Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire – La Voirie et le Voyer

Luc Lépine, historien militaire, partage ses recherches…

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Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire

Juin 2014

Colligés par Luc Lépine, auteur de Le Québec et la guerre de 1812

couverture

Table des matières

1. L’émeute de Lachine (publié le 14 août)

2. Conflagration à la Pointe-Claire (La Presse 22 mai 1900) (publié le 21 août)

3. Le téléphone (publié le 28 août)

4. La carrière de Pointe-Claire (publié le 4 septembre)

5. Évolution de la population de la population de Pointe Claire (publié le 11 septembre)

6. Le régime seigneurial (publié le 18 septembre)

7. Potasse et le sel d’ammoniaque (publié le 25 septembre)

8. La milice à Pointe-Claire (publié le 2 octobre)

9. Inventaires des biens : Que retrouvait-on à Pointe-Claire au XIXe siècle? (publié le 9 octobre)

10. Loyalistes à Pointe-Claire (publié le 16 octobre)

11. Les « voyageurs » et la traite des fourrures (publié le 23 octobre)

12. La Voirie et le Voyer (publié le 30 octobre)

13. Les hôtels (sera publié le 6 novembre)

14. Le docteur John-Augustus-George Meyer (sera publié le 13 novembre)

15. Recensement de 1889 fait par le curé de Pointe Claire (sera publié le 20 novembre)

 

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12. La Voirie et le Voyer

Comme au temps de la Nouvelle-France, les autorités britanniques désignent un officier spécial, qu’on appelle le Grand-Voyer. Sa fonction principale consiste à tracer les grandes routes publiques, à superviser leur alignement, leur construction et à veiller à l’entretien des voies de communication.
Les routes se divisent en deux catégories, les grandes routes appelées la Grande Voirie, et les petites routes ou Petite Voirie. Les grandes routes sont les chemins du roi, les routes transversales et les routes du moulin (qui conduisent au moulin). La Petite Voirie, comprend toutes les autres rues tracées dans les villages.

Le Grand-Voyer veille à ce que personne ne construise une maison dans la village sans permis. Avant d’ériger une bâtisse, l’intéressé doit aller voir le Grand-Voyer qui délivre le permis ou un procès verbal d’alignement. De même, il est défendu de placer des balcons, des escaliers, des enseignes, des auvents ou des comptoirs faisant saillie sur la rue sans la permission du Grand-Voyer.

En 1786, René Amable de Boucherville, grand voyer pour le district de Montréal, se rend aux demandes réitérées du capitaine Chénier pour faire la visite d’un fossé qui est nécessaire pour égoutter le chemin de ligne qui monte à la coste Saint-Charles. Il ordonne à Joseph Brunet et ses deux fils de faire les fossés qui passent devant leur terrain.

En 1798, Joseph Clément dit Larivière, sous-voyer de la montée Saint-Rémy (des Sources) vient faire légaliser les chemins et ponts des chemins de ligne de la côte descendant à la Pointe-Claire. Il entérine un chemin de 7 arpents de vingt pieds entre deux fossés. Sur ce chemin se trouve un pont de 5 pieds d’échappe sur 4 pieds de hauteur. Le pont et les garde-corps seront faits selon la loi, et à la charge de tous ceux qui passent leurs eaux. Un autre pont dans le chemin de ligne de 20 arpents aura dix pieds d’échappe sur quatre pieds et demi de hauteur et sera financé de la même manière. Deux autres ponts seront créés et seront à la charge du public.

En 1824, on constate que la rue qui mène droit à l’église de Saint-Joachim est dans un très mauvais état et qu’il faut la réparer. Tous les travaux de réparations devraient être faits par les habitants du village de Pointe-Claire. De nombreux habitants déclarent qu’ils ne sont nullement obligés de payer pour la réparation de la rue. Dimanche, le 29 mai 1825, les habitants sont convoqués à la fin de la messe pour discuter du problème. Le six juin suivant, il y a une autre rencontre et les habitants apprennent qu’ils doivent réparer la rue. Ils doivent la relever d’une épaisseur allant de 6 pouces à deux pieds.

