Pour en savoir plus sur Michel Chartrand

Voici un billet de Lise Jolin.

Une lectrice me l’a envoyé. Je n’ai fait qu’un copier-coller.

Michel Chartrand, syndicaliste

Ajouté le 02/17/2010 19:31:47 par lisejolin

Michel Chartrand est un des plus anciens leaders syndicaux du Québec.   Depuis les années 1940, autant comme syndicaliste qu’homme politique, Monsieur Chartrand  est lié aux différentes causes sociales du Québec.  Par son style et son langage coloré, il attire l’attention des foules et ne laisse personne indifférent

Jeune homme, Michel Chartrand se connaissait bien.  Il disait déjà qu’il ferait de la politique mais qu’il ne serait jamais élu, qu’il serait dans l’opposition, qu’il ne ferait jamais d’argent, qu’il serait contre la guerre et qu’il irait en prison…
Michel…

Joseph Michel Raphaël Chartrand est le fils de Joseph Michel Raphaël et Sophie Hélène Patenaude.  Il est né le 20 décembre 1916 à Outremont et baptisé le lendemain  21 décembre.  Son parrain et sa marraine, Joseph Herménégilde Paquin (Philias et Rose-de-Lima Girouard) et Georgiana Laniel (Michel et Adélaïde Raymond), s’étaient épousés le 24 février 1892, à Ste-Geneviève de Pierrefonds, sur l’île de Montréal.

Michel Chartrand fait ses études au Collège Jean-de-Brébeuf et au collège Sainte-Thérèse mais il ne se sent pas à sa place.  À l’âge de 17 ans (1933), il devient moine de chœur chez les Trappistes à Oka. Le silence n’étant pas fait pour lui, il quitte le monastère en 1935.

Lors des élections générales du Québec, en 1939, Michel Chartrand fait campagne pour l’Action libérale nationale (ALN), alors sous la direction de Paul Gouin. Ce parti politique avait été fondé en 1934 par des membres qui avaient quitté le Parti libéral du Québec.  Parmi ses membres les plus connus, on retrouvait  Oscar Drouin, 1890-1953, avocat et journaliste québécois, Ernest Grégoire, maire de Québec et le dentiste de Québec Philippe Hamel.  Ce dernier était déjà convaincu de la nécessité de nationaliser les compagnies d’électricité de la province.  Lors de cette élection, l’ALN récolte seulement 4,5% des votes.  Le parti, criblé de dettes, se dissout peu après, cette même année. En 1940, Michel suit un cours d’histoire donné par le prêtre catholique Lionel Groulx (1878-1967).

La Seconde Guerre Mondiale est déclaré.  En 1941, Michel joint le Canadian ROTC, programme de formation qui permet aux étudiants universitaires d’obtenir des crédits de service militaire, tout en continuant leurs études et sans avoir l’obligation d’aller au front.  Michel Chartrand participe au camp d’entraînement militaire à Huntingdon mais y sera renvoyer car il ne veut pas signer des formulaires d’engagement actif qui sont seulement écrit en anglais.

Il poursuit ses cours du soir à l’Institut canadien d’orientation professionnelle. Toujours en 1941,  Michel et son futur beau-frère Joachim Cornellier, fondent la coopérative La Bonne Coupe.  Étant président-gérant, Michel se met à la recherche d’une manufacture à Sherbrooke pour les besoins de la CoOp.  Il se lie ensuite à Alfred Rouleau, futur président du Mouvement Desjardins.  En juin suivant, il part avec M. Rouleau dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, afin de tenter de fonder des coopératives de fabrique de vêtements.   Chartrand milite aussi au sein du mouvement coopératif «Maître chez nous».

