Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire – Les hôtels

Luc Lépine, historien militaire, partage ses recherches…

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Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire

Juin 2014

Colligés par Luc Lépine, auteur de Le Québec et la guerre de 1812

couverture

Table des matières

1. L’émeute de Lachine (publié le 14 août)

2. Conflagration à la Pointe-Claire (La Presse 22 mai 1900) (publié le 21 août)

3. Le téléphone (publié le 28 août)

4. La carrière de Pointe-Claire (publié le 4 septembre)

5. Évolution de la population de la population de Pointe Claire (publié le 11 septembre)

6. Le régime seigneurial (publié le 18 septembre)

7. Potasse et le sel d’ammoniaque (publié le 25 septembre)

8. La milice à Pointe-Claire (publié le 2 octobre)

9. Inventaires des biens : Que retrouvait-on à Pointe-Claire au XIXe siècle? (publié le 9 octobre)

10. Loyalistes à Pointe-Claire (publié le 16 octobre)

11. Les « voyageurs » et la traite des fourrures (publié le 23 octobre)

12. La Voirie et le Voyer (publié le 30 octobre)

13. Les hôtels (publié le 6 novembre)

14. Le docteur John-Augustus-George Meyer (sera publié le 13 novembre)

15. Recensement de 1889 fait par le curé de Pointe-Claire (sera publié le 20 novembre)

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13 Les hôtels

HÔTEL CANADA
322-324 chemin Bord-du-Lac
construction dans la seconde moitié du XIXe siècle

hotel-canada

L’Hôtel Canada au début du XXe siècle

Avant que la popularité du site de Pointe-Claire ne justifie la construction d’hôtels pour les vacanciers, d’autres hôtels les avaient précédés et servaient d’escale aux voyageurs se rendant à Montréal.

En effet, le trajet entre ces deux lieux nécessitait, au début du siècle, quatre heures de voiture.

 

hotel-canada-au-xxe-siecle

L’Hôtel Canada au fin du XXe siècle

Les premières indications au cadastre de l’usage de l’emplacement 322-324 Bord-du-Lac comme site d’un hôtel nous situent en 1880 lorsque Théodule Denis vend le lot à Léon Plessis Bélair, « hôtelier du village ».

Son fils le vend à son tour à Herménégilde Legault en 1891, et s’engage « … à ne pas tenir d’hôtel dans les limites du dit village pendant les dix prochaines années».

En 1907, la propriété est acquise par Delphis Rouleau qui la vend la même année à Joseph Brisebois, « avec le fonds de commerce d’hôtel » acquis de Léon Charlebois qui y avait exploité l’hôtel à bail.

Dès 1908, Dalbé Cousineau achète la propriété et son contenu. C’est son nom qu’on peut lire sur l’enseigne d’une photographie du début du siècle avec la mention Canada Hotel.

Vendu à son frère Raoul dès 1917, le bâtiment restera dans la famille jusqu’en 1980, alors qu’il est acquis par Eve Drouin Thomson.

Vers la fin des années 20, la portion ouest sera louée au médecin et pharmacien Jean-Baptiste Martin. Le bâtiment est rénové en 1981.

Hôtel Pointe claire

Le lot 64 où se situe l’emplacement du 286 Bord-du-Lac est, selon les indications au cadastre, le site d’activités hôtelières depuis au moins les années 1880.

Alors exploité par Louis Labelle, « hôtelier de la paroisse », sur le site de la propriété de son épouse Émilie Charlebois, il est vendu en 1886 à Thomas et Herménégilde Duchesneau.

Léon Charlebois s’en porte acquéreur en 1894. C’est son nom que l’on peut lire sur les enseignes accrochées au bâtiment au tournant du siècle.

Les titres du lot indiquent ensuite Ferdinand Lanthier en 1896, Mélanie David, épouse de William Rickner en 1900, Wilfrid et Napoléon Schetagne en 1901.

En 1904, Napoléon vend à Wilfrid, et convient qu’il « n’aura pas le droit d’exploiter un hôtel… dans les limites du village de la Pointe-Claire… ».

Wilfrid vend en 1907 à Edmond Malette, avec « tout l’ameublement de l’hôtel ».

En 1925, Sylva Malette vend à Willie Bougie, hôtelier de Lachine, qui vend à Léo Chénier dès 1926.

L’hôtel, désormais appelé Chénier, semble conserver son nom jusqu’à la vente du bâtiment, en 1947, à de nouveaux propriétaires, Albert Brisebois et Gustave Paquin.

Lorsque Brisebois achète la part de son associé dix ans plus tard, l’hôtel s’appelle Pointe-Claire.

Depuis les années 70, sa principale fonction est celle de bar et de restaurant.

Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire – La Voirie et le Voyer

Luc Lépine, historien militaire, partage ses recherches…

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Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire

Juin 2014

Colligés par Luc Lépine, auteur de Le Québec et la guerre de 1812

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Table des matières

1. L’émeute de Lachine (publié le 14 août)

2. Conflagration à la Pointe-Claire (La Presse 22 mai 1900) (publié le 21 août)

3. Le téléphone (publié le 28 août)

4. La carrière de Pointe-Claire (publié le 4 septembre)

5. Évolution de la population de la population de Pointe Claire (publié le 11 septembre)

6. Le régime seigneurial (publié le 18 septembre)

7. Potasse et le sel d’ammoniaque (publié le 25 septembre)

8. La milice à Pointe-Claire (publié le 2 octobre)

9. Inventaires des biens : Que retrouvait-on à Pointe-Claire au XIXe siècle? (publié le 9 octobre)

10. Loyalistes à Pointe-Claire (publié le 16 octobre)

11. Les « voyageurs » et la traite des fourrures (publié le 23 octobre)

12. La Voirie et le Voyer (publié le 30 octobre)

13. Les hôtels (sera publié le 6 novembre)

14. Le docteur John-Augustus-George Meyer (sera publié le 13 novembre)

15. Recensement de 1889 fait par le curé de Pointe Claire (sera publié le 20 novembre)

 

