La fin de l’histoire 

http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/societe/201703/01/01-5074432-leglise-saint-sulpice-de-paris-abritait-lacte-de-mariage-de-louis-hebert-et-marie-rollet.php

(Québec) Récemment retrouvé à Paris, l’acte de mariage des premiers colons de la Nouvelle-France, Louis Hébert et Marie Rollet, révèle qu’ils ont uni leur destinée le 19 février 1601 à l’église Saint-Sulpice dans le 6e arrondissement de Paris. Le document dévoile également que madame était veuve.

Plus tôt cette semaine, on apprenait que des Québécois avaient retracé l’acte de mariage «dans une autre vieille paroisse» que celle de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois située près du Louvre dans le 1er arrondissement d’où Louis Hébert était originaire. 

Cette découverte est importante puisqu’elle vient corriger une information qui circule depuis maintenant plus de 400 ans sur le lieu et la date de mariage des tourtereaux. Des contacts ont été établis avec la mairie du 6e arrondissement de Paris, où a pignon l’église Saint-Sulpice, pour installer une plaque commémorative afin d’honorer les premiers colons de Nouvelle-France, et ce bien que le bâtiment religieux de l’époque a été remplacé par l’actuel. 

«En rectifiant l’histoire, on rectifie une information précise sur des pionniers de la Nouvelle-France. C’est quand même des lieux de mémoire précis et comme la plupart de nos ancêtres, 97 % viennent de France, les Québécois sont intéressés à retrouver l’église où leurs ancêtres ont été baptisés», explique l’historien et généalogiste, Marcel Fournier. 

Le professeur émérite de l’Université Laval, Jacques Mathieu, souligne également l’importance de désormais savoir la date précise des noces puisque le couple s’est marié le 19 février 1601 plutôt qu’en 1602 comme cela avait toujours été rapporté. «On s’était basé sur sa (Louis Hébert) tentative d’établissement professionnelle et l’achat d’une maison sur la rue de la Petite-Seine (dans le quartier Saint-Germain-des-Prés», relate-t-il pour expliquer l’erreur commise par les historiens. 

Une troisième surprise attendait les férus d’histoire et de généalogie quand ils ont mis la main sur l’acte de mariage des premiers colons en Nouvelle-France: Marie Rollet était veuve. Elle s’était préalablement engagée auprès d’un dénommé François Dufeu qui était marchand de Compiègne dans l’Oise. Selon Marcel Fournier, il est cependant peu probable qu’elle ait eu des enfants avec son premier époux étant donné la durée très courte de l’union. 

Découverte inattendue 

C’est un Québécois qui séjournait à Paris, Gilles Brassard, qui a fait la découverte historique. En fouillant dans les archives nationales françaises à Paris pour retracer ses ancêtres, il a été intrigué par un mystérieux acte illisible pour le commun des mortels. Il l’a fait parvenir à un spécialiste en généalogie, Jean-Paul Macoin qui l’a lui-même transmis à l’historien Jacques Mathieu. Des paléographes ont quant à eux réussi à déchiffrer l’écriture. 

Extrêmement résilient, Louis Hébert a su se tirer de la misère et est devenu non seulement le premier agriculteur de la Nouvelle-France, mais également apothicaire et botaniste dont les travaux ont traversé l’océan. Instruite et figure de l’affirmation féminine, Marie Rollet s’est de son côté démarquée notamment par les liens qu’elle a su tisser avec les Amérindiens et l’enseignement qu’elle leur a prodigué ainsi qu’à leurs trois enfants.

Document reproduisant l’acte de mariage de Louis Hébert et Marie Rollet, ainsi qu’une image de l’ancienne église Saint-Sulpice de Paris

LE SOLEIL, ERICK LABBÉ

Plus de vingt-cinq activités sont prévues à Québec par près d’une trentaine d’organismes pour souligner l’anniversaire d’arrivée de cette première famille française en Nouvelle-France.

Voici ce qui est écrit sur l’acte de mariage de Louis Hébert et Marie Rollet:

«Le 18 février (1601), Louis-Hébert, apothicaire fut fiancé avec Marie Roullet, veux de défunt François Dufeu vivant marchand demeurant à Compiègne, et mariés le 19e dudit mois, et les proclamations (des bans) commencées dès le 21 janvier»

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11 réflexions sur “La fin de l’histoire 

    • Une grande fierté de posséder ces illustres ancêtres. On pourra dorénavant se bomber le torse en allant dans le Vieux-Québec.

      • Bonjour Pierre,

        Je lis avec plaisir les articles sur cette découverte. Je suis tombé sur cet acte par hasard en fouillant aux Archives Nationales à Paris. Comme j’ai pal mal d’ancêtres parisiens, je gratte dans les sources, particulièrement les minutes des notaires, et je trouve des choses intéressantes. Je suis en train de remonter certaines branches de mon arbre jusqu’au début du 15è siècle.

        J’ai beaucoup souri en lisant certains des articles. J’étais un coup en vacances à Paris, un coup séjournant à Paris, un autre coup j’étais deux québécois expressément envoyé à Paris. En fait, originaire du Québec, et farouchement attaché à mes racines, je vis à Paris et dans sa banlieue depuis 28 ans, et je suis passionné de généalogie depuis bientôt 10 ans. Passion dévorante, mais tellement nourrissante !

        Un des articles dit aussi que j’ai été intrigué par cet acte illisible pour le commun des mortels. Je n’étais pas intrigué. J’étais éberlué, j’avais du mal à croire que personne avant moi n’était tombé dessus, j’étais fou de joie, bouleversé, je flottais sur un nuage. Il y avait trois mots que je n’arrivais pas à déchiffrer, mais je savais parfaitement ce que j’avais entre les mains. C’est le genre de découverte qui n’arrive qu’une fois dans une vie, je pense. J’ai demandé l’avis de Jean-Paul Macouin, un chercheur extraordinaire qui a retrouvé dans les archives françaises quantités d’actes et d’informations sur les pionniers de la Nouvelle-France, qui m’a confirmé ce que je pensais.

        Je continue mes recherches, avec toujours autant de plaisir, et avec un petit nuage qui continue de me porter.

        Un gros salut fraternel à tous les passionnés de généalogie.

        Gilles Brassard

  1. Il faudrait redonner aux peuples autochtones la place qu’ils méritent dans les livres d’histoire. Sans eux, la survie de la petite colonie aurait été mise en péril. Les relations n’étaient pas celles d’une conquête mais plutôt basées sur des alliances, de l’entraide, de mariages, de découvertes de nouveaux territoires. Ces relations privilégiées ont existées jusqu’à la conquête.

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