Le 17 février 1942, à la basilique Notre-Dame-de-Montréal, l’abbé Lionel Groulx bénit l’union de Michel Chartrand et de Marie Louise Simonne Monet, fille du juge Amédée Monet et de Berthe-Aurore Alain, de la paroisse St-Germain d’Outremont.  Lors de son mariage, Michel est gérant d’imprimerie et demeure en la paroisse St-Louis-de-France.   De cette union naissent sept enfants :  Marie – Mance – Micheline, l’aînée, est née le 11 mars 1943; Héléna, née le 30 janvier 1944,  épouse Gilles Deslauriers (Arthur et Cécile Beauvais), le 17 juillet 1965 St-George, Longueuil, Chambly,Qc ; Marie-Andrée, née le 8 décembre 1944, meurt accidentellement le 3 mars 1971, à l’âge de 26 ans; Louis-Lionel-Alain, naît le 1er février 1946.  Il porte le nom de Louis en l’honneur de son grand-père Louis Chartrand, de Lionel en l’honneur du chanoine Lionel Groulx et d’un frère de Michel, décédé, et Alain en l’honneur du grand-père maternel.  Alain Chartrand, cinéaste, réalise « Simonne et Chartrand », série sur la vie de ses parents, diffusée à Télé-Québec;  Suzanne-Geneviève est née le 3 janvier 1948 ; Madeleine naît le  21 avril 1953 et enfin le cadet de la famille, Dominique, naît le 9 juillet 1954.

S’opposant à la circonscription,  Michel Chartrand rejoint les rangs du Bloc Populaire Canadien, le 8 septembre 1942, alors dirigé par Maxime Raymond.  Membre fondateur de la Ligue de défense du Canada, Michel  participe à l’organisation d’un rassemblement au marché Saint-Jacques, à Montréal où quelque 10 000 personnes y assisteront.  À l’élection partielle du 30 novembre 1942, Michel Chartrand et Marc Carrière organisent la campagne du jeune avocat  Jean Drapeau, dans la circonscription d’Outremont. Michel s’y fait remarquer par son style oratoire.

En 1944 à l’École des parents, Michel et son épouse rencontrent le chercheur Burton Ledoux qui s’intéresse particulièrement aux maladies industrielles comme la silicose.  Le 6 novembre 1944, Louis Chartrand, père de Michel, décède à l’âge de 77 ans.  Il sera accueilli au cimetière Notre-Dame-des-Neiges le 9 novembre suivant (Secteur: B, No concession: 01984). Outre le syndicat, Michel Chartrand  participe à la fondation de la Caisse populaire Desjardins de Montréal-Sud (Longueuil, 1946).

Pendant toutes ces années, jusqu’en 1949, Michel travaille à plein temps comme typographe à la boutique de son père, l’Imprimerie Stella, rue de Brésole, dans le Vieux – Montréal.

Le 13 février 1949, 5 000 travailleurs de l’amiante de Thedford-Mines et Asbestos débutent une grève. Michel se documente sur le syndicalisme et encourage les grévistes. N’ayant pas froid aux yeux, Michel s’adresse à un policier qui l’avait dans sa mire de fusil : « Arrête de shaker, tu vas me manquer, crisse »

En 1950, M. Chartrand devient actif au sein de la Confédération des Travailleurs Catholiques du Canada (CTCC). Il est organisateur pour la Fédération nationale du vêtement de la CTCC, d’août 1950 à décembre 1951 puis il est agent d’affaires au Conseil central de Shawinigan.  Il est  arrêté par la Police provinciale alors qu’il intervient dans la grève des travailleurs de l’Alcan de Shawinigan (1951).

Michel Chartrand travaille pour régler la grève des employées du vêtement de la Classon de Victoriaville et Sherbrooke, en 1952. Il est tour à tour responsable de la mobilisation des syndiqués de pour les travailleurs et travailleuses  de la Wabasso (Shawinigan et de Grand-Mère) et  agent d’affaires pour le syndicat dans la grève Rubin à Sherbrooke.  Michel  est arrêté incarcéré de février à juin.  Après la grève de Dupuis Frère pour faire reconnaître le syndicat, Michel Chartrand  devient agent d’affaires pour le Syndicat du commerce.  Il participe à l’organisation du syndicat des travailleurs du textile de la Celanese de Sorel et organise des séances de formation syndicale pour la CTCC avec le responsable, Fernand Jolicœur.  Le 10 décembre suivant, il y a Proclamation de la Loi de l’émeute à Louiseville.

Le 15 mai 1953, Michel Chartrand est un des membres fondateurs du Syndicat des employés permanents de la CTCC et fait partie du premier comité de direction.   Engagé comme propagandiste temporaire à la CTCC,  Michel Chartrand est congédié puis rétabli dans ses fonctions à la suite de la décision du tribunal d’arbitrage présidé par Pierre Elliott Trudeau en octobre 1954. À cette époque, c’est Jean Marchand qui est secrétaire général de la CTCC.  Michel participe à la grève des travailleurs de la Belgo de la Consolidated Paper en 1955, puis de la Canadian Resins, Canadian Carborandum, Dupont en 1956.

