Les informations sur les sites Internet de généalogie

Les informations sur les sites Internet de généalogie…

Faut pas toujours s’y fier.

En fait, il ne faut pas seulement s’y fier.

En fait, il ne faut jamais s’y fier.

J’ai déjà trouvé sur Ancestry les grands-parents d’André Mignier dit La Gâchette.

Fous de joie, beaucoup de membres les avaient ajoutés comme ça.

Le seul hic c’est que le couple de grands-parents s’étaient mariés environ 164 ans après la naissance d’André Mignier dit La Gâchette.

Oups…!

Disons que ça faisait pas tellement sérieux.

Des erreurs, on en voit aussi dans les registres.

Alors, à qui et à quoi s’y fier…?

Au plus grand nombre de sources possibles, mais gardez l’oeil ouvert… et le bon.

J’espère que c’est le bon…

Serge a trouvé quelqu’un en Floride qui avait trouvé les parents de John Ritchie.

Le hic c’est que le père aurait eu 15 ans à la naissance de John et la mère autour de 9 ans.

Me semble que ça fait un ti-peu bizarre non.

Le Floridien n’a jamais plus réécrit à Serge…

Il arrive parfois que des gens nous écrivent, puis pouf!

Ils disparaissent. Je dis souvent à la blague qu’ils sont morts de joie d’avoir retrouvé de la famille.

Serge et moi nous nous retrouvons dans la même situation. Il aimerait beaucoup remonter dans son arbre pour se retrouver en Écosse, mais il est bloqué dans ses recherches.

Dans mon cas, j’ai moins de problèmes, car je sais que les ancêtres d’André Mignier sont Français et qu’on ne pourra jamais remonter plus loin que Michel Mignier et Catherine Masson dans ma lignée paternelle. Du moins, personne n’a encore fait de nouvelles découvertes.

On se repogne.

John Ritchie fils de…?

John Ritchie fils de…?

Êtes-vous vraiment certain d’avoir retrouvé les bons ancêtres?

Pas sûr à 100 %?

Cépasgrave, le plaisir est de découvrir toujours de nouvelles choses même si on s’est trompé en chemin.

Quand j’ai commencé à me piquer à la généalogie en 2007 avec les photos que mon frère m’avait apportées, j’avais erré assez longtemps avec ma lignée paternelle.

Pierre lagacé. fils de Léo Lagacé Junior, petit-fils de Léo Lagacé Senior…

C’était tout.

C’était tout ce que je savais en juillet 2007.

J’ai vainement essayé de trouver l’acte de mariage de Léo et Juliette.

Rien du tout.

Ni sur BMS ni sur Mes Aieux, ni sur le site des mormons, ni sur Ancestry,…, ni sur Nos Origines, ni sur CGFA, ni sur Planète Généalogie..

Rien du tout.

Puis, j’ai tout compris dans mon voyage astral sur planète Internet.

Léo ne s’était  jamais marié à sa belle Juliette.

Dans les années 20…

La réponse était toute simple.

Il était déjà marié depuis 1912 avec la belle Maria Landry.

Léo disparut de la circulation à St-Hyacinthe dans les années 1920 quand son beau-frère Omer en a eu assez de ses agissements.

Léo a quand même laissé de beaux souvenirs dans la région.

famille de Maria Landry avec sa deuxième mère, la soeur de sa mère…

En 2009, l’acte de décès de Léo Senior me révéla toute la vérité.

C’est Val d’Or Lagacé, le secrétaire de l’association des Lagacé qui me l’avait envoyé.

Je lui dois tout… et vous de même.

Le nom de la mère de Léo était inscrit : H. Alexandre.

On n’invente pas un acte de décès de l’État civil.

À partir de ce document, je pus remonter mon arbre, car H. Alexandre avait marié Stanislas Lagacé en 1862.

Pierre fils de Léo, fils de Léo, fils de Stanislas, fils de Stanislas, fils d’Antoine, fils…

Mais je n’en suis pas resté là…

Stanislas Lagacé, père de Léo Senior?

Pas encore certain à 100%

Qu’en est-il de John Ritchie fils de…? 

C’est comme la quête du St-Graal…

Le St-Graal, on le cherche en titi depuis des lunes.

Il faut le retrouver à tout prix.

C’est comme le fameux acte de mariage d’Edwidge Neveu que Michel Lauzon essaie toujours de retrouver.

Bon je dérape…

Qui est le père de John Ritchie?

À St-Donat?

Oui Sire… Il parait que…

Pas de nouvelles encore d’Edwidge?

Non Sire, mais on cherche en titi…

Qu’en est-il de l’ancêtre de John Ritchie né vers 1797-1798-1799 en Irlande?

On cherche encore…

On cherchera peut-être encore longtemps.

En 2009, Serge avait reçu ce message d’un descendant de John Ritchie.

Dear Cousin,

I am a direct descendant of Frank Ritchie (spouse Victoria Bergeron, brother of William Ritchie, and son of William and Dephine.
William and Dephine had 13 children. William (senior) is the son of John Ritchie as shown in your tree. But, I have his mother listed as Margaret Daily. He had a uncle William, too. John and William are the sons of Sam Ritchie, an Episcopalian clergyman from Scotland who died in Ireland when the boys were young.

Would love to swap information with you.

Joe Ritchie, Florida, USA

Moi, ça ne prend pas grand chose pour m’exciter, mais des fois je me demande si Serge et moi sommes les seuls à être excités de même pour nos ancêtres…

C’est fou la généalogie

C’est fou la généalogie…

Je me demande ce que les gens vont penser quand ils vont chercher sur Google l’expression Comme si on avait élevé des cochons ensemble. 

Ils vont se retrouver sur mon blogue et sur celui de Jean-Roch, cet instit français…

Cliquez ici.

Pour revenir sur le commentaire d’Adrien Simard, celui qui a parti le bal, je l’ai retrouvé…

Bonjour Mr. Lagacé,

Vu que je n’ai pas votre adresse courriel je vous écris sur ce tableau car j’ai une question pour vous, en espérant que vous pourriez m’aider.

Je n’ai pu retrouver le décès de SOPHIE SIMARD née le 18/09/1821 à Baie St-Paul, fille de Éloi Simard et Marie Dubord, Cette SOPHIE a épousé Joseph Lavoie fils de François Lavoie et Monique Simard le 18/01/1842 à Baie St-Paul.

SOPHIE serait décédée entre 1885 et 1895, car au mariage de sa fille en 1885 elle était vivante mais au mariage d’un de ses fils en 1895 elle est inscrite comme «FEUE»

Toutes mes recherches ne m’ont rien données à date.

Merci de votre attention et continuer votre dévouement à cette cause.

Adrien Simard (Mirabel)

Adrien demeure moins loin que Serge.

Bon, voilà une autre affaire réglée.

Revenons maintenant à la famille Ritchie de St-Donat.

Je me demande s’ils ont eu beaucoup de neige hier à St-Donat.

C’est vraiment fou la généalogie, c’est comme écouter Météomédia toute la journée pour découvrir le temps qu’il fera. On peut passer toute sa vie devant la télé ou devant un ordi à chercher ses ancêtres ou ceux des autres.

Je ne suis même pas un descendant de John Ritchie, né en Irlande vers 1797-1798-1799, que je suis quand même tout excité par les découvertes de Serge Ritchie de St-Donat.

Surtout la photo de Frank Ritchie Senior.

Je l’ai envoyé à un de ses arrière-arrière-petit-fils sur Facebook.

Pas de nouvelles.

Pas intéressé, ou bien il est mort de joie…!

Ses ancêtres, comme ceux de Serge, viendraient en plus d’Écosse.

Ah shit, on vient de manquer la sortie pour St-Donat…
Me semble qu’on avait parlé d’Écosse non! 

Décidément, Serge et moi on a dû élever des tas de cochons ensemble dans nos vies antérieures…

Je ne vois pas d’autres explications.

Maintenant, je comprends mieux l’excitation que ressentait ma 3e cousine Sandy qui avait retrouvé en 2010 un vrai descendant du frère de son arrière-arrière-grand-père Pierre Lagacé.

Bibi…

Bon on repart mon p’tit Pierre…

Coudonc Stanislas, étais-tu excité de même quand tu étais jeune…?

Sauf que… on n’est pas sorti du bois de St-Donat avec les ancêtres de Serge Ritchie. On dit de John Ritchie qu’il est né en Irlande. C’est écrit dans tous les recensements canadiens depuis 1852.

