En généalogie, il ne faut jamais rien prendre pour acquis: prise trois

Un vrai film que cette histoire d’ancêtres de mon petit-fils.

J’avais fini en queue de poisson… la dernière fois.

J’ai fini!

Si vous n’en avez pas encore assez, pour en apprendre plus sur la famille Sabourin, visitez ce site.

Désolé on ne parle pas de Benjamin.

J’ai dû rajouter ça à la fin de mon article finalement.

Oups… Finalement on en parle.

Je ne vous niaiserai pas tout le mois d’avril avec ça. 

Il a eu un autre enfant avec la belle Gélique.

Alexandre.

Le 23 mai 1842.

Baptisé le 26 mai 1842.

Le parrain était Amable Lavictoire.

En la Basilique Notre-Dame d’Ottawa.

Je sais que vous me croyez sur parole.

Just in case…

En anglais ma chère…

J’avais écrit à Michel Sabourin, le webmestre du site sur la famille Sabourin, pour lui parler des deux jumeaux Pierre et Angélique et aussi de Christine.

On voyait sur son site la fiche de Christine Sabourin née en septembre 1854.

Les jumeaux eux sont nés en août 1854.

On voit cette erreur à propos de Christine partout sur Internet.

Je voulais l’informer vu que son site est vraiment un petit bijou et que nul n’est finalement à l’abri des erreurs.

J’ai reçu ce courriel qui a rallumé ma ferveur généalogique pour la famille Sabourin de ma femme… et pas à peu près. Il n’est pas de Michel Sabourin, mais d’une collaboratrice aussi un peu détective à ses heures.

Bonjour M. Lagacé

Je travaille en collaboration avec Michel Sabourin sur le site des Sabourin d’Amérique.  Il reste encore énormément de fiches à vérifier.  J’ai complété la vérification jusqu’à la 4ème génération.  Le restant reste à faire.  Ces données nous parviennent de la banque de données d’origine… alors elles sont de sources disparates pas toujours fiables, tels que Internet.

Je tiens à vous féliciter.  Votre blogue est fort intéressant – un vrai roman policier.   Vous êtes un chercheur qui fait preuve de rigueur et ce qui est plaisant, c’est votre sens d’humour.

Oui, Benjamin – voilà une autre énigme!  J’ai l’impression qu’il était peut-être voyageur.  J’ai vérifié mon relevé des quelques 85 contrats de voyageurs octroyés à des Sabourin… pas de Benjamin qui pourrait être celui-ci.  Il y a aussi des Hubert… mais je devrai étudier ça de plus près.

Actes notariés – Il y a des Benjamin mais je ne crois pas qu’il s’agit de celui-ci – 1871 – 20 juillet – Donation par Benjamin Sabourin à Joseph Sabourin ; 8 jan 1881, Vente par Benjamin Sabourin à Louis Demers –etc  Notaire Raby , Petite Nation

En ce qui a trait à Mathilde  Vous dites ce qui suit (voir ci-dessous).  Toutefois je vois que l’acte de baptême est celui de Domitilde, fille illégitime de Félicité St. Jean et non celui de Mathilde.  Est-ce que le prêtre inscrit par inadvertance Domitilde au lieu de Mathilde ?  Ou Félicité St-Jean aura-elle donné naissance à deux filles,

1) Domitilde née hors mariage ; et

2) Mathilde née plus tard de son union avec Fréderic Séguin ?

La petite Domitilde est née le 8 janvier 1849, c’est-à-dire un mois et une semaine avant le mariage de Félicité St. Jean et Fréderic Séguin qui fut célébré le 16 février 1849 à Pointe Gatineau (St-François-de-Sales).  Domitilde a-t-elle été légitimée au cours de la messe de mariage, « la cérémonie sous le voile »  Étant un très jeune bébé, l’enfant recouvert d’un voile, aurait été tenu dans les bras de ses parents. (Hypothèse – le père de l’enfant pourrait être Fréderic Séguin). Domitilde serait-elle décédée en bas âge ?

Mathilde aurait pu naître après Domitilde – peut-être en 1850 ou 1851.

Un autre mystère!

Comme on est en plein roman policier sur mon blogue depuis deux semaines, toutes les hypothèses sont envisageables dont celle de la petite Mathilde ou Domitilde.

Je penche bien sûr en faveur de mon hypothèse, mais j’ai l’esprit et l’oeil ouvert, même les deux.

Quant à Benjamin, je pense finalement que le mystère ne sera jamais résolu. Je présume qu’il pourrait être cet Antoine né en 1813 et baptisé à Oka, fils d’Élisabeth Émon (Hammond) et de Jean-Baptiste Sabourin, habitants de Vaudreuil.

 

Ce que les parents faisaient à Oka…?

Je me le demande. 

J’ai donc rempli temporairement une « fiche » temporaire sans jeu de mots.

 On verra bien s’il y aura une suite à cette histoire sans fin…

Demain l’histoire des trois petits cochons de St-Cyprien de Napierville.

Je me sens beaucoup moins seul depuis juillet 2007

À force de faire revivre mes ancêtres, et ceux des autres, je me sens moins seul depuis juillet 2007.

Pas que je m’ennuyais plus que ça, sauf que la recherche de mes ancêtres a permis de recentrer ma vie. Je me sens moins seul avec mes ancêtres retrouvés, mais je ne suis pas le seul.

D’autres aussi doivent se sentir moins seuls comme ces gens aux États-Unis que j’ai aidé à découvrir leurs racines canadiennes-françaises depuis 2010.

Je l’écris d’ailleurs sur mon blogue Our Ancestors qui est la version anglaise de mon blogue.

De belles histoires à n’en plus finir.

Comme l’histoire de Sandy qui cherchait Dennis Lagasse depuis 25 ans, de Joe dont l’arrière-grand-mère était la soeur d’Henriette Alexandre, de Robin dont le mari est relié à moi et non à elle, de Melissa la petite chocolatière, d’Alyce qui ignorait pourquoi son grand-père ne s’était pas occupé d’elle quand elle est devenue orpheline, de Carl qui a découvert d’autres racines, de Dennis Lagasse IV, de Marianne et de sa soeur Beverly…

Nikki est la petite dernière, elle qui ignorait presque tout des ancêtres paternels de son grand-père Henry Charles Lagasse.

Elle avait répondu à mon petit message que j’avais laissé sur Ancestry en mai 2010 quand j’ai transféré mon gedcom de My Heritage à Ancestry… Excellent move, comme écrire mon blogue sur WordPress et non Branchez-vous. com.

If you live in Massachusetts and you are looking for your roots… I know a lot about André Mignier the ancestor of all the Lagasses, Lagacés, LaGasses namely Adolph Lagasse and Idola LaGasse who lived in Massachusetts.
And the best part of it…

It’s free.

J’ignorais qui étaient les descendants de cet Henri Lagacé, mais je savais qu’Henri était le fils de Pierre Lagacé et Marcelline David.

Henri était le frère d’Adolphe et d’Idala dont j’avais abondamment parlé sur mon blogue en anglais.

Leur père, Pierre Lagacé, né en 1825, était le frère de mon arrière-arrière-grand-père Stanislas Lagacé né en 1816. 

Certificat de décès de Stanislas Lagacé (1816-1900)

Nikki et moi avons découvert ensemble les liens qui nous unissent. Elle est maintenant une 4e cousine à une génération.

Je savais déjà tout sur ses ancêtres paternels. Elle avait l’information qui me manquait pour faire le lien avec la famille de son grand-père.

Voici le petit Henri Lagacé, né le 20 novembre 1854, un petit Scorpion comme mon petit-fils Théo.

Le parrain d’Henri est Stanislas Lagasée (sic) né en 1816. Il sait signer!

Je n’ai pas encore la photo d’Henri ni de mon arrière-arrière-grand-père Stanislas Lagasée, mais ça ne saurait tarder, du moins j’espère.

C’est toujours comme ça d’ailleurs depuis 2009.

Les gens me trouvent sur Internet, puis m’envoient des photos souvent de gens qu’ils ne connaissent pas ou qu’ils connaissent comme cette photo.

Harvey William Lagasse  Sr.

C’est Big Harvey.

Beverly me l’a envoyée dimanche dernier.

Quand les gens m’envoient des photos, je leur envoie des photos de gens qu’ils ne connaissent pas ou très peu.

Big Harvey, c’est ce petit garçon avec son grandpa Lagassy et sa grande soeur Mary.

Le grand-père sur la photo c’est mon arrière-grand-père Stanislas Lagacé que j’appelle Stanislas 1842 pour ne pas le mêler avec son père Stanislas 1816. Mary, c’est Marie Rose Elmire.

