Claude Graton: Prise 2

Écoutez-vous la chaîne Prise 2?

Pas moi. Ça me donne les bleus. Voici en reprise un billet sur Claude Gratton.

Je le remets de nouveau à cause d’une lectrice qui a mis un commentaire…

C’est également mon ancêtre et celui de plusieurs autres Gratton du Québec. Mon petit cousin travaillait aux archives et j’ai même une copie des documents originaux de son arrivée, vente de ses biens, etc.. J’ai même un document qui confirme qu’il était décédé beaucoup plus tard en France, donc n’était jamais retourné voir sa famille volontairement.

Quelle histoire…

En effet quelle histoire…

Prise 2

Claude Graton est l’ancêtre de la famille Gratton de Sainte-Anne-des-Plaines.

J’avais trouvé ce qui suit sur Internet l’année dernière.

Claude Jacques Graton, sieur de Villefort, ancêtre des Graton (Gratton) d’Amérique, n’assiste pas au mariage de sa fille Hélène, en février 1673.

Ayant établi sa famille à Saint-Joseph-de-Beauport, dès son arrivée à la fin de l’été 1670, il est reparti vers la France peu de temps après. En toute probabilité à l’automne 1671.

C’est une hypothèse qui lui attribue la paternité de Joseph, né en juillet 1672.

Joseph deviendra l’unique responsable de la survie du patronyme de ce coté de l’Atlantique.

Chose certaine, Claude Graton était encore là le 20 octobre 1671, date mentionnée dans l’inventaire de ses biens concernant le règlement de la quittance de 165 livres pour la terre achetée en 1670. La conception de Joseph constituerait donc l’un de ses derniers actes, et le plus significatif, de l’ancêtre Claude Jacques Graton en terre d’Amérique!

Marguerite Moncion n’aura pas survécu longtemps au départ de son époux Claude Jacques: son décès, dans les premiers mois de 1674, marque la fin d’années mouvementées pour la famille, mais il épargne à la mère d’être témoin des péripéties qui caractériseront la trajectoire de certains de ses rejetons.

Il revient à Pierre Toupin, mari de Mathurine Graton, de prendre en charge la succession et d’organiser les conditions de vie des orphelins, pour qui il a été choisi tuteur. Le 9 juin, le notaire Vachon dresse à sa demande l’inventaire des biens de Claude et Marguerite, qui feront l’objet d’une vente aux enchères quelques semaines plus tard.

Pourquoi a-t-il quitté ainsi sa jeune famille?

Étant donné le manque de précisions dans les actes, il faut s’en remettre à des hypothèses élaborées dans les paramètres du possible.

Joseph, le fils benjamin de Claude, est né en juillet 1672.

Selon toute vraisemblance, c’est le fils aîné qui a remplacé son père devant les fonds baptismaux, comme en témoigne l’erreur du rédacteur qui aura inscrit au moment de rédiger l’acte: le prénom de celui-ci au lieu de celui du père.

Les hypothèses sur le moment du départ de l’ancêtre sont restreintes: ou bien le Sieur de Villefort s’est embarqué sur l’un des derniers bateaux à quitter la colonie à l’automne 1671, délai limite si l’on admet qu’une conception prend neuf mois pour être menée à terme; ou bien est-il retourné en France sur un des premiers bateaux à le faire au printemps 1672.

Dans le premier cas, il aurait quitté sa femme sans la savoir enceinte, et c’est presqu’un acte de foi qu’il nous est demandé de faire sur la paternité de l’ancêtre des Gratton d’Amérique!

Dans le deuxième, c’est une famille en expansion que Claude Graton laisse derrière lui, sans savoir que la diffusion de son nom en Nouvelle-France dépendra de l’enfant à naître.

Or, les documents ultérieurs en témoignent,

L’ANCÊTRE GRATON N’EST JAMAIS REVENU DANS LA COLONIE !

Au maximum y aura-t-il donc passé entre 15 et 18 mois. Dans un cas comme dans l’autre, faut-il souhaiter qu’il n’était pas dans ses intentions d’abandonner sa famille et que seules des circonstances imprévisibles ont rendu son départ définitif.

Les faits sont: le père dont on semble être sans nouvelles depuis son départ pour la France, trois années auparavant; la mère décédée; six enfants dont cinq sont mineurs (Hélène est « émancipée de droit », rappelons-le, suite à son mariage). Il revient donc à Pierre Toupin, mari de Mathurine et beau-frère de Claude, de prendre en charge la succession et d’organiser les conditions de vie des orphelins.

Ouf, toute une histoire…

Fin…?

À moins qu’Éloïse partage ses documents avec nous.