Arrêtez-moi quelqu’un – Prise 7

Arrêtez-moi quelqu’un est une nouvelle série de billets en vue d’arrêter d’écrire sur Nos ancêtres et d’écrire sur Nos ancêtres II.

Un peu comme arrêter de fumer.

 

Frozo 003 Aline et Lucille 1956

Ce sont deux petites-filles de Léon Sauvé: Aline et Lucille.

On serait en 1955. C’est ma cousine Jeannine Meloche qui avait cette photo et quelques-unes.

Ma mère et Lucille portaient le deuil.

Leur mère Rosina Quesnel était décédée en février 1955.

Rosina_Quesnel

La photo des deux sœurs fumeuses serait prise en automne 1955 juste à voir les arbres sans feuilles. Mon frère avait fait sa Première Communion en juin et on avait sans doute voulu immortaliser le tout sur pellicule un peu plus tard.

Gilles Lagacé Jeannine Meloche Pierre Cholette

Ma mère ne m’a jamais parlé de Léon Sauvé. Je n’aurais probablement pas porté attention en 1955.

Pierre 032

Pow pow té mort…

J’avais 6 ans et j’étais un petit peu baquet…

59 ans plus tard, et un peu moins baquet, un petit cousin éloigné m’a écrit sur Facebook comment Léon Sauvé était mort.

Léon Sauvé

Tué raide par la deuxième ruade d’un cheval.

La première ruade l’avait raté de peu.

Cette histoire vient de la fille de Léon, la sœur de mon grand-père Euclide, et m’a été raconté samedi sur mon Facebook.

000 Marie-Ange Sauvé soeur d'Euclide

La belle Marie-Ange Sauvé que ma mère appelait ma tante Marie-Ange

Ma mère n’a pas tellement parlé de sa matante.

Je ne raconte pas tout sur mon blogue, de même que je ne vous montre par toutes les photos de mes ancêtres. Ce que je peux partager par contre c’est la joie ressentie par mon lointain petit cousin d’avoir retrouvé de vieilles photos de Marie-Ange, de ses ancêtres et aussi des nôtres.

Arrêtez-moi quelqu’un… – Prise 6

Samedi soir, sur Facebook, j’ai appris comment Léon avait vu la lumière au bout du tunnel.

Léon Sauvé

Je ne savais presque rien sur mon arrière-grand-père Léon Sauvé, encore moins comment il était mort. Je l’ai appris hier de la bouche du cheval sans sombrer dans le sens de l’humour noir.

Je vous en reparle demain pour la suite d’Arrêtez-moi quelqu’un…

Léon_Sauvé

8 septembre 1918

Arrêtez-moi quelqu’un… – Prise 5

Même si je vous avais dit que je partais…

Il restera toujours des faits à découvrir.

Déjà 7 ans presque jour pour jour que mon frère m’apportait ces vieilles photos.

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C’est à ce moment que ma quête pour mes ancêtres et les vôtres a débuté.

Sept ans, dont six à écrire Nos ancêtres et cinq à écrire Our Ancestors.

J’arrêterai quand je verrai la lumière au bout du tunnel.

Hier j’ai appris comment Léon avait vu cette lumière.

Léon Sauvé

Êtes-vous des descendants de Marguerite Lagacé ? – Prise 2

Voici en reprise le billet écrit le 11 janvier 2010.

Êtes-vous des descendants de Marguerite Lagacé ? – Prise 2

C’est la fête de mon frère Gilles aujourd’hui.

Nous sommes tous le deux nés en 1948. Ce qui fait de nous des Irish twins…

Je devais vous parler aujourd’hui des Lagacé des États-Unis… sauf que je suis allé voir ma tante Fleurette samedi.

1940 à Ste-Thérèse
Fleurette tient la petite fille…

J’ai retrouvé ma tante l’année dernière après 45 ans grâce à mon frère qui avait rencontré par hasard une petite cousine…

Toute une histoire.

Fleurette n’aime pas que je l’appelle ma tante, mais plutôt Fleurette. Elle ne veut pas que je la vouvoie non plus.