Vous comprenez maintenant que je ne m’ennuie plus trop trop depuis 2007 et que je n’écoute pratiquement plus la télé, sauf Météomédia bien sûr…

Les vertus du curé Poirier

Un petit temps d’arrêt dans le dossier de la famille Sabourin.

Le 20 mars est une journée mémorable dans l’histoire des Ancêtres de Sainte-Anne-des-Plaines.

En effet, le 20 mars 1981, je déménageais ici.

Le clan Panneton m’avait déménagé!

La référence…

Ouin… Mettons…

Toute une histoire que ce déménagement, mais là je commencerais à déraper avec toutes les histoires de déménagement dans ma vie…

Oublions ça!

Dans un autre ordre d’idées, je m’en voudrais durant tout le reste de ma vie de ne pas reparler du curé Poirier.

En fait, je n’ai pas été très très tendre avec l’endos de ma cuillère vis-à-vis monsieur le curé.

Ouin… Mettons…

Je sais bien qu’il avait été un produit de son temps et qu’il suivait le courant, mais son sermon avait comme fouetté mon ardeur de patriote.

Sylvain m’a écrit ce petit courriel à son sujet…

Bonsoir Pierre, 
Ci-joint un passage de « L’Argent du Curé de Campagne », livre assez récent que j’ai emprunté en même temps que « Le Curé de Campagne et la contestation (…) » suite à ton article. 
Il n’avait pas que de la haine pour les patriotes, on dirait qu’il avait des vertus !
Sylvain a numérisé ces trois pages… de ce livre.

L’auteur de ce livre n’est pas très très tendre envers la paroisse de Sainte-Anne… (voir le haut de la page 40)

Paroisse de médiocre rapport…

Rapport!

Si j’étais lui, j’éviterais de traverser la rue à l’intersection du boulevard Ste-Anne et de la 6e Avenue s’il vient faire un petit nowhere dans le coin.

Jean-Baptiste Sabourin, aubergiste

Le père de Benjamin Sabourin a été aubergiste à Vaudreuil. Si c’est vraiment son père bien sûr.

Je l’ai découvert dans mes recherches sur ses enfants avec l’aide de mon acolyte de la Rive-Sud, une sorte de Docteur Watson féminin.

Benjamin Sabourin?
Élémentaire mon cher Watson…

Voici son courriel…

Revenons sur terre.

Il ne reste pas beaucoup de place pour en avoir un autre.

09-1798 Paul-Eusèbe Sabourin
1799
04-1800 Jean-Baptiste Sabourin
08-1801 Hyacinthe Sabourin
1802
03-1803 Jacques-Hubert Sabourin
1804
02-1805 André Sabourin
1806
04-1807 Adélaïde Sabourin
1808
03-1809 Angélique Sabourin
1810 

Et qu’en est-il de notre Jean-Baptiste Sabourin, aubergiste?

J’en ai parlé ma femme puisque ce serait son ancêtre.

Réaction mitigée.

Moi j’aurais été excité si ça avait été mon ancêtre.

Pour en revenir à Benjamin, St-Antoine n’est pas encore sur l’enquête.

Du moins pour l’instant. Benjamin serait-il ce Paul-Eusèbe né le 17 septembre 1798 et baptisé à la mission du lac des Deux-Montagnes.

Je vais demander de l’aide de la GRC le cas échéant…


Ma chère Watson a aussi trouvé la naissance de deux jumeaux en 1854: Pierre et Angélique, enfants de Benjamin Sabourin et Angélique Mallette.

Pierre survivra trois jours et sa soeur jumelle quatre mois.


Benjamin est donc toujours vivant en 1854 et il n’a toujours pas changé de prénom.

Il serait donc bel et bien un Benjamin, point à la ligne…

Sans jeu de mots… Benjamin n’est ni un Antoine ni un André…

Que dit notre chère Watson?

Notre Angélique a été 4 ans sans enfants.
Pas d’enfants après 1854.
Elle était encore jeune.
Ne se remarie pas.
Benjamin était journalier.
Il n’avait pas de terre.
Angélique seule sans mari et sans enfants en 1861.
Les enfants placés chez des Sabourin.
À part Hyacinthe Malette aucun d’eux comme parrain et marraine.

Tout cet exercice est loin d’être un poisson d’avril qu’on vous sert.

Il démontre l’importance de la validité de ses sources et de l’utilisation exhaustive des registres paroissiaux pour tout généalogiste amateur qui se respecte.

Mon beau-grand-père maternel, notre Émile Sabourin, « l’orphelin », aurait inventé des choses à sa fille qui les a racontées à ma femme.

Si je vous suis bien…

Émile n’aurait été orphelin de sa mère à 5 ans et de son père à 7 ans?

Qui croire finalement quand on fait des recherches sur ses ancêtres ou sur ceux de sa femme?

Il faut se fier sur la prépondérance des preuves recueillies. 

Pour revenir à notre Benjamin, qui est plus un Arsène Lupin qu’autre chose, on présume toujours, jusqu’à preuve du contraire, qu’il est le fils d’Angélique Besner et de Jean-Baptiste Sabourin, aubergiste à Vaudreuil.

La preuve… On la retrouve ici.

L’acte de sépulture de son fils François-Dominique, le demi-frère de Benjamin…

aubergiste en cette paroisse

Pour conclure, il serait maintenant presque certain que ma femme et moi ne serions pas à 14 degrés de consanguinité!

- Notre honneur est sauvé Honoré!

- Je te l’avais dit Julie d’attendre à la fin.

Ad impossibilia nemo tenetur

Une véritable obsession.

On l’a finalement trouvé…!

Pas l’acte de mariage de Benjamin Sabourin et d’Angélique Mallette, mais la traduction de À l’impossible nul n’est tenu.

Ad impossibilia nemo tenetur

Quant à la recherche frénétique pour retrouver la trace de Benjamin Sabourin elle se poursuit sur la Rive-Sud.


Pas facile de s’y retrouver, mais la recherche se continue, mais dans le plus grand secret maintenant.

Je vous reviendrai avec la conclusion, si jamais conclusion il y a.

Actuellement, nous nageons en pleine mer de présomptions. De là à croire qu’on vous monte un poisson d’avril, il n’y a qu’une nageoire.

N’ayez crainte, je ne vous ferais jamais ce coup-là et je ne vous niaiserais pas jusqu’au premier.

Voici nos dernières hypothèses…

Le mystérieux Benjamin serait finalement le fils de Jean-Baptiste Sabourin et d’Angélique Besner. Hubert Sabourin, le mari de Félicité Sauvé, serait son frère.

Benjamin aurait marié sur le tard la belle Gélique (Angélique Mallette) vers 1840. Cela expliquerait son décès avant 1861 puisqu’on retrouve leur fille Christine au recensement de 1861 dans la famille de son mononcle Jean-Baptiste Sabourin.

Les enfants du couple Benjamin et Gélique commencent à naître avec la petite Olympe en 1843.

Rien avant.

Le parrain d’Olympe est Hubert Sabourin et sa marraine Félicité Sauvé. Hubert et Benjamin étaient donc très proches. Olympe est celle qui serait probablement morte à 22 ans en 1866 à St-Casimir de Ripon.

Suit Antoine Sabourin (le père de l’orphelin Émile) né en 1844, mais baptisé en 1845.

Puis François Sabourin en 1847

et finalement Christine en 1850.

Pas d’autres enfants après, du moins pas encore. (Écrit en fin de semaine…)

C’est peut-être un sérieux indice.

Benjamin serait-il mort dans les années 1850 puisqu’on ne trouve plus d’autres enfants?

Gélique n’aurait sûrement pas arrêté la famille. Ça ne se faisait pas dans ce temps-là.

On continue à fouiller partout dans les registres paroissiaux sur les sites des mormons, surtout ma lectrice de la Rive-Sud.

C’est elle qui a trouvé le mariage de Jean-Baptiste Sabourin et de Marguerite Brabant en 1823.

Intéressant à lire, car c’est avec eux que demeure Christine Sabourin en 1861.


Ça ne peut être que chez son mononcle Jean-Baptiste Sabourin fils.

Si on regarde les gens qui ont assisté au mariage, on retrouve des gens connus…, du moins par nous.

Jean-Baptiste Sabourin, père de l’époux, de Paul Sabourin, d’Hubert Sabourin, d’André Sabourin, ses frères…

Pas de Benjamin! Il devrait être là bon sens!

Je pensais qu’André aurait été Benjamin…

Mais non. Fausse piste.

Là je commence à penser que Benjamin est en train de nous niaiser pas à peu près et qu’il nous prépare un petit poisson d’Avril…

Sauf que ma lectrice et moi, on en a vu d’autres et on attend encore avant de lancer la serviette à saint Antoine de Padoue.

