L’enquête sur l’affaire de Sainte-Anne-­des-Plaines est terminée

Derniere partie de la malheureuse histoire de la petit Marie-Odile…

Une analyse fut donc effectuée dans des laboratoires spécialisés de Montréal et les résultats furent gardés secrets un certain temps. Cest le 7 avril que le malheureux incident est survenu et ce nest que le 2 juin suivant, en 1892 toujours, que le journal LÉcho des Deux-Montagnes annonça la fin de l’enquête dont chacun, dans la région, avait bien hâte de connaître les résultats.

Peu de temps après l’enquête du docteur Mignault le coroner, nous avions appris de la bouche du détective Gladu, le cousin de M. Jean Latour, le père de la malheureuse victime, que lautopsie pratiquée sur la dépouille de Marie-Odile avait révélé que la petite fille n’avait pas de vers comme l’avait cru son père.

En outre, une des personnes mêlées de très près à l’enquête aurait même déclaré à qui voulait bien lentendre que la deuxième «prise» préparée à lintention de la jeune enfant par le docteur Gaudet, de Sainte-An­ne-des-Plaines, aurait contenu un produit capable d’empoisonner 60 chiens. Toute la population de la paroisse fut profondément troublée par de telles révélations et vint près de sombrer, un court moment, dans la panique.

Voici maintenant en quels termes LÉcho des Deux-Montagnes parlait de la fin de l’enquête, dans son numéro du 2 juin 1892…

Voici la suite et la fin de cette terrible histoire…

« L’enquête sur l’affaire de Sainte-Anne­des-Plaines est terminée. On sait que le 7 avril dernier, l’enfant de M. Jean Latour, âgée de deux ans et sept mois, expirait après avoir pris des prises que lui auraient été données par le docteur Gaudet de la même paroisse. Le médecin aurait donné par erreur, du poison à l’enfant.»

«Les intestins de la victime et le reste des prises furent envoyées à Montréal par le docteur Mignault et analysées par le docteur Fafard qui constata qu’en effet c’était un poison. Le docteur Gaudet soutient que ce ne sont les mêmes prises que celles quil avait données. »

«Le jury a rendu un verdict d’homicide involontaire et le docteur Gaudet a donné caution pour comparaître et subir son procès au prochain terme de la Cour dassises à Sainte-Scholastique. »

Cette courte note, parue dans un hebdo­madaire régional, était signée par un corres­pondant de Sainte-Anne-des-Plaines qui répondait au nom de «Nicolas». Le reportage ou compte-rendu se terminait par cette courte phrase qui en disait bien long… « Cette affaire fait sensation dans notre paroisse. »

La plupart des paroisses de la région ont connu de ces histoires semblables qui, presque cent ans plus tard parfois, font encore parler les plus vieux. Et dans la plupart de ces dossiers souvent délicats, on discute encore de la culpabilité des uns et des autres. Il y a de nombreux procès qui devraient être rouverts…