Je devrais avoir honte…

Je devrais avoir honte…

Moi un ptit gars de Montréal.

Je reste à Sainte-Anne-des-Plaines depuis 1981, le 20 mars pour être plus précis, et je ne connais même pas l’histoire des Patriotes qui ont vécu ici.

Ça, c’est un vrai péché mortel.

Je devrais avoir honte…!

Honte de me promener avec ma caméra et prendre des photos à gauche et à droite sans connaître l’histoire qui se cache derrière mes photos.

Honte de me promener dans les rues de Sainte-Anne sans connaître vraiment la signification des rues comme la rue Daunais.

Nicolas Daunais?

Le nom me disait vaguement quelque chose. On en parle sur ce site.

En 1787, le territoire de Sainte-Anne fut détaché de la seigneurie de Terrebonne qui s’appelait Mascouche du Page. En 1788, la nouvelle paroisse pris le nom de Sainte-Anne de Mascouche et en 1816, le nom est changé pour celui de Sainte-Anne-des-Plaines (Blondin, 1987, p.14). Nous commençons par le patriote Nicolas Daunais (1805-1862). Il habitait Saint-Louis de Terrebonne où ses parents possédaient de grandes étendues de terre. En 1827, il se marie avec Esther Granger, fille de bourgeois possédant également plusieurs terres à Sainte-Anne-des-Plaines. Nicolas Daunais était un cultivateur fortuné. Sa maison se situait en face de l’église où se trouve maintenant un dépanneur. Il était un des chefs patriotes et fit partie d’une conjuration contre le curé Isidore Poirier pour les propos antipatriotes qu’il tenait. (Blondin, 1987, p.122).

On parle aussi des frères Prévost sur le site.

Les frères Prévost, eux je les connaissais un tout petit peu. Leur maison était anciennement sur le site de la caserne des pompiers.

Les pompiers…

Ça je connais ça!

J’ai hâte d’en parler à mes petits-enfants…

Séraphin Bouc fier patriote

Excusez le retard de la mise en ligne…

Revenons à nos patriotes de Ste-Anne-des-Plaines.

Rien d’inventer sur mon blogue pour une fois.

Richard Chabot en parle dans son livre.

Sauf que…

Il mentionne dans son livre le nom de Séraphin Gore.

Séraphin Gore? Connais pas.

Séraphin Bouc, alors oui je le connais!

Séraphin Bouc et non Gore est né à Lachenaie, le 27 octobre 1788, puis baptisé le 29, dans la paroisse Saint-Charles. Il est le fils de Charles-Jean-Baptiste Bouc, marchand, et d’Archange Lepage.  Il fut un cultivateur à Sainte-Anne-des-Plaines. Il servit, le 8 septembre 1812, durant la guerre de 1812 dans le 3e bataillon de milice de la division de Blainville.  ll fut élu député de Terrebonne en 1834. Il appuya le parti patriote.  Il décède en fonction à Sainte-Anne-des-Plaines, le 29 juillet 1837, à l’âge de 48 ans et 9 mois. Il fut inhumé dans l’église paroissiale, le 31 juillet 1837.  Il avait épousé dans la paroisse Saint-Louis-de-France, à Terrebonne, le 5 octobre 1813, Françoise Dalcourt, fille de Joseph Dalcourt et d’Angélique Gravel.  

Erreur pardonable, car Richard Chabot a transcrit le nom à partir d’une lettre du curé Porier qui se retrouve sur le site des Archives nationales.

Isidore Poirier, prêtre, curé de Sainte-Anne-des-Plaines, à M. Griffin, adjudant général, 10 juin, 1839.
Persécutions dont il est l’objet de la part de quelques rebelles.

Séraphin Bouc se retrouve donc dans ce livre avec d’autres présumés patriotes dont Moïse Granger.

J’ai fait ressortir tous les noms des patriotes dénoncés par monsieur le curé Poirier. La déposition date de juin 1839


Ce n’est pas la seule erreur. On a aussi le nom de Nicholas Daumais dans la déposition qui est en fait Nicolas Daunais.

On y reviendra, car cette histoire qui n’a pas fait couler beaucoup d’encre depuis 1837, risque d’en faire couler beaucoup sur ce blogue.

En attendant, petite lecture préparatoire…


Une promesse est une promesse

Un vrai politicien!

Méchante promesse d’enterrer les Patriotes et la religion sur mon blogue.