Les sous–voyers sont élus chaque année. Nous avons pu en retrouver quelques-uns.

12-1

12-2

1838

Durant la rébellion des Patriotes, le 2 mars 1838, J.L. Panet, le grand-voyer pour Montréal, transmet à François Lebert, inspecteur des chemins de la paroisse de Pointe-Claire, une demande du Secrétaire militaire provincial. Ce dernier exige qu’un chemin de glace soit balisé à travers la Grande Baie dans la paroisse.

Panet informe Lebert que c’est au sous-voyer de désigner l’endroit où doit passer la traverse. Les habitants de Pointe-Claire de l’entretenir sur la glace vis-à-vis leurs terres. Panet demande donc de créer une assemblée des citoyens pour établir ce chemin de glace. Lebert doit informer le major Penner, du jour et de l’heure de l’assemblée pour que celui-ci puisse parler aux habitants.

Le même jour, Lebert répond que selon la loi, s’il existe déjà un chemin balisé. Les habitants ne sont pas obligés d’en fabriquer un deuxième pour un cas particulier comme celle du secrétaire. Si le Grand-voyer désire imposer la construction d’un nouveau pont de glace, cette construction doit être approuvée par la cour des quartiers des sessions qui ne se réunira pas avant le mois d’août 1838. Il semble donc que les habitants de Pointe-Claire ont pu appuyer passivement le mouvement patriote.

La barrière

Sous le régime britannique, le gouvernement pouvait placer des barrières de péage et pour prélever des droits de passage sur les personnes, animaux et voitures passant sur tout chemin ou pont dans les limites du comté, pourvu toujours qu’il ne sera pas loisible d’exiger par aucun tel règlement des habitants d’une municipalité locale, ou d’aucune partie d’une municipalité locale, des péages moindres que ceux payables par d’autres personnes pour le service du chemin ou pont y mentionné, ni de donner à aucuns tels habitants quelque

European Travelers in the Voyageur Canoe: Marks of Status in Decorative Designs

Autre article sur les voyageurs

Voyageur Heritage • • • Community Journal & Resource Guide

by MaryEllen Weller-Smith

Encampment, River Winnipeg, Saulteaux and Voyageurs (dated 1849-1856, ROM 912.1.19). Source: Royal Ontario Museum. ©ROM Paul Kane, Encampment, River Winnipeg, Saulteaux and Voyageurs (dated 1849-1856, ROM 912.1.19). Source: Royal Ontario Museum. ©ROM.

In the days when canoes were the best North American transportation system, their size and shape varied much as automobiles do today. For canoes, the size and shape depended on the waterways to be traveled, and all this is recorded in sketches in explorer and missionary journals from the 1600s and 1700s. The paddles sketched were highly decorated, but bark canoes were represented as plain or inscribed with small symbols, as among the Mi’kmaq and Maliseet of the Atlantic seaboard. Lavishly painted dugout canoes were found among the Haida, the Kwakiutl and other nations of the Pacific coast. This difference likely derives from the perishable nature of the bark canoe which was estimated to last two years; a dugout could last decades. Investing the time and effort to paint…

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Fur Trade Canoes and London Society: The Paintings of Frances Anne Hopkins

Article intéressant d’un cousin éloigné aussi un blogueur à ses heures.

Voyageur Heritage • • • Community Journal & Resource Guide

— by MaryEllen Weller-Smith

Frances Anne Hopkins, Canoes in a Fog, Lake Superior, 1869, Glenbow Museum, Calgary Frances Anne Hopkins, Canoes in a Fog, Lake Superior, 1869, Glenbow Museum, Calgary

In 1869, a young mother living in Montreal, Québec, an accomplished artist married to a Hudson’s Bay Company officer, learned that her painting Canoes in a Fog, Lake Superior was accepted for the annual Royal Academy exhibition in London. One of the premier events of the London social season, it was the ultimate expression of the Victorian passion for art. Everyone attended; Queen Victoria visited the 1869 exhibition five times.

