Aldéi et le cendrier

Aldéi Lord avait envoyé ce cendrier à son cousin Levi Napoleon Lagasse.

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J’ignorais ça en 2007.

C’est le genre de choses qui prend tout son sens maintenant: parler d’un cendrier sur un blogue qui compte plus de 1100 billets.

J’ignorais en 2007 que je me mettrais à écrire un blogue sur la généalogie en 2007. J’ignorais que mon grand-père paternel avait été un gars de party à Acton Vale dans les années 1910 et que son beau-frère l’avait c… dehors dans les années 20 à cause de ses petits défauts…

Tout ça prend maintenant tout son sens parce qu’il y a probablement quelque descendant ou descendante d’Aldéi Lord, fils de Philippe Lord et Marguerite Lagacé, la soeur de Léo Lagacé Senior, le gars de party, qui cherche ses ancêtres…

Ça prend par contre pas mal de courage pour écrire à quelqu’un passionné d’écrire sur les ancêtres des autres et sur un cendrier.

Laissez-moi un petit commentaire. Je suis sain d’esprit.

Je ne savais pas grand chose…

Je ne savais pas grand chose en 2007 quand j’avais commencé à m’intéresser à mes ancêtres. Je connaissais un peu ma lignée des Sauvé, mais celle des Lagacé s’arrêtait à mon grand-père.

Le premier billet écrit en janvier 2008 est toujours d’actualité.

J’étais loin de me douter en 2007 que j’allais découvrir plein de secrets de famille. 

Puis en janvier 2008, j’avais décidé de partager ma passion avec l’écriture d’un blogue, Nos ancêtres. En 2009, une lectrice m’avait suggéré d’écrire une version anglaise pour sa famille éloignée en Louisiane, c’était… Our Ancestors.

J’étais loin de me douter à cette époque que j’allais découvrir, à mon tour, plein de membres de ma famille éloignée aux États-Unis, et un cendrier.

Si vous êtes curieux ou curieuse, vous pouvez cliquer ici.

Je ne sais pas grand chose…

J’aimerais bien vous identifier tous ces gens sur cette photo.

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collection Pearl Lepage

Je ne sais pas grand chose sur ces gens tristes qui sortaient de l’église après une cérémonie religieuse.

Mario Allard en savait plus et le partage avec nous.

Église Ste-Cécile de Trois-Rivières en 1945. Funérailles (cérémonie) pour Réal Thibeault, du régiment de Maisonneuve. C’est le parrain de Pearl Lepage. Il est mort accidentellement au front au mois de mars. L’aumônier un mois plus tôt ! Je suis persuadé que la cérémonie devait être bien lourde pour la famille… Sur la photo de groupe Noé Dalcourt (grand-père de Pearl), la mère en deuil Diane Dalcourt (mère de Réal) et Antoinette juste à côté. Remarquez des soldats du Three Rivers Regiment dans la photo. La caserne du régiment se trouve à quelques pas de cette église. Ils sont certainement venu témoigner leurs sympathies…

Je sais que la mère de Réal Thibeault est sur cette photo.

Diane Dalcourt

Diane Dalcourt

Elle portait déjà le deuil de Josaphat Dalcourt.

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Collection Mario Allard

Les visages en disent long sur la tristesse de tous ces gens comme pour la tristesse de son père, le grand-père de Réal.

Noé Dalcourt a perdu un petit-fils à la guerre.

Noé Dalcourt

Noé Dalcourt

On est probablement à la fin mars ou début avril 1945. La guerre n’est pas encore finie, et Réal Thibeault est enterré temporairement quelque part en Hollande loin des siens.

Réal Thibeault

Son corps sera exhumé puis inhumé à Grosbeck par la suite.

On peut lui rendre visite virtuellement en cliquant ici. Réal Thibeault, 20 ans, n’est jamais revenu vers les siens tout comme Adrien Tremblay, le cousin de mon père. 

Adrien avait 22 ans quand il est mort.

2008-08-27 Adrien Tremblay

Adrien est enterré dans le même cimetière.

Je ne sais pas grand chose des parents de Réal, mais j’en sais plus sur ceux d’Adrien surtout sa mère Alice, la soeur de ma grand-mère. J’en sais beaucoup sur Adrien, car j’ai fait venir son dossier militaire d’Archives Canada.

Il a été AWOL plusieurs fois! On l’a shippé en Europe. Alice a attendu toute sa vie le retour de son fils shippé en Europe. Elle pensait qu’Adrien reviendrait un jour…

Elle a attendu jusqu’en 1982, puis elle l’a finalement retrouvé.