Vous m’avez cru j’espère.

Comme pour la conscription en 1942.

En fait, je n’y suis pour rien. Pas la conscription, mon article…

Plutôt ma prochaine série d’articles.

C’est la faute de Richard qui m’a prêté ce livre samedi lors d’un autre de nos mémorables petits déjeuners de généalogie…

Je suis un vrai politicien! C’est toujours la faute des autres…

Richard n’est pas ce Richard.

Lui, c’est Richard Chabot. Il a écrit ce livre en 1975.

Je ne connaissais pas Richard Chabot, tout comme Benjamin Sabourin dont je voulais vous parler aujourd’hui.

Benjamin Sabourin n’est pas un Patriote, mais Moïse Granger de Sainte-Anne-des-Plaines l’est par contre, tout comme Jean-Baptiste Leblanc, Joseph Adam et une foule d’autres, comme Séraphin Bouc pour ne pas le nommer,  dénoncés par le curé Isidore Poirier dans une déposition faite en 1839.

Intéressant n’est-ce pas! Et c’est dans les Archives nationales du Québec!

Vous comprendrez qu’on ne peut tenir tout ça mort et enterré et que je devrai vous en parler tout de suite afin de ne pas tout vous mêler sur mon blogue.

On reviendra donc seulement la semaine prochaine avec Benjamin Sabourin que je ne connaissais même pas avant dimanche en huit quand je suis allé à Hull pour la fête de la matante à ma femme.

C’est comme si Benjamin n’avait jamais existé.

Pourtant, il a bel et bien existé. Il est responsable de la venue au monde de mon petit-fils. Il est un de ses ancêtres directs et de facto de mon épouse itou.

Benjamin Sabourin fils de? Pas si facile que vous ne le pensez.

On se repogne.


Mon père je m’accuse…

Note avant de commencer…

Si vous ne lisez pas la section des commentaires, vous manquez quelque chose. C’est comme un anti-blogue. 

Bon je commence mon article de ce vendredi 24 février.

Ça commence bien…

Dans l’édition du Devoir de jeudi.

Le mot d’esprit vient du père de mon petit-fils.


- Mon père je m’accuse d’avoir parlé politique…

- Cette fois, ça va mon  fils. En autant que vous laissiez la religion de côté.
Comme pénitence, au printemps venu, vous prendrez votre voiture
et vous sillonnerez les rues de Montréal…

- Non mon Père, plutôt brûler en enfer.

Bon, maintenant, j’ai autre chose à me faire pardonner.

Un petit péché véniel. J’ai péché par présomption généalogique.

Vous allez bien rire lundi prochain.

Même vous tordre.

Je vous laisse passer un bon week-end et je vous laisse méditer sur tout ce que je vous ai écrit cette semaine sur les Patriotes.

Ça va faire un petit changement avec la longueur de mes articles. Pas je n’ai plus rien d’autre à dire sur le sujet…

Bien au contraire!

«Tudieu et Ventre-saint-gris, il faut bannir pour jamais de votre blogue ce détestable mot de patriote, pour lequel vous marquez un si honteux attachement. Je ne crains pas de le dire: si vous aimez encore le titre de patriote, vous aimez votre destruction et celle de vos enfants.»

Il me faut me résigner à tourner cette sombre page inconnue de notre triste histoire de petit peuple né pour un petit pain.

Ventre-saint-gris!
Comment Tremblay n’est-il jamais au courant de ce qui se passe dans sa ville…?

En terminant, je m’en voudrais de terminer sans ces deux commentaires, un de Lise sur notre Vieux Patriote… et l’autre d’Yvon sur Étienne Simard, patriote.

Il s’agit d’une oeuvre de l’artiste Henri Julien, créée vers 1880 et publiée une première fois pour émailler un poème de Louis Fréchette, «Le vieux Patriote».

Selon l’historienne Marianne Thibeault, le vieux Patriote se bat, mais surtout, il se souvient.

Son arme première, c’est la mémoire et sa mission : instruire les générations à venir.

Pas étonnant que le «Vieux de ‘37» soit devenu une icône nationale brandie lors des événements majeurs qui ont fait le Québec contemporain, dont notamment la Crise d’octobre 1970.