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12. La Voirie et le Voyer

Comme au temps de la Nouvelle-France, les autorités britanniques désignent un officier spécial, qu’on appelle le Grand-Voyer. Sa fonction principale consiste à tracer les grandes routes publiques, à superviser leur alignement, leur construction et à veiller à l’entretien des voies de communication.
Les routes se divisent en deux catégories, les grandes routes appelées la Grande Voirie, et les petites routes ou Petite Voirie. Les grandes routes sont les chemins du roi, les routes transversales et les routes du moulin (qui conduisent au moulin). La Petite Voirie, comprend toutes les autres rues tracées dans les villages.

Le Grand-Voyer veille à ce que personne ne construise une maison dans la village sans permis. Avant d’ériger une bâtisse, l’intéressé doit aller voir le Grand-Voyer qui délivre le permis ou un procès verbal d’alignement. De même, il est défendu de placer des balcons, des escaliers, des enseignes, des auvents ou des comptoirs faisant saillie sur la rue sans la permission du Grand-Voyer.

En 1786, René Amable de Boucherville, grand voyer pour le district de Montréal, se rend aux demandes réitérées du capitaine Chénier pour faire la visite d’un fossé qui est nécessaire pour égoutter le chemin de ligne qui monte à la coste Saint-Charles. Il ordonne à Joseph Brunet et ses deux fils de faire les fossés qui passent devant leur terrain.

En 1798, Joseph Clément dit Larivière, sous-voyer de la montée Saint-Rémy (des Sources) vient faire légaliser les chemins et ponts des chemins de ligne de la côte descendant à la Pointe-Claire. Il entérine un chemin de 7 arpents de vingt pieds entre deux fossés. Sur ce chemin se trouve un pont de 5 pieds d’échappe sur 4 pieds de hauteur. Le pont et les garde-corps seront faits selon la loi, et à la charge de tous ceux qui passent leurs eaux. Un autre pont dans le chemin de ligne de 20 arpents aura dix pieds d’échappe sur quatre pieds et demi de hauteur et sera financé de la même manière. Deux autres ponts seront créés et seront à la charge du public.

En 1824, on constate que la rue qui mène droit à l’église de Saint-Joachim est dans un très mauvais état et qu’il faut la réparer. Tous les travaux de réparations devraient être faits par les habitants du village de Pointe-Claire. De nombreux habitants déclarent qu’ils ne sont nullement obligés de payer pour la réparation de la rue. Dimanche, le 29 mai 1825, les habitants sont convoqués à la fin de la messe pour discuter du problème. Le six juin suivant, il y a une autre rencontre et les habitants apprennent qu’ils doivent réparer la rue. Ils doivent la relever d’une épaisseur allant de 6 pouces à deux pieds.

Les sous–voyers sont élus chaque année. Nous avons pu en retrouver quelques-uns.

12-1

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1838

Durant la rébellion des Patriotes, le 2 mars 1838, J.L. Panet, le grand-voyer pour Montréal, transmet à François Lebert, inspecteur des chemins de la paroisse de Pointe-Claire, une demande du Secrétaire militaire provincial. Ce dernier exige qu’un chemin de glace soit balisé à travers la Grande Baie dans la paroisse.

Panet informe Lebert que c’est au sous-voyer de désigner l’endroit où doit passer la traverse. Les habitants de Pointe-Claire de l’entretenir sur la glace vis-à-vis leurs terres. Panet demande donc de créer une assemblée des citoyens pour établir ce chemin de glace. Lebert doit informer le major Penner, du jour et de l’heure de l’assemblée pour que celui-ci puisse parler aux habitants.

Le même jour, Lebert répond que selon la loi, s’il existe déjà un chemin balisé. Les habitants ne sont pas obligés d’en fabriquer un deuxième pour un cas particulier comme celle du secrétaire. Si le Grand-voyer désire imposer la construction d’un nouveau pont de glace, cette construction doit être approuvée par la cour des quartiers des sessions qui ne se réunira pas avant le mois d’août 1838. Il semble donc que les habitants de Pointe-Claire ont pu appuyer passivement le mouvement patriote.

La barrière

Sous le régime britannique, le gouvernement pouvait placer des barrières de péage et pour prélever des droits de passage sur les personnes, animaux et voitures passant sur tout chemin ou pont dans les limites du comté, pourvu toujours qu’il ne sera pas loisible d’exiger par aucun tel règlement des habitants d’une municipalité locale, ou d’aucune partie d’une municipalité locale, des péages moindres que ceux payables par d’autres personnes pour le service du chemin ou pont y mentionné, ni de donner à aucuns tels habitants quelque

Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire – Les « voyageurs » et la traite des fourrures

Luc Lépine, historien militaire, partage ses recherches…

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Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire

Juin 2014

Colligés par Luc Lépine, auteur de Le Québec et la guerre de 1812

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Table des matières

1. L’émeute de Lachine (publié le 14 août)

2. Conflagration à la Pointe-Claire (La Presse 22 mai 1900) (publié le 21 août)

3. Le téléphone (sera publié le 28 août)

4. La carrière de Pointe-Claire (publié le 4 septembre)

5. Évolution de la population de la population de Pointe Claire (publié le 11 septembre)