Imagine yourself part of 1869 London society, entering the brand new galleries at Burlington House, and viewing landscapes of the English countryside, portraits of nobles or other important persons, scenes of hunting, horses, seascapes and sailing ships, or great military battles—and then seeing these three canoes paddled by exotically dressed voyageurs heading into Lake Superior’s misty unknown. It caused comment. The Prince of…

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Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire – Les « voyageurs » et la traite des fourrures

Luc Lépine, historien militaire, partage ses recherches…

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Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire

Juin 2014

Colligés par Luc Lépine, auteur de Le Québec et la guerre de 1812

couverture

Table des matières

1. L’émeute de Lachine (publié le 14 août)

2. Conflagration à la Pointe-Claire (La Presse 22 mai 1900) (publié le 21 août)

3. Le téléphone (sera publié le 28 août)

4. La carrière de Pointe-Claire (publié le 4 septembre)

5. Évolution de la population de la population de Pointe Claire (publié le 11 septembre)

6. Le régime seigneurial (publié le 18 septembre)

7. Potasse et le sel d’ammoniaque (publié le 25 septembre)

8. La milice à Pointe-Claire (publié le 2 octobre)

9. Inventaires des biens : Que retrouvait-on à Pointe-Claire au XIXe siècle? (publié le 9 octobre)

10. Loyalistes à Pointe-Claire (publié le 16 octobre)

11. Les « voyageurs » et la traite des fourrures (publié le 23 octobre)

12. La Voirie et le Voyer (sera publié le 30 octobre)

13. Les hôtels (sera publié le 6 novembre)

14. Le docteur John-Augustus-George Meyer (sera publié le 13 novembre)

15. Recensement de 1889 fait par le curé de Pointe Claire (sera publié le 20 novembre)

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11 Les « voyageurs » et la traite des fourrures

La traite des fourrures a tenu une importance capitale dans le développement de la Nouvelle-France. Elle s’est poursuivie sous le régime britannique jusque dans les années 1830. Pointe-Claire et ses habitants ont été au cœur de ces activités. Du régime français à 1830, 427 voyageurs de Pointe-Claire se sont rendus à Michillimakinac et 57 à Détroit.

Sous le Régime anglais, la majeure partie de l’espace occupé aujourd’hui par l’Ontario et le Manitoba est encore une terre composée d’immenses étendues sauvages. C’est un vaste territoire, encore principalement utilisé pour la traite des fourrures et les voyages en canot, où se succèdent les portages le long des routes de lacs et de rivières, aux abords desquels sont établis les postes de traite. Mais les règles du jeu ont changé. L’ère des monopoles a pris fin avec la Conquête et la libre concurrence se déploie sur les vastes territoires du Nord-Ouest.

À côté d’une foule de traiteurs libres, deux grandes entités commerciales se livrent une concurrence féroce : la Compagnie de la Baie d’Hudson et la Compagnie du Nord-Ouest. Les commerçants engagent des « voyageurs » pour conduire les canots à travers la multitude de lacs, de rivières et de portages qui donnent accès aux fourrures du Nord-Ouest. Les canots gagnent ainsi les Pays d’en haut, chargés de couvertures, d’eau-de-vie (alcool), de poudre à fusil et autres marchandises qui pourront être proposées aux Autochtones en échange de fourrures. Ils redescendent remplis de ballots de fourrures.

Que ce soit à l’époque de la Nouvelle-France ou durant le Régime britannique, les voyageurs entreprenaient de longs voyages qui les portaient à des centaines de kilomètres de la vallée du Saint-Laurent. Quittant Pointe-Claire au printemps, certains voyageurs empruntent le fleuve Saint-Laurent et se rendent dans les environs de Windsor. D’autres remontaient plutôt la rivière des Outaouais en direction des régions nordiques.