Fleurette demeure dans une résidence à Montréal. Nicole et moi sommes allés dîner avec elle samedi.

Je devais y aller avant les Fêtes, mais j’avais une petite grippette, rassurez-vous rien comparable à la H1N1… dite grippe porcine.

On a parlé un peu de généalogie…

Elle ignorait que notre ancêtre André Mignier dit La Gâchette s’appelait comme ça.

Elle m’a raconté que le chauffeur du transport adapté l’appelait Madame Lagasse et qu’elle n’aimait pas ça. Fleurette est une personne fière.

Je lui ai donc raconté l’histoire du surnom et que ça n’avait rien à voir avec le fait d’agacer quelqu’un ou de l’être…

On a aussi parlé des gens âgés.

Elle m’a raconté comment elle avait été flouée par un bijoutier qui avait changé son diamant sur sa bague.

Il avait écrit réparation de bague sur la facture. En voyant la substitution, elle est retournée le voir. Il lui a dit qu’il n’avait jamais vu la bague en question, mais qu’il avait plutôt réparé la bague avec un rubis qu’elle avait sur l’autre doigt…

Elle m’a dit que le diamant était un 35 points, mais moi je n’y connais rien là-dedans.

Ce que je sais par contre, c’est que des salauds profitent des gens âgés.

En quittant, Fleurette nous a dit que, pour elle, notre visite avait été son Noël et son Jour de l’An.

Elle nous aussi dit qu’elle aimait les chocolats aux noix et qu’elle n’était pas diabétique.

Quelle chance !

Nicole et moi savons quoi lui apporter pour la Saint-Valentin…

Quel est le rapport avec Marguerite Lagacé…?

Fleurette m’a demandé si j’avais contacté la famille de sa tante Marguerite. Marguerite était la soeur de son père Léo Lagacé Senior. Elle l’avait vue la dernière fois en 1938 alors qu’elle avait 7 ans. Fleurette demeurait dans une belle grande maison à St-Hyacinthe avant que son père ne… vous savez le reste de l’histoire…

Du jour au lendemain, la famille s’est retrouvée dans la rue.

Quant à Marguerite Lagacé, elle s’est mariée avec Philippe Lord le 20 juin 1887 à Notre-Dame de Stanbridge dans le comté de Missisquoi. Léo Senior n’était pas encore au monde.

J’ai trouvé ces enfants de Marguerite Lagacé et de Philippe Lord :

Philippe Lord
René Lord
Albert Lord
Aldéi Lord
Lucien Lord.

Philippe a marié Adéla L’Hérault en 1912.
Albert a marié Marie Robert.
Aldéi a marié Marie-Paul Bilodeau.
Lucien a marié Rose-Aimée Perreault.

Dans le recensement de 1911, Marguerite est veuve. Son fils Philippe est surintendant dans une manufacture de laine. Albert est journalier également dans une manufacture de laine. Aldéi et Lucien sont des écoliers.

Je retrouve la famille en 1901. Philippe est vivant à ce moment-là. On dit qu’il est né aux États-Unis. Il travaillerait dans une fabrique de laine, mais l’image du recensement est floue.

J’ai promis à Fleurette que j’essayerais d’entrer en contact avec des descendants.

Je pense que j’ai fait un bel effort, non?

Si vous connaissez Marguerite Lagacé ou toute autre personne que j’ai mentionnée, faites-moi signe en m’écrivant un petit commentaire tout juste en bas.

Si vous avez en plus des photos, alors ça serait « winner ».

Fin du billet…

Il s’en est passé des choses depuis le 11 janvier 2010 dans ma vie et dans celle de mon frère. Je ne vous compte pas tout sur mon blogue qui a de moins en moins de place pour ajouter de nouvelles photos. Je vais donc un jour me résigner à aller sur Nos ancêtres II où j’écris peu. Si j’écris peu sur mon blogue Nos ancêtres c’est que je réfléchis beaucoup et que j’écris beaucoup sur mes autres nombreux blogues.

Pourquoi tant écrire depuis 2008 et sur tant de sujets…? Pourquoi vouloir écrire sur un cendrier envoyé en cadeau à Napoléon Lévi Lagasse, le grand-père de Dennis Lagasse IV qui avait une centaine de photos qu’il a partagées?

