Le droit du Québec d’exister

Voici la traduction du texte de James Laforest, un petit cousin fort éloigné, rencontré virtuellement quand il m’avait écrit un commentaire sur la version anglaise de ce blogue l’année deisrnière.

Il avait une ancêtre Lagacé dans son arbre, Léocadie Meunier dit Lagacé, une 4e cousine à 4 générations.

Je n’avais pu résister à la tentation de lui répondre

Je vais prendre le temps pour traduire son texte, sans en trahir le sens original, surtout après ce message laissé par une lectrice ce matin.

Bonjour Pierre,
 
J’aurais aimé pouvoir apprécier le texte en anglais que tu as publié sur ton blog, mais mon anglais n’est pas assez bon. Je pense le passer au traducteur Google, mais des fois le résultat est bizarre.
 
Je me suis couchée tard hier et j’ai pleuré pendant le discours de Pauline Marois. Quelle tristesse qu’une femme si dévouée au Québec termine sa carrière par une telle défaite. Je pense toutefois que c’est mieux pour elle, car elle n’aura pas à vivre la contestation de son leadership par les jeunes loups qui se sont pointés sur la tribune avant son discours.
 
Françoise David a posé d’excellentes questions à Philippe Couillard, son gouvernement aura à en répondre. Je n’oublie pas que Philippe Couillard lorsqu’il était ministre de la Santé a amendé des lois pour faire plus de place au privé dans la santé. Quelques semaines plus tard, il partait travailler au privé. Cela me semblait un manquement grave à l’éthique. Je n’ai pas encore consulté les journaux mais 40 % du suffrage qui donne une telle majorité de députés me laisse perplexe. C’est une élection qui s’est jouée à trois dans plusieurs comtés. Les majorités écrasantes ont été plus rares.
 
Il  nous reste à espérer que le court purgatoire du Parti libéral a porté fruit et que les mœurs politiques seront assainis sous l’impulsion de la Commission Charbonneau et d’une bonne opposition.
 
Pour le reste, il faut que je prenne du recul et que je digère tout ce qui s’est passé durant cette période électorale.
Lise-Andrée Morin
comp018
Traduire ça aide la digestion…

Vous pouvez bien sûr laisser vos commentaires, que vous soyez pour ou contre l’opinion de James.

Juste rester poli dans vos commentaires.

The Fleur de lis is perhaps the most widely recognized symbol of French heritage in North America. This flag is was designed by artist Simon Beaudry. "Drapeau monolys" 2008.

Le Fleur de lis est sans doute le symbole le plus connu de l’héritage français en Amérique du Nord. Ce drapeau a été crée par l’artiste Simon Beaudry. “Drapeau monolys” 2008.

La prochaine élection (celle du 7 avril 2014) au Québec a animé les discussions autour d’un autre référendum probable sur la souveraineté si la Première ministre Pauline Marois était réélue avec une majorité de sièges. Selon les sondages, la plupart des Québécois ne veulent pas présentement d’un autre référendum, et on a fait couler beaucoup encre afin d’alarmer la province en brandissant ce spectre.

Bien qu’il ait bénéficié à court-terme d’avoir établi un lien entre l’élection de Marois et un éventuel référendum, le chef du Parti libéral, Philippe Couillard, a été néanmoins obligé de clarifier sa propre vision de la place du Québec dans le Canada. Il a affirmé qu’il exigerait la reconnaissance d’un statut unique au Québec au sein du Canada tout en énonçant clairement qu’il n’appuyerait jamais un Québec indépendant.

Cependant, alors même qu’il affirme ceci publiquement, il est aussi en train de mettre la table, comme il l’a fait dans cet article de la Gazette du 19 mars 2014 (March 19, 2014 in the Montreal Gazette), pour s’y opposer en sapant le processus et la légitimité d’un éventuel ou potentiel référendum tel qu’il serait mis en branle par n’importe lequel gouvernement du Parti québécois.