Ad impossibilia nemo tenetur

Bonne Saint-Patrick

Je sais que c’était hier, mais hier j’étais à Napierville en 1838 avec mon petit-fils. En fait j’étais à la cabane à sucre de mon cousin Alain.

Juste ce petit article ce matin pour dire toute la fierté d’avoir marié une descendante de Tec Cornelius Aubrenan, le premier Irlandais à mettre les deux pieds en Amérique. 

Difficile à croire. J’en ai déjà parlé, mais comme personne ne vient lire mon blogue en fin de semaine, j’ai remis la traduction que j’avais faite en 2010 pour Louis Aubry.

Tec est donc toujours parmi nous… du moins sa mémoire.


Tec Cornelius Aubrenan

Le premier immigrant irlandais du Canada

Présentation faite à la conférence de 2002

de la British Isle Family History Society Of Greater Ottawa
(BIFHSOGO)

par Louis Aubry, un descendant

Pendant que je fais ma présentation, j’aimerais que vous vous imaginiez que mon neveu Jack Aubry, reporter national au Ottawa Citizen, est près de moi et qu’il vous racontera plus tard ses recherches lors de son voyage en Irlande.

Ma recherche pour retrouver le lieu de naissance de mon ancêtre Pierre Aubry, connu autrefois sous le nom de Tec Cornelius Aubrenan, commença dans ma jeunesse. Mon père Auguste Eugène Aubry, un grossiste en tabac en gros bien connu, ayant son commerce sur Sussex Drive à Ottawa, racontait à ses sept enfants qu’ils étaient tous des descendants d’un Irlandais, Tadgh Cornelius Ô’Braonâin ou Tec Cornelius Aubrenan, tel qu’écrit lorsque celui-ci foula pour la première fois le sol de la Nouvelle-France ou du Canada. Je soupçonne qu’il trouva cette information en feuilletant le Dictionnaire des familles canadiennes écrit par l’abbé Cyprien Tanguay qui vécut au 84, rue Guigues à Ottawa.

Son nom apparaît dans le recensement de 1663 comme Thècle Cornelius Aubrenan, le seul individu d’une population totale de 596 qui n’était pas d’origine française. Il déclare qu’il ne peut écrire ni son nom ni son pays d’origine. Dans le recensement de 1667, il apparaît sous le nom de Tècle Cornelius, et dans le recensement de 1681 comme étant Jacques Tecaubry.

Le regretté Claude Aubry qui était le bibliothécaire en chef de la bibliothèque municipale d’Ottawa, avait aussi mentionné que Tec Cornelius Aubrenan était l’ancêtre de la majorité des Aubry du Canada et des États-Unis. C’était dans son jardin sur la rue Claver, derrière l’hôpital Ottawa Civic Hospital, que j’ai passé un bel après-midi agréable avec lui alors que nous nous échangions des notes sur nos ancêtres. C’est lors de cette rencontre qu’il me donna quelques livres qu’il me dédicaça en tant que cousin éloigné à trois générations.

Mon projet de recherche a réellement commencé quand j’étais étudiant en maîtrise. J’ai consulté le Dictionnaire des familles canadiennes de Tanguay à la bibliothèque Morrissette de l’Université d’Ottawa. Tec Cornelius Aubrenan y était inscrit comme étant né en 1632, marié en 1670 à Jeanne Chartier de Paris en France, et qu’il avait été inhumé en 1687, à l’âge de 55 ans, à Pointe-aux-Trembles. Tec et Chartier eurent sept enfants. Un de ceux-là était notre cinquième arrière-grand-père, le capitaine François Aubry, né en 1677 à Montréal. Il maria en 1707 à Montréal, Marie-Jeanne Bouteillier-Têtu, une jeune fille de douze ans. Ils eurent dix-sept enfants. On retrouvait également les noms des trois fils de François Aubry – André, Jean-Baptiste et François – qui eurent chacun une grande progéniture. François, le fils de François était notre quatrième arrière-grand-père. Il maria Cécile Grou qui lui donna dix-neuf enfants. Pierre, un de leurs fils, eut quinze enfants. Plus tard, je vous parlerai de la famille de Tec Cornelius au Canada.

Pour en savoir plus sur le nom O’Brennan ou Ô’Braonâin, j’ai consulté le livre Irish Families – Their Names, Arms and Origins écrit par l’ancien héraut en chef de l’Irlande, Edward MacLysacht. Sous l’entrée O’Brennan, MacBrennan, l’auteur écrit ceci : « Le clan principal des O’Brennan était celui d’Ossory; ils étaient les chefs d’Ui Duach (modification du nom Idough) dans la partie nord du comté de Kilkenny. Leur influence s’estompa naturellement avec la montée de la puissance anglaise dans la province de Leinster et, bien que plusieurs O’Brennans conservèrent des parties de leurs anciens domaines, le XVIIe siècle vit beaucoup de ceux-ci réduits à devenir des raparee, des pilleurs – en fait, plusieurs bandes notoires de Tories dans la province de Leinster avaient des Brennan à leur tête. Au siècle suivant, un des plus intrépides et chevaleresques de tous les voleurs de grand chemin, James Freney, comme il l’affirmait, suivait les traces des derniers Tories Brennan… ». L’auteur termine sur cette note : « On retrouve un récit intéressant des O’Brennan d’Ossory dans le Journal of the Royal Society of Antiquarians. » Le premier numéro du journal daté de 1880 n’était pas disponible, mais je l’ai obtenu directement en faisant une demande à la Société. L’article dont le titre était The Ancient Tribes and Territories of Ossory était un texte qui a été lu lors d’une réunion de la Société par son auteur le Révérend James Graves qui citait Keating : « Parmi l’ancienne tribu – dans les districts d’Ossory, le nom qui n’était pas le moins remarquable était H-Ui-Duach (Idough); le comté de O’Braonain » – un sept, qui, pour citer Keating (Dublin, ed. 1723, Book 1, p. 112), « se furent distingués par leurs exploits militaires et furent quelques-uns des plus célèbres champions de l’époque où ils vécurent ». Je ne vais que citer ce passage de la présentation du Dr Graves: « Les hommes de guerre normands avaient à peine pu pénétrer les vastes étendues montagneuses et marécageuses de Fasachdinin.

Mais quand le comte de Pembroke à cause de son alliance avec la famille de son épouse Eva et à cause de sa noblesse a acquis les terres de Leinster; ou, encore quand il a pris l’affiche du temps de son gendre William Earl Marshall, les O’Broenains furent chassés des parties plus basses et fertiles d’Ui-Duach. Le manoir d’Odogh (dont le chef-lieu était situé à Three Castles dans la paroisse actuelle dOdogh) fut établi dans la “ vaste plaine de la (rivière) Nore. ”

Mais les O’Broenains ne furent pas extirpés ni même soumis; ils retraitèrent devant les locataires féodaux du comte de Marshall dans les collines autour de Castlecomer;  ou “ dans le désert de la rivière Dinin,  ” entouré de marécages et de forêts, ils conservèrent une indépendance orageuse jusqu’à la fin du règne de Charles Premier, quand en 1635, un jury déclara que les O’Broenains détenaient leurs terres “ manu forte. ” (Calendar, Inquis. Lagenia. Com. Kilken. No. 64, Car. I.) »

Je voudrais prendre un court moment pour vous parler d’un des sites Internet des plus complets sur la famille Brennan. Je vais m’y référer de temps à autre. C’est le site The Brennans of Idough, A Family History  de Jim Brennan.

Pour souligner l’importance du rôle joué par les Brennan en Ossory, le site de Jim Brennan consacre une page avec cet en-tête : Facts about the Brennan family. Voici quelques-uns de ces faits: « Les ancêtres de la famille Brennan arrivèrent en Irlande au Ve siècle av. J.-C. et s’installèrent dans la partie nord de Kilkenny peu de temps après la naissance du Christ. » Un autre fait serait que « Les Brennan seraient tous des descendants de Cearbhall (prononcé Carroll), le roi le plus connu d’Ossory. Par toutes sortes de machinations politiques, Cearbhall devint le roi des Vikings en Irlande en 873 de notre ère. » Un troisième fait est que : « Le nom Braonan signifierait habituellement le mot triste, bien que certains se demandent si un roi des Vikings n’a pas nommé son fils d’après Braon, le dieu celtique de la guerre. Une autre signification du mot est corbeau, “ un qui aime la bagarre”. Le dernier fait est qu’en 1637, les Anglais vendirent les terres des Brennan à Christophe Wandesforde. Les Brennan réagirent en brûlant les maisons, nivelant des fossés et détruisant les récoltes. » Ceci se passa en 1637 et notre ancêtre naquit dans les années 1630. Son père Connor O’Braonain a pu facilement y être impliqué

Jim Brennan publie également quelques citations intéressantes au sujet des Brennan: « Les septs O’Brennan sont et ont toujours été de simples Irlandais qui entrèrent illégalement dans le territoire de Idough, appelé anciennement “O’Brennans’ country”, occupant plusieurs des terres par la force contre toute revendication. » – tel que cité par un jury anglais en 1635, puis, « Les O’Brennan, un sept de voleurs sans droit ni titre,… furent une cause de dérangement perpétuel pour la paix dans le comté, » – cité par des fonctionnaires anglais s’opposant en 1644 au retour des terres au Brennan ,et enfin, « Les Tories notoires, les Brannan, qui avaient été non seulement coupable de cambriolage et de vol, mais également de meurtres, qui étaient condamnés à la peine de mort et qui s’étaient échappés de prison, furent faits, entre autres, officiers de l’Armée catholique “, citant un archevêque protestant, qui écrivait en 1691 sur l’armée jacobite d’Irlande, qui a été défaite dans une autre rébellion.