Se poser la question c’est y répondre.

Je pourrais vous dire pourquoi je ne vois plus ma tante Fleurette.

Je pourrais vous dire qu’elle me faisait trop penser à mon père. Je pourrais vous l’écrire, mais j’ai peur que vous ne compreniez mal le message. Je préfère donc me taire en ce beau dimanche matin et vous dire que je n’écrirai pas sur le cendrier d’Aldéi.

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Sommaire de l’arbre

Voici ce que ça donne d’avoir attrapé la piqûre pour la généalogie en 2007…

Assez impressionant pour ne pas dire apeurant!

effroi 2

En date du 13 mai 2014

Sommaire de mon arbre familial sur Ancestry.

    33439 Personnes
    4523 Photos
    140 Histoires
    431 Documents
    209 Commentaires
    0 Audio
    0 Vidéos

4523 photos dont celle-ci.

Émile et Julia33439 personnes, dont la dernière descendante que j’ai inscrite hier soir, avait découvert mon blogue Nos ancêtres et avait partagé sa découverte avec son conjoint.

Sa grand-mère est Juliette Métayer, qui est la sœur d’Émile Métayer, qui est le grand-père de mon père, donc ils sont petits cousins car ils ont le même arrière-grand-père en commun qui est Édouard Métayer.

Voilà ce que ça donne d’avoir attrapé la piqûre pour l’écriture de blogues en 2008…

Assez impressionant pour ne pas dire apeurant!

effroi_by_julie_rc

En plus je ne raconte pas tout, et jamais sans votre permission.

Laissez-moi toujours un commentaire quand vous découvrez vos ancêtres, car vous ne savez pas ce que vous manquez…

famille Métayer circa 1912

En 1914 Édouard-Elzéar Métayer était venu rendre visite à son fils Édouard lors de la Première Communion de son petit-fils Paul.

1912 enfants métayer

Sa grand-mère est Juliette Métayer, qui est la sœur d’Émile Métayer, qui est le grand-père de mon père, donc ils sont petits cousins car ils ont le même arrière-grand-père en commun qui est Édouard Métayer.

Ma grand-mère Juliette est à côté du petit Paul…

Pas sérieux…

levi-ashtray-2-e1392830049864Pas sérieux pour deux cennes que mon blogue interminable sur nos ancêtres.

Faut pas me prendre au sérieux sauf quand j’aborde le sérieux sujet de la généalogie comme le cendrier d’Aldéi Lord.

Je vous reviendrai seulement la semaine prochaine par contre question de ne pas vous bombarder de billets toute la semaine.

Note
Pour les curieux, l’épisode de Mission impossible ce matin sur Prise 2…
L’Échange (The Exchange) : Lors d’une mission derrière le Rideau de Fer, Cinnamon est capturée et interrogée. Le seul moyen de la faire sortir est de l’échanger contre un prisonnier politique.

Angelina Renaud

Angelina Renaud, la mère de ma grand-mère Juliette Métayer, est décédée le 30 août 1940, soit huit ans avant ma naissance. J’aurais beaucoup aimé jaser avec elle…

2008-02-28 famille Metayer circa 1912 1940 + 8 = 1948…

On la voit ici sur cette photo de famille prise au printemps 1914. Son beau-père Édouard-Elzéar Métayer est devant elle.

Édouard-Elzéar Métayer

C’est la cousine de mon père qui avait partagé cette photo. Elle avait aussi celle-ci…

1912 enfants métayer

Ma grand-père Juliette est dans la première rangée à côté de son petit frère Paul qui faisait sa Première Communion. Paul est mort en 1928, la même année de son père Édouard.

Édouard Métayer

La cousine de mon père avait aussi partagé les traits de caractère d’Angelina.

Angelina passait à l’occasion des petites remarques sur l’union de fait des parents de ma cousine. Je me demande si Angelina savait que son mari Édouard, à sa gauche (à droite sur la photo) était né "prématuré" cinq mois après le mariage d’Édouard-Elzéar Métayer et Philomène Dupont en avril 1869 à l’Île d’Orléans. Édouard-Elzéar s’était remarié, et sa 2e femme avait "shippé" son beau-fils à Montréal chez son beau-frère François-Xavier Métayer (à la gauche de son frère ou à droite sur la photo).

