Freda Melanson

Ron m’a appelé mercredi soir et m’a parlé de sa grand-mère Alfreida Melançon ou Freda Melanson.

Il la recherche dans les souvenirs de son enfance.

Il se rappelle avoir vu sa grand-mère Freda avec juste un seul bras. Il n’en sait pas plus, car Ron a été séparé très tôt de sa mère lorsqu’il était jeune.

Dans ses recherches généalogiques il avait retrouvée Freda dans le recensement canadien de 1911 à Yarmouth en Nouvelle-Écosse. Elle était avec sa mère Clara Doucet, son frère William et sa soeur Gladys.

Le père ne semble pas vivre dans le foyer.

Ron essaie d’en savoir plus à partir de quelques vagues souvenirs et de son ami le petit Pierre.

Freda serait devenue orpheline en 1917. Ron pense que la mère de Freda aurait été tuée lors de l’explosion du Mont Blanc en 1917, mais il n’a rien trouvé dans la liste des personnes tuées par l’explosion. Quelques-unes des victimes n’ont jamais été identifiées, d’où le mystère entourant Clara Doucet et ses enfants.

Freda aurait-elle perdu son bras le 6 décembre 1917?

Orpheline, Freda se serait retrouvée logée à l’Hôpital des Soeurs Grises lors de cette…

Épouvantable Tragédie

L’établissement des Sœurs Grises, angle Saint-Mathieu et Dorchester, est partiellement détruit par les flammes

Un incendie a en partie détruit l’une des ailes de l’institution des Sœurs Grises, à Montréal, hier soir (14 février 1918). Ce sinistre comptera parmi les plus tragiques qui aient eu lieu dans la métropole depuis un grand nombre d’années. Si l’on n,a pas é déplorer la mort d’aucun adulte, en revanche l’on a à regretter la mort de nombreux enfants, de nombreux bébés dont le plus âgé n’avait pas plus d’un an. Les recherches d’aujourd’hui ont porté à près de 50 (en fait, le nombre des victimes devait atteindre 53), mais l’on a tout lieu de croire que les recherches qui se continuent feront découvrir d’autres petits cadavres. À combien d’actes de dévouement, ce malheur n-t-il pas donné lieu! On ne peut que faire des conjectures sur les causes du désastre. Les uns croient qu’il est dû à des fils électriques défectueux servant aux appareils de rayons X, dans la section réservée aux militaires.

C’est un peu après 7 heures 30, que l’incendie a été découvert au troisième étage, occupé par la Crèche, au-dessus de la section de l’établissement réservée à la Commission des hôpitaux militaires pour les soldats convalescentes. Une alarme fut aussitôt sonnée, mais quand le chef de district Morin arriva sur les lieux, il jugea la situation extrêmement grave et fit sonner un deuxième appel.

Scène indescriptible

Avant même l’arrivée des pompiers, ceux des soldats convalescents qui le pouvaient s’étaient porté avec le plus grand empressement au secours des vieillards, des hospitalisés et des enfants occupant les étages au-dessus ou voisins de leurs quartiers. C’est avec un courage inouï et un dévouement sans borne que les Sœurs, aidées par les soldats, se précipitèrent dans les salles envahies par le feu et la fumée. On ne saurait compter les actes de sublime héroïsme qui se produisirent alors. Dans les salles de la crèche se trouvaient cent soixante-dix bébés dont les plus vieux n’avaient que quatre ans. Dans la partie réservée aux vieillards, il y avait quatre-vingt-dix-huit hommes et cent douze femmes, quelques-uns d’entre eux presque centenaires.
Pas de panique

Ce qu’il y eut de particulièrement remarquable et qui mérite tout spécialement d’être signalé, c’est que, bien qu’il se produisit une excitation, surtout parmi les vieillards, il n’y eut pas un moment de panique. Sous la direction de Sœur Laframboise, Sœurs, soldats et pompiers travaillèrent avec calme et avec ordre au sauvetage. C’est certainement grâce à cela que tant d’enfants purent être sauvés et que les vieillards purent être transportés si rapidement en dehors de leurs salles. On criant, cependant, que plusieurs des vieillards et des infirmes ne succombent au choc nerveux qu’ils ont éprouvé.

Dur travail des pompiers

Pendant ce temps, les pompiers s’étaient mis à l’œuvre. Il fallait empêcher le feu de se propager à toutes les sections des édifices. Le travail de la brigade fut particulièrement remarquable, car elle parvint non seulement à empêcher les flammes de se propager aux sections plus à l’est et au nord, mais aussi aux étages au-dessus de la partie où le feu avait pris naissance. Vers 10 heures 50, l’on put se rendre compte que le feu était absolument sous contrôle.

Quand les pompiers purent pénétrer dans une des salles de la Crèche, ils y trouvèrent les corps de trente-huit bébés, carbonisés par les flammes. Il était certain que d’autres petites victimes devaient se trouver aussi dans d’autres salles, mais il était impossible d’y continuer les recherches.

Sauveteurs asphyxiés

Durant la conflagration, les médecins durent donner leurs soins à plusieurs des sauveteurs qui faillirent être victimes de leurs dévouement. Des pompiers durent retirer des salles embrasées une des religieuses qui a plusieurs reprises était venue chercher des enfants pour les transporter dans un endroit de sûreté, Sœur Côté, et qui était tombée asphyxiée, mais que des soins énergiques firent revenir à elle.

Le sous-chef Presseau fut aussi victime de l’asphyxie et ne fut sauvé que par ses hommes. Sœur Bourget et Sœur Miranda se signalèrent aussi en arrachant aux flammes des bébés en danger. Sœur Bourget, à elle seule, parvint à sauver onze enfants.

La cause du sinistre

Le chef Tremblay, de même que plusieurs sœurs, ont déclaré, la nuit dernière, que le feu semble avoir été allumé par un fil électrique passant entre le plafond de la section réservée aux soldats et le plancher des salles de la Crèche, et servant aux appareils de rayons X dans la section des soldats convalescents. Quoiqu’il en soit, c’est à cet endroit même que les flammes ont été découvertes.

Très grandes pertes

L’aile de l’ouest qui a été la proie de l’incendie, hier, avait été élevée en 1897, et le coût de sa construction avait été d’environ $117 000. De l’étage supérieur il ne reste plus guère que des débris calcinés et le toit s’est effondré sur la plus grande étendue.

Il ne reste plus d’utilisable que la structure des trois étages inférieurs. Il serait encore difficile d’évaluer le montant des dommages d’une manière précise pour le moment. Mais on ne saurait douter qu’il doit être très élevé. On disait que les pertes devaient dépasser le montant de $100 000.

L’institution des Sœurs Grises, plus connue sous le nom d’Hôpital des Sœurs Grises, fut d’abord élevée en 1755 dans le bas de la ville sur un emplacement aujourd’hui occupé par des entrepôts. C’est en 1871 que les Sœurs se transportèrent dans le local qu’elle occupent actuellement, rue Guy.

(Texte paru dans La Presse, le 15 février 1918).

 

1918 incendie orphelinat

On se revoit la prochaine fois. Je me demande si mon arrière-grand-père Édouard Métayer avait été sur les lieux de cet incendie.

Édouard Métayer

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