Cependant, la plupart des engagés partent pour l’Ouest ou la région des Grands Lacs en suivant la formée par les rivières des Outaouais et Mattawa, le lac Nipissing, la rivière des Français et la baie Georgienne.

Le dur travail de voyageur

Si l’occupation de voyageur permet de partir à l’aventure, il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’un travail difficile. En effet, les engagés rament plus de 15 heures par jour et dorment – beau temps, mauvais temps – le long des lacs et des rivières. Au surplus, ces travailleurs risquaient de sombrer dans les eaux tumultueuses des rapides. Lors des portages ils transportent du matériel pesant jusqu’à 80 kilos sur des distances variant de quelques mètres à plus de 30 kilomètres.

Le travail des engagés exige donc beaucoup de force. Contrairement à la croyance populaire, les voyageurs ne sont pas tous des individus costauds. Les marchands préfèrent embaucher de petits hommes afin de réserver davantage d’espace au matériel, augmentant ainsi la rentabilité des expéditions. De plus, en étant petits, les engagés pouvaient ramer confortablement.

Les voyageurs avaient l’habitude de pagayer en chantant. Leurs périples se déroulent donc au rythme d’airs connus comme À la claire fontaine, C’est l’aviron ou En roulant ma boule. Non seulement cette pratique rend-elle le voyage beaucoup plus joyeux, mais elle permettait également de fixer la cadence des coups de pagaie.

Les membres des voyages d’expédition étaient consciencieux de la quantité d’équipement qu’ils apportaient avec eux dans le canot. Les voyages étaient longs et difficiles. Après tous ces efforts, comment se nourrissaient ces hommes, épuisés par de longues journées ? En fait, lors des voyages, la nourriture transportée doit se conserver facilement et doit être très calorifique. Le lard salé, la viande séchée, la graisse d’ours et les galettes (ou biscuit) ont une place de choix dans les repas des voyageurs. On note aussi la présence de fruits séchés et de pois. N’oublions pas l’eau-de-vie, qui sert à la fois aux voyageurs mais aussi comme produit de traite.

En 1765, 22 habitants de Pointe-Claire font la traite des fourrures ou travaillent comme voyageurs. Ils quittent la village pour se rendre à Michillimakinac, Détroit, Fort Temiskaming, Poste-de la Baye et le Grand Portage.

Voici le nombre d’engagements pour quelques années :

1780 : 2

1790 : 5

1800 : 3

1810 : 3

1820 : 2

Il faut se méfier de ce nombre si bas parce que les voyageurs partaient souvent pour plusieurs années, jusqu’à trois ans. En 1780-1781, James Allan un marchand de Pointe-Claire envoie lui-même des voyageurs pour ramener des fourrures. Dans le recensement de Pointe-Claire on note 17 voyageurs : douze dans le village et cinq dans la campagne.

Voici une liste de quelques voyageurs de Pointe-Claire et la date de leur engaement.

1810-1812

Aubin, René 1812/08/05

Brisebois Amable 1810/05/21

Brisebois, Jean-Baptiste 1810/06/19

Cadian, Amable 1810/12/24

Demers, Pierre 1812/08/18

Homay, Jean 1812/08/11

Lacombe, Jean-Baptiste 1812/08/13

Laruelle, Ignace 1812/08/14

Legault, Jean-Baptiste 1812/08/10

Legault, Pierre 1812/08/10

Menard, Hyacinthe 1812/01/04

Pillon, Antoine 1812/08/19

Voici les détails de leur contrat :

Brisebois Amable, de Pointe-Claire 1810/05/21 : Contrat d’un an, départ de Montréal pour Michilimackinac (et dépendences), L’isle St-Joseph, Mississippi, Missouri, gage de 450 livres, somme à l’engagement 30 livres. Ce qu’on lui donne une Couverte de 3 points, trois aunes de cotton, une paire de souliers et un collier – s’oblige de contribuer d’un pour cent sur ses gages pour le fonds des voyageurs – les dits bourgeois ne pourront être tenus de nourrir le dit engagé, dans quelque endroit qu’il puisse être pendant le présent engagement, qu’au bled d’inde ou autre aliment qu’ils ont ordinairement des sauvages.