F.-X. Métayer

Je demande aussi si Angelina passait des petits commentaires sur mon grand-père Léo Senior le gars de party qui avait "supposément" mis enceinte une de ses employées de manufacture (Juliette pour ne pas la nommer).

Juliette et Léo

La triste histoire de mon père commence là, une journée de novembre 1926 avec la passion dévorante de mon gars de party pour une belle employée.

L’amour c’est plus fort que la police…

Tout ça pour vous parler de la mère d’Angelina Renaud, Cordélia Monette.

2009-03-21 mere angelina renaud

Cette photo faisait aussi partie du lot de photos de la cousine de mon père qui avait aussi partagé ses souvenirs de grand-mère, son père étant le frère de Juliette.

Il se rattache toujours plein d’histoires derrière une photo.

C’est pourquoi j’aime partager avec vous depuis 2008 mes réflexions.

Pierre 079

Léo Junior allait avoir ses 13 ans le lendemain quand sa grand-mère Angelina est morte…

D’une mère à l’autre – Prise 2

Pas que je manque de temps, mais je vous remets mon 991e billet écrit l’année dernière pour la Fête des mères.

Celui-ci sera donc le 1218e. Je sais que je dis tout le temps que je devrais arrêter, mais je dis ça tous les ans.

Billet original

Cliquez ici

Extrait

Quand elle a commencé à s’intéresser à la lignée de ses ancêtres, Francine Cousteau Serdongs a découvert que les femmes sont pratiquement invisibles dans les arbres généalogiques. Depuis, elle mène sa barque à contre-courant pour sortir nos aïeules de l’anonymat.

Dans une forêt d’arbres généalogiques où foisonnent les lignées de nombreuses familles québécoises, les femmes semblent cachées dans le feuillage. Quand la brise nous dévoile ici et là le nom d’une lointaine aïeule, c’est le plus souvent pour son rôle de «mère de » ou d’« épouse de » celui qui nous a transmis son « nom de famille ». Mais la marque des femmes comme pionnières, puis comme porteuses d’un héritage culturel et familial, passe inaperçue.

Quelle est votre pionnière utérine?

Rosina Quesnel avec Aline (3 mois)

Ma mère Aline âgée de trois mois dans les bras de sa mère Rosina Quesnel

Élise Chartrand

Élise Chartrand, la maman de Rosina Quesnel

 lignée matrilinéaire Angèle Lalondela maman d’Élise Chartrand

lignée matrilinéaire Rose Legrosla maman d’Angèle Lalonde

lignée matrilinéaire Marie LorrainMarie Lorrain, la pionnière utérine de Rose Legros

 

Fin du billet original modifié un peu…

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Dernier billet sur ce blogue

Je tourne la page sur ce blogue avec ceci… qui donne suite à ceci.

L’histoire peut attendre au cégep

On efface tout et on recommence. Si ce réflexe d’un nouveau gouvernement peut se révéler improductif et démotivant, il y a un dossier que Philippe Couillard et son futur ministre de l’Enseignement supérieur peuvent se permettre de revoir et de repousser pour le bien de tous : l’introduction d’un cours obligatoire d’histoire dès septembre prochain, dans les cégeps.

 

La Fédération des cégeps met un frein au nouveau cours

d’histoire

Le nouveau cours d’histoire au collégial a du plomb dans l’aile. Après avoir consulté ses membres, la Fédération des cégeps a remis un avis défavorable au projet cher au Parti québécois et à son ex-ministre de l’Enseignement supérieur, Pierre Duchesne. En plus de mettre en question sa pertinence, elle considère qu’un examen complet de la formation générale doit être réalisé avant de procéder à des changements.

Philippe-Couillard

En passant de même, je viens de me rappeler le prénom du fils de nos voisins Couillard sur la rue de La Roche en 1955!

Michel…

Que de beaux souvenirs d’enfance.