La partie principale de ce site Web est la publication intégrale d’un livre par Thomas A. Brennan Jr. Ce livre est épuisé, mais l’auteur a autorisé à ce qu’il soit publié dans son intégralité sur ce site web. Personnellement, je suis fier de dire publiquement que j’ai eu la chance de recevoir une copie personnellement de son auteur, qui est un avocat de New York et le directeur de the Hearst Family Trust à New York. Présentement, il est également le chef honoraire du clan Brennan. L’ouvrage publié en 1975 et 1979, intitulée A History of the Brennans in Idough , County Kilkenny nous indique que le XVIIe siècle a vu un certain nombre de Brennan et Brannan (anciennement O’Brennen, Ó Braonáin) immigrer de l’Irlande vers les États-Unis d’Amérique.

Un fait intéressant en qui me concerne est que le père de Tec Cornelius Aubrenan était Connor O’Brenan. On mentionne dans le livre au chapitre III, partie 6, qu’un Connor mac Firr O’Brenan possédait des terres à Idough et en fut chassé tel qu’indiqué dans l’inquisition de 1635. Voici la référence: « …. (2) Des terres de Clanvickelowe: ….. (C) Clonneen – une moitié (détenue) par Connor mac Firr O’Brenan et un quart chacun par Piers Tallone et Gilpatrick O’Brenan de Clonneen”. Une note de bas de page se lit comme suit : « Il est à se demander si Connor mac Firr était un autre fils de Fhearadhach mac Donnchadha, chef de Clanvickelowe plus tôt dans ce siècle ». J’aurai à poursuivre mes recherches en cherchant plus d’indices.

L’auteur mentionne aussi qu’ « au Maryland, lors de la deuxième moitié du XVIIe siècle (une période où la colonie était majoritairement catholique), on retrouvait en 1677 une Eleanor Brenan, un John Brannan en 1678, et un Cornelius Brannon et un Philip Brannan en 1699; en 1719, un Patrick Brannan se maria au Maryland. »

En considérant les dates du XVIIe siècle – 1677, 1678, 1699, on retrouve mon ancêtre à Montréal en 1661, bien avant toutes ces personnes. Cornelius serait ainsi le premier immigrant irlandais, non seulement en Nouvelle-France, mais aussi en Amérique du Nord. Par contre, je ne me porterais pas garant de cette affirmation. Bien sûr, durant les années suivantes, un grand nombre de Brennan choisirent de s’établir aux États-Unis et au Canada, en particulier au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, suite à la famine de la pomme de terre. Grosse-Île, dans la province de Québec, est un mémorial canadien dédié à cette période.

Pour le Canada. l’auteur liste le nombre de Brennan trouvés en 1979 dans les bottins téléphoniques des grandes villes canadiennes : 170 à Toronto; 148 à Ottawa, 116 à Montréal; 10 à Québec; 13 à Saint-Jean au Nouveau-Brunswick; 31 à Halifax; 33 à Winnipeg, 16 à Régina; 19 à Calgary; 35 à Edmonton; 53 à Vancouver, deux à Whitehorse. Actuellement, dans le bottin de la région d’Ottawa-Gatineau, nous retrouvons 302 Brennan, comparativement aux 148 de 1979. Il existe 78 Aubry et 69 Aubrey, la plupart des descendants de Tec Cornelius O’Brennan.

En raison de l’étrange façon d’orthographier le nom O’Brennan – Aubrenan – Thomas A. Brennan Jr. ne pouvait connaître les milliers de descendants nord-américains d’un autre O’Brennan, Tec Cornelius Aubrenan (O’Brennan) qui portait maintenant le nouveau nom Aubry qu’il avait adopté. La venue de Tec Cornelius Aubrenan à Montréal vers 1660 ou 1661 est due à l’envoi d’un contingent d’hommes par le roi Louis XIV pour coloniser la Nouvelle-France. Les historiens, qui ont écrit abondamment sur le parcours de Tec Cornelius Aubrenan, présument que sa famille était fort probablement impliquée dans la lutte contre Cromwell en 1652. Son père, ou Tec Cornelius Aubrenan, eut la permission d’émigrer en France, ce qui est plausible, car comment un unilingue aurait pu survivre à Montréal parmi quelque 600 résidents français ? Anne et David Kennedy racontent ceci dans le livre An Outline of Irish History : « Quand Cromwell revint en Angleterre en 1650, la guerre était pratiquement terminée, bien que quelques poches de résistance subsistaient encore jusqu’en 1652, l’année où finalement l’armée irlandaise se rendit. Quelque 30 000 soldats furent autorisés à partir pour la France ou l’Espagne et, avec leur départ, des milliers d’Irlandais, hommes, femmes et enfants, furent déportés aux Antilles. »

Le but principal de mon projet de recherche consistait à identifier le lieu de naissance de mon ancêtre. Un indice important fut trouvé dans son acte de mariage. Tec Cornelius Aubrenan et Jeanne Chartier furent mariés dans la ville de Québec à la cathédrale Notre-Dame. Romain Becquet, le notaire qui  rédigea le contrat le 6 septembre 1670 – quatre jours avant le mariage à l’église –, écrivit « Diasonnony » comme son lieu d’origine. Le prêtre Henri de Bernières écrivit Diasony dans l’acte de mariage daté du 10 septembre 1670. Le notaire et le prêtre, tous deux originaires de France, écrivirent le nom au son. Tec Cornelius, qui ne savait ni lire ni écrire, ne put les aider, et son épouse qui signa les documents ne pouvait épeler les mots que son futur mari avait prononcés. Je possède des photocopies des deux documents.

Lors d’une visite, comme membre, au centre de recherche de La Société généalogique canadienne-française à Montréal, j’ai trouvé dans un article écrit par John P. Dulong, intituléTec Cornelius Aubry : An Irish Habitant in New France. Certainement curieux à propos du nom de Tec Cornelius Aubry et de son lieu d’origine, John P. Dulong ne réussit pas à établir l’origine du nom grâce à ses contacts en Irlande. La théorie de John P. Dulong est différente de la mienne que j’expliquerai plus tard. Dulong écrit: « Le lieu de naissance du Tec est enregistré comme étant la paroisse de St-Patrice (St-Patrick), dans le village de Diasony (également orthographié Diasonyoen ou Diasonyden) en Irlande. Il y est né entre 1632 et 1638. » L’auteur continue comme ceci : « Il y a une divergence quant au lieu de naissance de Tec en Irlande. Une recherche des cartes et des gazettes en l’Irlande ne révèle pas de villages du nom de Diasonyoen ou de ses variantes. Le prêtre Henri de Bernières, le supérieur du séminaire de Québec, avait peut-être mal compris la prononciation irlandaise (gaélique) du lieu d’origine de Tec, et avait dû probablement deviné comment l’épeler »

Dulong contacta l’Ordnance Survey Office à Dublin, Il reçut de Mac an Baird, Ph. D., ce qu’il qualifie être trois pistes intéressantes venant d’un expert à propos du nom du lieu de naissance de Tec Cornelius Aubrenan qui peuvent aider à poursuivre la recherche. La piste privilégiée par Dulong était la suivante : Diasony pourrait ne pas être le nom d’un village, mais le nom qui désigne une unité géographique plus grande. En irlandais, cette unité était connue par le nom Deasumhain (prononcé Deasuin) et son orthographe habituelle était Deasmhumhain. (Dulong prétend que) « ce peut être l’endroit, en irlandais, dont Tec parlait et que le Père Bernières écrivit du mieux qu’il pouvait en français, en prenant la région pour une ville en particulier.