6. Le régime seigneurial (publié le 18 septembre)

7. Potasse et le sel d’ammoniaque (publié le 25 septembre)

8. La milice à Pointe-Claire (publié le 2 octobre)

9. Inventaires des biens : Que retrouvait-on à Pointe-Claire au XIXe siècle? (publié le 9 octobre)

10. Loyalistes à Pointe-Claire (publié le 16 octobre)

11. Les « voyageurs » et la traite des fourrures (publié le 23 octobre)

12. La Voirie et le Voyer (sera publié le 30 octobre)

13. Les hôtels (sera publié le 6 novembre)

14. Le docteur John-Augustus-George Meyer (sera publié le 13 novembre)

15. Recensement de 1889 fait par le curé de Pointe Claire (sera publié le 20 novembre)

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11 Les « voyageurs » et la traite des fourrures

La traite des fourrures a tenu une importance capitale dans le développement de la Nouvelle-France. Elle s’est poursuivie sous le régime britannique jusque dans les années 1830. Pointe-Claire et ses habitants ont été au cœur de ces activités. Du régime français à 1830, 427 voyageurs de Pointe-Claire se sont rendus à Michillimakinac et 57 à Détroit.

Sous le Régime anglais, la majeure partie de l’espace occupé aujourd’hui par l’Ontario et le Manitoba est encore une terre composée d’immenses étendues sauvages. C’est un vaste territoire, encore principalement utilisé pour la traite des fourrures et les voyages en canot, où se succèdent les portages le long des routes de lacs et de rivières, aux abords desquels sont établis les postes de traite. Mais les règles du jeu ont changé. L’ère des monopoles a pris fin avec la Conquête et la libre concurrence se déploie sur les vastes territoires du Nord-Ouest.

À côté d’une foule de traiteurs libres, deux grandes entités commerciales se livrent une concurrence féroce : la Compagnie de la Baie d’Hudson et la Compagnie du Nord-Ouest. Les commerçants engagent des « voyageurs » pour conduire les canots à travers la multitude de lacs, de rivières et de portages qui donnent accès aux fourrures du Nord-Ouest. Les canots gagnent ainsi les Pays d’en haut, chargés de couvertures, d’eau-de-vie (alcool), de poudre à fusil et autres marchandises qui pourront être proposées aux Autochtones en échange de fourrures. Ils redescendent remplis de ballots de fourrures.

Que ce soit à l’époque de la Nouvelle-France ou durant le Régime britannique, les voyageurs entreprenaient de longs voyages qui les portaient à des centaines de kilomètres de la vallée du Saint-Laurent. Quittant Pointe-Claire au printemps, certains voyageurs empruntent le fleuve Saint-Laurent et se rendent dans les environs de Windsor. D’autres remontaient plutôt la rivière des Outaouais en direction des régions nordiques.

Cependant, la plupart des engagés partent pour l’Ouest ou la région des Grands Lacs en suivant la formée par les rivières des Outaouais et Mattawa, le lac Nipissing, la rivière des Français et la baie Georgienne.

Le dur travail de voyageur

Si l’occupation de voyageur permet de partir à l’aventure, il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’un travail difficile. En effet, les engagés rament plus de 15 heures par jour et dorment – beau temps, mauvais temps – le long des lacs et des rivières. Au surplus, ces travailleurs risquaient de sombrer dans les eaux tumultueuses des rapides. Lors des portages ils transportent du matériel pesant jusqu’à 80 kilos sur des distances variant de quelques mètres à plus de 30 kilomètres.

Le travail des engagés exige donc beaucoup de force. Contrairement à la croyance populaire, les voyageurs ne sont pas tous des individus costauds. Les marchands préfèrent embaucher de petits hommes afin de réserver davantage d’espace au matériel, augmentant ainsi la rentabilité des expéditions. De plus, en étant petits, les engagés pouvaient ramer confortablement.

Les voyageurs avaient l’habitude de pagayer en chantant. Leurs périples se déroulent donc au rythme d’airs connus comme À la claire fontaine, C’est l’aviron ou En roulant ma boule. Non seulement cette pratique rend-elle le voyage beaucoup plus joyeux, mais elle permettait également de fixer la cadence des coups de pagaie.

Les membres des voyages d’expédition étaient consciencieux de la quantité d’équipement qu’ils apportaient avec eux dans le canot. Les voyages étaient longs et difficiles. Après tous ces efforts, comment se nourrissaient ces hommes, épuisés par de longues journées ? En fait, lors des voyages, la nourriture transportée doit se conserver facilement et doit être très calorifique. Le lard salé, la viande séchée, la graisse d’ours et les galettes (ou biscuit) ont une place de choix dans les repas des voyageurs. On note aussi la présence de fruits séchés et de pois. N’oublions pas l’eau-de-vie, qui sert à la fois aux voyageurs mais aussi comme produit de traite.

En 1765, 22 habitants de Pointe-Claire font la traite des fourrures ou travaillent comme voyageurs. Ils quittent la village pour se rendre à Michillimakinac, Détroit, Fort Temiskaming, Poste-de la Baye et le Grand Portage.

Voici le nombre d’engagements pour quelques années :

1780 : 2

1790 : 5

1800 : 3

1810 : 3

1820 : 2

Il faut se méfier de ce nombre si bas parce que les voyageurs partaient souvent pour plusieurs années, jusqu’à trois ans. En 1780-1781, James Allan un marchand de Pointe-Claire envoie lui-même des voyageurs pour ramener des fourrures. Dans le recensement de Pointe-Claire on note 17 voyageurs : douze dans le village et cinq dans la campagne.

Voici une liste de quelques voyageurs de Pointe-Claire et la date de leur engaement.