Serge a de son bord ramassé plein d’informations contradictoires sur l’origine des ancêtres de John Ritchie sur le site Ancestry.

Ils se trouveraient en Écosse.

Moi je veux bien…

J’ai toujours aimé les Écossais.

Il faut donc démêler tout ça.

J’en ai vu d’autres, et à deux, on devrait bien arriver un jour au pays de ses ancêtres, l’Irlande ou l’Écosse.

Moi j’aime bien l’Écosse…

On se revoit lundi.

Promis.

On se repogne…

Il faut toujours faire attention aux expressions que l’on utilise dans la vie.

On se repogne, c’est l’expression préférée de mon ami Marcel Bergeron à Bromptonville quand il m’appelle.

C’est l’ami d’Eugène Gagnon le célèbre pilote de Mosquito qui était jadis totalement méconnu avant que je commence à en parler.

Marcel était un parfait inconnu en 2010 tout comme l’était son héros de jeunesse Eugène Gagnon, pilote de Mosquito dans la RAF.

En 2010, Marcel voulait en savoir plus sur sa carrière militaire. 

Il n’en savait pas beaucoup.

Il avait juste un document.

Marcel était allé voir un vétéran aviateur de la Deuxième Guerre mondiale qui s’est tourné vers moi pour avoir mon aide. 

J’avais fait des "tites" recherches… 

J’en avais parlé sur ce blogue et aussi sur mon blogue Souvenirs de guerre.

J’en avais parlé aussi sur mon blogue No. 23 Squadron écrit justement en hommage à ce pilote de Mosquito.

J’en avais aussi glissé un mot sur la version anglaise de Souvenirs de guerre, Lest We Forget, et aussi sur mon blogue sur l’escadrille 425 Alouette.

Non pas sur ce dernier blogue…

Cépagrave…

En tout cas, on se repognera un jour avec le 425 Alouette.

Parlant du 425 Alouette, le Musée de la Défense aérienne de Bagotville présentera cet été une exposition sur le rôle joué par le 23 Squadron de la RAF durant la Deuxième Guerre mondiale.

Comme on fêtera en 2012 le 70e anniversaire de la création du 425 Alouette, on veut en même temps honorer les aviateurs canadiens du 23 Squadron dont la mission était de protéger les bombardiers de la RAF et de la RCAF.

On va honorer ainsi la mémoire d’Eugène Gagnon et de deux autres aviateurs canadiens.

Eugène Gagnon

Parlant expression préférée…

Je connais une autre… que j’aime bien.

Comme si on avait élevé des cochons ensemble.

On emploie surtout cette expression ici au Québec dans un sens péjoratif.

Pas dans ce cas-ci, je vous l’assure.

Serge Ritchie m’a finalement téléphoné de St-Donat vendredi dernier.

Il avait hâte de me parler…

Pur plaisir égoïste de ma part.

60 minutes…

3600 secondes…

En plus il a un plan Distributel.

Je ne vous raconterai pas tout.

C’est comme si on avait élevé des cochons ensemble toute notre vie à St-Donat.

Ça a cliqué tout de suite entre nous. 

Si j’avais eu des cochons dans mon salon pendant que je lui parlais, ils seraient restés bouche bée je vous l’assure.

Serge en savait pas mal sur la famille Ritchie de St-Donat.

Ça fait 15 ans qu’il a eu la piqûre pour ses ancêtres.

Je buvais ses paroles comme ma cuillère à soupe de St-Georges à la Maison Chaumont en décembre dernier.

Mais Serge n’a pas fait que parler…

Il avait un site Ancestry et des photos de la famille Ritchie.  Il est un peu collectionneur de photos anciennes comme moi.

Puis, on s’est mutuellement invité sur nos sites respectifs.

C’est comme si on avait élevé des cochons ensemble toute notre vie, lui à St-Donat et moi à Ste-Anne-des-Plaines.

Ça c’est la photo de Frank Ritchie Senior, le fils de William Ritchie…

Ça c’est la photo de William Ritchie, le fils de John Ritchie, un Irlandais né vers 1797-1798-1799…

C’est une peinture de William, but who cares…

William est né en 1830 en Irlande et est décédé le 27 janvier 1894 à Notre-Dame-de-la-Merci.

Ce qui se dégage de nos 3600 secondes d’extase généalogique, c’est la fierté derrière tout ça.

J’ai pris ce qui suit sur le site Ancestry de Serge…

William Ritchie (1830-1894) est l’un des fondateurs de Notre-Dame-de-la-Merci. Cette chapelle fut construite en 1884 et terminée en 1887, la population était environ de 61 habitants. William Ritchie  se trouve possiblement sur le balcon (photo), William Ritchie marié à Delphine Mireault (1836-1916) quatre de leurs enfants se sont mariés à cette chapelle.  Samuel Ritchie marié à Perpetue Cardinal (1892-09-26),  Louis Ritchie marié à Delia Christin dit Saint-Amour (1899-09-11),  Marguerite Ritchie mariée à Trefflé Grenier (1900-01-08),  Elizabeth Ritchie mariée à Daniel Mooney (1896-11-17).  Le corps de William repose au cimetière de Notre-Dame-de-la-Merci  selon mes informations ils auraient déplacés l’église et on  retrouverait ses ossements sous l`église.  Information: pour le mariage et décès, il y a un registre de la société de Généalogie de Lanaudière no 86

Serge aurait retrouvé ses racines jusqu’en Écosse, et, tout comme moi, il partage sa passion pour ses ancêtres.

De là à se partir un blogue, il n’y a qu’un pas…

Je blague…

On se repogne…

Robert, fils de Frank, fils de Frank, fils de William, fils de John Ritchie, fils de…?

Je vais vous parler de la famille Ritchie de St-Donat en lien avec le sous-marinier américain Robert Ritchie.

Robert Ritchie était le fils de Frank Ritchie Junior et d’Edna Lagasse.

Il est donc mon 3e cousin. 

Sa mère Edna Lagasse était la nièce de mon grand-père Léo Lagacé Senior.

Si vous ne me suivez pas, cépagrave…

Revoici la photo de Robert Ritchie mise sur un site qui rend hommage à tous les sous-mariniers américains morts durant la Deuxième Guerre mondiale.


Robert Ritchie 1921? – 1945

Cette photo a été envoyée à ce site par le neveu de Robert.

Robert Ritchie était à bord du sous-marin SS-332 Bullhead, le dernier navire perdu en mer lors de la Deuxième Guerre mondiale.

Je vous en avais parlé avant Noël.

Son père Frank Ritchie Junior était le fils de Frank Ritchie Senior qui était le fils William Ritchie et de Delphine Mireault.

Voici la photo de Frank Ritchie Senior.

Frank Ritchie Senior 1869 – ?

Son père William Ritchie était fils de John Ritchie, un Irlandais né vers 1798 et de Margaret Nulty ou McNulty née vers 1800.

Voici un portrait de William Ritchie né en 1830 en Irlande.

William Ritchie 1830-1894

Toute la famille serait arrivée ici dans les années 1840 et aurait atterri à Grosse-île.

On n’est pas encore tout à fait certain des parents de John Ritchie, mais on en sait plus sur Margaret Nulty.

Vous pouvez aller sur ce site…

En 2010, je n’avais dans mes fichiers généalogiques que le nom Ritchie comme information sur le mari d’Edna Lagasse, la fille de Stanislas Lagacé III, le frère de mon grand-père.

Souvent, en généalogie, ce n’est que bien plus tard qu’on trouve plein d’information sur des gens dont on savait peu de choses au départ.

Parlez-en à ma 3e cousine Sandy qui cherchait depuis 25 ans qui pouvait bien être ce Dennis Lagasse, le frère de son ancêtre Pierre Lagacé.

On parle encore de nous mon petit Pierre…

On s’y habitue à la fin Stanislas…

Edna Lagasse portait le prénom d’Odna dans l’avis de décès que j’ai fait paraître pendant le temps des fêtes.

Cliquez ici pour vous remettre dans l’esprit ou si vous êtes curieux.

Edna m’est apparue dans mes recherches la première fois en 2010 dans l’avis de décès de son père Stanislas III, mort électrocuté en 1922.

