Claire, une station de Bell a été installée sous une tente. Des appels pouvaient être faits avec Montréal.

lesseps

Source

En 1914, la centrale téléphonique était située sur la rue principale de Pointe-Claire dans un local loué à Emilien Mayer. On sait qu’à ce moment, le service de nuit avait été installé.

Le passage du téléphone manuel à celui de la roulette s’est fait en 1936.

Évolution du nombre d’abonnés :

1887 : 2

1891 : 16

1896 : 36

1910 : 101

1930 : 750

1937 : 818

1941 : 1065

 

-30-

 

Autres lectures

http://grandquebec.com/histoire/congres-aviation-montreal/

Extrait

Le tout premier congrès international de l’air a été célébré entre le 24 juin et le 2 juillet 1910 dans la municipalité de Pointe-Claire, dans le secteur de Lakeside, sur les rives de la baie de Valois.

Pour tenir ce congrès, on a loué les terrains d’une ferme au nord du site de la compagnie jadis très connue Terra Cotta Works, et l’événement a été subventionné par l’Automobile and Aero Club.

Des douzaines de milliers de visiteurs ont visité l’exposition organisée dans le cadre du Congrès de l’Air sur une énorme estrade érigée sur le site. Cette plate-forme longue de plus de 350 mètres se trouvait à 10 mètres au-dessus du sol. Près de 50 policiers de Montréal, ainsi qu’un escadron du Royal Canadian Dragoons, assuraient la sécurité de ce premier «salon de l’automobile et de l’aviation de Montréal».

Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire – Conflagration à la Pointe-Claire

Luc Lépine, historien militaire, partage ses recherches…

***

Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire

Juin 2014

Colligés par Luc Lépine, auteur de Le Québec et la guerre de 1812

couverture

Table des matières
1. L’émeute de Lachine (publié  le 14 août)
2. Conflagration à la Pointe-Claire (La Presse 22 mai 1900) (publié  le 21 août)
3. Le téléphone (sera  publié  le 28 août)
4. La carrière de Pointe-Claire (sera  publié  le 4 septembre)
5. Évolution de la population de la population de Pointe Claire (sera  publié  le 11 septembre)
6. Le régime seigneurial (sera  publié  le 18 septembre)
7. Potasse et le sel d’ammoniaque (sera  publié  le 25 septembre)
8. La milice à Pointe-Claire (sera  publié  le 2 octobre)
9. Inventaires des biens : Que retrouvait-on à Pointe Claire au XIXe siècle?  (sera  publié  le 9 octobre)
10 Loyalistes à Pointe-Claire  (sera  publié  le 16 octobre)
11 Les « voyageurs » et la traite des fourrures  (sera  publié  le 23 octobre)
12, La Voirie et le Voyer  (sera  publié  le 30 octobre)
13 Les hôtels  (sera  publié  le 6 novembre)
14 Le docteur John-Augustus-George Meyer (sera  publié  le 13 novembre)
15 Recensement de 1889 fait par le curé de Pointe Claire (sera  publié  le 20 novembre)

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2. Conflagration à la Pointe-Claire (La Presse 22 mai 1900)

L’élément dévastateur anéantit une partie de ce charmant petit village. Plus de 200 personnes sans abri.

C’est vers deux heures du matin, le 22 mai 1900, que l’incendie se déclare. Avertis du danger, les citoyens ne tardent à prendre les mesures les plus rapides pour combattre les flammes. Un premier message téléphonique très laconique, envoyé à La Presse, nous informe que le feu a débuté chez M. Paquette, magasin actuellement inhabité. Les flammes ne tardent pas à se propager et bientôt, malgré les efforts des citoyens, plusieurs résidences flambaient. Leurs efforts tout d’abord sont vains et du secours est demandé de Montréal.

Les flammes illuminent l’horizon à plusieurs lieux à la ronde et à chaque minute, le danger d’une conflagration générale est possible.

Les pires craintes de la population se concrétisent. Tout à coup, l’on voit les flammes, activées par le vent, se communiquer aux maisons environnantes. Les pompiers et les citoyens doivent reculer devant le brasier qui agrandit toujours son foyer de dévastation. Et au milieu de la consternation la plus profonde, de la désolation la plus pénible, on voit toute une série de résidences confortables et d’édifices s’écrouler dans des nuages de fumée et de feu.

Le bureau de poste et l’hôtel de ville sont aussi détruits, mais c’est sur la rue de l’église que les dégâts ont été les plus considérables.

Les nombreux curieux attirés, ce matin, à la Pointe-Claire, par la nouvelle conflagration qui vient de jeter sur la route deux cent personnes, ne voient que des scènes de ruines et de désolation. Dans les champs et au milieu des rues, des meubles, des paillassons, des couvertures, des oreillers sauvés à grande peine gisent tristement. Çà et là, des familles, tout en larmes, pleurent sur leurs ruines quasi irréparables.