1810-1812

Aubin, René 1812/08/05

Brisebois Amable 1810/05/21

Brisebois, Jean-Baptiste 1810/06/19

Cadian, Amable 1810/12/24

Demers, Pierre 1812/08/18

Homay, Jean 1812/08/11

Lacombe, Jean-Baptiste 1812/08/13

Laruelle, Ignace 1812/08/14

Legault, Jean-Baptiste 1812/08/10

Legault, Pierre 1812/08/10

Menard, Hyacinthe 1812/01/04

Pillon, Antoine 1812/08/19

Voici les détails de leur contrat :

Brisebois Amable, de Pointe-Claire 1810/05/21 : Contrat d’un an, départ de Montréal pour Michilimackinac (et dépendences), L’isle St-Joseph, Mississippi, Missouri, gage de 450 livres, somme à l’engagement 30 livres. Ce qu’on lui donne une Couverte de 3 points, trois aunes de cotton, une paire de souliers et un collier – s’oblige de contribuer d’un pour cent sur ses gages pour le fonds des voyageurs – les dits bourgeois ne pourront être tenus de nourrir le dit engagé, dans quelque endroit qu’il puisse être pendant le présent engagement, qu’au bled d’inde ou autre aliment qu’ils ont ordinairement des sauvages.

Compagnie : Mess. de la Compagnie de Michilimakinac.

James Dodge, 1798/09/25: Pointe-Claire,

partir de cette Ville en qualité de Commis & hivernant dans un de leur canot pour faire le voyage, tant en montant que pour hiverner dans aucun poste dans la Grande Riviere a etre libre a son retour en cette ville apres son hivernement,. Compagnie du Nord Ouest-,moyennant la SOMME de sept cent Livres ou chelins ancien courant de cette Province, qu’ils promettent et s’obligent de bailler & payer audit engager un mois après son retour en cette Ville & a son départ un double Equipement -reconnait avoir reçu deux cent livres cours susdit en avance de ses gages et un Billet payable en Janvier prochain pour deux cent francs de plus -Promet contribuer au fond des voyageurs

LACOMBE, JEAN-BAPTISTE : 18000116, JAMES & ANDREW MCGILL, Michilimackinac, – DEUX COUVERTES, SIX AUNES DE COTTON, UN COLLIER UNE PR SOULIERS, TROIS AUNES DE TOILE DE RUSSIE – S’OBLIGE DE CONTRIBUER AU FOND DES VOYAGEURS, 400 livres.

Nous avons également retrouvé un voyageur de Pointe-Claire qui décide d’aller s’installer définitivement à la Rivière-Rouge au Manitoba. Simon Provancher 10 avril 1819, la rivière rouge dans le territoire de L’honorable Compagnie de la baie d’hudson – Simon Provancher et famille composée de Son Épouse et de Son enfant – Le dit Comte de Selkirk donnera au dit Simon Provencher une terre de cent arpents en superficie … – à condition que la dite terre payera une rente annuelle de cinq minots de blé, que le Concessionnaire aura néanmoins toujours ce privilège de racheter cette rente pour le prix de deux cents piastres, et qu’après ce rachat la dite terre Sera tenue en franc a leu “ free and common Soccage” sans être sujette aux lods et ventes ni aux autres droits ou redevances féodaux

Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire – Potasse et le sel d’ammoniaque

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Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire

Juin 2014

Colligés par Luc Lépine, auteur de Le Québec et la guerre de 1812

couverture

Table des matières
1. L’émeute de Lachine (publié  le 14 août)
2. Conflagration à la Pointe-Claire (La Presse 22 mai 1900) (publié  le 21 août)
3. Le téléphone (sera  publié  le 28 août)
4. La carrière de Pointe-Claire (publié  le 4 septembre)
5. Évolution de la population de la population de Pointe Claire (publié  le 11 septembre)
6. Le régime seigneurial (publié  le 18 septembre)
7. Potasse et le sel d’ammoniaque (publié  le 25 septembre)
8. La milice à Pointe-Claire (sera  publié  le 2 octobre)
9. Inventaires des biens : Que retrouvait-on à Pointe Claire au XIXe siècle?  (sera  publié  le 9 octobre)
10. Loyalistes à Pointe-Claire  (sera  publié  le 16 octobre)
11. Les « voyageurs » et la traite des fourrures  (sera  publié  le 23 octobre)
12. La Voirie et le Voyer  (sera  publié  le 30 octobre)
13. Les hôtels  (sera  publié  le 6 novembre)
14. Le docteur John-Augustus-George Meyer (sera  publié  le 13 novembre)
15. Recensement de 1889 fait par le curé de Pointe Claire (sera  publié  le 20 novembre)

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7. Potasse et le sel d’ammoniaque

Les premières industries de Pointe-Claire, sous le régime britannique à la fabrication du sel d’ammoniaque et de la potasse.

Dans le premier quart du XIXe siècle, on comptait près de cinq cents potasseries et ” perlasseries ” au Bas-Canada. Le sel ammonium provenait avant 1700 du Levant et d’Égypte où on l’extrait de la cendre de fumier de vache, mélangée à du sel marin. Il a cependant une odeur répugnante. Mais dans les colonies britanniques, on a trouvé d’autres moyens de les produire. Ce sel vient par pains plats circulaires plus grands qu’une assiette épais de 3 ou 4 doigts et disposés dans leur épaisseur en cristaux droits comme des colonnes. Son utilisation était pour faire reluire le métal. On sait qu’en 1769, John McAndrew possède une manufacture de sel d’ammoniaque à Pointe-Claire et qu’il passe un contrat avec le tonnelier du village, Jacques Spénard.

Potasse

On découvre qu’en Amérique du Nord, les cendres contiennent un plus grand pourcentage de potasse pure que dans les régions de la Baltique, d’où la demande constante et stable de ce produit. La potasse sert à épurer le sable dans la fabrication du verre. Elle est également utilisée dans certains procédés chimiques, telle la solidification des couleurs sur le coton imprimé. La potasse est habituellement expédiée vers Montréal dans de grands barils de 227 kg (500 lbs). Donc, il faut avoir un approvisionnement de tonneaux. Les représentants des fabriques de potasse se déplaçaient et achètent les cendres que les agriculteurs ont conservées. Il est intéressant de noter que la potasse est un produit qui n’est pas soumis aux taxes seigneuriales.