Photo de la tombe de Stanislas Lagacé III prise en septembre 2011 à Bristol, Connecticut 

Dans l’avis de décès, on avait le nom de Mrs. Edna Ritchie de New Britain tout comme le nom de mon grand-père Léo Senior qui se faisait aussi appeler Joseph Philippe Léo Lagacé.

C’était assez pour piquer ma curiosité à l’époque.

C’est avec les nouvelles photos numérisées récemment par Robin, la femme d’un autre petit cousin éloigné en Californie, que j’ai essayé d’en connaître plus sur le mari d’Edna.

Je sais vraiment pas quelle mouche m’a piqué pour faire ça.

J’ai bien fait…

Voici le résultat de mes recherches préliminaires en utilisant les recensements et le site Family Search des mormons.

Puis là, il est arrivé quelque chose de merveilleux, comme un cadeau de Noël descendu du ciel…

Un descendant encore bien vivant de William Ritchie qui m’a écrit quelques commentaires sur ce blogue.

En plus, il voulait absolument me téléphoner.

Serais-tu intéressé que l`on discute par téléphone suite à l`article sur la Famille Ritchie de Saint-Donat de Montcalm,Québec, Canada……

Je ne me suis pas fait tirer l’oreille…

On se repogne…

Le seul souvenir…

Les Rois sont finalement passés…

Je peux me remettre à vous écrire.

Avant d’aller rencontrer la famille Ritchie de St-Donat, je veux vous reparler de photos anciennes.

Voici la seule photo qui reste des quatre albums qui furent brûlés dont je parlais la semaine dernière…

1922

Je voulais vous la montrer dimanche, mais je me suis dit qu’il n’y avait pas le feu…

La belle-mère de mon beau-frère m’en a fait une photocopie quand je suis allé reconduire mon petit neveu pour qu’il aille passer du temps avec sa grand-mère.

Elle garde précieusement l’original de la photo prise en 1922, tout comme elle a gardé précieusement son petit-fils pour la fin de semaine.

Tous les albums de famille furent brûlés après la mort de sa mère.

C’était sa volonté.

Sa mère (la petite fille sur la photo) ne voulait pas qu’on rit d’elle et de la manière dont les gens étaient habillés à cette époque…

Vraiment triste…

On n’invente pas une telle histoire.

Demain, St-Donat.

Martine Mailloux,  janvier 2012
Saint-Donat, Québec : 4 janvier 2012

Ça va être bon.

On annonce du beau temps avec quelques flocons.

C’est quoi l’histoire triste de l’autre fois…

Lors de ma fête chez mon beau-frère, j’ai jasé avec sa belle-mère.

Elle a perdu son mari en 2011. Tous les deux travaillaient dans le domaine de l’imprimerie.

J’avais déjà parlé de son mari dans cet article. 

Elle a encore beaucoup de peine…

Je pouvais le lire dans ses yeux.

On a jasé généalogie. C’est elle qui voulait en jaser.

Je ne me suis pas fait prier.

Je lui ai reparlé des ancêtres de son mari que je pense avoir trouvés. Ses ancêtres canadiens-français furent faciles à retracer, mais pas ses ancêtres irlandais.

Elle m’a aussi reparlé des photos de sa mère, une Polonaise d’origine.

Celle-ci avait demandé à quelqu’un de la famille de détruire à sa mort les quatre albums de photos de famille.

Il ne reste plus rien.

Des photos sur étain.

La belle-mère de mon beau-frère a de la misère à comprendre.

Elle doit composer avec le deuil une autre fois.

Celui de ses ancêtres maternels.

Mais il y a toujours un bon côté à une histoire triste.

Elle aurait retrouvé le baptistère de son grand-père écrit en russe.

Pour terminer, l’histoire du grenier.

Une dame âgée avait apporté à la belle-mère de mon beau-frère une vieille photo qu’on lui avait envoyée d’Autriche.

Elle avait été trouvée dans le grenier d’une maison qu’on allait démolir.

Cette photo était celle de sa mère. Elle n’en avait aucune.

Elle voulait la faire monter dans un cadre, mais elle était tellement fragile qu’on en a fait une copie de peur de la détruire en faisant le montage dans le cadre.

Le résultat final fut à la grande satisfaction de la cliente.

Parlant de photocopie, j’ai celle-ci.

Elle m’a été envoyée par Dennis Lagasse IV. C’est son père qui l’avait dans ses papiers.

Elle montre un homme avec deux petits enfants. Selon la vignette écrite au verso on a un grand-père Lagacé.

Ce serait Stanislas Lagacé II, l’ancêtre de plusieurs milliers de petits Américains qui l’ignorent encore et des deux frères Ritchie morts durant la Deuxième Guerre mondiale.

La trêve est finie, on se revoit lundi.

Un autre petit cousin politicien

Paul Sauvé est un autre petit cousin.

Il est aussi un autre politicien.

Il a laissé sa marque même si son règne politique n’a duré que 100 jours.

Dommage, le Québec a perdu son plus grand homme.

Il est celui qui est à l’origine de la Révolution tranquille.

Cliquez ici pour mon article qui lui rendait hommage.

J’avais également écrit celui-ci sur mon blogue Souvenirs de guerre.

Je vous ai trouvé aussi un très beau texte de Robert Prévost.

À lire absolument.

Une anecdote vraie

L’histoire du  crémage du gâteau est la suivante.

Mais elle va encore bien plus loin que ce gâteau de "bun fight"…

En Autriche pour être plus précis, dans le grenier d’une vieille maison qu’on allait démolir.

Vous ne direz pas que je n’ai pas le tour de vous faire languir…

Contrairement à l’anecdote du gâteau, cette histoire est par contre assez triste.

Tellement triste que je ne pourrai pas toute la raconter dans les menus détails.

Revenons plutôt au gâteau.

C’est mon gâteau de fête, de bun fight.

C’est mon beau-frère qui me l’a offert.

Mon beauf a beaucoup le sens de l’humour.

C’est lui qui a commandé le gâteau avec ce qui est écrit.

Ce gâteau a fait saliver hier ma petite cousine Jocelyne Nicol qui me demandait dans son commentaire de lui parler de Tec Cornelius Aubrenan.

Bonjour cher Pierre,
En attendant demain, on dévore ce gâteau des yeux !

Mais ce qui m’intéresse c’est l’ancêtre de ton épouse : Tec Cornelius Aubrenan !

Bernard mon mari fait des recherches sur celui-ci donc j’attends avec intérêt ton texte pour mieux le connaître ! 

Bon mardi !

Jocelyne

J’ai retrouvé ma traduction du texte de Louis Aubry sur son ancêtre Tec Cornelius Aubrenan… Monsieur Aubry m’avait demandé de la traduire.

C’est le mari de Jocelyne qui va donc être content.

Voici l’original.

Voici la traduction du texte que vous n’avez pas nécessairement à lire.

Tec Cornelius Aubrenan

Le premier immigrant irlandais du Canada

Présentation faite à la conférence de 2002

de la British Isle Family History Society Of Greater Ottawa
(BIFHSOGO)

par Louis Aubry, un descendant

courriel : louis.aubry@videotron.ca

Pendant que je fais ma présentation, j’aimerais que vous vous imaginiez que mon neveu Jack Aubry, reporter national au Ottawa Citizen, est près de moi et qu’il vous racontera plus tard ses recherches lors de son voyage en Irlande.

Ma recherche pour retrouver le lieu de naissance de mon ancêtre Pierre Aubry, connu autrefois sous le nom de Tec Cornelius Aubrenan, commença dans ma jeunesse. Mon père Auguste Eugène Aubry, un grossiste en tabac en gros bien connu, ayant son commerce sur Sussex Drive à Ottawa, racontait à ses sept enfants qu’ils étaient tous des descendants d’un Irlandais, Tadgh Cornelius Ô’Braonâin ou Tec Cornelius Aubrenan, tel qu’écrit lorsque celui-ci foula pour la première fois le sol de la Nouvelle-France ou du Canada. Je soupçonne qu’il trouva cette information en feuilletant le Dictionnaire des familles canadiennes écrit par l’abbé Cyprien Tanguay qui vécut au 84, rue Guigues à Ottawa.

Son nom apparaît dans le recensement de 1663 comme Thècle Cornelius Aubrenan, le seul individu d’une population totale de 596 qui n’était pas d’origine française. Il déclare qu’il ne peut écrire ni son nom ni son pays d’origine. Dans le recensement de 1667, il apparaît sous le nom de Tècle Cornelius, et dans le recensement de 1681 comme étant Jacques Tecaubry.