Compagnie : Mess. de la Compagnie de Michilimakinac.

James Dodge, 1798/09/25: Pointe-Claire,

partir de cette Ville en qualité de Commis & hivernant dans un de leur canot pour faire le voyage, tant en montant que pour hiverner dans aucun poste dans la Grande Riviere a etre libre a son retour en cette ville apres son hivernement,. Compagnie du Nord Ouest-,moyennant la SOMME de sept cent Livres ou chelins ancien courant de cette Province, qu’ils promettent et s’obligent de bailler & payer audit engager un mois après son retour en cette Ville & a son départ un double Equipement -reconnait avoir reçu deux cent livres cours susdit en avance de ses gages et un Billet payable en Janvier prochain pour deux cent francs de plus -Promet contribuer au fond des voyageurs

LACOMBE, JEAN-BAPTISTE : 18000116, JAMES & ANDREW MCGILL, Michilimackinac, – DEUX COUVERTES, SIX AUNES DE COTTON, UN COLLIER UNE PR SOULIERS, TROIS AUNES DE TOILE DE RUSSIE – S’OBLIGE DE CONTRIBUER AU FOND DES VOYAGEURS, 400 livres.

Nous avons également retrouvé un voyageur de Pointe-Claire qui décide d’aller s’installer définitivement à la Rivière-Rouge au Manitoba. Simon Provancher 10 avril 1819, la rivière rouge dans le territoire de L’honorable Compagnie de la baie d’hudson – Simon Provancher et famille composée de Son Épouse et de Son enfant – Le dit Comte de Selkirk donnera au dit Simon Provencher une terre de cent arpents en superficie … – à condition que la dite terre payera une rente annuelle de cinq minots de blé, que le Concessionnaire aura néanmoins toujours ce privilège de racheter cette rente pour le prix de deux cents piastres, et qu’après ce rachat la dite terre Sera tenue en franc a leu “ free and common Soccage” sans être sujette aux lods et ventes ni aux autres droits ou redevances féodaux

Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire – Loyalistes à Pointe-Claire

Luc Lépine, historien militaire, partage ses recherches…

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Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire

Juin 2014

Colligés par Luc Lépine, auteur de Le Québec et la guerre de 1812

couverture

Table des matières
1. L’émeute de Lachine (publié le 14 août)
2. Conflagration à la Pointe-Claire (La Presse 22 mai 1900) (publié le 21 août)
3. Le téléphone (sera publié le 28 août)
4. La carrière de Pointe-Claire (publié le 4 septembre)
5. Évolution de la population de la population de Pointe Claire (publié le 11 septembre)
6. Le régime seigneurial (publié le 18 septembre)
7. Potasse et le sel d’ammoniaque (publié le 25 septembre)
8. La milice à Pointe-Claire (publié le 2 octobre)
9. Inventaires des biens : Que retrouvait-on à Pointe-Claire au XIXe siècle? (publié le 9 octobre)
10. Loyalistes à Pointe-Claire (publié le 16 octobre)
11. Les « voyageurs » et la traite des fourrures (sera publié le 23 octobre)
12. La Voirie et le Voyer (sera publié le 30 octobre)
13. Les hôtels (sera publié le 6 novembre)
14. Le docteur John-Augustus-George Meyer (sera publié le 13 novembre)
15. Recensement de 1889 fait par le curé de Pointe Claire (sera publié le 20 novembre)

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 10 Loyalistes à Pointe-Claire

Dans les années 1770, la majorité des habitants des colonies britanniques a voulu se séparer de l’Angleterre. Ces gens voulaient avoir leur propre pays. De son côté, l’Angleterre ne voulait pas. Elle voulait garder le contrôle des colonies américaines. C’est ainsi qu’a commencé la révolution américaine.

