Publié dans La Presse

http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/societe/201702/27/01-5073938-lacte-de-mariage-de-louis-hebert-et-marie-rollet-retrouve-apres-400-ans.php

 

(Québec) Une pièce manquante du casse-tête de l’histoire de la province a été retrouvée il y a quelques semaines à Paris. L’acte de mariage que l’on croyait brûlé du premier couple de colons français à s’être installé en Nouvelle-France révèle que Louis-Hébert et Marie Rollet n’ont pas uni leur destinée à l’église Saint-Germain-l’Auxerrois comme on l’a cru pendant plus de 400 ans.

Une quinzaine d’années avant de faire la traversée pour le Nouveau Monde, les jeunes tourtereaux n’ont donc pas célébré leur noce dans la paroisse de la Ville Lumière d’où ils étaient originaires, explique le coprésident de la commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs, Denis Racine. Bien des manuels et encyclopédies d’histoire devront ainsi être revus.

Ce sont deux Québécois, dépêchés en France expressément pour tenter de mettre la main sur l’acte de mariage, qui l’ont finalement retracé «dans une autre vieille paroisse» que celle de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, située place du Louvres dans le 1er arrondissement de Paris. Beaucoup de documents relatifs à la période de l’histoire où sont nés les deux colons ont été brûlés et c’est pour cette raison que le précieux document n’avait jamais été trouvé.

M. Racine se garde bien de révéler où exactement Louis-Hébert et Marie Rollet se sont mariés puisqu’il s’agit de la pièce de résistance d’une conférence de presse qui aura lieu mercredi matin au monastère des Augustines annonçant les activités entourant le 400e anniversaire de leur arrivée en Nouvelle-France. «L’acte contient une surprise», promet l’avocat.

Mais selon lui, cette importante découverte permettra d’en savoir plus sur l’origine des Québécois puisque le célèbre couple est l’ancêtre de milliers d’habitants dans la province dont l’un des plus connus actuellement est le premier ministre Philippe Couillard.

Un 400e important

Cette révélation tombe à point nommé puisque 2017 marque le 400e anniversaire de ces pionniers tout sauf ordinaires, décrit l’historien Jacques Mathieu qui est le coauteur d’un nouveau livre intitulé «La vie méconnue de Louis Hébert et Marie Rollet» (Septentrion).

Extrêmement résilient, Louis Hébert a su se tirer de la misère et est devenu non seulement le premier agriculteur de la Nouvelle-France, mais également apothicaire et botaniste dont les travaux ont traversé l’océan. Instruite et figure de l’affirmation féminine, Marie Rollet s’est de son côté démarquée notamment par les liens qu’elle a su tisser avec les Amérindiens et l’enseignement qu’elle leur a prodigué ainsi qu’à leurs trois enfants.

Vingt-cinq activités sont prévues à Québec par près d’une trentaine d’organismes pour souligner l’anniversaire d’arrivée de cette première famille française.

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17 réflexions sur “Publié dans La Presse

  1. Louis Hébert et Marie Rollet parents de Guillemette Hébert qui a épousé Guillaume Couillard Sieur de l’Espinay (Ancêtre de Philippe Couillard, premier ministre du Québec) et Guillaume Hébert qui a épousé Hélène Desportes avec qui il a eu 3 enfants. Malheureusement pour les Hébert et heureusement pour les Morin, Guillaume qui a 25 ans fait une chute sur la glace et meurt accidentellement. Un an plus tard Hélène Desportes se remarie avec Noël Morin qui adopte ses enfants et qui donnera naissance à 12 autres enfants dont Alphonse mon ancêtre direct. Sans cet accident malheureux, les descendants de Noël et Hélène ne seraient pas là. Les Hébert et les Morin avaient une ancêtre commune: Hélène Desportes fille de Pierre Desportes et de Françoise Langlois.

  2. Marie Morin, fille de Noël et Hélène Desportes entrera en religion à l’adolescence et ira à Montréal à l’hôpital Notre-Dame de Montréal, elle deviendra supérieure de la communauté. Elle écrira les annales qui sont encore aujourd’hui une référence pour décrire la vie des habitants de Montréal de ce temps-là.

  3. Hélène Desportes était sage-femme, en plus d’avoir mis au monde 15 enfants, elle a contribué à mettre au monde plusieurs enfants de la colonie.
    Sa marraine est Hélène Boulé, l’épouse de Samuel de Champlain.

  4. DESPORTES, HÉLÈNE (Hébert ; Morin), possiblement le premier enfant blanc né en Nouvelle-France, fille de Pierre Desportes et de Françoise Langlois, décédée le 24 juin 1675.

