L’histoire de Jean-Marie Bohémier

J’ai trouvé… du moins la première partie…

Quand je suis allé porter le livre sur les ancêtres Bohémier du Manitoba chez monsieur Bohémier, celui-ci m’a parlé de Jean-Marie Bohémier dont l’histoire était d’une grande tristesse.

Il avait une copie d’un article paru dans l’édition du 13 janvier 1874 de la Minerve. Je pensais que je pouvais le retrouver dans la collection numérisée des Archives nationales, mais je ne l’ai jamais retrouvé. Monsieur Bohémier m’a numérisé la copie originale de l’article qui raconte les funérailles de Jean-Marie Bohémier dans l’église de Ste-Anne-des-Plaines.

Jean-Marie était le premier fils de Jean-Marie Bohémier et de Marthe De Montigny. Dans le recensement de 1852, on indique qu’il est journalier. Il a 15 ans à ce moment. Il deviendra médecin dans l’armée américaine et mourra en octobre 1873 lors de l’épidémie de fièvre jaune à Little Rock en Arkansas.

Je vais reprendre cet article et faire des liens avec des événements peu connus, entre autres, les épidémies de fièvre jaune qui sévissaient chez nos voisins du Sud. C’est en faisant quelques recherches que je me suis rendu compte que l’histoire de la fièvre jaune m’était totalement inconnue…

Nous sommes donc le 13 janvier 1874 et nous lisons cet article comme les gens de l’époque. Je ne change rien.

 

Le Dr. J. M. Bohémier

Le cinq janvier courant, l’église de Ste. Anne des Plaines s’était revêtue de deuil. Des tentures flambloyantes déployées sur les autels, les colonnes, la chaires, les jubés et les croisées, illuminées par les lustres de la nef jetaient sur un catafalque entouré de cierges bénies cette teinte lugubre d’un jour de grande tristesse ; un chant plaintif accompagnait les prières de nombreux fidèles agenouillés sur les parvis sacrés ; une famille en pleurs assistait au service d’un de ses enfants chéris qui, dans cette vieille enceinte, avait reçu le baptême, avait fait sa première communion et avait prié bien des fois.

Après avoir fait ses études au collège de Terrebonne et reçu ses degrés au collège canadien de Montréal, le Dr. Jean Marie Bohémier était parti, voilà dix années, pour aller chercher un avenir aux États-Unis où il s’engagea comme chirurgien dans les armées américaines. Après la guerre, il s’établit à Napoléon d’où il partit pour aller se fixer à Little Rock, dans l’Arkansas.

Il devait revenir tous les ans auprès d’un père et d’une mère, qui tous les jours pleuraient son absence ; et tous les ans des circonstances imprévues le retenaient, cloué à ce pays qu’il appelait son exil.

Le 25 octobre dernier, jour où sa famille recevait de sa main une lettre disant qu’il devait définitivement revenir, un télégramme annonçait aux Messieurs de Montigny de St. Jérome, ses oncles, la mort de ce fils âgé de 36 ans, arrivée la veille.

On dut retenir, pour qu’il ne s’exposait pas à l’épidémie qui sévissait alors dans ces régions son frère cadet. Il partit pour aller recueillir les cendres d’un frère qui avait toujours été son compagnon d’étude et son ami le plus intime.

Parvenu au lieu sinistre de Little Rock, il rencontra des obstacles insurmontables qui l’obligèrent de laisser sur les bords du Mississippi ces restes chéris auquel il consacra un modeste monument, des larmes et des prières.

Mais il reçut sur son passage les plus vibrantes sympathies et les plus sincères témoignages d’estime pour le Dr. Bohémier qui doué de qualité d’élite, professait une honnêteté traditionnelle. Partout où il a vécu, il a laissé des traces profondes de ces qualités qui attirent l’admiration et l’estime,

La suite demain.