Le courriel d’Yvon sur notre vieux Patriote Étienne Simard…

M. Simard (Jean-Guy Simard, fils de M. Étienne Simard (fils d’Alfred Simard) m’a mentionné n’avoir jamais entendu de la bouche de son père que son ancêtre était un patriote.  C’était le régime anglais, probablement qu’on a tenu ça mort, comme un secret de famille.  On ne l’a jamais capturé, quelle est sa véritable histoire?  Son nom n’apparaît nulle part. A-t-il toujours demeuré à Ste-Anne ou à Québec, chez son garçon, le docteur. 

Se cachait-il encore?      

Cependant, La Presse en fait une nouvelle.

Mauvaise transcription du nom sur une liste?

Toute une énigme???                                   

On se repogne.

En passant, si vous avez un petit bonheur, allez le ramasser, puis allez le bercer.

Le Saint-Graal

J’évite surtout de parler religion sur mon blogue.

Un petit peu de politique certes, à l’occasion quand j’écoute RDI et que je dérape un peu par la suite ou que je pète ma coche, mais je ne touche pas à la religion.

Non merci.

De la D…Y…N…A…M…I…T…E…!

Bon, pas autant qu’en Afghanistan…

J’évite de parler religion, car je pourrais commencer à émettre de petits commentaires sur le sermon du curé Isidore Poirier publié hier sur mon blogue.

curé Poirier

Puis, j’aurais à me laver la bouche avec du savon.

Non merci…

Je m’abstiens donc.

Abstinence totale.

Vous avez lu le sermon, j’espère, et cliqué sur tous les liens.

Un vrai cours d’histoire comme j’en ai jamais eu quand j’étais au collège.

Fort instructif…

Mon cours d’hier et l’absence de vrais cours d’histoire au collège.

Bon, le sermon n’était pas une lecture obligatoire, et je ne vous ferai pas de petit sermon, mais ça valait la peine de le lire.

Just in case…

«Vous ne sauriez ignorer, mes frères, quels sont les devoirs que vous devez rendre à César, c’est-à-dire au roi, ou à la puissance souveraine; depuis un an surtout, on vous les a expliqués amplement… Cependant comme il y a encore parmi vous des têtes dures, qui font semblant de ne rien comprendre, pour se livrer sans remords à la fureur de leurs passions, je profite de ces dernières paroles de notre évangile, pour vous remettre de nouveau sous les yeux la vérité sous tout son jour.

«C’est Jésus-Christ lui-même, qui vous assure que toute puissance vient de Dieu, et que celui qui résiste à la puissance qu’il a établie résiste à Dieu même et se damne. La puissance ne vient donc pas du peuple, comme vos prétendus grands hommes ont malheureusement réussi à vous le faire croire, mais elle vient de Dieu seul qui la communique à qui il lui plaît; toute autre puissance ne saurait venir que de l’enfer; seriez-vous donc assez aveugles pour vouloir prendre le parti des puissances infernales? C’est ce que vous feriez certainement si vous aviez le malheur de manquer au respect et à l’obéissance que vous devez au gouvernement sous lequel nous avons le bonheur de vivre.

«Rappelez-vous encore ce que notre évêque nous a écrit l’année dernière. Je vais vous en répéter quelques mots… Tous ceux qui meurent les armes à la main contre leur souverain sont réprouvés de Dieu et condamnés à l’enfer. L’Église a tant d’horreur d’une insurrection qu’elle refuse d’enterrer dans les cimetières ceux qui s’en rendent coupables; qu’on ne peut être absous, ni recevoir aucun autre sacrement, sans faire un énorme sacrilège…

«Vous allez me faire une objection: nous voudrions bien la paix, dites-vous, mais ce n’est pas aisé dans le temps où nous sommes; on nous commande, on nous force de marcher, et si on refuse on nous menace de nous fusiller; que pouvons-nous faire? À cette objection, qui ne doit être de nulle valeur chez les chrétiens, voici comment je réponds: si vous êtes dans un danger éminent (sic) de perdre la vie et que vous ayez le temps de vous sauver, prenez aussitôt la fuite et mettez-vous à l’abri de la violence des rebelles; que si vous êtes pris au dépourvu, sans pouvoir échapper, souvenez-vous que vous êtes des enfants des martyrs, et qu’en cette qualité la crainte de la mort ne doit pas vous porter à trahir votre gouvernement. Si donc vous vous trouvez dans la circonstance que je viens de dire, ne craignez rien, marchez en héros, la mort est un gain à qui sait l’accepter; il vaut mieux mourir innocent que de vivre coupable, et perdre la vie pour la cause de Dieu, ce n’est pas la perdre, mais la changer en une autre meilleure.