Merci encore Michel pour les cartes de baseball.

 

Le droit du Québec d’exister

Voici la traduction du texte de James Laforest, un petit cousin fort éloigné, rencontré virtuellement quand il m’avait écrit un commentaire sur la version anglaise de ce blogue l’année deisrnière.

Il avait une ancêtre Lagacé dans son arbre, Léocadie Meunier dit Lagacé, une 4e cousine à 4 générations.

Je n’avais pu résister à la tentation de lui répondre

Je vais prendre le temps pour traduire son texte, sans en trahir le sens original, surtout après ce message laissé par une lectrice ce matin.

Bonjour Pierre,
 
J’aurais aimé pouvoir apprécier le texte en anglais que tu as publié sur ton blog, mais mon anglais n’est pas assez bon. Je pense le passer au traducteur Google, mais des fois le résultat est bizarre.
 
Je me suis couchée tard hier et j’ai pleuré pendant le discours de Pauline Marois. Quelle tristesse qu’une femme si dévouée au Québec termine sa carrière par une telle défaite. Je pense toutefois que c’est mieux pour elle, car elle n’aura pas à vivre la contestation de son leadership par les jeunes loups qui se sont pointés sur la tribune avant son discours.
 
Françoise David a posé d’excellentes questions à Philippe Couillard, son gouvernement aura à en répondre. Je n’oublie pas que Philippe Couillard lorsqu’il était ministre de la Santé a amendé des lois pour faire plus de place au privé dans la santé. Quelques semaines plus tard, il partait travailler au privé. Cela me semblait un manquement grave à l’éthique. Je n’ai pas encore consulté les journaux mais 40 % du suffrage qui donne une telle majorité de députés me laisse perplexe. C’est une élection qui s’est jouée à trois dans plusieurs comtés. Les majorités écrasantes ont été plus rares.
 
Il  nous reste à espérer que le court purgatoire du Parti libéral a porté fruit et que les mœurs politiques seront assainis sous l’impulsion de la Commission Charbonneau et d’une bonne opposition.
 
Pour le reste, il faut que je prenne du recul et que je digère tout ce qui s’est passé durant cette période électorale.
Lise-Andrée Morin
comp018
Traduire ça aide la digestion…

Vous pouvez bien sûr laisser vos commentaires, que vous soyez pour ou contre l’opinion de James.

Juste rester poli dans vos commentaires.

The Fleur de lis is perhaps the most widely recognized symbol of French heritage in North America. This flag is was designed by artist Simon Beaudry. "Drapeau monolys" 2008.

Le Fleur de lis est sans doute le symbole le plus connu de l’héritage français en Amérique du Nord. Ce drapeau a été crée par l’artiste Simon Beaudry. “Drapeau monolys” 2008.

La prochaine élection (celle du 7 avril 2014) au Québec a animé les discussions autour d’un autre référendum probable sur la souveraineté si la Première ministre Pauline Marois était réélue avec une majorité de sièges. Selon les sondages, la plupart des Québécois ne veulent pas présentement d’un autre référendum, et on a fait couler beaucoup encre afin d’alarmer la province en brandissant ce spectre.

Bien qu’il ait bénéficié à court-terme d’avoir établi un lien entre l’élection de Marois et un éventuel référendum, le chef du Parti libéral, Philippe Couillard, a été néanmoins obligé de clarifier sa propre vision de la place du Québec dans le Canada. Il a affirmé qu’il exigerait la reconnaissance d’un statut unique au Québec au sein du Canada tout en énonçant clairement qu’il n’appuyerait jamais un Québec indépendant.

Cependant, alors même qu’il affirme ceci publiquement, il est aussi en train de mettre la table, comme il l’a fait dans cet article de la Gazette du 19 mars 2014 (March 19, 2014 in the Montreal Gazette), pour s’y opposer en sapant le processus et la légitimité d’un éventuel ou potentiel référendum tel qu’il serait mis en branle par n’importe lequel gouvernement du Parti québécois.