Les gens ne savent pas grand chose de cette guerre, ou alors ils aiment mieux ne rien savoir, certains préférant enterrer leur chagrin comme on enterre maintenant un à un les anciens vétérans.

Je me demande si Pearl ne serait pas la petite fille en avant sur la photo de la cérémonie religieuse qui rendait un dernier hommage à son parrain?

funérailles_Réal_Thibeault

Note du bloggeur

Deux commentaires ont été laissés hier suite à mon article sur l’aumônier Dalcourt, et ils ne méritent pas de rester dans l’ombre de la section commentaires. Ils traduisent très bien ma pensée.

1er commentaire

Bravo M. Lagacé ! Quelle belle et émouvante recherche que celle consacrée à la mémoire du Major aumônier Josaphat Dalcourt. Je sais que dans plusieurs facultés universitaires québécoises on essaie désormais d’analyser les raisons concernant le déclenchement des conflits ou de leur conduite comme ceux de la Première Guerre mondiale ou de la Seconde Guerre mondiale tout en laissant derrière comment celles-ci ont eu lieu sur le champ de bataille.

Aussi, je trouve particulièrement admirable que des gens comme vous ou d’ailleurs en Europe soyez assez déterminés et généreux et patients pour reconstituer, morceaux par morceaux, artéfacts par artéfacts, pour reconstituer les faits et gestes des valeureux soldats qui ont souvent choisi de se porter volontaire pour défendre leur pays et leurs idéaux (liberté, fraternité, etc) pour défendre leur famille et leur pays et ce au péril de leur vie.

Il faudrait que les autorités d’ici fassent en sorte que la réforme de l’enseignement de l’histoire nationale du Québec ramène dans ses différents programmes d’enseignement (du niveau primaire au niveau universitaire) les principaux épisodes retraçant le courage et les faits d’armes de tous les militaires Québécois qui ont choisi de sacrifier ainsi leur vie afin que les générations futures puissent survivre à l’oppression des dictateurs (Hitler, Mussolini, etc) de tout acabit ou de toute idéologie (Bushido japonais ou SS allemands ) aussi destructrice que liberticide.

Salutations distinguées.

Daniel Rivière

Membre de la Fondation Aérovision Québec (FAQ) et recherchiste diplômé

2e commentaire

Pierre,

Félicitations!!!

Pour toutes vos recherches qui nous font connaître un peu plus et toujours mieux notre histoire. Ma pensée rejoint Daniel Rivière dans ses commentaires. On devrait apprendre mieux et en profondeur dans nos écoles notre histoire, ce que nos ancêtres ont fait et comment ils ont tracé la voie pour que ce nous sommes devenus aujourd’hui, un peuple fier et déterminé et tout le respect qu’on leur doit, d’avoir fait le don de leur vie la plupart….

Il faut que les gens sachent et se rappellent qu’il y a eu un avant avec nous, sinon comment peut-on connaître leurs apports déterminant si nous ne connaissons pas notre histoire… Moi je suis toujours fascinée d’en connaître toujours un peu plus et je suis fière de mon peuple, nous avons sous nos yeux de belles histoires de courage et de loyauté.

Bravo!!! Bravo!!!

Pour terminer, ce commentaire sur la photo.

As-tu remarqué le nombre de femmes sur cette photo? Les soldats présents sont là comme représentants du régiment donc pas directement liés à la famille. Le Monsieur à droite avec son "coat à queue" est certainement l’entrepreneur de pompes funèbres. Les gens directement concernés par le deuil devaient se vêtir de noir (femmes) et les hommes porter la cravate noire. Il me semble que peu de personnes portent le deuil. C’est en mars? On peut voir une dame avec des souliers sandales? Ça me surprend.

Ajout au commentaire…

Puisque tu tiens compte de ce commentaire, je dirais plus en octobre à cause des chapeaux des femmes qui sont il me semble en feutrine ou en velours…… si on avait été au mois de mars les chapeaux seraient en paille et habituellement plus volumineux…… ça vaut ce que ça vaut…… je m’amuse ne l’oublie pas….. je ne suis pas une compétence.

 funérailles_Réal_Thibeault

Médaille!?!

Je n’ai pas écrit sur le Padre Dalcourt à cause d’une médaille.

Je ne le savais même pas!

Mario Allard me parlait d’une médaille dans un de nos échanges de courriels. On aurait décerné une médaille américaine au Major honoraire Josaphat Dalcourt,

Dalcourt_1

Collection Mario Allard

Mario m’avait parlé, sans être certain, d’une médaille d’un gouverneur américain dans un courriel. J’ai donc poussé un peu plus loin ma recherche et j’ai fait une recherche rapide sur Internet…

Le Padre a reçu ceci…

Bronze StarÉtoile de bronze

Trouvé dans le London Gazette datée du 15 août 1946.