Avec mes copies des documents du XVIIe siècle en mains, j’ai commencé à chercher un nom en Irlande qui était semblable à Diasonony Diasony, Diasonyoen, Diasonyden. Dans la section sur l’Irlande des Archives nationales du Canada sur la rue Wellington, je suis tombé sur plusieurs volumes qui avaient des noms similaires dans leur section D. Celui qui m’a frappé le plus était Dysart et j’ai extrait ce qui suit d’un dictionnaire topographique d’Irlande daté de 1837 :


Dysart : paroisse dans la baronnie de Fassadining, dans le comté de Kilkenny de la province of Leinster; 2 ¼ milles au sud de Castlecomer, sur la route de Kilkenny; compte 2501 habitants. Cette paroisse est située sur les bords de la rivière Dinin; comprend2606 acres.

Selon le Gazetteer of the British Isles, John Bartholomew & Son Ltd. of Edinburgh : « La rivière Dinin est un affluent de la rivière Nore, dans le comté de Kilkenny, 4 milles au nord de Kilkenny; longueur 15 milles ».

Maintenant, si vous répétez plusieurs fois DYSART-ON-THE-DINEN, est-ce que cela ne sonne pas comme DIASONYDEN, une variante de ce que les Français Romain Becquet et Henri Bernières écrivirent ?

Jack Aubry un reporter national primé du Ottawa Citizen a écrit un article qui a été publié dans l’édition hebdomadaire du 1er juillet 2001du Citizen Weekly. L’article s’intitulaitSearching for Tec: When Jack Aubry goes looking for his roots, he discovers Canada’s first Irish settler. Jack Aubry fait un compte rendu de son voyage en Irlande en janvier avec sa fille Avril, âgée de 10 ans. Il alterne intelligemment ce compte rendu avec certaines de mes conclusions sur la présence de Tec Cornelius Aubry au Canada. Je vais citer des passages de son article écrit sous une forme journalistique des plus colorée :

« L’ambassade canadienne fut notre premier arrêt lors de notre arrivée à Dublin. Comme reporter national du Citizen pour les affaires indiennes dans les années 90, j’avais rencontré Ron Irwin, l’actuel ambassadeur canadien, quand il était ministre des Affaires indiennes. J’avais communiqué avec lui avant notre voyage et je lui avais expliqué ma mission. Il était d’accord de mettre son personnel sur l’affaire et vérifier l’ascendance de Cornelius. Irwin m’informa que la recherche de l’ambassade confirmait que Cornelius était le premier colon irlandais au Canada. Plus tard, Don Pidgeon, l’historien officiel de la United Irish Society of Montreal, confirma cette conclusion. »

Jack Aubry poursuit son compte rendu avec cette salutation irlandaise : « 100 000 bienvenues en Irlande. Cela vous a pris 350 ans, mais vous êtes enfin arrivés. » C’est de cette manière que Maire Brennan Downey, qui avait un flair pour le dramatique, nous accueillit à notre arrivée à Castlecomer situé dans le comté de Kilkenny, à200 kilomètresenviron au sud-ouest de Dublin. Son père Brennan Downey aida à organiser des réunions de familles venues des quatre coins du globe en 1990 et 2000. Maire est également la secrétaire officielle du clan Brennan (dont le chef est Thomas A. Brennan Jr.). Lorsque je l’ai appelée du Canada avant notre voyage, Maire – prononcé Moira – a été réjouie d’apprendre qu’« un autre Brennan avait encore fait sa marque dans le monde des affaires ». Elle ne fut pas surprise par l’histoire de Cornelius parce que, dit-elle, « Les Brennans sont reconnus pour être fort robustes et ne pas avoir peur de l’aventure tout en prenant quelques coups sur la tête chemin faisant. »

« Avec Maire comme conductrice, nous avons visité le “pays des Brennan”. Ceux-ci sont si nombreux dans la région nord du comté de Kilkenny que des surnoms ont été ajoutés au patronyme pour différencier les familles. Un des surnoms pour Castlecomer est Con Brennan, qui est l’abréviation de Connor. Ceci capta mon attention parce que le certificat de mariage de Cornelius indique que le nom de son père avait été Connor. Maire nous montra le cimetière du village où le plus grand monument commémore la mémoire d’un Brennan.

« L’esprit “pugnace des Irlandais” dont mes ancêtres firent preuve, en défiant les Anglais, coule fort dans le sang des Brennan jusqu’à ce jour. Je l’ai réalisé en assistant à l’enterrement de Tom Brennan, un mineur de charbon et un amateur de sport dans le comté de Kilkenny. À la fin des funérailles, ses fils et de ses collègues de travail aidaient à porter le cercueil. Ceux-ci partageaient la même carrure robuste. Apparemment, je n’étais pas le seul à penser qu’il ressemblait à ces hommes auxquels vous ne voulez pas vous frotter; un des fils de Brennan avait même été un figurant dans le film Braveheart.

Lors de mon séjour en Irlande, la majorité des gens que je rencontrais me disaient que mes chances de trouver les ancêtres de Cornelius étaient minces sinon nulles. Je consultai Mark Tottenham, le directeur de l’équipe de recherche Eneclann de Trinity College, mais il n’avait pas beaucoup d’espoir. Pour commencer, beaucoup d’églises catholiques – et tous les registres des naissances, des mariages et des sépultures qu’elles contenaient – furent détruites durant l’invasion de Cromwell. Dans le comté de Kilkenny, les premiers registres qui existent datent de 1754. Pour empirer la chose, durant la guerre civile en Irlande en 1922, l’édifice Four Courts à Dublin, où toutes les archives du pays étaient conservées, fut bombardé. L’Irish Times rapporta le 3 juillet 1922 : « Hélas, […] ces précieux registres, qui auraient été si utiles aux futurs historiens, ont été dévorés par les flammes ou dispersés aux quatre vents. » Des documents brûlés flottèrent au-dessus de la ville pendant des jours, et le gouvernement provisoire demanda aux Dublinois de retourner ce qu’ils pouvaient trouver, « même fragmentaires ou endommagés. » Quand je visitai la National Library of Ireland à Dublin, qui possède un local consacré pour faire de la généalogie, la recherchiste Eileen O’Byrne secoua sa tête pendant qu’elle examinait mes copies des documents canadiens relatant en détail le passé de Cornelius. « Nous avons de la chance quand nous pouvons retracer la famille de quelqu’un au début des années 1800. Avant ça, vous devez avoir de la veine, » dit O’Byrne. Un après-midi passé à la bibliothèque, et plus tard aux Archives nationales n’a pas permis de trouver des pistes. Avril chercha des noms avec l’aide des ordinateurs alignés dans la salle de recherche silencieuse et faiblement éclairée, tandis que j’examinais les registres d’arpentage, les études et les livres des recensements qui dataient des années 1600.

« L’inestimable recensement Pender de 1659 des propriétaires terriens en Irlande révéla que les O’Brennan avaient habité dans plusieurs comtés, surtout celui de Kilkenny, même s’il n’y avait aucun trace de Cornelius ou de son père Connor. » (fin des citations de l’article de Jack Aubry qui peut être lu intégralement sur le site Internet déjà mentionné)

Tec Cornelius Aubry en Nouvelle- France (Canada)

Comment parler du premier colon irlandais au Canada sans considérer la deuxième partie de sa vie passée dans notre pays. Tec Cornelius Aubrenan avait environ 23 ans quand il a immigré au Canada.

Quant à l’année de la naissance de Tec Cornelius Aubrenan, il serait né soit en 1632, en 1636 ou en 1638. Son nom apparaît dans le recensement de 1663 sous le nom de Thècle Cornelius Aubrenan; dans le recensement de 1667, c’est Tècle Cornelius que l’on retrouve, et dans celui de 1681, c’est Jacques Tecaubry. Marcel Trudel dans Montréal, la formation d’une société – 1642 – 1663 retranscrit le recensement de Montréal fait en 1663. Dans celui-ci, on est le numéro 24 de la population de Montréal. Nous trouvons « Aubrenan Thècle Cornelius, 25 ans, célibataire, qui déclare ne savoir signer son nom, son pays d’origine : Irlande ». S’il a 25 ans en 1663 selon ce recensement, l’année de sa naissance se situerait en 1638. Mais, comme nous verrons plus tard, d’autres historiens proposent une date de naissance différente. Dans ce recensement, selon Marcel Trudel, l’Irlandais Tec Cornelius Aubrenan est le seul individu parmi une population de 596 qui n’est pas né en France.