Pour fabriquer de la potasse, il faut d’abord se procurer de la cendre de bois franc récupérée dans les poêles mais surtout sur les lieux du défrichement des forêts. En prévision du passage du ramasseur de cendre, les gens accumulent ce résidu dans un baril généralement placé dans une petite cabane située loin des bâtiments, au cas où des charbons encore ardents mettent le feu.

On se sert de grands chaudrons dans lesquels on chauffe l’eau qui sert à ébouillanter la cendre. Ceci a pour effet de produire de la potasse que l’on appelait « Salt », ou salin. Ce produit est donc obtenu en faisant bouillir de la lessive de cendre de bois jusqu’à la consistance voulue. Une fois refroidi, ce résidu prend alors l’aspect du verre concassé et peut se garder dans les auges de bois ou des paniers. On l’appelle également perlasse du nom anglais Pearl Ash.

Cette cendre ébouillantée produit aussi le ” lessi ” qu’on ajoute à des corps gras, des carcasses d’animaux, des intestins récupérés lors des boucheries. On procède à la cuisson du savon, en ajoutant du lessi, de l’eau, de la résine et du sel. Une fois cuite, cette préparation donne une partie de savon jaune et une autre brunâtre. Les femmes s’en servaient surtout pour faire le lavage de la lingerie de la maison et parfois des vêtements.

En 1792, on sait que David McKay possède une manufacture de postasse au coin des rues Sainte-Anne et Saint-Louis. Cette même année, ses biens sont vendus à l’encan. On retrouve alors un fourneau, une chaudière, une cuve et autres apparats et ustensiles pour la production de la potasse. Dans le recensement de 1825, on sait que James Glassford est le propriétaire d’une manufacture de potasse dans le village.

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Pour en savoir plus…

http://www.histoireforestiereoutaouais.ca/b12/

Extrait

Le pionnier peut se contenter d’entreposer les cendres dans des tonneaux pour les échanger à une potasserie. En retour, les propriétaires de la fabrique lui fournissent de la farine, du porc salé ou d’autres produits essentiels. En 1831, on dénombre deux potasseries dans le canton de Hull, une dans les cantons de Templeton et de Buckingham, trois dans celui de Lochaber et cinq dans la seigneurie de la Petite-Nation2. Mais la solution la plus payante pour le pionnier est de s’équiper pour fabriquer sa propre potasse et sa propre perlasse et de les revendre sans intermédiaire.

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Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire – Le régime seigneurial par Luc Lépine

Luc Lépine, historien militaire, partage ses recherches…

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Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire

Juin 2014

Colligés par Luc Lépine, auteur de Le Québec et la guerre de 1812

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Table des matières
1. L’émeute de Lachine (publié le 14 août)
2. Conflagration à la Pointe-Claire (La Presse 22 mai 1900) (sera publié le 21 août)
3. Le téléphone (publié le 28 août)
4. La carrière de Pointe-Claire (publié  le 4 septembre)
5. Évolution de la population de la population de Pointe Claire (publié  le 11 septembre)
6. Le régime seigneurial (publié  le 18 septembre)
7. Potasse et le sel d’ammoniaque (sera publié  le 25 septembre)
8. La milice à Pointe-Claire (sera  publié  le 2 octobre)
9. Inventaires des biens : Que retrouvait-on à Pointe Claire au XIXe siècle?  (sera  publié  le 9 octobre)
10. Loyalistes à Pointe-Claire  (sera  publié  le 16 octobre)
11. Les « voyageurs » et la traite des fourrures  (sera  publié  le 23 octobre)
12. La Voirie et le Voyer  (sera  publié  le 30 octobre)
13. Les hôtels  (sera  publié  le 6 novembre)
14. Le docteur John-Augustus-George Meyer (sera  publié  le 13 novembre)
15. Recensement de 1889 fait par le curé de Pointe Claire (sera  publié  le 20 novembre)

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Le régime seigneurial est une forme institutionnelle de distribution et d’occupation des terres qui fut établie en Nouvelle-France en 1627 et abolie officiellement en 1854. Ce régime était inspiré du système féodal dans lequel le censitaire dépendait du seigneur. En Nouvelle-France la comparaison se limite à l’occupation des terres, au paiement de certaines redevances et à l’observation de certains droits et obligations tant de la part du seigneur que de la part du censitaire.

Le système de distribution des terres est régi par la loi et comporte de nombreux avantages. Sa fonction première était de promouvoir une colonisation systématique. La seigneurie de Montréal couvrait l’ensemble de l’île. Elle avait été attribuée au Séminaire de Saint-Sulpice. Cette seigneurie était divisée en rang. Chaque terre était assez grande (elle mesurait généralement 3 × 30 arpents) pour procurer au fermier une subsistance raisonnable. Dans le village, les terrains étaient évidemment plus petits. On peut rappeler ici qu’un arpent mesure 180 pieds français mais 192 pieds anglais.

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Un seigneurie typique

Les Sulpiciens donnaient une concession à des habitants qui en faisaient la demande. Le censitaire possède la «propriété utile» qu’il peut vendre, diviser entre ses enfants et exploiter à sa guise.

Habituellement, la location des terres du seigneur était dûment notariée. Ces actes de concession énuméraient les droits et devoirs de chacune des parties.

