Un grand malheur frappe Jean Latour

Une lectrice m’a envoyé cet article écrit par Gilles Boileau en 1988 dans le Nord-Info.

C’est donc une histoire vraie qui s’est passée à Sainte-Anne-des-Plaines.

Un grand malheur frappe Jean Latour

Le tragique événement dont nous allons prendre connaissance aujourd’hui remonte au mois d’avril 1892 et est survenu à Sainte-Anne-des-Plaines. Nous allons tenter de reconstituer les faits en utilisant ce qui avait été écrit à cette époque dans les pages de l’Écho des Deux-Montagnes, hebdomadaire régional alors publié à Sainte-Scholastique.

C’est donc dans la journée du 7 avril 1892 que M. Jean Latour, habitant de Sainte-Anne-des-Plaines, s’est rendu auprès du docteur Gaudet, de la même localité. Il semble que le dénommé Latour soit allé chez le docteur Gaudet pour deux raisons fort différentes. En effet, en plus de pratiquer la médecine, M. Gaudet était aussi reconnu comme un marchand général. D’ailleurs le journal parle de lui en ces termes… « le docteur Gaudet fait le commerce général tout en pratiquant la médecine. »

Latour aurait d’abord transigé certaines affaires avec Gaudet avant de lui souligner que sa toute petite fille Marie-Odile, âgée de seulement deux ans et sept mois, devait avoir des vers… et qu’il aimerait bien avoir des « losanges » pour éliminer ces affreuses bestioles de l’organisme de son enfant.

Le docteur-commerçant Gaudet répondit à Latour qu’il n’en avait pas mais qu’il était en mesure de lui fournir un remède de son invention fort supérieur aux losanges. Il se mit donc en frais de préparer deux « prises » à l’intention de la jeune Marie-Odile. L’une devait être donnée le soir et l’autre le matin. Jean Latour fit donc confiance au docteur Gaudet.

Le soir venu, il administrait à son enfant la première dose ou la première « prise », tel que convenu. Malheur! A peine avait-elle pris ce remède, que la jeune Marie-Odile se mit à pousser des hurlements que les voisins durent certainement entendre. En l’espace de quelques minutes ses dents se mirent à noircir, ses mâchoires se contractèrent et à peine une vingtaine de minutes après avoir pris l’étrange remède elle expirait en se tordant de douleurs et au milieu d’affreuses convulsions.

La suite la semaine prochaine…