Le regretté Claude Aubry qui était le bibliothécaire en chef de la bibliothèque municipale d’Ottawa, avait aussi mentionné que Tec Cornelius Aubrenan était l’ancêtre de la majorité des Aubry du Canada et des États-Unis. C’était dans son jardin sur la rue Claver, derrière l’hôpital Ottawa Civic Hospital, que j’ai passé un bel après-midi agréable avec lui alors que nous nous échangions des notes sur nos ancêtres. C’est lors de cette rencontre qu’il me donna quelques livres qu’il me dédicaça en tant que cousin éloigné à trois générations.

Mon projet de recherche a réellement commencé quand j’étais étudiant en maîtrise. J’ai consulté le Dictionnaire des familles canadiennes de Tanguay à la bibliothèque Morrissette de l’Université d’Ottawa. Tec Cornelius Aubrenan y était inscrit comme étant né en 1632, marié en 1670 à Jeanne Chartier de Paris en France, et qu’il avait été inhumé en 1687, à l’âge de 55 ans, à Pointe-aux-Trembles. Tec et Chartier eurent sept enfants. Un de ceux-là était notre cinquième arrière-grand-père, le capitaine François Aubry, né en 1677 à Montréal. Il maria en 1707 à Montréal, Marie-Jeanne Bouteillier-Têtu, une jeune fille de douze ans. Ils eurent dix-sept enfants. On retrouvait également les noms des trois fils de François Aubry – André, Jean-Baptiste et François – qui eurent chacun une grande progéniture. François, le fils de François était notre quatrième arrière-grand-père. Il maria Cécile Grou qui lui donna dix-neuf enfants. Pierre, un de leurs fils, eut quinze enfants. Plus tard, je vous parlerai de la famille de Tec Cornelius au Canada.

Pour en savoir plus sur le nom O’Brennan ou Ô’Braonâin, j’ai consulté le livre Irish Families – Their Names, Arms and Origins écrit par l’ancien héraut en chef de l’Irlande, Edward MacLysacht. Sous l’entrée O’Brennan, MacBrennan, l’auteur écrit ceci : « Le clan principal des O’Brennan était celui d’Ossory; ils étaient les chefs d’Ui Duach (modification du nom Idough) dans la partie nord du comté de Kilkenny. Leur influence s’estompa naturellement avec la montée de la puissance anglaise dans la province de Leinster et, bien que plusieurs O’Brennans conservèrent des parties de leurs anciens domaines, le XVIIe siècle vit beaucoup de ceux-ci réduits à devenir des raparee, des pilleurs – en fait, plusieurs bandes notoires de Tories dans la province de Leinster avaient des Brennan à leur tête. Au siècle suivant, un des plus intrépides et chevaleresques de tous les voleurs de grand chemin, James Freney, comme il l’affirmait, suivait les traces des derniers Tories Brennan… ». L’auteur termine sur cette note : « On retrouve un récit intéressant des O’Brennan d’Ossory dans le Journal of the Royal Society of Antiquarians. » Le premier numéro du journal daté de 1880 n’était pas disponible, mais je l’ai obtenu directement en faisant une demande à la Société. L’article dont le titre était The Ancient Tribes and Territories of Ossory était un texte qui a été lu lors d’une réunion de la Société par son auteur le Révérend James Graves qui citait Keating : « Parmi l’ancienne tribu – dans les districts d’Ossory, le nom qui n’était pas le moins remarquable était H-Ui-Duach (Idough); le comté de O’Braonain » – un sept, qui, pour citer Keating (Dublin, ed. 1723, Book 1, p. 112), « se furent distingués par leurs exploits militaires et furent quelques-uns des plus célèbres champions de l’époque où ils vécurent ». Je ne vais que citer ce passage de la présentation du Dr Graves: « Les hommes de guerre normands avaient à peine pu pénétrer les vastes étendues montagneuses et marécageuses de Fasachdinin.

Mais quand le comte de Pembroke à cause de son alliance avec la famille de son épouse Eva et à cause de sa noblesse a acquis les terres de Leinster; ou, encore quand il a pris l’affiche du temps de son gendre William Earl Marshall, les O’Broenains furent chassés des parties plus basses et fertiles d’Ui-Duach. Le manoir d’Odogh (dont le chef-lieu était situé à Three Castles dans la paroisse actuelle dOdogh) fut établi dans la “ vaste plaine de la (rivière) Nore. ”

Mais les O’Broenains ne furent pas extirpés ni même soumis; ils retraitèrent devant les locataires féodaux du comte de Marshall dans les collines autour de Castlecomer;  ou “ dans le désert de la rivière Dinin,  ” entouré de marécages et de forêts, ils conservèrent une indépendance orageuse jusqu’à la fin du règne de Charles Premier, quand en 1635, un jury déclara que les O’Broenains détenaient leurs terres “ manu forte. ” (Calendar, Inquis. Lagenia. Com. Kilken. No. 64, Car. I.) »

Je voudrais prendre un court moment pour vous parler d’un des sites Internet des plus complets sur la famille Brennan. Je vais m’y référer de temps à autre. C’est le site The Brennans of Idough, A Family History  de Jim Brennan.

Pour souligner l’importance du rôle joué par les Brennan en Ossory, le site de Jim Brennan consacre une page avec cet en-tête : Facts about the Brennan family. Voici quelques-uns de ces faits: « Les ancêtres de la famille Brennan arrivèrent en Irlande au Ve siècle av. J.-C. et s’installèrent dans la partie nord de Kilkenny peu de temps après la naissance du Christ. » Un autre fait serait que « Les Brennan seraient tous des descendants de Cearbhall (prononcé Carroll), le roi le plus connu d’Ossory. Par toutes sortes de machinations politiques, Cearbhall devint le roi des Vikings en Irlande en 873 de notre ère. » Un troisième fait est que : « Le nom Braonan signifierait habituellement le mot triste, bien que certains se demandent si un roi des Vikings n’a pas nommé son fils d’après Braon, le dieu celtique de la guerre. Une autre signification du mot est corbeau, “ un qui aime la bagarre”. Le dernier fait est qu’en 1637, les Anglais vendirent les terres des Brennan à Christophe Wandesforde. Les Brennan réagirent en brûlant les maisons, nivelant des fossés et détruisant les récoltes. » Ceci se passa en 1637 et notre ancêtre naquit dans les années 1630. Son père Connor O’Braonain a pu facilement y être impliqué

Jim Brennan publie également quelques citations intéressantes au sujet des Brennan: « Les septs O’Brennan sont et ont toujours été de simples Irlandais qui entrèrent illégalement dans le territoire de Idough, appelé anciennement “O’Brennans’ country”, occupant plusieurs des terres par la force contre toute revendication. » – tel que cité par un jury anglais en 1635, puis, « Les O’Brennan, un sept de voleurs sans droit ni titre,… furent une cause de dérangement perpétuel pour la paix dans le comté, » – cité par des fonctionnaires anglais s’opposant en 1644 au retour des terres au Brennan ,et enfin, « Les Tories notoires, les Brannan, qui avaient été non seulement coupable de cambriolage et de vol, mais également de meurtres, qui étaient condamnés à la peine de mort et qui s’étaient échappés de prison, furent faits, entre autres, officiers de l’Armée catholique ", citant un archevêque protestant, qui écrivait en 1691 sur l’armée jacobite d’Irlande, qui a été défaite dans une autre rébellion.

La partie principale de ce site Web est la publication intégrale d’un livre par Thomas A. Brennan Jr. Ce livre est épuisé, mais l’auteur a autorisé à ce qu’il soit publié dans son intégralité sur ce site web. Personnellement, je suis fier de dire publiquement que j’ai eu la chance de recevoir une copie personnellement de son auteur, qui est un avocat de New York et le directeur de the Hearst Family Trust à New York. Présentement, il est également le chef honoraire du clan Brennan. L’ouvrage publié en 1975 et 1979, intitulée A History of the Brennans in Idough , County Kilkenny nous indique que le XVIIe siècle a vu un certain nombre de Brennan et Brannan (anciennement O’Brennen, Ó Braonáin) immigrer de l’Irlande vers les États-Unis d’Amérique.