Beaucoup des gens qui vivaient dans les colonies américaines ne voulaient pas se séparer de l’Angleterre. Ces personnes ne voulaient pas la révolution. On les appelait les loyalistes, parce qu’ils étaient loyaux envers l’Angleterre. Pour plusieurs personnes, les Loyalistes avaient trop travaillé pour la Couronne anglaise et les patriotes américains les ont expulsés Quand les colonies américaines ont finalement gagné la guerre (la révolution), et qu’elles sont devenues un pays, les Loyalistes ne pouvaient plus rester là. Les américains disaient qu’ils étaient des traitres et ils ont commencé à prendre leurs terres.

Entre les années 1775 et 1783, environ 100 000 loyalistes ont quitté les Etats-Unis. Le Canada était encore une colonie de l’Angleterre et pour cette raison beaucoup deLoyalistes sont venus s’installer ici. Environ 10,000 sont venus s’établir au Québec. Beaucoup étaient venus d’Europe, principalement de l’Angleterre, d’Allemagne et de Hollande. La plupart d’entre eux étaient des fermiers, des artisans et des hommes de métier.

Plusieurs loyalistes se sont installés à Sorel et Montréal. Les anciens soldats du King Regiment de New York sous la direction de John Johnson sont venus à Lachine et Pointe-Claire. Pendant quelques années, de 1777 à 1783, Pointe-Claire a vu sa population doublée par l’arrivée de ces Loyalistes.

Comme Pointe-Claire est située le long du fleuve, il est facile de faire venir les Loyalistes par chaloupes ou par Canots. Il y avait des échanges fréquents entre Lachine, Pointe-Claire et Sainte-Anne de Bellevue pour le ravitaillement. Le gouverneur Haldimand s’assurait que les Loyalistes reçoivent des rations alimentaires suffisantes quand ils étaient logés chez les habitants de Pointe-Claire.

Les premiers Loyalistes sont arrivées à pointe-Claire durant l’hiver 1776-1777,. Parmi eux on retrouveait les McDonells de Johnston, New York. Parmi eux, il y avait plusieurs personnes d’origine allemande.

Les relations entre les Loyalistes et les habitants de Pointe-Claire ne sont pas toujours faciles En 1781, on émet un certificat de maladie pour soldat du Régiment Royal de New York, logé à Pointe-Claire. Il soutient qu’il a reçu de mauvais traitement de la part de quelques habitants du lieu. En 1782, Haldimand doit poursuivre Charlebois, un lieutenant de milice et son fils pour avoir battu un soldat. Il y a de fréquentes querelles avec les soldats et plusieurs insultes.

Nous savons qu’en 1779, il y avait 126 Loyalistes qui vivaient à Pointe-Claire. Dans le tableau suivant, on voit les familles logées ici. Nous avons le chef de la famille, son épouse ou sa veuve, les garçons et les filles de plus de 10 ans, ainsi que ceux de moins de 10 ans. On remarque la présence de cinq veuves dans le groupe.

Approvisionnement des Loyalistes de Pointe-Claire, 1er Juillet 1779.

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Autres Loyalistes présents à Pointe-Claire

William Morrison, capitaine du deuxième bataillon du Royal Regiment de New-York,
il épouse Catherine Chénier fille de Jean-Baptiste Chénier, de Pointe-Claire. Celle-ci décède en 1783.

Christopher Van der Mouth, il fait baptiser son fils à la paroisse de Saint-Joachim.

Jacques Adams, petit officier dans les troupes de volontaires Anglais, Marie-Joseph Delonay, son épouse.