Il y a une trentaine de maisons complètement détruites. Les murs seuls demeurent debout tout calcinés, au milieu des décombres fumants.

Le bruit circule dans le village, ce matin, qu’une main incendiaire est la cause de ce désastre. Des gens jurent avoir vu de leurs propres yeux, en même temps que les premières flammes de l’incendie apparaissaient dans la nuit, un homme fuir à toute vitesse en voiture légère. De plus, des personnes de Lakeside, village voisin, ont vu le même attelage fuir à toute rapidité vers Montréal.

D’un autre côté, la police locale a été avertie de surveiller les agissements d’un certain individu qui a pris le train à destination de Montréal. Les enquêteurs Guérin et O’Keefe font enquête sur les lieux.

Éléments détruits. (Perte de $18,000)

Vingt-trois maisons ont été détruites dans le périmètre formé par les rues de l’Église (rue Saint-Joachim), Sainte-Anne, et par l’actuel chemin Bord-du-Lac.

L’hôtel de ville
M. Leclair, bureau de poste et résidence
H. Duchesneau, magasin et résidence
Maillé, épicerie et résidence, propriété de M. Dubrule de Cincinati
Lagacé et Desparois, boulangerie et épicerie
J.Carrière, résidence
Bodier, résidence
Lefebvre, résidence
Arsène Charlebois, résidence
I. Leclair
Rickner, Hotel
M. Valois, notaire
Dr Lesage, résidence
Mitchell, résidence
E. Mayers, magasin, résidence
M Letang, Forgeron
M. Stainge, résidence.

(Sources : La Presse, La Patrie, et The Gazette, 22 mai 1900)

-30-

Lectures suggérées

http://www.pointe-claire.ca/fr/ville/decouvrir/historique/

http://grandquebec.com/nouvelles-quebec/incendie-pointe-claire/

http://www.memoireduquebec.com/wiki/index.php?title=Pointe-Claire_(municipalité_de_ville)

https://nosancetresii.wordpress.com/2016/08/14/en-savoir-plus-sur-pointe-claire/

Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire – L’émeute de Lachine

Luc Lépine, historien militaire, partage ses recherches…

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Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire

Juin 2014

Colligés par Luc Lépine, auteur de Le Québec et la guerre de 1812

couverture

Table des matières
1. L’émeute de Lachine (publié  le 14 août)
2. Conflagration à la Pointe-Claire (La Presse 22 mai 1900) (sera  publié  le 21 août)
3. Le téléphone (sera  publié  le 28 août)
4. La carrière de Pointe-Claire (sera  publié  le 4 septembre)
5. Évolution de la population de la population de Pointe Claire (sera  publié  le 11 septembre)
6. Le régime seigneurial (sera  publié  le 18 septembre)
7. Potasse et le sel d’ammoniaque (sera  publié  le 25 septembre)
8. La milice à Pointe-Claire (sera  publié  le 2 octobre)
9. Inventaires des biens : Que retrouvait-on à Pointe Claire au XIXe siècle?  (sera  publié  le 9 octobre)
10. Loyalistes à Pointe-Claire  (sera  publié  le 16 octobre)
11. Les « voyageurs » et la traite des fourrures  (sera  publié  le 23 octobre)
12. La Voirie et le Voyer  (sera  publié  le 30 octobre)
13. Les hôtels  (sera  publié  le 6 novembre)
14. Le docteur John-Augustus-George Meyer (sera  publié  le 13 novembre)
15. Recensement de 1889 fait par le curé de Pointe Claire (sera  publié  le 20 novembre)

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1. L’émeute de Lachine

Au mois de mai 1812, les commandants des bataillons du district de Montréal reçoivent le nombre de miliciens de leur bataillon qui doivent être envoyés dans les bataillons de la Milice d’élite et incorporée.[1]

La division de la milice sédentaire de Pointe-Claire, (connue jusqu’en 1812 comme la division rurale du Deuxième Bataillon de milice de Montréal) commandée par le lieutenant-colonel Étienne Nivard de Saint-Dizier, éprouve des difficultés à recruter des miliciens pour joindre le Deuxième bataillon de la milice d’élite. En juin 1812, la division doit sélectionner 59 hommes.[2] Seulement 28 des 59 miliciens conscrits se présentent au point de ralliement à La Prairie et quatre miliciens désertent immédiatement.[3] Nivard de Saint-Dizier demande alors au major Philippe Leprohon de ramener l’ordre dans la division et de fournir le nombre de miliciens demandés.