Un fait intéressant en qui me concerne est que le père de Tec Cornelius Aubrenan était Connor O’Brenan. On mentionne dans le livre au chapitre III, partie 6, qu’un Connor mac Firr O’Brenan possédait des terres à Idough et en fut chassé tel qu’indiqué dans l’inquisition de 1635. Voici la référence: « …. (2) Des terres de Clanvickelowe: ….. (C) Clonneen – une moitié (détenue) par Connor mac Firr O’Brenan et un quart chacun par Piers Tallone et Gilpatrick O’Brenan de Clonneen”. Une note de bas de page se lit comme suit : « Il est à se demander si Connor mac Firr était un autre fils de Fhearadhach mac Donnchadha, chef de Clanvickelowe plus tôt dans ce siècle ». J’aurai à poursuivre mes recherches en cherchant plus d’indices.

L’auteur mentionne aussi qu’ « au Maryland, lors de la deuxième moitié du XVIIe siècle (une période où la colonie était majoritairement catholique), on retrouvait en 1677 une Eleanor Brenan, un John Brannan en 1678, et un Cornelius Brannon et un Philip Brannan en 1699; en 1719, un Patrick Brannan se maria au Maryland. »

En considérant les dates du XVIIe siècle – 1677, 1678, 1699, on retrouve mon ancêtre à Montréal en 1661, bien avant toutes ces personnes. Cornelius serait ainsi le premier immigrant irlandais, non seulement en Nouvelle-France, mais aussi en Amérique du Nord. Par contre, je ne me porterais pas garant de cette affirmation. Bien sûr, durant les années suivantes, un grand nombre de Brennan choisirent de s’établir aux États-Unis et au Canada, en particulier au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, suite à la famine de la pomme de terre. Grosse-Île, dans la province de Québec, est un mémorial canadien dédié à cette période.

Pour le Canada. l’auteur liste le nombre de Brennan trouvés en 1979 dans les bottins téléphoniques des grandes villes canadiennes : 170 à Toronto; 148 à Ottawa, 116 à Montréal; 10 à Québec; 13 à Saint-Jean au Nouveau-Brunswick; 31 à Halifax; 33 à Winnipeg, 16 à Régina; 19 à Calgary; 35 à Edmonton; 53 à Vancouver, deux à Whitehorse. Actuellement, dans le bottin de la région d’Ottawa-Gatineau, nous retrouvons 302 Brennan, comparativement aux 148 de 1979. Il existe 78 Aubry et 69 Aubrey, la plupart des descendants de Tec Cornelius O’Brennan.

En raison de l’étrange façon d’orthographier le nom O’Brennan – Aubrenan – Thomas A. Brennan Jr. ne pouvait connaître les milliers de descendants nord-américains d’un autre O’Brennan, Tec Cornelius Aubrenan (O’Brennan) qui portait maintenant le nouveau nom Aubry qu’il avait adopté. La venue de Tec Cornelius Aubrenan à Montréal vers 1660 ou 1661 est due à l’envoi d’un contingent d’hommes par le roi Louis XIV pour coloniser la Nouvelle-France. Les historiens, qui ont écrit abondamment sur le parcours de Tec Cornelius Aubrenan, présument que sa famille était fort probablement impliquée dans la lutte contre Cromwell en 1652. Son père, ou Tec Cornelius Aubrenan, eut la permission d’émigrer en France, ce qui est plausible, car comment un unilingue aurait pu survivre à Montréal parmi quelque 600 résidents français ? Anne et David Kennedy racontent ceci dans le livre An Outline of Irish History : « Quand Cromwell revint en Angleterre en 1650, la guerre était pratiquement terminée, bien que quelques poches de résistance subsistaient encore jusqu’en 1652, l’année où finalement l’armée irlandaise se rendit. Quelque 30 000 soldats furent autorisés à partir pour la France ou l’Espagne et, avec leur départ, des milliers d’Irlandais, hommes, femmes et enfants, furent déportés aux Antilles. »

Le but principal de mon projet de recherche consistait à identifier le lieu de naissance de mon ancêtre. Un indice important fut trouvé dans son acte de mariage. Tec Cornelius Aubrenan et Jeanne Chartier furent mariés dans la ville de Québec à la cathédrale Notre-Dame. Romain Becquet, le notaire qui  rédigea le contrat le 6 septembre 1670 – quatre jours avant le mariage à l’église –, écrivit « Diasonnony » comme son lieu d’origine. Le prêtre Henri de Bernières écrivit Diasony dans l’acte de mariage daté du 10 septembre 1670. Le notaire et le prêtre, tous deux originaires de France, écrivirent le nom au son. Tec Cornelius, qui ne savait ni lire ni écrire, ne put les aider, et son épouse qui signa les documents ne pouvait épeler les mots que son futur mari avait prononcés. Je possède des photocopies des deux documents.

Lors d’une visite, comme membre, au centre de recherche de La Société généalogique canadienne-française à Montréal, j’ai trouvé dans un article écrit par John P. Dulong, intitulé Tec Cornelius Aubry : An Irish Habitant in New France. Certainement curieux à propos du nom de Tec Cornelius Aubry et de son lieu d’origine, John P. Dulong ne réussit pas à établir l’origine du nom grâce à ses contacts en Irlande. La théorie de John P. Dulong est différente de la mienne que j’expliquerai plus tard. Dulong écrit: « Le lieu de naissance du Tec est enregistré comme étant la paroisse de St-Patrice (St-Patrick), dans le village de Diasony (également orthographié Diasonyoen ou Diasonyden) en Irlande. Il y est né entre 1632 et 1638. » L’auteur continue comme ceci : « Il y a une divergence quant au lieu de naissance de Tec en Irlande. Une recherche des cartes et des gazettes en l’Irlande ne révèle pas de villages du nom de Diasonyoen ou de ses variantes. Le prêtre Henri de Bernières, le supérieur du séminaire de Québec, avait peut-être mal compris la prononciation irlandaise (gaélique) du lieu d’origine de Tec, et avait dû probablement deviné comment l’épeler »

Dulong contacta l’Ordnance Survey Office à Dublin, Il reçut de Mac an Baird, Ph. D., ce qu’il qualifie être trois pistes intéressantes venant d’un expert à propos du nom du lieu de naissance de Tec Cornelius Aubrenan qui peuvent aider à poursuivre la recherche. La piste privilégiée par Dulong était la suivante : Diasony pourrait ne pas être le nom d’un village, mais le nom qui désigne une unité géographique plus grande. En irlandais, cette unité était connue par le nom Deasumhain (prononcé Deasuin) et son orthographe habituelle était Deasmhumhain. (Dulong prétend que) « ce peut être l’endroit, en irlandais, dont Tec parlait et que le Père Bernières écrivit du mieux qu’il pouvait en français, en prenant la région pour une ville en particulier.

Avec mes copies des documents du XVIIe siècle en mains, j’ai commencé à chercher un nom en Irlande qui était semblable à Diasonony Diasony, Diasonyoen, Diasonyden. Dans la section sur l’Irlande des Archives nationales du Canada sur la rue Wellington, je suis tombé sur plusieurs volumes qui avaient des noms similaires dans leur section D. Celui qui m’a frappé le plus était Dysart et j’ai extrait ce qui suit d’un dictionnaire topographique d’Irlande daté de 1837 :


Dysart : paroisse dans la baronnie de Fassadining, dans le comté de Kilkenny de la province of Leinster; 2 ¼ milles au sud de Castlecomer, sur la route de Kilkenny; compte 2501 habitants. Cette paroisse est située sur les bords de la rivière Dinin; comprend2606 acres.

Selon le Gazetteer of the British Isles, John Bartholomew & Son Ltd. of Edinburgh : « La rivière Dinin est un affluent de la rivière Nore, dans le comté de Kilkenny, 4 milles au nord de Kilkenny; longueur 15 milles ».

Maintenant, si vous répétez plusieurs fois DYSART-ON-THE-DINEN, est-ce que cela ne sonne pas comme DIASONYDEN, une variante de ce que les Français Romain Becquet et Henri Bernières écrivirent ?