Philippe Couillard fait une excellente démonstration de pourquoi un Canadien français vivant aux États-Unis serait non seulement en faveur d’un gouvernement du PQ, mais aussi pour un futur Québec indépendant. Ce que Couillard est en train de dire est qu’il ne fait pas confiance à des Québécois francophones d’être maîtres chez eux en tant que pays indépendant ou d’arriver à cette étape par des moyens honnêtes. Et par surcroît, il relègue l’héritage du peuple canadien-français partout en Amérique du Nord dans les ténèbres de l’Histoire : des perdants et des chialeux ingrats.

Cette mentalité a été répétée ad nauseam depuis des décennies – en fait depuis des siècles – depuis qu’une majorité anglophone ait commencé à instaurer son hégémonie culturelle dans les territoires où jadis résonnaient les langues de Thayendanegea, de Tecumseh, de Cartier, de Brûlé, de Riel, et de Pontiac.

Il pourrait être instructif pour quelques supporters contemporains de Couillard de regarder le vécu des communautés canadiennes-françaises aux États-Unis afin d’en tirer une morale. Bien que notre culture demeure encore vibrante, ce n’était pas dans un vacuum que nous avons (pour la plupart) perdu notre langue. Ce n’est pas par accident que la continuité de notre culture est souvent fragmentée et ‘anglicisée’ de telle sorte que mon grand-père, né dans une famille parlant canadien-français à Détroit en 1901, aurait été incapable de comprendre la langue.

Ce n’est pas uniquement l’assimilation qui incite les gens à changer leurs noms et essayer de se dissocier d’une culture honorable vieille de plusieurs siècles. C’est la conscience intuitive que votre propre nom vous limitera dans une culture où la majorité vous perçoit comme un "autre" et un citoyen de seconde classe. Ceci fait partie de l’histoire des Canadiens français au Michigan. Ainsi, bien que je trouve difficile d’accepter quelquefois l’ignorance de mes cousins du Québec au sujet de notre histoire d’ici, c’est en regardant ma propre histoire que cela m’aide à admirer les raisons qui font que les souverainistes soient si dédiés à leur cause et font preuve d’introspection afin d’assurer leur survie.

Il y a maintenant 300 ans que mes ancêtres quittèrent le Québec pour la région des Grands-Lacs. Je suis encore un Canadien français. Mais je ne parle pas le français de Champlain (ou celui de mon grand-père); rare est la chance de vivre une immersion complète dans la culture canadienne-française. Si vous êtes satisfait avec le fait que vos petits-enfants sachent uniquement qu’une tourtière n’est qu’un simple pâté à viande servi le Jour de l’An, alors viser un futur Libéral. Mais soyez bien conscient que  – c’est la route qui mène à la perte d’une culture. C’est un processus graduel, mais ce n’est pas un lent processus. Une génération suffit généralement pour perdre une partie substantielle de la mémoire commune.

Je suis fier d’être Canadien français. Je travaille tous les jours afin d’essayer de sensibiliser les gens à notre culture dans la région des Grands-Lacs. Très peu d’Américains connaissent la politique au Québec et les médias du Canada anglais réussissent très bien à peindre un portrait très laid des leaders du Québec. Je suis certain que beaucoup plus d’Américains, par exemple, ont entendu parler de la Charte que de la Commission Charbonneau.

Voilà donc mon explication. Si j’étais un Québécois, j’appuyerais Pauline Marois comme Première ministre et le Parti québécois dans ses efforts pour définir et structurer la société québécoise dans un monde moderne. Je crois à l’égalité (et je sais que nous les Canadiens français sommes souvent vus comme moins égaux); je crois aux droits linguistiques (et je sais que des générations de Français, de Métis, et de Premières Nations furent privés de ce droit inaliénable); je crois en des gouvernements progressifs et laïques (et je vois ceci clairement cela dans l’approche face à l’environnement.)

Il y a beaucoup de raisons pour croire à un Québec souverain et à défendre ses leaders qui y croient également. Mais à la fin de cette journée, il n’y a qu’une seule raison dont vous avez besoin pour voter: je crois au droit du Québec d’exister selon ses propres conditions. Bon courage, mes cousins – nous sommes avec vous.

 

comp018
J’ai fini de digérer…