    On n’est pas sûr de la date de naissance d’Hélène. Dionne dit qu’elle vint à Québec avec ses parents en 1613, et Sulte, qu’elle est née à Québec vers 1622. Des renseignements obtenus d’autres sources indiquent qu’elle avait 14 ans en 1634, 38 ans en 1659, 46 ans en 1666 et 48 ans en 1667. Selon Champlain, Anne Hébert mourut de ses couches avant 1620, mais puisqu’il n’est fait aucune autre mention de son enfant, on peut supposer que celui-ci fut mort-né. Eustache Martin est né au mois d’octobre 1621. Si, cependant, on fixe la date de la naissance d’Hélène à 1620, ce qui est fort plausible, elle serait effectivement le premier enfant blanc né dans la région du Saint-Laurent. Il est vrai que Sulte revendique pour Guillemette Hébert l’honneur d’avoir été la première Canadienne de naissance, parce qu’il admet que Louis Hébert avait emmené sa femme en Acadie en 1606, mais le témoignage de Lescarbot réfute cette thèse (Histoire (Grant)).

    Pierre Desportes arriva probablement à Québec en 1614 avec Abraham Martin ; ils étaient mariés aux deux sœurs. On ne sait pas quelle était l’occupation de Desportes, mais il devait jouir d’un certain prestige parmi les habitants et il savait sans doute écrire, car c’est lui qui signa, au nom des habitants, la pétition adressée au roi en 1621. On ne sait rien de plus sur son compte. (Il ne faut pas le confondre avec Pierre Desportes de Liguère, à qui la Compagnie de la Nouvelle-France céda l’île Royale (Cap-Breton) en 1636.)

    Ni le père ni la mère d’Hélène ne furent témoins au contrat de mariage qu’elle passa avec Guillaume Hébert à Québec en octobre 1634. Le mariage eut lieu le même mois dans la paroisse Notre-Dame de Québec. Sur ce fils unique du premier colon canadien, rien n’est passé à la postérité, sauf le fait qu’il aida parfois les prêtres dans leurs relations avec les Amérindiens. Étant donné qu’il avait hérité de la moitié des terres de son père, qui comprenaient quelques acres sur la rivière Saint-Charles ainsi que la propriété primitive, située sur le promontoire, il y a lieu de croire qu’il s’occupa surtout de cultiver ses champs durant sa courte vie. Il était tout jeune garçon lorsqu’il vint à Québec avec ses parents en 1617, aussi avait-il probablement entre 20 et 30 ans lorsqu’il mourut en 1639. Trois enfants étaient nés de son mariage. L’un mourut en bas âge ; les deux autres étaient son fils Joseph et sa fille Françoise (née en 1638), qui épousa Guillaume Fournier en 1651.

    Devenue veuve, Hélène convola le 9 janvier 1640 dans la paroisse Notre-Dame de Québec avec Noël Morin (1616–1680), qui était charron et devint l’un des pionniers de Montmagny. Leur fils Germain* fut un des premiers élèves du séminaire de Québec ; ordonné par Mgr de Laval* en septembre 1665, il fut le premier Canadien de naissance à être élevé à la prêtrise. Un autre fils, Jean-Baptiste (1645–1694), fit partie du Conseil souverain et une fille, Marie*, devint la première religieuse née au Canada.

    Hélène mourut le 24 juin 1675.

    Ethel M. G. Bennett

  5. ROLLET, MARIE (Hébert ; Hubou), décédée à Québec en 1649.

    En 1617, avec son mari, Louis Hébert, et ses trois enfants, elle arriva de Paris à Québec, pour y trouver la famine, la maladie et la menace de l’Indien. L’année suivante, rapporte Sagard, eut lieu le premier mariage célébré au Canada selon les rites de l’Eglise, celui de leur fille Anne avec Étienne Jonquet. Anne mourut l’année suivante en donnant naissance à un enfant qui n’est pas porté sur les registres de la paroisse.

    Marie Rollet aida son mari à soigner les malades et partagea l’intérêt qu’il portait aux sauvages, en s’occupant spécialement de l’instruction des jeunes Indiens. En 1627, lors du baptême du fils de Chomina, Naneogauchit, que le clergé voulait célébrer en grande pompe, une foule d’Indiens venus pour cette occasion se régalèrent du contenu de sa grosse marmite. Son nom figure souvent comme marraine au baptême d’Indiens convertis.

