Un peu d’histoire

Rivière-Ouelle est riche en histoire.

Lisez…

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Dates mémorables

1672 Concession de la seigneurie

1685 premiers registres

1686 première chapelle

1690 tentative de débarquement de Phipps

1781 à 1825 Mgr Panet, curé

1972 Tricentenaire

Tentative de débarquement de Phipps!

 Jean Pelletier quitte Beauport pour aller s’établir définitivement à la Rivière-Ouelle d’après le recensement de 1681. Le nom de Jean Pelletier figure sur la liste des patriotes qui, en 1690, repoussèrent une tentative de débarquement de Phipps à la Rivière-Ouelle. C’est par milliers que l’on compte aujourd’hui les descendants de Guillaume Pelletier et de Michelle Mabille, tant au Canada qu’aux États-Unis. (source)

Guillaume Pelletier?

Michelle Mabille?

Connais pas…

Frontenac et la bouche de ses canons, alors oui…

Frontenac_receiving_the_envoy_of_Sir_William_Phipps_demanding_the_surrender_of_Quebec,_1690

Mais le connaît-on vraiment?

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Un héros fabriqué

L’histoire officielle en a fait un héros national. La vérité, c’est que Frontenac était un gouverneur incompétent, un piètre soldat et un trafiquant sans foi ni loi. Durant ses deux longs mandats à la tête de la colonie, il n’aura poursuivi qu’un seul but : s’en mettre plein les poches. Il est l’exemple parfait du héros fabriqué de toutes pièces.

Le 16 octobre 1690, à 6 h du matin, une flotte anglaise de 32 vaisseaux, partie de Boston sous le commandement de William Phips, se présente devant Québec.

Au milieu de la matinée, une chaloupe portant le drapeau blanc se détache du vaisseau amiral. L’émissaire Thomas Savage met pied à terre devant ce qui est aujourd’hui la Traverse de Lévis. Aussitôt, le major François Provost, qui commande la milice locale, lui bande les yeux et le conduit devant Frontenac.

Savage est porteur d’un ultimatum qui demande la reddition de la colonie dans un délai d’une heure, à défaut de quoi Québec sera prise par la force des armes.

Le gouverneur Frontenac, entouré de ses officiers, répond d’une voix tonitruante : «Je n’ai point de réponse à faire à votre général que par la bouche de mes canons et à coups de fusils…»

Frontenac vient de passer à l’Histoire et d’entrer au Panthéon des héros de la Nouvelle-France.

Ce qu’il faut savoir, c’est que l’expédition de Phips était déjà un échec avant même d’arriver devant Québec.

Pour répondre aux attaques françaises sur la Nouvelle-Angleterre, les Anglais avaient décidé d’envahir la Nouvelle-France. Première étape : prendre Montréal et Québec.

Une armée de 2500 hommes (1000 soldats anglais et 1500 guerriers iroquois), commandée par Fitz-John Winthrop, devait attaquer Montréal par la vallée du Richelieu. De son côté, la flotte de Phips avait planifié de remonter le Saint-Laurent jusqu’à Québec, après avoir pris Port-Royal, en Acadie.

Le premier corps expéditionnaire est décimé par la variole avant d’atteindre Montréal. Winthrop ne reçoit pas ses vivres et ses munitions. Il décide d’abandonner et de se replier avec son armée malade.

Frontenac était à Montréal avec toutes ses troupes. Québec avait été laissée sans défense, même si on savait depuis juin que Phips tenterait de remonter le fleuve. Devant la retraite inespérée de Winthrop, Frontenac a le temps de revenir à Québec pour attendre Phips.

Les choses ne vont pas mieux pour William Phips. Il a été retardé par le mauvais temps et des vents contraires. Ses hommes avaient tenté de se ravitailler à Rivière-Ouelle. Un petit groupe de paroissiens dirigés par le curé Pierre de Francheville, qui avait sorti son fusil de chasse pour la circonstance, les avaient repoussés sans perdre un seul homme. Ce sont eux les vrais héros de 1690.

Quand la flotte anglaise arrive enfin devant Québec, au milieu d’octobre, il est déjà bien tard. Il fait un froid de canard. Une première tentative de débarquement, à Beauport, est un échec. Des miliciens venus de Trois-Rivières et de Montréal repoussent les troupes anglaises et les reconduisent à coups de mousquets jusqu’à leurs bateaux.

Frontenac peut maintenant organiser son spectacle devant l’émissaire de Phips. Le gouverneur a eu une chance de cocu. S’ils étaient arrivés quelques jours plus tôt, les Anglais auraient pris Québec sans coup férir. Frontenac avait laissé la ville la plus importante de la Nouvelle-France sans défense autre que des civils mal armés. La flotte anglaise a été vaincue par la malchance et par un hiver exceptionnellement précoce.

Un soldat de fortune

Le comte Louis de Buade de Frontenac et de Palluau naît à Saint-Germain, le 22 mai 1622. Il est fils unique d’une vieille famille de la noblesse d’épée. Son parrain est nul autre que le roi Louis XIII. Ses origines expliquent les protections dont il jouira, jusqu’à la fin, à la cour de France.

