En attendant que je sorte de ma torpeur…

Introduction

D’après le recensement des États-Unis de 1970, deux millions et demi d’Américains ont le français comme langue maternelle, c’est-à-dire que le français était parlé à la maison, chez ces personnes, lorsqu’elles étaient enfants. Ce sont en majorité des Québécois émigrés ou des descendants de ces Canadiens français qui, au XIXe siècle et au début du XXe, offrirent leurs bras à l’industrie américaine en pleine expansion. Installés surtout en Nouvelle-Angleterre, où environ un million d’entre eux résident, ils sont en butte à l’anglicisation1, bien que leur degré de rétention du français ait de quoi étonner si on songe que l’émigration a presque cessé depuis 1930.

Nous allons retracer ici l’itinéraire de ces Québécois2 et de leurs pareils qui ont étendu outre-frontière le domaine de la francophonie. Si le temps a fait quelque peu se relâcher, entre le Québec et cette population qui lui est si proche, les liens familiaux et culturels maintenus par-dessus la frontière, un passé très récent garde la trace de leur vigueur.

Ce retour aux sources, nous l’avions déjà fait, au cours des 10 dernières années, dans trois documents3 dont ce texte est en grande partie extrait. Les aspects statistiques et la description des sources, presque complètement escamotés ici, y occupent une large place. Les lecteurs particulièrement intéressés à ces aspects pourraient s’y référer avec profit.

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