Dans son ­Histoire des Canadiens français publié en huit volumes, Benjamin Sulte retranscrit les enregistrements des recensements représentant la population du pays faits durant l’hiver de 1665-1666 et celui de 1666-1667. Notre ancêtre n’apparaît pas dans le premier enregistrement (1666), mais il est présent dans le deuxième (1667); nous trouvons dans le recensement de1667 l’inscription suivante sous Montréal : « André Dumets, sa femme Marie Chedeville, ses six enfants, ses domestiques Simon Magnon et Cornelius Tècle âgé de 29 ans. » S’il était âgé de 29 ans en 1667, son année de naissance se situerait alors en 1638.

Dans le recensement de 1681, nous retrouvons l’entrée suivante : « Seigneurie de Lachenaie – Jacques Tecaubry, 45, fermier : Jeanne Chartier, sa femme, 45; Madeleine 10; Marie 8; Jean 5; François 4; 5 têtes de bétail;5 acresde terre arable ». On devrait noter qu’il était un domestique en 1667 et quatorze ans plus tard, en 1681, il cultivait la terre avec sa famille sur une terre qu’il lui avait été concédée afin de la développer. Étant âgé de 45 ans selon le recensement de 1681, nous devrions en conclure qu’il serait né en 1636.

En ce qui concerne du statut social de Tec Cornelius, Marcel Trudel nous parle des premières années passées par notre ancêtre à Montréal. Dans une partie de son livre intitulé Comportement des groupes, il essaie de définir le rôle important joué par le commerce des fourrures en étudiant les actifs des personnes décédées. Des trente-six (36) personnes choisies, quatre n’étaient pas morts en réalité au moment de l’inventaire. Trudel écrit : « On a cru morts Jean Beaudouin, Michel Parisien et Cornelius Aubrenan Tècle, et leurs biens furent inventoriés; ils réapparurent à Montréal par la suite; un quatrième, Michel Gauvin, fut reconnu coupable de bigamie et dût s’enfuir ». Parmi les biens inventoriés par le notaire Basset, nous retrouvons ce qui suit : « Thècle Cornelius Aubrenan, célibataire, domestique, enlevé par les Iroquois et présumé mort (il sera de retour à Montréal en 1662). L’inventaire de sa propriété, fait le 5 mai 1661, indique une valeur de54 livres : Aubrenan avait une créance recouvrable de70 livres et il devait61 livres. L’excédent de succession serait de63 livres. Aubrenan ne possède aucune terre. » L’auteur déclare qu’un excédent de moins de100 livres ne serait pas même suffisant pour acheter une vache.

À propos des 36 personnes considérées dans l’étude, nous retrouvons Adam Dollard des Ormeaux qui était en faillite à sa mort. Dollard des Ormeaux, bien sûr, était ce héros intrépide mort avec de ses 14 compagnons dans un fort au Long Sault alors qu’ils essayaient de repousser les Iroquois qui s’approchaient de Montréal.

Le récit de la disparition de Tec Cornelius pendant quelque temps, quand il a été fait le prisonnier par les Iroquois, se retrouve dans Mémoires de la Société de la généalogique canadienne française – vol. X1, no 6 où on retrouve un article écrit par le fondateur de la Société, le Père Archange Godbout. L’auteur écrit ceci : « On a affirmé que la bataille du Long Sault en 1660 avait sauvé la colonie.

Bien au contraire, elle eut comme conséquence d’accentuer les attaques des Iroquois tout comme leur barbarie d’ailleurs. Ville-Marie (Montréal) fut la première à subir leurs assauts au milieu de l’hiver quand 13 habitants furent enlevés, presque sans coup férir. Un mois plus tard, le 24 mars, 260 Iroquois lancèrent une nouvelle attaque contre une quinzaine d’ouvriers qu’Urbain Tessier avait embauchés dans sa concession. Cette fois-ci, ils étaient armés. Le combat fut féroce. Quand l’ennemi retraita, dix personnes manquaient à l’appel. On découvrit les corps de quatre d’entre eux quatre jours plus tard. Ils avaient été terriblement mutilés. Les six autres furent amenés en captivité. Parmi eux se retrouvaient Urbain Tessier, Tècle Cornelius et Jean Beaudoin. Où furent-ils amenés par ces ravisseurs barbares ? Il est difficile de le savoir ». Comme Marcel Trudel l’a mentionné, pendant leur captivité, un inventaire des biens de Tec Cornelius Aubrenan et Jean Beaudoin fut fait comme on les présumait morts. Ils furent de retour à Ville-Marie (Montréal) en octobre 1661.

Nous savons très peu de choses sur les événements entourant la captivité de Tec Cornelius Aubrenan. Raymond Douville a cependant retranscrit dans son ouvrageCollection classiques des Canadiens la correspondance entre Pierre Boucher et les autorités de Versailles, le palais du roi Louis XIV. Cet extrait du livre peut nous aider à comprendre ce que notre ancêtre a dû subir en se retrouvant dans une telle situation en mars 1661. Boucher, qui était le gouverneur de Trois-Rivières,  écrit ceci :

« La premier obstacle ou dérangement sont les Iroquois, nos ennemis, qui limitent si étroitement nos mouvements, qu’ils nous empêchent de jouir de ce qui est offert par ce pays; nous ne pouvons ni aller chasser ni aller pêcher, sans la crainte d’être tué ou enlevé par cette racaille. Ou nous ne pouvons pas même labourer nos champs et encore moins faucher notre foin, sauf continuellement dans le risque, parce que l’embuscade vient de tous côtés, et un petit buisson est tout ce qui est nécessaire pour dissimuler, ou mieux placer toujours une vigie pour permettre à six ou sept de ces barbares de sauter sur vous inopinément, que vous travailliez ou en vous rendant travailler. Ils n’attaquent jamais à moins qu’ils ne soient certains qu’ils ont un avantage; s’ils sont les plus faibles, ils ne disent rien; si par hasard ils sont découverts, ils quittent de tous côtés et fuient, et, puisqu’ils sont si rapides, il est très difficile de les attraper. Ainsi, vous voyez que nous sommes toujours inquietrs et qu’un homme ne travaille jamais en sécurité s’il ose s’éloigner quelque peu de la maison. Une femme redoute toujours la possibilité que son mari parti pour travailler le matin puisse être tué ou capturé et qu’elle ne puisse jamais le revoir. C’est la raison pour laquelle la plupart des colons sont pauvres, et non seulement pour les raisons mentionnées, nous ne pouvons pas jouir des matières premières que le pays fournit, mais parce qu’ils [les Iroquois] tuent souvent le bétail, nous empêchent de faire la récolte, brûlent ou pillent nos maisons quand ils peuvent surprendre les locataires. Ce problème avec les Iroquois est si grand, mais il n’est pas sans remède et nous attendons de la charité de notre bon Roi qui m’a dit qu’il voulait nous délivrer de ce mal. » (fin de l’extrait)

Parmi les autres inconvénients, Boucher mentionne les moustiques, la durée

de l’hiver et, dans des régions non encore occupées par les Blancs, de serpents à sonnettes.

Tec Cornelius Aubrenan a été impliqué dans les expéditions de traite de fourrures qui l’amenèrent aussi loin qu’au lac Supérieur. Benjamin Sulte écrit à propos du coureur des bois Thècle Cornelius dans son livre qui parle de fête nationale des Canadiens français :Mélange Historique – La Saint-Jean Baptiste – 1636 -1852. Tec était accompagné par ses deux compagnons que l’on a aussi présumés morts tel que comme mentionnés auparavant.

Les convictions spirituelles de Tec Cornelius Aubrenan étaient fortes comme nous le verrons maintenant. Dans le chapitre Comportement d’une collectivité, Marcel Trudel présente dans ces mots Paul Chomedey de Maisonneuve qui a fondé Montréal : « Vivant lui-même comme une personne dévote et célibataire, aidé pendant de nombreuses années par une femme dévote (Marguerite Bourgeois) et aidé dans le recrutement par une autre femme dévote (Jeanne Mance), (Marguerite Bourgeois, une contemporain de notre ancêtre, a été canonisée par le Pape Jean-Paul II). Chomedey se comporte toujours comme l’homme choisi pour mener et maintenir une société religieuse à Montréal. En février 1642, une cérémonie eut lieu à l’église de Notre-Dame de Paris. On consacra l’île de Montréal à la Sainte Famille de notre seigneur Jésus, de Marie et de Joseph, avec la protection particulière de la Vierge Marie. L’Île fut nommée Île Notre-Dame de Montréal suite à une décision datée du 27 janvier 1663. Beaucoup de faits témoignent de convictions spirituelles de Tec Cornelius Aubrenan et Marcel Trudel écrit que « l’Irlandais Aubrenan a signé un document dans lequel il promet de travailler et cultiver la terre à Lachenaie comme un domestique de la Vierge Marie ».