Jack Aubry un reporter national primé du Ottawa Citizen a écrit un article qui a été publié dans l’édition hebdomadaire du 1er juillet 2001du Citizen Weekly. L’article s’intitulait Searching for Tec: When Jack Aubry goes looking for his roots, he discovers Canada’s first Irish settler. Jack Aubry fait un compte rendu de son voyage en Irlande en janvier avec sa fille Avril, âgée de 10 ans. Il alterne intelligemment ce compte rendu avec certaines de mes conclusions sur la présence de Tec Cornelius Aubry au Canada. Je vais citer des passages de son article écrit sous une forme journalistique des plus colorée :

« L’ambassade canadienne fut notre premier arrêt lors de notre arrivée à Dublin. Comme reporter national du Citizen pour les affaires indiennes dans les années 90, j’avais rencontré Ron Irwin, l’actuel ambassadeur canadien, quand il était ministre des Affaires indiennes. J’avais communiqué avec lui avant notre voyage et je lui avais expliqué ma mission. Il était d’accord de mettre son personnel sur l’affaire et vérifier l’ascendance de Cornelius. Irwin m’informa que la recherche de l’ambassade confirmait que Cornelius était le premier colon irlandais au Canada. Plus tard, Don Pidgeon, l’historien officiel de la United Irish Society of Montreal, confirma cette conclusion. »

Jack Aubry poursuit son compte rendu avec cette salutation irlandaise : « 100 000 bienvenues en Irlande. Cela vous a pris 350 ans, mais vous êtes enfin arrivés. » C’est de cette manière que Maire Brennan Downey, qui avait un flair pour le dramatique, nous accueillit à notre arrivée à Castlecomer situé dans le comté de Kilkenny, à200 kilomètresenviron au sud-ouest de Dublin. Son père Brennan Downey aida à organiser des réunions de familles venues des quatre coins du globe en 1990 et 2000. Maire est également la secrétaire officielle du clan Brennan (dont le chef est Thomas A. Brennan Jr.). Lorsque je l’ai appelée du Canada avant notre voyage, Maire – prononcé Moira – a été réjouie d’apprendre qu’« un autre Brennan avait encore fait sa marque dans le monde des affaires ». Elle ne fut pas surprise par l’histoire de Cornelius parce que, dit-elle, « Les Brennans sont reconnus pour être fort robustes et ne pas avoir peur de l’aventure tout en prenant quelques coups sur la tête chemin faisant. »

« Avec Maire comme conductrice, nous avons visité le “pays des Brennan”. Ceux-ci sont si nombreux dans la région nord du comté de Kilkenny que des surnoms ont été ajoutés au patronyme pour différencier les familles. Un des surnoms pour Castlecomer est Con Brennan, qui est l’abréviation de Connor. Ceci capta mon attention parce que le certificat de mariage de Cornelius indique que le nom de son père avait été Connor. Maire nous montra le cimetière du village où le plus grand monument commémore la mémoire d’un Brennan.

« L’esprit “pugnace des Irlandais” dont mes ancêtres firent preuve, en défiant les Anglais, coule fort dans le sang des Brennan jusqu’à ce jour. Je l’ai réalisé en assistant à l’enterrement de Tom Brennan, un mineur de charbon et un amateur de sport dans le comté de Kilkenny. À la fin des funérailles, ses fils et de ses collègues de travail aidaient à porter le cercueil. Ceux-ci partageaient la même carrure robuste. Apparemment, je n’étais pas le seul à penser qu’il ressemblait à ces hommes auxquels vous ne voulez pas vous frotter; un des fils de Brennan avait même été un figurant dans le film Braveheart.

Lors de mon séjour en Irlande, la majorité des gens que je rencontrais me disaient que mes chances de trouver les ancêtres de Cornelius étaient minces sinon nulles. Je consultai Mark Tottenham, le directeur de l’équipe de recherche Eneclann de Trinity College, mais il n’avait pas beaucoup d’espoir. Pour commencer, beaucoup d’églises catholiques – et tous les registres des naissances, des mariages et des sépultures qu’elles contenaient – furent détruites durant l’invasion de Cromwell. Dans le comté de Kilkenny, les premiers registres qui existent datent de 1754. Pour empirer la chose, durant la guerre civile en Irlande en 1922, l’édifice Four Courts à Dublin, où toutes les archives du pays étaient conservées, fut bombardé. L’Irish Times rapporta le 3 juillet 1922 : « Hélas, [...] ces précieux registres, qui auraient été si utiles aux futurs historiens, ont été dévorés par les flammes ou dispersés aux quatre vents. » Des documents brûlés flottèrent au-dessus de la ville pendant des jours, et le gouvernement provisoire demanda aux Dublinois de retourner ce qu’ils pouvaient trouver, « même fragmentaires ou endommagés. » Quand je visitai la National Library of Ireland à Dublin, qui possède un local consacré pour faire de la généalogie, la recherchiste Eileen O’Byrne secoua sa tête pendant qu’elle examinait mes copies des documents canadiens relatant en détail le passé de Cornelius. « Nous avons de la chance quand nous pouvons retracer la famille de quelqu’un au début des années 1800. Avant ça, vous devez avoir de la veine, » dit O’Byrne. Un après-midi passé à la bibliothèque, et plus tard aux Archives nationales n’a pas permis de trouver des pistes. Avril chercha des noms avec l’aide des ordinateurs alignés dans la salle de recherche silencieuse et faiblement éclairée, tandis que j’examinais les registres d’arpentage, les études et les livres des recensements qui dataient des années 1600.

« L’inestimable recensement Pender de 1659 des propriétaires terriens en Irlande révéla que les O’Brennan avaient habité dans plusieurs comtés, surtout celui de Kilkenny, même s’il n’y avait aucun trace de Cornelius ou de son père Connor. » (fin des citations de l’article de Jack Aubry qui peut être lu intégralement sur le site Internet déjà mentionné)

Tec Cornelius Aubry en Nouvelle- France (Canada)

 

Comment parler du premier colon irlandais au Canada sans considérer la deuxième partie de sa vie passée dans notre pays. Tec Cornelius Aubrenan avait environ 23 ans quand il a immigré au Canada.

Quant à l’année de la naissance de Tec Cornelius Aubrenan, il serait né soit en 1632, en 1636 ou en 1638. Son nom apparaît dans le recensement de 1663 sous le nom de Thècle Cornelius Aubrenan; dans le recensement de 1667, c’est Tècle Cornelius que l’on retrouve, et dans celui de 1681, c’est Jacques Tecaubry. Marcel Trudel dans Montréal, la formation d’une société – 1642 – 1663 retranscrit le recensement de Montréal fait en 1663. Dans celui-ci, on est le numéro 24 de la population de Montréal. Nous trouvons « Aubrenan Thècle Cornelius, 25 ans, célibataire, qui déclare ne savoir signer son nom, son pays d’origine : Irlande ». S’il a 25 ans en 1663 selon ce recensement, l’année de sa naissance se situerait en 1638. Mais, comme nous verrons plus tard, d’autres historiens proposent une date de naissance différente. Dans ce recensement, selon Marcel Trudel, l’Irlandais Tec Cornelius Aubrenan est le seul individu parmi une population de 596 qui n’est pas né en France.

Dans son ­Histoire des Canadiens français publié en huit volumes, Benjamin Sulte retranscrit les enregistrements des recensements représentant la population du pays faits durant l’hiver de 1665-1666 et celui de 1666-1667. Notre ancêtre n’apparaît pas dans le premier enregistrement (1666), mais il est présent dans le deuxième (1667); nous trouvons dans le recensement de1667 l’inscription suivante sous Montréal : « André Dumets, sa femme Marie Chedeville, ses six enfants, ses domestiques Simon Magnon et Cornelius Tècle âgé de 29 ans. » S’il était âgé de 29 ans en 1667, son année de naissance se situerait alors en 1638.

Dans le recensement de 1681, nous retrouvons l’entrée suivante : « Seigneurie de Lachenaie – Jacques Tecaubry, 45, fermier : Jeanne Chartier, sa femme, 45; Madeleine 10; Marie 8; Jean 5; François 4; 5 têtes de bétail;5 acresde terre arable ». On devrait noter qu’il était un domestique en 1667 et quatorze ans plus tard, en 1681, il cultivait la terre avec sa famille sur une terre qu’il lui avait été concédée afin de la développer. Étant âgé de 45 ans selon le recensement de 1681, nous devrions en conclure qu’il serait né en 1636.

