La peur dans nos campagnes…

Dernier billet qui traite de politique avant 2018.

La peur dans nos campagnes… sur un air connu.

La peur dans nos campagnes,
Ont entonné…

N’ayez pas peur, je ne vous la chanterai pas…

N’ayez pas peur non plus, c’est mon dernier billet avant le 8 avril.

On ne m’a pas réussi à me faire peur durant la campagne. Pas que je suis courageux de nature. Je n’aime même pas regarder les sports extrêmes à la télé. J’ai bien de ma misère à comprendre cet engouement bien que je puisse comprendre qu’on ne comprenne pas mon engouement pour la généalogie.

Cela dit, la peur a dominé toute la campagne comme elle dominait nos campagnes avant la défaite de 1759-1760. J’ignorais, avant que je m’intéresse à la généalogie, que l’armée anglaise avait saccagé nos campagnes avant sa glorieuse victoire sur les plaines d’Abraham Martin dit l’Écossais, un autre de mes lointains ancêtres…

Abraham Martin

Les exactions et les destructions

Cependant, les méthodes des Britanniques en Nouvelle-France furent aussi extrêmement cruelles lors de cette longue guerre. Il suffit de penser à la déportation des Acadiens et l’incendie de leurs fermes et de leurs maisons, sans oublier la façon dont les Britanniques ont traité les civils en les entassant comme du bétail dans des navires infects pour les envoyer «en territoire ennemi», en séparant les familles, alors que la moitié des déportés allait mourir de maladies et de privations. Au Canada, les troupes du général Wolfe furent aussi sans pitié. Wolfe avait comme mission de «nettoyer les côtes», ce qu’il fit avec un zèle ravageur. La moitié des villes du Canada fut détruite, la plupart des maisons et des fermes le long du Saint-Laurent ont été incendiées. Le général Wolfe avait mis à contribution les Rangers de la Nouvelle-Angleterre, dont la mission était d’incendier et de détruire sur leur passage toutes les habitations, de tuer tout le bétail et les chevaux, et de ravager entièrement les campagnes. En route vers Québec, alors qu’il traversait l’Atlantique, James Wolfe avait pris la décision, à bord du Neptune, un navire de guerre de 90 canons, de dévaster le pays. Voici ce qu’il écrivait à Amherst le 6 mars 1759, démontrant ainsi bien sa résolution dans un contexte qui avait été celui de la déportation des Acadiens : 

If, by accident in the river, by the enemy’s resistance, by sickness or slaughter in the army, or, from any other cause, we find that Quebec is not likely to fall into our hands (persevering however to the last moment), I propose to set the town on fire with shells, to destroy the harvest, houses and cattle, both above and below, to send off as many Canadians as possible to Europe and to leave famine and desolation behind me; but we must teach these scoundrels to make war in a more gentleman like manner.

[ S'il arrivait que, soit lors d'un accident maritime, soit par résistance de l'ennemi, soit par maladie, soit que nos troupes aient été décimées, nous réalisions que Québec malgré tous nos efforts, a peu de chance de tomber entre nos mains (en persévérant cependant jusqu'au dernier moment), je me propose de l'incendier par nos tirs de boulets, de détruire les récoltes, les maisons et le bétail, tant en aval qu'en amont, d'exiler le plus grand nombre possible en Europe, et de ne laisser derrière moi que famine et désolation; mais nous devons apprendre à ces crapules à faire la guerre d'une manière qui soit plus digne d'un gentilhomme.]

Wolfe mit ses menaces à exécution, mais non à la manière d’un gentilhomme. Non seulement le général anglais n’épargna aucune ferme sur les deux côtés du Saint-Laurent, mais les habitants qui résistèrent furent aussitôt tués, parfois pendus haut et court s’ils étaient pris avec des armes à la main. Wolfe n’hésita pas à l’occasion de demander à ses Rangers de scalper «à l’indienne» les habitants. Il fit incendier les villages abandonnés, même vides de femmes, d’enfants et de vieillards. Il ne faut pas oublier qu’il ne restait plus beaucoup d’hommes valides dans les campagnes. Tous ceux qui étaient en état de porter les armes, y compris de nombreux Acadiens, étaient rassemblés à Québec, à Carillon, sur le lac Ontario, à Niagara, dans les postes du lac Érié et de la partie de la vallée de l’Ohio. La ville de Québec fut pratiquement rasée, alors que l’armée française était stationnée à Beauport, et qu’il ne restait essentiellement que des civils à l’intérieur des fortifications. Le Canada vit périr le dixième de sa population.

Avant de prendre Québec, James Wolfe envoya aux Canadiens, à partir de l’île d’Orléans où son armée était cantonnée, un «Manifeste» destiné à assurer leur neutralité, sinon à les terroriser (voir le texte en cliquant ICI, s.v.p.). Ce Manifeste était un leurre, car Wolfe avait semé la désolation des deux côtés du fleuve, alors que la plupart des habitants demeuraient impassibles et impuissants. Le 24 mai 1758, Wolfe exprimait ainsi ses sentiments de vengeance au lieutenant-général George Sackville:

Source:

http://www.axl.cefan.ulaval.ca/francophonie/HISTfrQC_s2_Britannique.htm

Je me demande si tout ça est vrai et que Wolfe n’était en fait qu’un bon diable qu’on a un peu noirci…

La peur serait-elle ancrée dans notre bagage génétique depuis la Conquête de 1760? La peur serait une arme génétique à destruction massive depuis ce temps. et on s’en servirait encore aujourd’hui tout azimut tout parti confondu depuis la Conquête pour continuer à nous asservir?

J’ai un peu peur le soir du 7 avril…

Si la tendance se maintient, Radio-Canada annonce que…

Nos campagnes ne seront plus désormais les mêmes.