Lieutenant Peter Drummond et enseigne Neil Robertson.

Au printemps de 1781, 93 familles étaient encore hébergées à Pointe-Claire, soit plus qu’à Montréal, 66 familles ou à Saint-Jean 55 familles.

Suivons l’aventure de quelques Loyalistes ayant séjourné à Pointe-Claire.

Lambert Van Alstine a été baptisé le 30 avril 1710 (Reformed Dutch Church of Albany, New York). Il a grandi à Standing Stone sur le fleuve Susquehanna. Il est le fils de Isaac Van Alstine et Jannetje Van Valkenburg. En 1779, il est à Pointe-Claire avec son épouse, un garçon de plus de 10 ans et deux filles de plus de 10 ans. Avant la guerre, il vivait à Susquehanna. Il avait une ferme et six acres de terrain, trois chevaux, quelques vaches et de l’équipement de ferme.

Jacobus (James) Van Alstine, né en 1739 marié à Lydia Laraway, baptisée 11 Novembre 1745 à Schoharie, New York. En 1779, il est à Pointe-Claire avec son épouse, un garçon de plus de 10 ans, trois fils de moins de 10 ans et une fille de moins de 10 ans.

ISAAC VAN VALKENBURG, aka VOLLICK, né en 1732 à Schoharie, New York, fils illégitime de Van Valkenburg et Maria Bradt. En 1777, il s’enrôle dans la brigade de volontaires de Sir John Johnston’s Brigade. En 1779, il est présent à Pointe-Claire.

Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire – Inventaires des biens

Luc Lépine, historien militaire, partage ses recherches…

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Notes et textes pour une histoire de Pointe-Claire

Juin 2014

Colligés par Luc Lépine, auteur de Le Québec et la guerre de 1812

couverture

Table des matières
1. L’émeute de Lachine (publié le 14 août)
2. Conflagration à la Pointe-Claire (La Presse 22 mai 1900) (publié le 21 août)
3. Le téléphone (sera publié le 28 août)
4. La carrière de Pointe-Claire (publié le 4 septembre)
5. Évolution de la population de la population de Pointe Claire (publié le 11 septembre)
6. Le régime seigneurial (publié le 18 septembre)
7. Potasse et le sel d’ammoniaque (publié le 25 septembre)
8. La milice à Pointe-Claire (publié le 2 octobre)
9. Inventaires des biens : Que retrouvait-on à Pointe-Claire au XIXe siècle? (publié le 9 octobre)
10. Loyalistes à Pointe-Claire (sera publié le 16 octobre)
11. Les « voyageurs » et la traite des fourrures (sera publié le 23 octobre)
12. La Voirie et le Voyer (sera publié le 30 octobre)
13. Les hôtels (sera publié le 6 novembre)
14. Le docteur John-Augustus-George Meyer (sera publié le 13 novembre)
15. Recensement de 1889 fait par le curé de Pointe Claire (sera publié le 20 novembre)

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9. Inventaires des biens

Que retrouvait-on à Pointe Claire au XIXe siècle?
Les valeurs sont en ancien cours sauf pour les biens du Dr Meyer.

Dans la cuisine (1833)

Un chaudron et son couvercle, estimé à une livre dix sous la livre
de vingt coppres ci……………………………1 # 10

Une marmite à deux livres huit sous ci……………………………2 # 8

Un potager, à une livre dix sous ci……………1 # 10

Deux chandeliers à une livre dix sous ci………………1 # 10

Un sceau plat, à une livre quatre…………………………………1 # 4

Deux sçeaux ferrés à trois livres………………3 #

Six fers à flasquer, à quatre livres……………..4 #

Un lot de cafetières, …………………………..1 # 10

Une poële et une tourière, à une………………………………..1 # 10

Un sas à dix sous ci…………………………… 10

Un lot de tôle gril rotisserie, à…………………………………..3 #

Une petite marmite, une cuillère à pot et un hachereau…………1 # 4

Un soufflet de cuisine, ………………………….1 # 4

Un canard, une bouilloire et un trépied à quatre livres ci……………………4 #

Une pelle et une paire de pinces …………………………1 # 8

Dans la succession du Docteur Geoger Mayer, 1820 (en livres Sterling)