«Pour moi, mes frères… je me sens aujourd’hui doublement fortifié et disposé à affronter plus hardiment que jamais les périls de la prison et de la mort… Sans doute, si je prévoyais un danger de mort évident, je prendrais la fuite pour ne pas m’exposer volontairement, mais si j’étais surpris dans ma maison, ou ailleurs, et qu’il se trouvait parmi vous des gens assez gâtés pour me menacer de la mort en disant: Écoutez, vous voyez bien que vous nous faites du tort en vous déclarant si hautement contre nous en toute occasion, il faut que vous changiez et que vous soyez de notre parti, autrement nous allons vous ôter la vie; je vous répondrais sans crainte: fusille, tue, massacre; ta fureur m’ouvre le ciel et te plonge dans l’abîme, mais ne crois pas jamais intimider un serviteur de Dieu.

«Il faut bannir pour jamais du milieu de vos familles ce détestable mot de patriote, pour lequel vous marquez un si honteux attachement. Je ne crains pas de le dire: si vous aimez encore le titre de patriote, vous aimez votre destruction et celle de vos enfants.

«C’est vous, au contraire, patriotes insensés, qui voulez, malgré le gouvernement, détruire notre sainte religion sous le prétexte mensonger de la rétablir. Quoi! Vous dites que vous êtes attachés à votre patrie, que vous travaillez pour le soutien de la religion et par le plus fanatique et le plus aveugle de tous les entêtements, vous détruisez la patrie et la religion. Vous forcez le gouvernement de brûler les églises, les villages et les campagnes; vous vous vantez d’être des patriotes religieux et vous ne parlez que de tuer, fusiller, massacrer les prêtres, les évêques, et tout ce qu’il y a dans le pays de citoyens respectables. Quel affreux patriotisme! Quelle affreuse religion! L’enfer a-t-il jamais inventé rien de plus horrible, de plus exécrable?

«Pauvres brebis égarées… entrez dans la voie de la soumission et de la subordination aux autorités légitimes; rendez à César ce qui appartient à César; soyez obéissants, respectueux, soumis et reconnaissants envers les puissances que Dieu a établies pour vous gouverner…»

Bon, j’ai réussi à éviter la tentation de faire des commentaires, mais si Étienne Simard était assis dans l’église de Ste-Anne, il a dû en sacrer un boutte durant le sermon.

Vous comprendrez maintenant pourquoi je ne touche pas à la religion et à la dynamite.

Question de self-control

Ce serait pas mal difficile de m’arrêter d’en parler comme mon grand-père qui ne pouvait arrêter de jouer à la barbotte à 100 $ la carte dans les années 1920.

Il faut que j’arrête d’écrire n’importe quoi sur ce blogue diantre…

Tout ce petit préambule pour vous dire que j’ai finalement trouvé le Saint-Graal.

Eh oui!

Il était temps depuis qu’on le cherche partout.

 – Diantre!  Il était temps.

- Sire, ce n’est pas ce que vous pensez…

Non, Sire, le Saint-Graal n’est pas la photo d’Henriette Alexandre, la soeur de Marguerite.

Marguerite Alexandre

Je la cherche encore.

Le Saint-Graal, c’est un descendant direct d’un ancêtre de Ste-Anne-des-Plaines!

Il n’était pas si loin finalement le Saint-Graal.

Il a eu trois mois hier.

Beau comme un coeur.

Le Saint-Graal m’a permis de retrouver l’innocence perdue d’un petit bébé assis sur le hood d’une Hudson 1949 au printemps 49.

Le Saint-Graal me permettra de partager encore longtemps ma passion pour l’histoire et l’histoire de mes ancêtres, mes souvenirs et les leurs, mes nouvelles découvertes et mes réflexions, et ce, en toute simplicité sur mon blogue, et arriver à vous faire sourire à l’occasion.

Ouf ça en fait des choses.

Partager aussi, à l’occasion, ce petit bonheur de Petit Prince souriant qui est à mes côtés depuis trois mois.

Il fallait y penser et arrêter de chercher partout.

Fallait y penser mon petit Pierre…!

