Vous me suivez?

nos ancêtres II


Je suis ici maintenant…

24 réflexions sur “Vous me suivez?

  1. Bonjour,

    Je ne suis certaine d’être au bon endroit pour poser ma recherche. J’aimerais connaître le nom réel d’Ange-Aimée trente-sous qui était une prostituée du quartier St-Roch à Québec. Nous étions quelques amis à chercher la réponse. Votre aide serait le bienvenu.
    Bonne journée.

    • Vous êtes au bon endroit, mais pas grand monde va lire le commentaire. Il faudrait plus de détails pour que les gens puissent vous venir en aide.

  2. William Lessard Morin

    L’escalier Ange-Aimée

    Un soir de mai, j’ai voulu suivre Ange-Aimée, « la Trente Sous » comme on l’appelle depuis la lointaine époque où elle changeait les pipes en monnaie. On me l’avait décrite comme une figure risible, un personnage de légende urbaine dont on se moque entre amis. Mais je voulais en quelque sorte déconstruire le mythe et la rendre concrète, plus précise à mes yeux. Je l’ai aperçue pour la première fois un dimanche, rue Saint-Joseph, devant la bibliothèque Gabrielle-Roy. Elle était assise sur un banc de béton et fumait une cigarette. Son corps rachitique était recroquevillé et elle reposait rapidement son bras droit sur sa cuisse après chaque bouffée de tabac. Il m’a fallu entendre des piétons la nommer pour savoir qu’il s’agissait d’elle. Je me suis déplacé pour pouvoir continuer à l’observer, sans toutefois qu’elle prenne conscience de ma présence. Ses cheveux étaient asséchés par la décoloration, ses yeux, grassement noircis, ses vêtements trop serrés la rendaient vulgaire, remarquablement vulgaire. Elle portait de nombreux bijoux tape-à-l’oeil et du vernis à ongles rose bonbon qui détonnaient avec son visage ridé et sa maigreur. Son teint jauni laissait deviner des années d’abus d’alcool ou de narcotiques, alors que les cernes sous ses yeux témoignaient des nombreuses nuits sans doute passées sur les trottoirs. Après avoir terminé sa cigarette, elle est restée quelques minutes sans bouger, puis elle en a allumé une autre. J’ai dû partir quelques minutes plus tard. J’étais attendu pour souper chez des amis. Vers vingt et une heures, je suis retourné chez moi en empruntant la rue Saint-Joseph. Ange-Aimée n’y était plus. Il n’y avait plus qu’un amas de mégots sur le pavé. J’ai réussi à libérer toutes mes soirées pour les deux semaines à venir. J’ignorais si j’allais pouvoir revoir Ange-Aimée, mais un désir encore flou me poussait à m’y risquer. Après tout, je n’avais rien à perdre. Au travail, pendant mes pauses, je faisais des recher-ches sur le web à son sujet. J’ai trouvé quelques photos, récentes pour la plupart, sur lesquelles j’ai reconnu cette expression indéchiffrable qu’elle affichait le dimanche précédent. Un visage à demi effacé dont on ne saurait dire s’il est triste ou indifférent. Des paupières fanées qui masquent l’éclat potentiel du regard d’autrefois. Des lèvres peintes de rouge s’affaissant aux commissures, épuisées par le temps et la cigarette. Une mâchoire relâ-chée, la peau du cou ramollie. Chaque soir, après le souper, je me rendais dans le quartier Saint-Roch. De Langelier à Saint-Dominique, je cherchais à la revoir, sans jamais y parvenir. Une fois, alors que je m’apprêtais à rentrer chez moi, j’ai entendu deux jeunes qui parlaient d’elle méchamment, mentionnant au passage qu’elle fréquentait aussi les rues de la Haute-Ville. Je leur ai demandé où ils l’avaient vue et ils m’ont répondu qu’elle se tenait aux alentours du Drague, la discothèque gaie de Québec. J’ai retrouvé ma motivation et suis monté vers Saint-Jean-Baptiste en empruntant l’immense escalier du faubourg. Elle n’y était pas ce soir-là. J’ai dû me résigner à retourner à mon appartement, rue Bagot. Avant de m’en-dormir, j’ai noté mes allées et venues de la journée dans mon carnet, façonnant à ma manière une sorte de guide des probabilités de voir Ange-Aimée à tel ou tel endroit. Jusqu’à présent, j’avais eu très peu de chance. Le lundi suivant, j’ai dû me rendre chez mon dentiste, rue Saint-Vallier. J’y suis allé à pied, en faisant un grand détour par la rue Saint-Joseph, espérant tomber sur ma dame mystérieuse. Je suis arrivé chez le dentiste sans l’avoir vue. Après le supplice habituel des seringues et des instruments de métal hétéroclites, j’ai emprunté Saint-Vallier en sens inverse, profitant de ce que je ne travaillais pas de la journée.
    Auteur : William Lessard Morin
    Titre : L’escalier Ange-Aimée
    Revue : Moebius : écritures / littérature, Numéro 138, septembre 2013, p. 82-86
    URI : http://id.erudit.org/iderudit/70255ac
    Tous droits réservés © Éditions Triptyque, 2013

  3. Ange-Aimée Simard, c’est le vrai nom de Ange-Aimée 30-sous, mes parents la connaissait, une personne qui n’a pas eu la vie facile…

  4. http://www.lechodelatuque.com/Culture/2006-12-07/article-557581/Un-livre-de-photographies-sur-Quebec-par-un-Latuquois/1
    donc elle était encore vivante en 2006.

    Parmi les photos les plus évocatrices du livre, il y a deux photos d’Ange-Aimée, une heureuse et l’autre songeuse. La femme est rachitique et nous pouvons lire son vécu sur les traits de son visage. «Cette femme est une prostituée du quartier St-Roch. Lorsque je lui ai demandé de poser pour moi parce qu’elle faisait partie de cette ville et qu’elle était quelqu’un malgré ce qu’elle fait, elle est venue avec les larmes aux yeux.»

      • J’ai continué à faire des recherches auprès des personnes qui font du bénévolat (Soupe populaire) dans le quartier St-Roch. On m’a alors donné son nom Simard et confirmé qu’elle était toujours vivante. Voilà j’ai les renseignements que je cherchais.Merci à vous et à Pierre Lagacé qui ont continué à me fournir des infos supplémentaires.

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