La position du seigneur lui confère plusieurs droits, ou privilèges, qui représentent autant d’obligations pour le censitaire. Par exemple, le censitaire doit donner à son seigneur, lors de l’achat d’une terre déjà concédée, une taxe équivalente au douzième de la valeur de l’achat (lods et ventes). Ceci devient chez nous la taxe de bienvenue. Il doit également payer au seigneur le cens, redevance annuelle (sorte de loyer), ainsi qu’une somme figurant d’impôt symbolique par lequel le censitaire reconnaît sa dépendance envers son seigneur (cens). Le censitaire doit aussi moudre son grain au moulin banal situé dans le village et verser le quatorzième minot de blé moulu au seigneur. Les investissements, dans les manufactures par exemple, sont taxés (lods et ventes) et limités par le régime seigneurial. Les lods et ventes fixent une taxe équivalente au douzième de chaque vente de propriété immobilière. Les Sulpiciens pouvaient réclamer de leurs censitaires qu’ils travaillent pour eux un certain nombre de jours annuellement.

En ce qui a trait aux paysans, leur position face au régime seigneurial évolue au cours du XIXe siècle. Avant 1830, la majorité des Canadiens-français est favorable au maintien du régime seigneurial. Le Bas-Canada des années 1830 (sud du Québec actuel) est grandement agité. Ils se questionnent également à savoir s’il est préférable de le réformer (en diminuant les taux de lods et ventes, des cens et rentes) ou de l’abolir tout simplement.

De 1763 à 1840, la seigneurie de l’Île de Montréal fut au centre d’un débat. Les mécanismes du régime seigneurial deviennent inadaptés au territoire de plus en plus urbanisé de l’île de Montréal, en particulier le droit de lods et ventes, en vertu duquel les Sulpiciens, en tant que seigneurs, percevaient une redevance sur chaque vente de terrain qui s’effectuait dans la seigneurie. En 1820, des négociations entre le gouvernement et les Sulpiciens conduisent à une entente par laquelle d’une part les droits seigneuriaux des Sulpiciens sont officiellement reconnus mais d’autre part on initie un mécanisme d’abolition volontaire de ces droits seigneuriaux moyennant une certaine compensation.

En 1840, une ordonnance des autorités coloniales confirme les droits des Sulpiciens sur la seigneurie et institua un mécanisme de commutation du régime de tenure des terrains selon lequel les tenanciers qui en font la demande peuvent obtenir l’abolition du régime seigneurial sur leur terrain en échange du paiement aux Sulpiciens d’un droit de commutation. Compte tenu de l’existence de ce régime de commutation particulier en place pour la seigneurie de l’Île de Montréal, la loi générale de 1854 sur l’abolition obligatoire du régime seigneurial au Canada ne s’appliqua pas à cette seigneurie. Toutefois, une loi ultérieure de 1859 en rend les principes essentiels également applicables à la seigneurie l’île de Montréal.

Le Conseil législatif rend la commutation obligatoire, c’est-à-dire qu’il oblige le censitaire à racheter sa tenure et les droits seigneuriaux. La rente constituée est le montant fixé par le gouvernement que le censitaire doit payer à son seigneur pour posséder sa tenure et se libérer de ses obligations envers son seigneur.

Le censitaire devient ainsi indépendant de son seigneur. Les paiements de la rente constituée peuvent être faits sur de nombreuses années voire des décennies. Le gouvernement dédommage également en argent les seigneurs pour la perte de leurs privilèges.

Les censitaires de la Pointe-Claire, comme plusieurs autres censitaires de l’ïle de Montréal, ne payaient pas toujours les cens et rentes ni les lods et ventes. En 1842, le Séminaire de Saint-Sulpice décide de récupérer les sommes qui lui sont dues. Il engage le notaire André Jobin, de Sainte-Geneviève, pour faire le tour des paroisses et obtenir des reconnaissances de dettes des différents censitaires retardataires.
Du 4 mai au 27 mai 1842, 97 habitants de Pointe-Claire viennent signer de telles reconnaissances de dettes, puis le 5 septembre, il en ajoute 5 autres. Sur toute, l’île de Montréal, Jobin amasse 1283 reconnaissances de dette.

En 1868, messieurs Marler et Raymond se rendent à Pointe-Claire pour recueiller les rentes non-payées par les censitaires. Il y en a plusieurs qui ont des dettes qui datent de plusieurs années.

Voici quelques exemples :

John Shannon des lots 52-53 doit $00.83 pour un retard d’une année sur les rentes non-payées.
La Fabrique qui possède le lot 1, doit $00.75 pour un retard d’une année sur les rentes non-payées.
Le bedeau Paul Brunet, du lot 31 doit $22.81 pour un retard de 26 années sur les rentes non-payées.
Narcisse Daout du lot 3a doit $38.90 pour un retard de 34 années sur les rentes non-payées depuis 1833.
Antoine Phelks des lots 4 et 5 doit $72.10 pour un retard de 62 années sur les rentes non-payées depuis 1806.
Jean-Baptiste Trottier du lot 74 doit $12.21 pour un retard de 66 années sur les rentes non-payées depuis 1802.

François Moreau des lots 30-30a doit $35.58 pour un retard de 87 années sur les rentes non-payées depuis 1781.

La veuve François Guérard du lot 26 doit $79.01 pour un retard de 87 années sur les rentes non-payées depuis 1781.

Raphaël Brunet du lot 27 doit $64.63 pour un retard de 87 années sur les rentes non-payées depuis 1781.

No 23 : le 27 juin 1798 puis David Flynne ensaisiné puis James Glasford père ensaisné le 28 juillet 1818,
No 28 : puis Jean-Baptiste Phelks le 2 septembre 1820 (Cadieux) Peter Lynch 2 novembre 1826 (Mondelet)

No 34 : puis Charles Frederic Laind ensaisiné le 5 juillet 1799

No 42 :puis le sieur André McGill a acquis par adjudication le 4 avril 1790 et a été ensaisiné le 16 novembre 1795 puis sieur McGill héritier puis François Desrivières héritier puis les héritiers
François Desrivières.

Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire – Évolution de la population de la population de Pointe-Claire

Luc Lépine, historien militaire, partage ses recherches…

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Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire

Juin 2014

Colligés par Luc Lépine, auteur de Le Québec et la guerre de 1812

couverture

Table des matières
1. L’émeute de Lachine (publié  le 14 août)
2. Conflagration à la Pointe-Claire (La Presse 22 mai 1900) (publié  le 21 août)
3. Le téléphone (publié  le 28 août)
4. La carrière de Pointe-Claire (publié  le 4 septembre)
5. Évolution de la population de la population de Pointe Claire (publié  le 11 septembre)
6. Le régime seigneurial (sera  publié  le 18 septembre)
7. Potasse et le sel d’ammoniaque (sera  publié  le 25 septembre)
8. La milice à Pointe-Claire (sera  publié  le 2 octobre)
9. Inventaires des biens : Que retrouvait-on à Pointe Claire au XIXe siècle?  (sera  publié  le 9 octobre)
10. Loyalistes à Pointe-Claire  (sera  publié  le 16 octobre)
11. Les « voyageurs » et la traite des fourrures  (sera  publié  le 23 octobre)
12. La Voirie et le Voyer  (sera  publié  le 30 octobre)
13. Les hôtels  (sera  publié  le 6 novembre)
14. Le docteur John-Augustus-George Meyer (sera  publié  le 13 novembre)
15. Recensement de 1889 fait par le curé de Pointe Claire (sera  publié  le 20 novembre)

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5. Évolution de la population de la population de Pointe-Claire.

Le passage de l’empire français à l’empire britannique a modifié certaines caractéristiques de la société à Pointe-Claire. Il faut voir l’évolution du village à travers les idées de continuité et de changement. Certains points de la vie des habitants n’ont pas été changés tel que le commerce, l’agriculture, la langue et la religion. Pour un censitaire de la montée Saint-Rémi, l’arrivée des Britanniques n’a pas beaucoup d’impact. Il continue à cultiver sa terre. Il continue à payer ses rentes seigneuriales aux Sulpiciens. Ses voisins sont les mêmes qu’avant la Conquête, sauf que peut-être que maintenant ce sont les enfants qui ont repris la terre. Du point de vue religieux, les habitants de Pointe-Claire vont continuer à fréquenter l’église Saint-Joachim.

Parmi les changements, nous retrouvons : le changement de « Canada » pour « Province of Québec », l’apparition du droit criminel anglais, un changement des monnaies et le changement de mère-patrie. Les marchands de Pointe-Claire ne peuvent plus s’approvisionner en France. De plus, la population qui jusqu’en 1760 était complètement francophone et catholique va devoir cohabiter avec des étrangers ne partageant pas toujours les mêmes croyances.

Un recensement demandé par les autorités britanniques nous donnent une excellente idée de la population de Pointe-Claire en 1765. Nous comparons cette population avec d’autres villes et villages voisins.

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Grâce à ce recensement, on remarque que la paroisse de Pointe-Claire possède un population similaire à celle de Sainte-Geneviève mais elle est beaucoup plus populeuse que l’Isle Perrot, Lachine, Les Cèdres et Vaudreuil.

Pointe-Claire est véritablement une paroisse agricole. Elle recouvre 11 575 arpents de terre donc 4339 de ceux-ci sont en semence. La paroisse possède un très bon cheptel : 322 bœufs, 372 vaches, 356 taurillons, 428 moutons, 271 chevaux et 579 cochons.

Des esclaves à Pointe-Claire

Le chercheur Marcel Trudel a recensé 4 185 esclaves au Québec entre la deuxième moitié du XVIIe siècle et 1834. De ce nombre, les trois-quarts étaient d’origine amérindienne, communément appelés des panis, et le quart était d’origine africaine.

Contrairement aux esclaves de la Nouvelle-Angleterre, qui étaient surtout exploités dans un contexte agricole, les esclaves de la Nouvelle-France étaient exploités en milieu urbain, notamment à Montréal, comme domestiques.

Le village de Pointe-Claire a également connu quelques esclaves pour la première période du régime britannique. Marcel Trudel a identifié pour Pointe-Claire onze esclaves amérindiens (un homme et dix femmes) et deux esclaves noirs, tous des hommes.

Voici un tableau récapitulatif

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Voici un relevé du nombre de baptêmes, mariages et sépultures pour la période1760 à 1798.

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Plus que des cultivateurs dans le village de Pointe-Claire

Dans cette section nous relevons les noms des personnes qui occupaient des métiers autres que ceux de la terre. La date suivant leur nom identique l’année où cette information a été inscrite dans les archives.

Allan, James : marchand, 1774.

Baude, Joseph César : aubergiste, 1785.

Belingue, François : maître boulanger, 1787

Berthelet, François : marchand, 1789

Céras dit Coquillard, Jean-Louis : marchand, 1788

Charlebois, Pierre : capitaine de milice, 1764.

Chénier, Jean-Baptiste : marchand, 1762.

Conte, Pierre : maître forgeron et Geneviève Boulerice, son épouse, du bourg de la Pointe Claire, 1798

Couturier, François : maître-tanneur, 1783.

Delord, Joseph : marchand, 1764.

Ducharme, Joseph : forgeron, 1763.

Fontigny, Pierre : aubergiste, 1776

Fritz, Jean-Baptiste : faiseur de potasse, 1789, il travaille pour George Meyers.

Labelle, François : maître menuisier, 1794

Lecavalier, Louis : marchand et pelletier, 1763

Lefebvre-Lacizeraie, Jean-Baptiste : marchand, 1764.

Lemieux, Louis : tailleur d’habit, 1776

Letang, Dominique : marchand, 1788

Meyers, docteur George : 1789, 1797, chirurgien à la Division de Pointe-Claire le 8 novembre 1813.