Je ne pourrai plus jamais me passer de ce petit bonheur que j’avais ramassé…

Il était tout en pleurs, sur le bord d’un fossé…

Et pis là je l’ai bercé…

Excusez-la.

 – Et il s’appelle comment ce diantre de Saint-Graal de petit-fils?

 - Secret d’État Sire. Même Nicolas Sarkozy ne le sait pas…

 – Personne ne le sait!  Rediantre! Pas de photo non plus?

- Aucune Sire, mais on a émis un avis de recherche…

 – Avis de recherche!  Rerediantre, qu’on lève un subpoena quoi et qu’on ameute les papparazzi!

La haine du curé Poirier

Je reviens avec l’histoire des Patriotes.

Une lectrice m’a envoyé une petite lecture.

Heureusement qu’Étienne Simard ne fut pas tué en décembre 1837 à St-Eustache, car il aurait eu droit toutes des funérailles!

Ouin mettons…

Une brique et un fanal si on en juge par le sermon de monsieur le curé de l’époque!

J’aime bien le préambule de Gilles Boileau.

L’historien Marcel Trudel dont on ne peut mettre en doute l’intégrité, l’honnêteté et surtout la compétence, a déjà parlé du comportement de l’Église canadienne sous le régime militaire, suite à la conquête de 1760. Par ailleurs, nous savons bien comment les patriotes de 1837-1838 furent les victimes de l’intransigeance, de l’incompréhension et surtout de la mauvaise foi des évêques de l’époque et de la majorité des curés de paroisses. En dépit d’une réhabilitation hautement proclamée des patriotes de 1837 par l’Assemblée des évêques du Québec en 1987, ces mêmes patriotes sont encore et toujours l’objet de l’ostracisme primaire et abusif de plusieurs membres du clergé comme on peut le voir par les deux derniers documents présentés dans ces pages. Deux pièces à conviction bien courtes mais combien éloquentes à l’époque de la grande repentance! Les extraits de documents que nous vous présentons dans ces pages sont tirés d’archives accessibles à tous. Puissent ces quelques paragraphes inciter à une relecture de certaines tranches de notre histoire et provoquer une salutaire et utile réflexion.

LA HAINE DU CURÉ POIRIER (pour la source, cliquez ici…)

Le troisième document concerne l’épopée des patriotes. Il s’agit du sermon prononcé dans l’église de Sainte-Anne-des-Plaines par le curé Isidore Poirier le dimanche 11 novembre 1838, au moment où plusieurs paroisses de la rive sud du Saint-Laurent – dans le diocèse de Montréal – étaient encore en pleine effervescence insurrectionnelle.

Ce texte, dont on peut lire ici quelques extraits, a été publié par le L’Ami du Peuple, de l’Ordre et des Lois, journal dirigé par le surintendant de police de Montréal, le tristement célèbre Pierre-Édouard Leclère, et soutenu financièrement et intellectuellement par les ecclésiastiques du Séminaire de Montréal et leur supérieur M. Quiblier, p.s.s. On notera combien des hommes, tout curés qu’ils soient- avaient la bravoure facile une fois le danger passé.

«Vous ne sauriez ignorer, mes frères, quels sont les devoirs que vous devez rendre à César, c’est-à-dire au roi, ou à la puissance souveraine; depuis un an surtout, on vous les a expliqués amplement… Cependant comme il y a encore parmi vous des têtes dures, qui font semblant de ne rien comprendre, pour se livrer sans remords à la fureur de leurs passions, je profite de ces dernières paroles de notre évangile, pour vous remettre de nouveau sous les yeux la vérité sous tout son jour.

«C’est Jésus-Christ lui-même, qui vous assure que toute puissance vient de Dieu, et que celui qui résiste à la puissance qu’il a établie résiste à Dieu même et se damne. La puissance ne vient donc pas du peuple, comme vos prétendus grands hommes ont malheureusement réussi à vous le faire croire, mais elle vient de Dieu seul qui la communique à qui il lui plaît; toute autre puissance ne saurait venir que de l’enfer; seriez-vous donc assez aveugles pour vouloir prendre le parti des puissances infernales? C’est ce que vous feriez certainement si vous aviez le malheur de manquer au respect et à l’obéissance que vous devez au gouvernement sous lequel nous avons le bonheur de vivre.