    Deux ans après la mort de Louis Hébert, survenue le 16 mai 1629, elle convolait avec Guillaume Hubou. Après avoir demandé l’avis de Champlain, elle et sa famille (c’est-à-dire son second époux, son fils Guillaume de 15 ans ainsi que sa fille et son gendre, Guillaume Couillard) demeurèrent à Québec durant l’occupation anglaise et perpétuèrent chez les Indiens du voisinage la mémoire de l’amitié français. Après le retour des Français, en 1632, sa maison devint le foyer des jeunes Indiennes confiées aux Jésuites pour leur éducation. Elle mourut en 1649, en laissant son mari, sa seule fille survivante, Guillemette Hébert, et de nombreux petits-enfants. Elle fut inhumée à Québec le 27 mai 1649.

    Ethel M. G. Bennett

    Pour la bibliographie, V. celle de Louis Hébert.

  6. HÉBERT, GUILLEMETTE (Couillard de Lespinay), fille de Louis Hébert et de Marie Rollet, le 26 août 1621, elle épousa à Québec Guillaume Couillard de Lespinay, née à Paris ou à Dieppe vers 1606, morte à Québec le 20 octobre 1684 et inhumée dans la même ville le jour suivant.

    À la mort de Louis Hébert, en 1627, sa fille Guillemette et son mari, Guillaume Couillard, héritèrent de la moitié de ses biens. Couillard devint le chef de la famille, car le frère de sa femme, Guillaume, était encore mineur. Jusqu’en 1632, la maison des Hébert, sise sur le bord de la falaise, était la seule habitation privée à Québec. Il y avait un peu plus loin le petit fort en bois construit par Champlain et, juste au-dessous de celui-ci, au bord du fleuve, l’Habitation flanquée de la petite chapelle des Récollets. Les deux seuls autres bâtiments qui comptaient étaient le couvent des Récollets et celui des Jésuites, situés à un mille de là sur la rivière Saint-Charles et au delà d’un bois épais. Guillemette et sa mère restaient souvent seules chez elles, car Couillard passait bien du temps sur le fleuve, et le serviteur, Henri, venu de France avec les Hébert, avait été massacré par les Amérindiens l’année même de la mort de Louis Hébert.

    Comme ses parents, Mme Couillard s’intéressait aux petits Amérindiens et fut marraine d’un grand nombre d’entre eux. Après la capture de Québec par les Anglais en 1629, elle accueillit chez elle Charité et Espérance, deux des trois petites Amérindiennes protégées par Champlain, que celui-ci aurait voulu emmener en France. David Kirke ayant refusé d’autoriser ce voyage, les petites filles demandèrent d’être envoyées chez Mme Couillard. Ce devait être un foyer cosmopolite, car il comprenait en outre Olivier Le Jeune, petit Noir malgache que les Anglais avaient vendu à Olivier Le Baillif et dont celui-ci avait fait don à la famille Couillard. Guillemette et sa mère veillèrent à son instruction religieuse, et il fut baptisé en 1633. En 1648, les Couillard avaient d’autres serviteurs et dix enfants ; c’était un ménage bruyant, voire indiscipliné, si l’on en croit le Journal des Jésuites. Au mariage de la troisième fille, Élisabeth, en novembre 1645, deux violons – chose inouïe au Canada – accompagnaient les chantres de la chapelle. Le début des années 1660 fut toutefois pour Mme Couillard une période très pénible. Deux de ses fils, d’abord Nicolas, âgé de 20 ans, puis Guillaume, âgé de 27 ans, et son neveu Joseph Hébert tombèrent victimes des Iroquois (1661–1662) et son mari décéda au mois de mars 1663.
    Riches propriétaires terriens (les Hébert possédaient des terres en plus de leur concession primitive), Mme Couillard et son mari avaient fait divers dons à des fins charitables et religieuses : à l’église en 1652 et à l’Hôtel-Dieu en 1655 et en 1659. Devenue veuve, elle vendit à Mgr de Laval*, en 1666, le terrain nécessaire à la construction du petit séminaire. Les jeunes de sa famille s’opposèrent énergiquement à la vente de cette propriété de grande valeur (le fief du Sault-au-Matelot) où son mari et elle s’étaient d’abord établis. Le litige amorcé par les héritiers présomptifs devait se poursuivre pendant des générations, voire jusqu’au xxe siècle.

    Chagrinée sans doute par cette querelle de famille et devenue invalide, elle se retira au couvent de l’Hôtel-Dieu et y vécut comme pensionnaire jusqu’à sa mort. Lorsque, en 1678, on exhuma les restes de son père pour les déposer ailleurs, elle se fit transporter à la chapelle des Récollets afin d’assister à la cérémonie. Elle s’éteignit en 1684, à l’âge d’environ 78 ans, et fut inhumée à côté de son mari dans la chapelle de l’Hôtel-Dieu. Elle laissait alors plus de 250 descendants. On pourrait difficilement en estimer le nombre aujourd’hui.

    Ethel M. G. Bennett

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