Philippe Couillard fait une excellente démonstration de pourquoi un Canadien français vivant aux États-Unis serait non seulement en faveur d’un gouvernement du PQ, mais aussi pour un futur Québec indépendant. Ce que Couillard est en train de dire est qu’il ne fait pas confiance à des Québécois francophones d’être maîtres chez eux en tant que pays indépendant ou d’arriver à cette étape par des moyens honnêtes. Et par surcroît, il relègue l’héritage du peuple canadien-français partout en Amérique du Nord dans les ténèbres de l’Histoire : des perdants et des chialeux ingrats.

Cette mentalité a été répétée ad nauseam depuis des décennies – en fait depuis des siècles – depuis qu’une majorité anglophone ait commencé à instaurer son hégémonie culturelle dans les territoires où jadis résonnaient les langues de Thayendanegea, de Tecumseh, de Cartier, de Brûlé, de Riel, et de Pontiac.

Il pourrait être instructif pour quelques supporters contemporains de Couillard de regarder le vécu des communautés canadiennes-françaises aux États-Unis afin d’en tirer une morale. Bien que notre culture demeure encore vibrante, ce n’était pas dans un vacuum que nous avons (pour la plupart) perdu notre langue. Ce n’est pas par accident que la continuité de notre culture est souvent fragmentée et ‘anglicisée’ de telle sorte que mon grand-père, né dans une famille parlant canadien-français à Détroit en 1901, aurait été incapable de comprendre la langue.

Ce n’est pas uniquement l’assimilation qui incite les gens à changer leurs noms et essayer de se dissocier d’une culture honorable vieille de plusieurs siècles. C’est la conscience intuitive que votre propre nom vous limitera dans une culture où la majorité vous perçoit comme un "autre" et un citoyen de seconde classe. Ceci fait partie de l’histoire des Canadiens français au Michigan. Ainsi, bien que je trouve difficile d’accepter quelquefois l’ignorance de mes cousins du Québec au sujet de notre histoire d’ici, c’est en regardant ma propre histoire que cela m’aide à admirer les raisons qui font que les souverainistes soient si dédiés à leur cause et font preuve d’introspection afin d’assurer leur survie.

Il y a maintenant 300 ans que mes ancêtres quittèrent le Québec pour la région des Grands-Lacs. Je suis encore un Canadien français. Mais je ne parle pas le français de Champlain (ou celui de mon grand-père); rare est la chance de vivre une immersion complète dans la culture canadienne-française. Si vous êtes satisfait avec le fait que vos petits-enfants sachent uniquement qu’une tourtière n’est qu’un simple pâté à viande servi le Jour de l’An, alors viser un futur Libéral. Mais soyez bien conscient que  – c’est la route qui mène à la perte d’une culture. C’est un processus graduel, mais ce n’est pas un lent processus. Une génération suffit généralement pour perdre une partie substantielle de la mémoire commune.

Je suis fier d’être Canadien français. Je travaille tous les jours afin d’essayer de sensibiliser les gens à notre culture dans la région des Grands-Lacs. Très peu d’Américains connaissent la politique au Québec et les médias du Canada anglais réussissent très bien à peindre un portrait très laid des leaders du Québec. Je suis certain que beaucoup plus d’Américains, par exemple, ont entendu parler de la Charte que de la Commission Charbonneau.

Voilà donc mon explication. Si j’étais un Québécois, j’appuyerais Pauline Marois comme Première ministre et le Parti québécois dans ses efforts pour définir et structurer la société québécoise dans un monde moderne. Je crois à l’égalité (et je sais que nous les Canadiens français sommes souvent vus comme moins égaux); je crois aux droits linguistiques (et je sais que des générations de Français, de Métis, et de Premières Nations furent privés de ce droit inaliénable); je crois en des gouvernements progressifs et laïques (et je vois ceci clairement cela dans l’approche face à l’environnement.)

Il y a beaucoup de raisons pour croire à un Québec souverain et à défendre ses leaders qui y croient également. Mais à la fin de cette journée, il n’y a qu’une seule raison dont vous avez besoin pour voter: je crois au droit du Québec d’exister selon ses propres conditions. Bon courage, mes cousins – nous sommes avec vous.

 

comp018
J’ai fini de digérer…