«Rappelez-vous encore ce que notre évêque nous a écrit l’année dernière. Je vais vous en répéter quelques mots… Tous ceux qui meurent les armes à la main contre leur souverain sont réprouvés de Dieu et condamnés à l’enfer. L’Église a tant d’horreur d’une insurrection qu’elle refuse d’enterrer dans les cimetières ceux qui s’en rendent coupables; qu’on ne peut être absous, ni recevoir aucun autre sacrement, sans faire un énorme sacrilège…

«Vous allez me faire une objection: nous voudrions bien la paix, dites-vous, mais ce n’est pas aisé dans le temps où nous sommes; on nous commande, on nous force de marcher, et si on refuse on nous menace de nous fusiller; que pouvons-nous faire? À cette objection, qui ne doit être de nulle valeur chez les chrétiens, voici comment je réponds: si vous êtes dans un danger éminent (sic) de perdre la vie et que vous ayez le temps de vous sauver, prenez aussitôt la fuite et mettez-vous à l’abri de la violence des rebelles; que si vous êtes pris au dépourvu, sans pouvoir échapper, souvenez-vous que vous êtes des enfants des martyrs, et qu’en cette qualité la crainte de la mort ne doit pas vous porter à trahir votre gouvernement. Si donc vous vous trouvez dans la circonstance que je viens de dire, ne craignez rien, marchez en héros, la mort est un gain à qui sait l’accepter; il vaut mieux mourir innocent que de vivre coupable, et perdre la vie pour la cause de Dieu, ce n’est pas la perdre, mais la changer en une autre meilleure.

«Pour moi, mes frères… je me sens aujourd’hui doublement fortifié et disposé à affronter plus hardiment que jamais les périls de la prison et de la mort… Sans doute, si je prévoyais un danger de mort évident, je prendrais la fuite pour ne pas m’exposer volontairement, mais si j’étais surpris dans ma maison, ou ailleurs, et qu’il se trouvait parmi vous des gens assez gâtés pour me menacer de la mort en disant: Écoutez, vous voyez bien que vous nous faites du tort en vous déclarant si hautement contre nous en toute occasion, il faut que vous changiez et que vous soyez de notre parti, autrement nous allons vous ôter la vie; je vous répondrais sans crainte: fusille, tue, massacre; ta fureur m’ouvre le ciel et te plonge dans l’abîme, mais ne crois pas jamais intimider un serviteur de Dieu.

«Il faut bannir pour jamais du milieu de vos familles ce détestable mot de patriote, pour lequel vous marquez un si honteux attachement. Je ne crains pas de le dire: si vous aimez encore le titre de patriote, vous aimez votre destruction et celle de vos enfants.

«C’est vous, au contraire, patriotes insensés, qui voulez, malgré le gouvernement, détruire notre sainte religion sous le prétexte mensonger de la rétablir. Quoi! Vous dites que vous êtes attachés à votre patrie, que vous travaillez pour le soutien de la religion et par le plus fanatique et le plus aveugle de tous les entêtements, vous détruisez la patrie et la religion. Vous forcez le gouvernement de brûler les églises, les villages et les campagnes; vous vous vantez d’être des patriotes religieux et vous ne parlez que de tuer, fusiller, massacrer les prêtres, les évêques, et tout ce qu’il y a dans le pays de citoyens respectables. Quel affreux patriotisme! Quelle affreuse religion! L’enfer a-t-il jamais inventé rien de plus horrible, de plus exécrable?

«Pauvres brebis égarées… entrez dans la voie de la soumission et de la subordination aux autorités légitimes; rendez à César ce qui appartient à César; soyez obéissants, respectueux, soumis et reconnaissants envers les puissances que Dieu a établies pour vous gouverner…»

Note :

Voici l’acte de baptême du petit Étienne, né le 30 avril 1811.

Étienne avait donc 26 ans quand il aurait été sur les premières lignes en décembre 1837 à la rivière du Chêne.

Merci à Michel Chartrand pour le scoop du baptême…

Pour la bataille de St-Eustache, je vous ai trouvé ça.

La bataille de Saint-Eustache, le 14 décembre 1837

À la fin de la bataille de Saint-Eustache, en décembre 1837, les Patriotes qui fuient sont interceptés sur la rivière gelée de Mille-Îles par les volontaires loyalistes de Saint-Eustache (dont la plupart sont des Canadiens français). Cette gravure de 1840 reprend un croquis de l’incident réalisé par un officier britannique qui a participé à la bataille. À noter, les vêtements d’hiver portés par les deux camps. À l’arrière-plan, l’église de Saint-Eustache, le principal bastion des Patriotes, est la proie des flammes. (Archives nationales du Canada, C396) (source)

Pour être aux premières de la bataille… cliquez ici.