En ce qui concerne du statut social de Tec Cornelius, Marcel Trudel nous parle des premières années passées par notre ancêtre à Montréal. Dans une partie de son livre intitulé Comportement des groupes, il essaie de définir le rôle important joué par le commerce des fourrures en étudiant les actifs des personnes décédées. Des trente-six (36) personnes choisies, quatre n’étaient pas morts en réalité au moment de l’inventaire. Trudel écrit : « On a cru morts Jean Beaudouin, Michel Parisien et Cornelius Aubrenan Tècle, et leurs biens furent inventoriés; ils réapparurent à Montréal par la suite; un quatrième, Michel Gauvin, fut reconnu coupable de bigamie et dût s’enfuir ». Parmi les biens inventoriés par le notaire Basset, nous retrouvons ce qui suit : « Thècle Cornelius Aubrenan, célibataire, domestique, enlevé par les Iroquois et présumé mort (il sera de retour à Montréal en 1662). L’inventaire de sa propriété, fait le 5 mai 1661, indique une valeur de54 livres : Aubrenan avait une créance recouvrable de70 livres et il devait61 livres. L’excédent de succession serait de63 livres. Aubrenan ne possède aucune terre. » L’auteur déclare qu’un excédent de moins de100 livres ne serait pas même suffisant pour acheter une vache.

À propos des 36 personnes considérées dans l’étude, nous retrouvons Adam Dollard des Ormeaux qui était en faillite à sa mort. Dollard des Ormeaux, bien sûr, était ce héros intrépide mort avec de ses 14 compagnons dans un fort au Long Sault alors qu’ils essayaient de repousser les Iroquois qui s’approchaient de Montréal.

Le récit de la disparition de Tec Cornelius pendant quelque temps, quand il a été fait le prisonnier par les Iroquois, se retrouve dans Mémoires de la Société de la généalogique canadienne française – vol. X1, no 6 où on retrouve un article écrit par le fondateur de la Société, le Père Archange Godbout. L’auteur écrit ceci : « On a affirmé que la bataille du Long Sault en 1660 avait sauvé la colonie.

Bien au contraire, elle eut comme conséquence d’accentuer les attaques des Iroquois tout comme leur barbarie d’ailleurs. Ville-Marie (Montréal) fut la première à subir leurs assauts au milieu de l’hiver quand 13 habitants furent enlevés, presque sans coup férir. Un mois plus tard, le 24 mars, 260 Iroquois lancèrent une nouvelle attaque contre une quinzaine d’ouvriers qu’Urbain Tessier avait embauchés dans sa concession. Cette fois-ci, ils étaient armés. Le combat fut féroce. Quand l’ennemi retraita, dix personnes manquaient à l’appel. On découvrit les corps de quatre d’entre eux quatre jours plus tard. Ils avaient été terriblement mutilés. Les six autres furent amenés en captivité. Parmi eux se retrouvaient Urbain Tessier, Tècle Cornelius et Jean Beaudoin. Où furent-ils amenés par ces ravisseurs barbares ? Il est difficile de le savoir ». Comme Marcel Trudel l’a mentionné, pendant leur captivité, un inventaire des biens de Tec Cornelius Aubrenan et Jean Beaudoin fut fait comme on les présumait morts. Ils furent de retour à Ville-Marie (Montréal) en octobre 1661.

Nous savons très peu de choses sur les événements entourant la captivité de Tec Cornelius Aubrenan. Raymond Douville a cependant retranscrit dans son ouvrage Collection classiques des Canadiens la correspondance entre Pierre Boucher et les autorités de Versailles, le palais du roi Louis XIV. Cet extrait du livre peut nous aider à comprendre ce que notre ancêtre a dû subir en se retrouvant dans une telle situation en mars 1661. Boucher, qui était le gouverneur de Trois-Rivières,  écrit ceci :

« La premier obstacle ou dérangement sont les Iroquois, nos ennemis, qui limitent si étroitement nos mouvements, qu’ils nous empêchent de jouir de ce qui est offert par ce pays; nous ne pouvons ni aller chasser ni aller pêcher, sans la crainte d’être tué ou enlevé par cette racaille. Ou nous ne pouvons pas même labourer nos champs et encore moins faucher notre foin, sauf continuellement dans le risque, parce que l’embuscade vient de tous côtés, et un petit buisson est tout ce qui est nécessaire pour dissimuler, ou mieux placer toujours une vigie pour permettre à six ou sept de ces barbares de sauter sur vous inopinément, que vous travailliez ou en vous rendant travailler. Ils n’attaquent jamais à moins qu’ils ne soient certains qu’ils ont un avantage; s’ils sont les plus faibles, ils ne disent rien; si par hasard ils sont découverts, ils quittent de tous côtés et fuient, et, puisqu’ils sont si rapides, il est très difficile de les attraper. Ainsi, vous voyez que nous sommes toujours inquietrs et qu’un homme ne travaille jamais en sécurité s’il ose s’éloigner quelque peu de la maison. Une femme redoute toujours la possibilité que son mari parti pour travailler le matin puisse être tué ou capturé et qu’elle ne puisse jamais le revoir. C’est la raison pour laquelle la plupart des colons sont pauvres, et non seulement pour les raisons mentionnées, nous ne pouvons pas jouir des matières premières que le pays fournit, mais parce qu’ils [les Iroquois] tuent souvent le bétail, nous empêchent de faire la récolte, brûlent ou pillent nos maisons quand ils peuvent surprendre les locataires. Ce problème avec les Iroquois est si grand, mais il n’est pas sans remède et nous attendons de la charité de notre bon Roi qui m’a dit qu’il voulait nous délivrer de ce mal. » (fin de l’extrait)

Parmi les autres inconvénients, Boucher mentionne les moustiques, la durée

de l’hiver et, dans des régions non encore occupées par les Blancs, de serpents à sonnettes.

Tec Cornelius Aubrenan a été impliqué dans les expéditions de traite de fourrures qui l’amenèrent aussi loin qu’au lac Supérieur. Benjamin Sulte écrit à propos du coureur des bois Thècle Cornelius dans son livre qui parle de fête nationale des Canadiens français : Mélange Historique – La Saint-Jean Baptiste – 1636 -1852. Tec était accompagné par ses deux compagnons que l’on a aussi présumés morts tel que comme mentionnés auparavant.

Les convictions spirituelles de Tec Cornelius Aubrenan étaient fortes comme nous le verrons maintenant. Dans le chapitre Comportement d’une collectivité, Marcel Trudel présente dans ces mots Paul Chomedey de Maisonneuve qui a fondé Montréal : « Vivant lui-même comme une personne dévote et célibataire, aidé pendant de nombreuses années par une femme dévote (Marguerite Bourgeois) et aidé dans le recrutement par une autre femme dévote (Jeanne Mance), (Marguerite Bourgeois, une contemporain de notre ancêtre, a été canonisée par le Pape Jean-Paul II). Chomedey se comporte toujours comme l’homme choisi pour mener et maintenir une société religieuse à Montréal. En février 1642, une cérémonie eut lieu à l’église de Notre-Dame de Paris. On consacra l’île de Montréal à la Sainte Famille de notre seigneur Jésus, de Marie et de Joseph, avec la protection particulière de la Vierge Marie. L’Île fut nommée Île Notre-Dame de Montréal suite à une décision datée du 27 janvier 1663. Beaucoup de faits témoignent de convictions spirituelles de Tec Cornelius Aubrenan et Marcel Trudel écrit que « l’Irlandais Aubrenan a signé un document dans lequel il promet de travailler et cultiver la terre à Lachenaie comme un domestique de la Vierge Marie ».

Tec Cornelius Aubrenan servit également dans la milice. Marcel Trudel, dans la description du rôle de la milice, empruntée à l’Histoire de la colonie française au Canada d’Étienne-Michel Faillon qui a reconstitué les vingt équipes que Chomedey avait mis sur pied en 1663. Chomedey nomma des caporaux avec six hommes sous leurs ordres. Tec Cornelius Aubrenan servit dans l’équipe numéro sept et, assez étrangement, était sous les ordres du caporal Pierre Riendeau, l’ancêtre de mon beau-frère, le mari de la plus vieille de mes soeurs.

Pour comprendre le rôle d’un soldat au XVIIe siècle, nous avons cherché dans le livre de Raymond Douville et Jacques Donat Casavent La vie quotidienne en Nouvelle-France – Le Canada de Champlain à Montcalm. Dans cet ouvrage, les auteurs présentent un portrait général de la vie d’un soldat au début de la colonie : Ils écrivent : « Les colons doivent s’improviser soldats et fabriquer au besoin leurs propres munitions. La ville de Québec constitue une forteresse naturelle et est moins vulnérable que ne le sont Trois Rivières et Ville Marie (Montréal). Montréal était la plus vulnérable. Immédiatement à son arrivée en 1642, Monsieur de Maisonneuve fit construire un fort… il espérait toujours recevoir l’aide de la France. Quand il fut convaincu du contraire, il avait moins de cinquante hommes qui étaient toujours capables de se battre.