Tec Cornelius Aubrenan servit également dans la milice. Marcel Trudel, dans la description du rôle de la milice, empruntée à l’Histoire de la colonie française au Canada d’Étienne-Michel Faillon qui a reconstitué les vingt équipes que Chomedey avait mis sur pied en 1663. Chomedey nomma des caporaux avec six hommes sous leurs ordres. Tec Cornelius Aubrenan servit dans l’équipe numéro sept et, assez étrangement, était sous les ordres du caporal Pierre Riendeau, l’ancêtre de mon beau-frère, le mari de la plus vieille de mes soeurs.

Pour comprendre le rôle d’un soldat au XVIIe siècle, nous avons cherché dans le livre de Raymond Douville et Jacques Donat Casavent La vie quotidienne en Nouvelle-France – Le Canada de Champlain à Montcalm. Dans cet ouvrage, les auteurs présentent un portrait général de la vie d’un soldat au début de la colonie : Ils écrivent : « Les colons doivent s’improviser soldats et fabriquer au besoin leurs propres munitions. La ville de Québec constitue une forteresse naturelle et est moins vulnérable que ne le sont Trois Rivières et Ville Marie (Montréal). Montréal était la plus vulnérable. Immédiatement à son arrivée en 1642, Monsieur de Maisonneuve fit construire un fort… il espérait toujours recevoir l’aide de la France. Quand il fut convaincu du contraire, il avait moins de cinquante hommes qui étaient toujours capables de se battre.

Les historiens ont écrit sur Tec Cornelius Aubrenan l’homme de famille. Il rencontra sa femme, Jeanne Chartier, une Fille du Roi, après avoir quitté Montréal pour aller vivre dans la région de Québec à la rivière L’Assomption. Qui étaient ces filles surnommées les filles du roi ? Voici ce que Robert Chenard a écrit à leur sujet :

« Du début de la colonisation française en Nouvelle-France de 1604 jusqu’en 1663, il y avait seulement quelques familles qui vivaient dans cette région. La majorité de cette faible population était composée de chasseurs, de trappeurs et de soldats français, de quelques explorateurs, de quelques prêtres et de quelques marins. La France et l’Angleterre, longtemps en désaccord et en compétition, essayèrent d’agrandir leurs nouvelles colonies, d’exploiter la terre et les ressources, et d’établir des colonies plus fortes et plus viables dans le Nouveau Monde. En 1629, la population de Québec, à l’époque le seul peuplement au Canada, avait une population résidente de seulement 21 personnes. En 1639, ce nombre avait augmenté à 139 avec l’arrivée de nouveaux colons et quelques naissances. En 1662, la population avait décuplé pour atteindre presque 1100. À ce moment-là, les colonies anglaises en Amérique se développaient rapidement. À la même époque, la France décida d’adopter un nouveau plan pour établir une présence plus forte et plus permanente dans sa colonie nord-américaine. À cette période, sa colonie était concentrée autour de trois villes principales le long du fleuve Saint-Laurent : Québec, Trois Rivières et Ville Marie. Le plan visait à encourager de jeunes femmes célibataires ou de jeunes veuves à immigrer en Nouvelle-France, épouser un Français célibataire ou veuf, élever une famille et s’établir en permanence. Comparé à la vie en France, le Nouveau Monde était un endroit où la vie était loin d’être facile avec le manque de commodités, le danger omniprésent de tribus amérindiennes insoumises, les hivers rudes et l’isolement du reste du monde civilisé. Il a donc été nécessaire pour les promoteurs de ce projet de prendre le temps nécessaire afin de bien planifier et d’utiliser une bonne technique de vente pour convaincre ces jeunes femmes de participer à cette nouvelle entreprise risquée.

Pour attirer les jeunes filles à s’enrôler, on offrait une dot de 50 livresfrançaises et plus. Le Trésor royal fournissait les fonds nécessaires et le roi de France apporta tout son soutien. C’est ainsi que ces recrues furent appelées « les filles du roi. » Un certain nombre de celles qui avaient été recrutées avaient aussi de l’argent et des biens personnels, jusqu’à 3000 livresdans certains cas, somme provenant de la succession de parents décédés. Cinquante livres étaient une somme d’argent substantielle à cette époque. Par exemple, un journalier devrait travailler presque une année pour faire une telle somme et un chirurgien faisait de 100 à 150 livrespar année. Ainsi, de nombreuses jeunes filles orphelines virent cela comme une occasion pour partir à l’aventure, pour avoir de l’argent, et un mari et se sortir de la pauvreté. 414 filles orphelines furent recrutées pendant les onze années que dura ce programme. De 1663 à 1673, un total de 774 « filles du roi » fit le voyage en Nouvelle-France. La meilleure année fut 1669 quand 135 nouvelles « filles du roi » s’enrôlèrent. En 1670, 134 filles s’engagèrent. 238 « filles du roi » venaient de Paris et le reste des autres villes. Trois venaient d’autres pays – l’Angleterre, l’Allemagne et le Portugal. Certaines « filles du roi » se rendirent seulement aux ports d’embarquement comme celui de Dieppe en Normandie. Quand ils virent dans quelle galère, elles s’étaient embarquées, elles changèrent d’avis rapidement et retraitèrent. » Cette information est tirée d’un site Internet qui reproduit l’article French Connexion de Robert Chenard publié dans les éditions du 30 avril et du 14 mai du Morning Sentinel & Kennebec Daily Journal.

Gustave Lanctôt, dans son livre Filles du roi ou Filles de joie fournit des preuves comme quoi nos ancêtres étaient des filles de bonnes familles. La plupart des filles de Paris venaient de l’Hospice où elles avaient reçu une bonne éducation. Ainsi, Tec Cornelius Aubrenan, maintenant âgé de 32 ans, se trouvait dans la ville de Québec, à l’été de 1670, quand les bateaux arrivèrent avec les filles du roi. On peut retrouver l’entrée suivante dans un livre écrit en français par Sylvio Dumas ayant pour titre Les filles du roi volume 4 dans une série de la Société historique de Québec, et aussi dans une autre publication en anglais The King’s Daughters par Joy Resinger et Elmer Courteau : « Jeanne Chartier de la paroisse St-Honoré de Paris, fille de feu Pierre Chartier et feue Marie Gaudon, a épousé Thècle Cornelius Aubry dit Thècle le 10 septembre 1670 à Québec. Sa dot vaut650 livres dont50 livres venant du roi Louis XIV. »

L’acte de mariage dans les registres de la paroisse Notre-Dame de Québec se lit comme suit : «Le dixième jour du mois de septembre de l’an 1670, après l’annonce et la publication des bans le sept et le huit du même mois entre Tec Aubrannan colon de la rivière L’Assomption, fils de Connehair Aubrannan et Honoré Jeannehour (Connehour), son père et sa mère vivant dans la paroisse St-Patrice dans la ville de Diasony en Irlande, et Jeanne Chartier, fille de Pierre Chartier et Marie Gaudon, son père et sa mère vivant dans la paroisse de St-Honoré à Paris. L’évêque Petrie les exempte tous deux de la publication d’un troisième ban et puisque personne ne présente une raison visant l’empêchement du dit mariage, nous prêtre soussigné de cette église leur donnons la bénédiction de la Sainte Église devant les témoins suivants : Balthazar Tadieu, Nicolas Gauvreau, Claude de Sainctes, Claude Petit, Guillaume Bouchard et Mathurin Normandin.

signé : H. de Bernières

On devrait noter que Tec Cornelius Aubrenan et Normandin Mathurin étaient deux membres de l’expédition de 1667 dans l’Outaouais ou au Lac Supérieur. Quatre ans plus tard, on voit les deux amis de nouveau ensemble à Québec quand Tec marie une Fille du Roi, Jeanne Chartier.

Pierre Aubry a été enterré dans le cimetière de la paroisse de Pointe-aux-Trembles. L’acte de sépulture de Tec Cornelius Aubrannan, aussi appelé Aubry ou Cornelius, se lit comme suit : « le 24 novembre 1687 le corps de Cornelius âgé de 55 ans a été inhumé dans le cimetière de notre paroisse. Présents à la cérémonie était Jeanne Chartier sa fille (sic), François La Bermuade, Simon Cadot, Antoine Bazinet et d’autres gens. Certains ont signé ce document.

Laguenez prêtre »

À sa mort en 1687, il était âgé de 55 ans, ce qui fixerait l’année de sa naissance en 1632. Par contre, comme nous l’avons vu auparavant, les énumérateurs lors des recensements écrivirent qu’il avait 25 ans en 1663, 29 ans en 1667, donnant 1638 comme l’année de sa naissance, et 45 ans en 1681 selon le recensement, ce qui donnerait une naissance en 1636. Jeanne Chartier est morte le 30 octobre 1695 à Montréal à l’âge de 55 ans.