Mon ami Sylvain: deuxième partie

Sylvain, qui s’intéresse beaucoup aux Patriotes, et moi, qui s’intéresse beaucoup aux Patriotes, avons fait connaissance lors de ma conférence à la Maison Chaumont l’année dernière.

Je ne savais pas qu’on avait probablement élevé des cochons ensemble dans une vie antérieure.

J’en avais parlé dans cet article.

Pas d’élever des cochons dans une vie antérieure, de la Maison Chaumont!

Ma passion pour l’histoire et le patrimoine avait pris un sérieux coup lors du changement de vocation de la Maison Chaumont.

J’aimerais mieux aimé qu’elle conserve sa vocation première de centre d’interprétation d’histoire de Ste-Anne-des-Plaines.

 Archives de la Ville

  Archives de la Ville

 Archives de la Ville


 Archives de la Ville

Je pense que les enfants des écoles de Sainte-Anne devaient aimer ça.

Du moins, je pense.

Mais ça maintenant, c’est de l’eau sous le pont qui enjambe le ruisseau Lacorne.

Puis je me voyais mal déguisé en Don Quichotte sur le boulevard Ste-Anne et commencer à ruer dans les brancards pour contester la décision de l’ancien Conseil municipal.

Ce sont les aléas de la démocratie.

Tiens, la Maison Chaumont… Allez hue!

Il y a des choses beaucoup plus importantes dans la vie que l’histoire.

C’est pour ça que je me concentre sur nos ancêtres.

Tout ça pour vous dire que, par hasard,  j’ai trouvé une belle photo sur le site Ancestry de mon ami Sylvain.

Pouf…!

Sylvain a trouvé une boîte de vieilles photos. D’une vieille tante en plus. Je ne veux pas dire qu’elle est vieille vieille, juste plus vieille que Sylvain.

Bon… Je vais aller me laver la bouche avec du savon.

Voici cette belle photo.

Julie Desfossés
collection de la tante de Sylvain

Je suis tombé en amour avec cette photo…

Je voulais en savoir plus.

Je me disais :

Cé ça, elle a dû mourir comme ma petite-petite-cousine Lucienne Quesnel de la grippe espagnole en 1918.

Lucienne Quesnel
collection de mon cousin Yvon Quesnel

J’ai fait une petite recherche sur la belle Julie pour en savoir plus.

Julie n’est pas morte jeune fille comme Lucienne.

Mais non!

Elle s’est mariée le 12 janvier 1909 en la paroisse St-Barthélémy à St-Barthélémy, dans le beau comté de Berthier dans la belle province avec le beau Louis-Philippe Comtois et elle a eu au moins deux beaux garçons, Robert et Philippe.

La vie s’annonçait belle pour la belle Julie.

Mais le malheur a frappé. Louis-Philippe est décédé à 28 ans. En 1917, mais pas de la grippe espagnole.

On ne connaît pas la cause du moins pour le moment. J’ai annoncé la mauvaise nouvelle à Sylvain qui m’a écrit et m’a envoyé ceci…

Acte de sépulture Louis-Philippe Comtois
collection de Sylvain Houde

C’est surtout son message qui est touchant…

Quelle tristesse. Je viens à peine de faire leur connaissance qu’ils meurent déjà. Mon arrière-grand-père Nicodème Doyle a signé.

Touchant aussi que cet autre message…

Ça valait la peine d’attendre cette boîte de ma tante.

Mais je crois que c’est pas mal fini maintenant. Mon père et ma tante n’ont plus rien… As-tu vu comme je ressemble à Jessie ? Je croyais que j’avais du Doyle, mais je comprends maintenant pourquoi je suis le seul de la famille à avoir des cheveux ! »

Des cheveux…!!!

Diantre!


Pierre Lagacé à Kittyhawk en Caroline du Nord en septembre 2011

« Mais je crois que c’est pas mal fini maintenant. » 

Sylvain, tu peux me croire,  ce n’est jamais fini…

On se repogne, car l’histoire des Patriotes se continue une prochaine fois, et justement à la Maison Chaumont.