En 1956, M. Chartrand se joint au Parti Social Démocratique (PSD) du Canada dont la chef est  Madame Thérèse Casgrain. Ce parti deviendra plus tard le Nouveau parti démocratique.    Sollicité par Jean-Paul Geoffroy, Gérard Pelletier et Pierre Trudeau, Michel Chartrand adhère à la Cooperative Commonwealth Federation (CCF).

En 1957, Michel participe à la grève des travailleurs de l’Alcan à Arvida et soutient les 7000 manifestants de la Gaspé Copper Mines (Noranda) à Murdochville.  Cette même année,  il est aussi le «chauffeur» de Gérard Picard, président de la CTCC.  L’année suivante, M. Chartrand est élu membre du conseil d’administration de la Caisse populaire des Syndicats nationaux de Montréal.

En 1959, M. Chartrand est candidat à l’élection partielle provinciale pour le PSD au Lac Saint-Jean.  Il recueille 3286 votes pendant que le candidat de l’Union nationale de Maurice Duplessis obtient 8489 voix.  En 1960, il aménage une imprimerie ‘les Presses sociales’ dans un local près du PSD à Montréal, puis en loue une dans le Vieux – Montréal, angle Saint-François-Xavier et Saint-Alexandre.

En 1960, Chartrand prend part à de nombreuses manifestations organisées pour la paix dans le monde. Il participe à la fondation du Parti socialiste du Québec et supporte les mouvements pour la souveraineté du Québec.  Étant un croyant catholique, Chartrand ne s’identifiera jamais aux communistes, préférant le socialisme ou le socialisme chrétien.

Mme Hélène Patenaude-Chartrand, mère de Michel, décède le 26 janvier 1962, à l’âge de 89 ans. L’année suivante, il est arrêté pour avoir distribué des tracts sur la voie publique, à Trois-Rivières, avec sa fille Marie-Andrée. En 1965 Michel est parmi les célébrants du 1er Mai, fête des travailleurs à Montréal, tradition internationale qui avait été abandonnée en Amérique du Nord depuis la guerre.

De 1968 à 1978, Michel Chartrand revient au syndicalisme.  Il occupe le poste de président du Conseil central des syndicats nationaux de Montréal, affiliés à la CSN. Pendant ces années, différentes instances judiciaires ont déterminé que certains syndicats sont liés  avec la mafia montréalaise.  Sa vie est alors menacée par un tueur à gages en 1970.

Vers la fin des années 1960, il soutient le Front de Libération du Québec (FLQ), et déclare : « Nous allons gagner parce qu’il y a plus de gars prêts à tirer sur les membres du parlement, qu’il n’y a de policiers ».  Le 16 octobre 1970, la Crise d’Octobre éclate et Michel est emprisonné en vertu de la Loi des mesures de guerre.  Il sortira après 4 mois de détention, soit le 16 février 1971, deux semaines seulement avant le décès de sa fille Marie-André.

En février 1983, Michel C. et une quarantaine de personnes mettent sur pied  la Fondation pour l’Aide aux Travailleuses et aux Travailleurs Accidentés (FATA).  Son épouse Simonne Monet décède en 1993. Quelques années plus tard, en 2003, Télé-Québec publie une biographie  documentaire romancé du couple Chartrand-Monet.

Michel Chartrand définit lui-même son engagement public et celui de sa femme : « On était deux jeunes, à 22 et 24 ans, revendicateurs, on n’acceptait pas cette société-là. On voulait changer le système politique, on voulait changer les gouvernements. » (…)

De son côté, Simonne est pour la conciliation mais un jour elle dira sur la violence… « … se choquer une bonne fois contre une injustice, piquer une bonne colère, là… T’sais, quand le Christ est arrivé dans le Temple qu’il a sacré tout ça par terre, Il y allait pas mal à la Chartrand» (…)

Lise Jolin

Sources :

Ancestry.ca

BMS2000 v9

http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Chartrand#Bibliographie_et_Vid.C3.A9ographie

http://membres.lycos.fr/quebecunpays/MICHEL-CHARTRAND-SIMONE-MONET.htm

http://www.nosorigines.qc.ca/GenealogieQuebec.aspx?genealogie=Chartrand_Michel&pid=4519&lng=fr

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