« Lors de notre dernière journée dans le comté de Kilkenny, Maire nous amena au confluent des rivières Dinen et Deen, qui était probablement connu comme étant Dysart-on-the-Dinen. Ceci avait été la meilleure explication de mon oncle Louis en rapport avec l’endroit de naissance de Cornelius: Dites-le assez de fois et ça commence à sonner comme “Disasonnony.” Nous avons remarqué un petit cimetière sur le bord de la rivière.

Un setter irlandais qui aboyait derrière une petite clôture nous arrêta net. Quelques mots gentils prononcés par Avril et de petites tapes sur la tête bientôt le rassurèrent.

« Les lots étaient immaculés, et nous avons été rapidement mis au courant que Dan Fitzpatrick, un veuf qui vit dans un petit cottage derrière le cimetière, était responsable de son entretien. Quand il apprit que nous recherchions le lieu de naissance de Cornelius, il s’est mis immédiatement à parler des Cornelius Brennan qu’il avait connus : “ Oh certainement, c’est un nom commun dans ces collines. J’ai le pressentiment que votre homme venait de cet endroit ”, dit-il avec le sourire. Il ajouta que deux Cornelius Brennan étaient enterrés dans ce même cimetière. »

« Il nous montra comment frotter de l’herbe sur les anciens monuments pour en faire ressortir les inscriptions. La plus ancienne qu’on pouvait lire était celle d’un Brennan qui fut enterré au début du XVIIIe siècle.

« Aux lueurs du crépuscule, alors qu’Avril s’amusait avec le chien et que Fitzpatrick nous continuait de nous raconter ses histoires, j’étais rempli d’un sentiment de calme et de plénitude.

Bien que je ne croie pas beaucoup au surnaturel, il me semble que j’ai eu comme une sorte de contact. James Joyce aurait appelé ça un moment d’épiphanie, car tout semblait merveilleux dans le monde. Tout ça faisait du sens – ne serait-ce que pour ce bref instant.

Plus tard, quand je décrivis cette sensation à Maire, elle me sourit : « Il n’existe qu’une seule explication. Vous êtes chez vous. »

traduction Pierre Lagacé mars 2010

Les troubles de 1838 à Napierville

J’ai pris les informations qui suivent sur ce site…

Elles me permettent de mieux situer dans le temps les actions de mon arrière-grand-père David Alexandre et de comprendre les six dépositions, mais surtout dont celle qu’il a faite le 13 novembre 1838 devant le juge de paix William McRae.

Ont comparu devant moi William Macrea, un des juges de paix – François Brosseau, David Alexandre et Jean-Baptiste Faneuf lesquels après avoir été dument assermenté, déposent qu’ils auraient été…

Déposition de François Brosseau, David Alexandre et Jean-Baptiste Phaneuf contre François Bourassa (13 novembre 1838)

Le début de mon histoire est ici si vous voulez être capable de me suivre sur la route des Patriotes de Napierville en 1838…


T’as encore raté la sortie GP…!

Chronologie des événements

7 septembre 1838

Un jury francophone, considérant que sa mort résulte d’un acte de guerre, acquitte les accusés du meurtre de Joseph Armand dit Chartrand commis le 27 novembre 1837.

26 septembre 1838

Après avoir dit au curé Noël-Laurent Amiot de la paroisse de Saint-Cyprien que les Frères Chasseurs se réunissaient à Napierville et qu’ils préparaient l’invasion du Bas-Canada, Michel Moisan explique la procédure du serment d’allégeance aux Frères Chasseurs, la peine imposée à ceux qui trahiraient le secret et les signes pour se reconnaître entre eux. Il révèle également que des armes en provenance des États-Unis sont déjà ou seront bientôt cachées dans certaines fermes en vue de l’offensive qui devrait avoir lieu le 1 octobre 1838 dans le Haut-Canada et entre le 8 et le 15 octobre 1838, dans le Bas-Canada. Le même jour, le curé Amyot communique cette information à son évêque, Mgr Lartigue; ce dernier informe le général Colborne le 27 septembre 1838 ; Colborne a donc amplement le temps de prendre les dispositions nécessaires pour contrer l’action des Frères Chasseurs. On sait maintenant que la date fixée pour l’attaque a été repoussée aux 3 et 4 novembre 1838 dans le Bas-Canada.

3 novembre 1838

Lord Durham s’embarque pour l’Angleterre. Les Frères Chasseurs de Saint-Constant dirigés par Joseph Robert tuent un certain Aaron Walker, un Volontaire loyaliste. Plusieurs rassemblements ont lieu aux endroits où l’on avait présumément entreposé des armes, mais les armes ne s’y trouvant pas, les hommes se dispersent et retournent chacun chez-soi.

4 novembre 1838

75 Frères chasseurs dont Joseph-Narcisse Cardinal et Joseph Duquette sont arrêtés par les Mohawks de Kahnawake où ils cherchent des armes ; les Mohawks les remettent aux autorités anglaises. Joseph Dumouchel et Jean-Baptiste-Henri Brien mènent l’attaque à Beauharnois ; ils capturent le seigneur Edward Ellice et sa famille ; dirigés par François-Xavier Prieur, un autre groupe rend le vapeur Henry Brougham inutilisable pour le transport de troupes. Robert Nelson arrive à Napierville avec deux officiers français, dont Charles Hindelang, qu’il avait engagé aux États-Unis ; les Patriotes qui s’y étaient réunis en vue d’un grand assaut sur Saint-Jean s’attendaient pourtant à le voir arriver avec un grand nombre d’Américains. Robert Nelson proclame de nouveau la république du Bas-Canada. Denis-Benjamin Viger est incarcéré.

6 et 7 novembre 1838

Bataille de Lacolle ; oppose le colonel Oklowski et 170 Patriotes au capitaine Scriver et 400 volontaires loyalistes; vainqueurs de l’escarmouche du 6 novembre, les Patriotes perdent celle du lendemain et dénombrent 9 tués.


7 novembre 1838

Chevalier de Lorimier et François-Xavier Prieur à la tête d’environ 200 Frères Chasseurs de Beauharnois se rendent à Sainte-Martine rejoindre 300 autres Patriotes dirigés par le docteur Perrigo ; un détachement de quelques centaines de Volontaires et de soldats de l’armée régulière attaque le camp Baker ; bilan ; 2 morts et plusieurs blessés parmi les attaquants.

9 novembre 1838

Bataille de Odelltown; la dernière bataille de l’insurrection; 500 à 600 Patriotes conduits par Robert Nelson, Médard Hébert et Charles Hindelang s’opposent à 1 000 Volontaires loyalistes dirigés par Lewis Odell et Charles McAllister; 200 hommes de troupe de l’armée régulière prêtent main-forte aux Volontaires. Défaits, les Patriotes dénombrent une douzaine de tués et une quinzaine de blessés. Les vainqueurs perdent 8 des leurs et comptent 15 hommes blessés gravement. Repliés à Napierville, les Patriotes apprennent que Colborne se dirige vers eux avec 2 000 hommes de troupe.

9 novembre 1838, vers 20 h

Craignant que leurs troupes les livrent à Colborne, les officiers généraux des Patriotes quittent secrètement Napierville vers 20 h.

10 novembre 1838

Ne trouvant pas leurs chefs, les Patriotes réunis à Napierville se dispersent. Édouard-Élisée Malhiot qui avait réuni près de 1 000 Frères Chasseurs à Saint-Bruno-de-Montarville décide de ne pas attaquer Sorel comme il devait le faire selon le plan d’invasion ; il ordonne la dispersion de ses hommes lorsqu’il apprend celle des autres groupes. Vainqueurs, les Volontaires loyalistes incendient les maisons et les bâtiments de ferme de ceux qu’ils soupçonnent d’être des Frères Chasseurs à L’Acadie, Saint-Athanase, Saint-Édouard, Lacolle, Saint-Valentin et Napierville.

27 novembre 1838

Colborne forme une Cour martiale pour juger les personnes accusées de participation à l’insurrection; les accusés n’ont pas droit aux services d’avocat devant cette cour qui doit prononcer la culpabilité ou l’acquittement ; la sentence du coupable est automatiquement la pendaison que le gouverneur peut exécuter ou commuer selon son bon vouloir ; à la suite de protestations, deux avocats anglophones, Louis Thomas Drummond et Charles Hart, sont assignés d’office à la défense des accusés.

28 novembre 1838

Début des audiences de la Cour martiale.

21 décembre 1838

Joseph-Narcisse Cardinal et Joseph Duquette sont pendus à la prison du Pied-du-Courant à Montréal.