Frontenac fait l’essentiel de sa jeune carrière militaire comme courtisan à la cour de Louis XIV. Il s’y fait remarquer pour son train de vie très au-dessus de ses moyens. En 1648, il réalise le meilleur coup de sa vie. Lui qui est, dit-on, laid comme un pou, il épouse Anne de La Grange, l’une des plus riches et des plus belles femmes de France dont on trouve encore aujourd’hui le portrait au château de Versailles.

Étrange couple. Anne ne viendra jamais au Canada. Pourtant, elle intriguera toute sa vie dans l’entourage du roi en faveur de son mari.

Après une expérience aussi courte que désastreuse dans l’armée qui occupe l’île de Crète, il est nommé gouverneur général de la Nouvelle-France. Il compte y faire fortune rapidement.

Son arrivée à Québec coïncide avec le départ de l’intendant Talon. La colonie est calme et pleine d’espoir. En quelques mois, Frontenac en fera le « royaume de la zizanie» , selon l’expression de Jacques Lacoursière.

Le ministre Colbert néglige de lui donner un mandat clair et retarde à nommer un nouvel intendant. Alors, le nouveau gouverneur s’arroge tous les pouvoirs. Il est en conflit avec l’évêque François de Laval, avec le Conseil souverain, avec le gouverneur de Montréal et avec les principales familles de la colonie.

Il est tellement occupé à installer des postes de traite à l’ouest, ce qui ruine le commerce des Montréalais, qu’il en oublie la menace iroquoise. La situation devient à ce point critique que Colbert doit le remplacer par un vrai soldat de métier, Le Febvre de La Barre.

Frontenac a laissé la colonie virtuellement sans défense. Il n’existe pas de places fortifiées où les familles de colons pourraient se mettre en sécurité. La milice, sans armes et sans instruction militaire, est à tout prendre inexistante. Le massacre de Lachine n’est plus très loin.

Le retour du "sauveur"

En France, Frontenac, aidé de ses parents et amis, se cherche un nouveau job. Il papillonne autour de Louis XIV et de ses ministres. Durant son premier séjour au Canada, il a écrit à sa femme de longues lettres qui racontent ses exploits militaires en fardant la vérité. La bonne Anne se charge de les lire à la cour émerveillée.

À Québec, le gouverneur Denonville a remplacé La Barre. Il envoit un rapport alarmant sur l’état de la colonie. Pour mater les Iroquois, il recommande d’attaquer la ville de New York, base d’approvisionnement des Cinq-Nations. L’Anglerre déclare de nouveau la guerre à la France. Louis XIV accepte l’idée de Denonville.

Il faut un chef pour commander l’expédition contre New York. Les meilleurs officiers supérieurs sont déjà en campagne contre la coalition des puissances européennes. Il reste, sur la tablette, le comte de Frontenac. Et, tant qu’à faire, on le nomme aussi gouverneur de la Nouvelle-France.

Certains historiens ont prétendu que Frontenac avait été nommé de nouveau pour venger le massacre de Lachine. C’est faux. Le gouverneur avait sa nomination dans la poche quatre mois avant la grande attaque iroquoise.

La bataille de New York ne se fera jamais. Frontenac se contente d’envoyer des miliciens canadiens brûler des villages dans la région d’Albany et assassiner leurs habitants. C’est pour répondre à ces attaques que Phips fera le siège de Québec.

Frontenac mène un train princier au château Saint-Louis, à Québec. Pendant ce temps, Callières, le gouverneur de Montréal, et Vaudreuil, le commandant des troupes régulières, organisent, à partir de Montréal, une guerre d’embuscades fort efficace contre les Iroquois.

Le gouverneur ne se déplace qu’en grand équipage pour aller signer les traités de paix. Il s’est fait construire un immense canot armorié dans lequel il peut faire le voyage à Montréal bien confortable dans une sorte de trône royal. Et quand il faut absolument aller recueillir les lauriers de la victoire, il se déplace, en forêt, dans une chaise à porteurs tirée par des Indiens.

Le marché du castor

On s’aperçoit bientôt en France que les fonds envoyés à Frontenac pour la guerre contre les Iroquois et les Anglais servent, en réalité, à organiser des expéditions de traite au profit du gouverneur et de ses associés. Il détourne ainsi des centaines de milliers de livres. Une fortune.

Le pillage de la Nouvelle-France marche si fort, à la fin du XVIIe siècle, que le marché des fourrures s’effondre en Europe. Louis XIV et son ministre demandent à Frontenac de réduire la production. Le gouverneur n’en fait qu’à sa tête. Les cargaisons de peaux de castor du «pays d’en haut» continuent d’engorger les ports français.

Le roi perd patience. Au moment où il s’apprête à le congédier définitivement, Frontenac meurt d’une crise d’asthme. Nous sommes le 28 novembre 1698. Cela fait plus de 20 ans que la même bande pille le pays.

La statue de bronze de Frontenac est installée dans la façade de l’Hôtel du Parlement, à Québec. Il faut la regarder attentivement. C’est celle de l’un des plus grands brigands de l’histoire de la Nouvelle-France.

Sources : Le dictionnaire biographique du Canada ; Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière ; Le Boréal Express

Source : Louis-Guy Lemieux
Le Soleil

En passant, on dit Phipps ou Phips…

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