Décoration militaire décernée à titre posthume au Padre Dalcourt!

citation Bronze StarSource London Gazette et Wikipedia

Je n’ai pas écrit sur le Padre Dalcourt à cause d’une médaille.

Si j’ai écrit sur le Major Dalcourt, c’est à cause de Réal Thibeault et de cette photo de famille.

funérailles_Réal_Thibeault

Collection Pearl Lepage

Je me souviens

Pourquoi vouloir vous écrire sur l’aumônier du Régiment de la Chaudière, un gars de Trois-Rivières sur un blogue qui traite de généalogie?

Bonne question.

On a même nommé une place en son nom!

Origine et signification Ce nom évoque le souvenir de Josaphat Dalcourt (1908-1945), aumônier du Régiment de la Chaudière, avec le grade de major, durant la Deuxième Guerre mondiale. Il fit son cours de théologie à Trois-Rivières et fut ordonné prêtre le 7 juillet 1935. Vicaire à la paroisse du Très-Saint-Sacrement de Trois-Rivières, il s’enrôla dans l’armée canadienne à titre d’aumônier. Il mourut lorsque son véhicule sauta sur une mine dans la forêt de Hoch en Allemagne, le 28 février 1945, à l’âge de 37 ans.

Cet honneur est pleinement mérité d’ailleurs.

Dalcourt_1Collection Mario Allard

Pourquoi vouloir vous écrire sur l’aumônier du Régiment de la Chaudière, un gars de Trois-Rivières sur un blogue qui traite de généalogie?

C’est à cause de cette photo.

funérailles_Réal_Thibeault

Ce sont les funérailles de ce jeune homme mort à la guerre en Hollande qui n’arrête pas de nous envoyer des tulipes pour remercier les Canadiens de les avoir libérés.

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Réal est mort à 20 ans et n’aura jamais de descendants pour se souvenir de lui.

Pourquoi écrire sur ces gens sans aucune descendance sur un blogue qui traite de généalogie.

C’est aussi à cause de la question de Mario…

Pourquoi vous faites de la généalogie sur des gens que vous ne connaissez pas…?

Et pourquoi je lui ai répondu ceci…

Pour répondre à ta question du pourquoi je fais de la généalogie sur des gens que je ne connais pas…

Le plaisir de chercher et de trouver, puis de partager, comme tu le fais avec ta collection d’objets et de photos.

Tout ça pour éduquer les gens et pour ne jamais oublier ces gens, de simples inconnus qui ont trimé dur toute leur vie.

Rendre hommage au Padre… et à ses proches?
Il a donné sa vie comme tant d’autres inconnus dans des guerres trop souvent, si ce n’est pas toujours, déclenchées par des gens illustres dont on retrouve les noms immortalisés dans les livres d’histoire.

Ses proches ont aussi terriblement souffert.

C’est pour ça que j’écris et que je tiens à faire connaître le Padre.

Pour clore le dossier généalogique du Padre Dalcourt…

Ceci, que j’ai trouvé ici, en dit long sur l’aumônier Joseph Rémi Archibald Dalcourt. On dit qu’il venait de Rimouski…, mais ce n’est pas le but de mon propos.

As with their predecessors, these chaplains faced the consequences of accompanying the men to the front: Fr. F.J. Deloughery was captured by the Japanese at Hong Kong, while padre Thomas Mooney, from Hamilton, Ontario, was killed by shellfire while ministering to wounded a few weeks after D-Day: he was buried in the Canadian cemetery at Eccloo, Belgium. As a tribute, the Protestant chaplains of his formation served as pall­bearers.66 On February 28, 1945, Fr. J.R. Dalcourt of Rimouski was killed when his vehicle hit a land mine while returning to the Régiment Chaudière from funerals at Bedburg. A few hours later, Hickey and Fr. McCarney laid him to rest in the cemetery he had just left that morning.67 Like other priests unhappy with rear area postings, Dalcourt had agitated for a front-line post since D-Day. He had been with the regiment since November 1944, relieving the battle-exhausted Father Huard. After surviving night visits to outposts under fire, and a much talked-about stealthy Christmas Night visit to advanced posts with Communion, his soldiers were saddened by news of his death in the relatively calm rear area.68 For such priests, as for others who were wounded, the military cost of discipleship was devastatingly real.

Pourquoi vouloir vous écrire sur l’aumônier du Régiment de la Chaudière, un gars de Trois-Rivières sur un blogue qui traite de généalogie?

Je me souviens, c’est tout…