Un piano forty en mauvais ordre vingt cinq
livres cours actuel cy…… ………………………… 25 #

Un saufat de cerisier avec sa couverture d’indienne prisé huit livres dit cours………………………….. 8 #

Une grande table de dix couvert de moagney [mahogany- acajou]
dont les pieds sont de cerisier prisée deux livres dix chelins……. 2 # 10 s

Un miroire dont la glasse a cassé prisé dix chelins cours actuel…. 10 s

Une table pliante de cerisier prisée neux chelins et deux deniers .. 9 s 2 d

Une paire chandellier argenté et une paire mouchette et porte mouchette, le tout
prisé, douze chelins et demi……………………………… . 12 s 6 d

un balai de soie, un de bled d inde et un petit parapluie, sept chelins…. 7 s

Six paires de drats de toile de Russie a sept chelins et six denier la paire……………………………………… 2 # 5 s

1821
Un petit chaudron avec son couvercle et anse, prisé trente sols………………1 # 10 s

Item une petite sauce panne quinze sols…………………………… 15 s

Item deux sceaux ferrés quarante huit sols les deux…………………………….. 2 # 8 s

Item un pot de fer blanc………………………………… 4 s

Item cinq bouteilles vide………………………………. 10 s

Item un ver et une theyere……………………………… 4 s

Item cinq petits bols
ensemble six sols………………………………………… 6 s

Item six petites assiettes
quinze sols le tout………………………………………. 15 s

Item sept assiettes dix sols……………………………… 10 s

Item une terrine de terre
deux sols………………………………………………… 2 s

Item trois livres et demie de
laine a vingt sols la livres………………………………. 3 # 10 s

Item une petite table……………………………………. 1 #____

Item un buffet trois livres………………………………. 3 #

Item une pau (sic) de mouton quinze sols……………… 15 s

Item un petit pétrin quinze sols…………………………. 15 s

Item un quart vuide quinze sols………………………… 15 s

Item une établie trois livres…………………………….. 3 #

Les outils 1821

Item une établie six sols………………………………… 6 s

Item une meule et son auge……………………………… 2 # 8 s

Item un petite hache, quinze sols………………………… 15 s

Item un manteau cinq sols……………………………….. 5 s

Item une egoine trois livres……………………………… 3 #

Item une egoine araser…………………………………… 2 # 8 s

Item une galere et un verlope
quarente sols les deux……………………………………. 2 #

Item un guillaume a plate bande
trois livres………………………………………………… 3 #

Item un bouvêt a clef douze francs……………………… 12 #

Item une paire noir à chassis
deux chelins………………………………………………. 2 # 8 s

Item une autre paire noir…………………………………. 3 #

Item un rabot trente sols………………………………….. 1 # 10 s

Item une paire bouvet a
planchers trois livres……………………………………… 3 #

Item une doucine trente sols……………………………… 1 # 10 s

Les animaux

Une taure de trois ans,(1833) ,,,,…….……………………………………..24 #

Un jument sous poils blond ayant environ douze ans avec son poulin, prisés quatre-vingt quatre livres ci..(1828)…………………………….84 #

Un poulin sous poils rouge, ayant à peu près dix-huit mois, prisé à quarante
huit livres ci…1828)…………………………….……………………………………………48 #

Une vache aussi sous poils rouge, ayant la tête et les quatre pieds blancs, prisé
à trente six livres i…1828)…………………………….……………………………………36 #

Une mère moutonne noire, prisé à neuf livres (1828) ……………………………………9 #