McLean, Joseph: marchand 1769.

Mellish, Nathaniel: marchand, 1777

Ménard, François : marchand, 1783

Mondoux, Mathieu : marchand 1768.

Morel, Jean-Baptiste : marchand, 1778, 1789

Pape, Pierre : Cuisinier, 1765, aubergiste, 1767, marchand, 1779, boucher, 1786.

Papineau dit Montigny, François : tonnelier, 1767

Quintin, Barthélemy : charpentier, 1798

Sicard, Simon : maître meunier, 1799, 1828

Singer, Frédéric : aubergiste, Marchand, 1789.

Spénard, Jacques : tonnelier, 1769

Soupras, Louis-Joseph : notaire, 1774, 1787

Trottier, Joseph : marchand, 1772

Valois, Jean : Marchand tanneur, de la Pointe-Claire, 1795
au lieu nommé la Grande Anse.

Vialard François : chaudronnier,1778

Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire – La carrière de Pointe-Claire

Luc Lépine, historien militaire, partage ses recherches…

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Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire

Juin 2014

Colligés par Luc Lépine, auteur de Le Québec et la guerre de 1812

couverture

Table des matières
1. L’émeute de Lachine (publié le 14 août)
2. Conflagration à la Pointe-Claire (La Presse 22 mai 1900) (publié le 21 août)
3. Le téléphone (publié le 28 août)
4. La carrière de Pointe-Claire (sera publié le 4 septembre)
5. Évolution de la population de la population de Pointe Claire (sera publié le 11 septembre)
6. Le régime seigneurial (sera publié le 18 septembre)
7. Potasse et le sel d’ammoniaque (sera publié le 25 septembre)
8. La milice à Pointe-Claire (sera publié le 2 octobre)
9. Inventaires des biens : Que retrouvait-on à Pointe Claire au XIXe siècle? (sera publié le 9 octobre)
10. Loyalistes à Pointe-Claire (sera publié le 16 octobre)
11. Les « voyageurs » et la traite des fourrures (sera publié le 23 octobre)
12. La Voirie et le Voyer (sera publié le 30 octobre)
13. Les hôtels (sera publié le 6 novembre)
14. Le docteur John-Augustus-George Meyer (sera publié le 13 novembre)
15. Recensement de 1889 fait par le curé de Pointe Claire (sera publié le 20 novembre)

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En 1854, la construction du pont Victoria aura une grande importance pour le développement de Pointe-Claire.

Le 20 mars 1854, La compagnie du Grand Tronc acquiert une terre appartenant à Eustache Brunet dit L’Etang. La compagnie Peto and Company reçoit le contrat pour établir une carrière pour la construction du Pont Victoria.

En mai 1855, on apprend que le terrain vendu par Eustache Brunet dit L’étang, cultivateur, s’étale sur 3 arpents par 36 arpents. Le terrain est borné, en avant, par le Chemin de la Reine, en arrière par la terre de Hyacinthe Legault dit Deslauriers, d’un côté partiellement par Madame Rose Labadie dite Saint Pierre veuve de Michel Meyer, et partiellement par Joseph Daoust. De l’autre côté par les héritiers Mallette, par Antoine Perrier, par Séraphin Denis et Daniel Allard.

Des immenses blocs de pierre calcaire destinés à la construction des piliers et des culées du pont Victoria y sont extraits. Ces blocs sont extraits à la hauteur du sol et même quelques fois au-dessus du sol.

Ces derniers sont tirés par des chevaux jusqu’à des wagons puis acheminés par une petite voie ferrée qui relie la carrière et le lac Saint-Louis via la rue Cartier, jusqu’au quai aménagé par la compagnie du Grand Tronc (aujourd’hui le Canadien National).
Les blocs étaient finalement levés manuellement sur des immenses barges à fonds plats et étaient tirés par deux puissants remorqueurs, le Beaver et le Musk, jusqu’à Montréal. Chaque barge pouvait transporter 100 tonnes de pierre. Chaque bloc de calcaire pèse entre 7 et 10 tonnes. Selon de le Dublin University magazine de 1855, la pierre utilisée pour le pont Victoria occupe un volume de 27 500 000 pieds cube. Soit un poids total de 205 000 tonnes.

La compagnie du Grand tronc a investi des sommes énormes dans l’approvisionnement en pierre. La construction du quai et la machinerie nécessaire pour le transport des pierres coûta 150 000 $. Une somme astronomique à cette époque. Trente-cinq barges servant au transport de bloc de calcaire ont été construits pour une somme de 120 000 $.

De 1854 à 1855, 500 nouveaux travailleurs se joignent à la population de Pointe-Claire. On trouve évidemment des tailleurs de pierre mais également de très nombreux journaliers. Parmi ceux-ci, il y a de nombreux Irlandais. D’autres travailleurs viennent de Caughnawaga. On pouvait les apercevoir arrivés par canots après avoir traversé le lac Saint-Louis.

Pour loger les ouvriers, quelques bâtiments sont construits dans la carrière, notamment pour loger les chevaux qui aident à l’extraction de la pierre, mais surtout pour héberger les travailleurs qui ne demeurent pas dans la municipalité. En 1904, le club de golf de Beaconsfield achète la carrière mais conserve le dortoir des travailleurs. On peut encore l’apercevoir près du 16e trou du parcours.

Après la fin des travaux au pont Victoria, les activités de la carrière diminuent, mais elles se poursuivent tout de même jusqu’à la fin du XIXe siècle.

Source:

THE DUBLIN UNIVERSITY MAGAZINE ,No CCLXXII AUGUST 1855 , Vol XL VI (46)
THE RAILWAY CANADA (pp. 126-137)

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