Le 30 juin 1812, Leprohon, deux capitaines et trente miliciens se mettent à la recherche d’un réfractaire, Louis Léveillé, laboureur de la paroisse de Sainte-Geneviève.[4] En cours de route, ils capturent deux autres réfractaires. Pendant ce temps, plusieurs miliciens se réunissent chez le capitaine Joseph Binet de Sainte-Geneviève où ils soutiennent qu’aucune loi n’a été sanctionnée pour embrigader les miliciens. Tout en consentant au recrutement des jeunes volontaires, ils refusent la coercition.[5] De plus, une centaine de miliciens de la région dont une cinquantaine portant des armes réclament la libération de tous les réfractaires déjà détenus à Lachine. Leprohon quitte rapidement les lieux

Le 1er juillet, des miliciens des compagnies de Pointe-Claire, Sainte-Geneviève, Isle-Bizard et d’autres paroisses se regroupent pour marcher sur Lachine. Rendus à Saint-Laurent, les manifestants envoient un capitaine de milice auprès des autorités à Montréal pour clarifier la situation. Si la loi de milice est légale, ils obéiront aux ordres, sinon, ils exigent la libération des prisonniers. Des miliciens de Pointe-Claire s’étaient opposés, en décembre 1801, à la nomination du capitaine Cerrat à la tête d’une compagnie locale.[6]

Pendant ce temps, à Montréal, les membres du Conseil Exécutif envoient deux émissaires pour ramener les miliciens à la raison. En cas d’échec, on menace d’envoyer une troupe des soldats britanniques pour disperser l’attroupement illégal. Les miliciens refusent de se disperser. Le magistrat Thomas McCord somme les miliciens de rentrer chez eux. Certains obéissent mais plusieurs ne le font pas. À l’arrivée des troupes britanniques, McCord donne une demi-heure aux insurgés pour quitter les lieux, mais la plupart font face aux soldats. Le délai terminé, on tire un coup de canon au-dessus de la tête des insurgés qui ripostent. En quelques minutes, plusieurs coups de feu sont échangés entre les deux groupes. Les émeutiers comptent un mort et un blessé. Ils profitent de l’obscurité pour quitter les lieux. Le lendemain, 24 mutins sont arrêtés et s’ajoutent aux treize miliciens capturés le soir de l’émeute. Le 4 juillet, 200 miliciens demandent pardon pour leur offense. George Prevost les amnistie, se contentant de garder les 37 miliciens capturés les 1er et 2 juillet pour jugement ultérieur.[7]

Dans une cour d’Oyer et Terminer, quatorze miliciens récoltent des peines de prison et de lourdes amendes. Le capitaine Joseph Binet chez qui les miliciens s’étaient réunis écope de dix-huit mois d’emprisonnement, de 50£ d’amende, d’un cautionnement personnel de 500£ et d’un autre cautionnement de 250£ pour assurer sa bonne conduite durant cinq ans. Il est jugé indigne de servir comme capitaine et est rayé de la liste des officiers.[9]

Pour calmer les miliciens, les autorités gouvernementales font appel à l’aide du clergé. Le 3 juillet 1812, J.H.A. Roux, vicaire-général du diocèse de Québec, envoie au curé de la paroisse Notre-Dame de Montréal un mandement où il incite la population à la défense de leur colonie :

Nous vous rappellerons la bravoure de vos ancêtres, toujours prêts à voler au combat contre les ennemis de leur roi; tenant, pour ainsi dire, comme les juifs, une main à la charrue qui les nourrissait et l’autre à l’épée qui défendait leur pays.[10]

À Pointe-Claire, quatre jours après les émeutes, le sulpicien Jean-Jacques Lartigue dénonce le comportement des miliciens:

Dans une paroisse qui vient d’être agitée des plus violentes convulsions et qui a été témoin de l’égarement de plusieurs de ses habitants, dans des circonstances lamentables, où plusieurs d’entre vous ont à gémir sur l’erreur coupable de leurs amis ou de leurs proches.[11]

[1] ANC, RG9, 1A1, vol. 69, p. 67.

[2] ANC, RG9, 1A1, vol. 69, p.67.

[3] Jean-Pierre-Wallot, Un Québec qui bougeait, Trame socio-politique au tournant du XIXe siècle, Québec, Éditions du Boréal Express, 1973, p. 110.

[4] ANQM, TL 19, S1, SS1, Dossier juillet 1812.

[5] Ibid, p. 118.

[6] RA, 14 décembre 1801

[7]  Jean-Pierre Wallot, op.cit., p.119.

[8] Ibid, p. 128.

[9] La Gazette de Montréal, 13 juillet 1812.

[10] Mandement de Messire J.H.A. Roux, vicaire-général du diocèse de Québec, pour la paroisse de Montréal, 3 juillet 1812, La Gazette de Québec, 9 juillet 1812.

[11] Sermon de Jean-Jacques Lartigue, Pointe-Claire, 5 juillet 1812, Revue d’histoire de l’Amérique française, 1968, pp 303-304

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Autres lectures

http://www.ledevoir.com/politique/canada/352697/une-emeute-contre-la-conscription-en-1812

https://maisonnivard-de-saint-dizier.com/

http://www.sulpc.org/evsulpc_lartigue.php

http://www.biographi.ca/fr/bio/mccord_thomas_6F.html

http://www.erudit.org/revue/haf/2008/v62/n2/037523ar.html