Les historiens ont écrit sur Tec Cornelius Aubrenan l’homme de famille. Il rencontra sa femme, Jeanne Chartier, une Fille du Roi, après avoir quitté Montréal pour aller vivre dans la région de Québec à la rivière L’Assomption. Qui étaient ces filles surnommées les filles du roi ? Voici ce que Robert Chenard a écrit à leur sujet :

« Du début de la colonisation française en Nouvelle-France de 1604 jusqu’en 1663, il y avait seulement quelques familles qui vivaient dans cette région. La majorité de cette faible population était composée de chasseurs, de trappeurs et de soldats français, de quelques explorateurs, de quelques prêtres et de quelques marins. La France et l’Angleterre, longtemps en désaccord et en compétition, essayèrent d’agrandir leurs nouvelles colonies, d’exploiter la terre et les ressources, et d’établir des colonies plus fortes et plus viables dans le Nouveau Monde. En 1629, la population de Québec, à l’époque le seul peuplement au Canada, avait une population résidente de seulement 21 personnes. En 1639, ce nombre avait augmenté à 139 avec l’arrivée de nouveaux colons et quelques naissances. En 1662, la population avait décuplé pour atteindre presque 1100. À ce moment-là, les colonies anglaises en Amérique se développaient rapidement. À la même époque, la France décida d’adopter un nouveau plan pour établir une présence plus forte et plus permanente dans sa colonie nord-américaine. À cette période, sa colonie était concentrée autour de trois villes principales le long du fleuve Saint-Laurent : Québec, Trois Rivières et Ville Marie. Le plan visait à encourager de jeunes femmes célibataires ou de jeunes veuves à immigrer en Nouvelle-France, épouser un Français célibataire ou veuf, élever une famille et s’établir en permanence. Comparé à la vie en France, le Nouveau Monde était un endroit où la vie était loin d’être facile avec le manque de commodités, le danger omniprésent de tribus amérindiennes insoumises, les hivers rudes et l’isolement du reste du monde civilisé. Il a donc été nécessaire pour les promoteurs de ce projet de prendre le temps nécessaire afin de bien planifier et d’utiliser une bonne technique de vente pour convaincre ces jeunes femmes de participer à cette nouvelle entreprise risquée.

Pour attirer les jeunes filles à s’enrôler, on offrait une dot de 50 livresfrançaises et plus. Le Trésor royal fournissait les fonds nécessaires et le roi de France apporta tout son soutien. C’est ainsi que ces recrues furent appelées « les filles du roi. » Un certain nombre de celles qui avaient été recrutées avaient aussi de l’argent et des biens personnels, jusqu’à 3000 livresdans certains cas, somme provenant de la succession de parents décédés. Cinquante livres étaient une somme d’argent substantielle à cette époque. Par exemple, un journalier devrait travailler presque une année pour faire une telle somme et un chirurgien faisait de 100 à 150 livrespar année. Ainsi, de nombreuses jeunes filles orphelines virent cela comme une occasion pour partir à l’aventure, pour avoir de l’argent, et un mari et se sortir de la pauvreté. 414 filles orphelines furent recrutées pendant les onze années que dura ce programme. De 1663 à 1673, un total de 774 « filles du roi » fit le voyage en Nouvelle-France. La meilleure année fut 1669 quand 135 nouvelles « filles du roi » s’enrôlèrent. En 1670, 134 filles s’engagèrent. 238 « filles du roi » venaient de Paris et le reste des autres villes. Trois venaient d’autres pays – l’Angleterre, l’Allemagne et le Portugal. Certaines « filles du roi » se rendirent seulement aux ports d’embarquement comme celui de Dieppe en Normandie. Quand ils virent dans quelle galère, elles s’étaient embarquées, elles changèrent d’avis rapidement et retraitèrent. » Cette information est tirée d’un site Internet qui reproduit l’article French Connexion de Robert Chenard publié dans les éditions du 30 avril et du 14 mai du Morning Sentinel & Kennebec Daily Journal.

Gustave Lanctôt, dans son livre Filles du roi ou Filles de joie fournit des preuves comme quoi nos ancêtres étaient des filles de bonnes familles. La plupart des filles de Paris venaient de l’Hospice où elles avaient reçu une bonne éducation. Ainsi, Tec Cornelius Aubrenan, maintenant âgé de 32 ans, se trouvait dans la ville de Québec, à l’été de 1670, quand les bateaux arrivèrent avec les filles du roi. On peut retrouver l’entrée suivante dans un livre écrit en français par Sylvio Dumas ayant pour titre Les filles du roi volume 4 dans une série de la Société historique de Québec, et aussi dans une autre publication en anglais The King’s Daughters par Joy Resinger et Elmer Courteau : « Jeanne Chartier de la paroisse St-Honoré de Paris, fille de feu Pierre Chartier et feue Marie Gaudon, a épousé Thècle Cornelius Aubry dit Thècle le 10 septembre 1670 à Québec. Sa dot vaut650 livres dont50 livres venant du roi Louis XIV. »

L’acte de mariage dans les registres de la paroisse Notre-Dame de Québec se lit comme suit : «Le dixième jour du mois de septembre de l’an 1670, après l’annonce et la publication des bans le sept et le huit du même mois entre Tec Aubrannan colon de la rivière L’Assomption, fils de Connehair Aubrannan et Honoré Jeannehour (Connehour), son père et sa mère vivant dans la paroisse St-Patrice dans la ville de Diasony en Irlande, et Jeanne Chartier, fille de Pierre Chartier et Marie Gaudon, son père et sa mère vivant dans la paroisse de St-Honoré à Paris. L’évêque Petrie les exempte tous deux de la publication d’un troisième ban et puisque personne ne présente une raison visant l’empêchement du dit mariage, nous prêtre soussigné de cette église leur donnons la bénédiction de la Sainte Église devant les témoins suivants : Balthazar Tadieu, Nicolas Gauvreau, Claude de Sainctes, Claude Petit, Guillaume Bouchard et Mathurin Normandin.

signé : H. de Bernières

On devrait noter que Tec Cornelius Aubrenan et Normandin Mathurin étaient deux membres de l’expédition de 1667 dans l’Outaouais ou au Lac Supérieur. Quatre ans plus tard, on voit les deux amis de nouveau ensemble à Québec quand Tec marie une Fille du Roi, Jeanne Chartier.

Pierre Aubry a été enterré dans le cimetière de la paroisse de Pointe-aux-Trembles. L’acte de sépulture de Tec Cornelius Aubrannan, aussi appelé Aubry ou Cornelius, se lit comme suit : « le 24 novembre 1687 le corps de Cornelius âgé de 55 ans a été inhumé dans le cimetière de notre paroisse. Présents à la cérémonie était Jeanne Chartier sa fille (sic), François La Bermuade, Simon Cadot, Antoine Bazinet et d’autres gens. Certains ont signé ce document.

Laguenez prêtre »

À sa mort en 1687, il était âgé de 55 ans, ce qui fixerait l’année de sa naissance en 1632. Par contre, comme nous l’avons vu auparavant, les énumérateurs lors des recensements écrivirent qu’il avait 25 ans en 1663, 29 ans en 1667, donnant 1638 comme l’année de sa naissance, et 45 ans en 1681 selon le recensement, ce qui donnerait une naissance en 1636. Jeanne Chartier est morte le 30 octobre 1695 à Montréal à l’âge de 55 ans.

« Lors de notre dernière journée dans le comté de Kilkenny, Maire nous amena au confluent des rivières Dinen et Deen, qui était probablement connu comme étant Dysart-on-the-Dinen. Ceci avait été la meilleure explication de mon oncle Louis en rapport avec l’endroit de naissance de Cornelius: Dites-le assez de fois et ça commence à sonner comme "Disasonnony." Nous avons remarqué un petit cimetière sur le bord de la rivière.

Un setter irlandais qui aboyait derrière une petite clôture nous arrêta net. Quelques mots gentils prononcés par Avril et de petites tapes sur la tête bientôt le rassurèrent.

« Les lots étaient immaculés, et nous avons été rapidement mis au courant que Dan Fitzpatrick, un veuf qui vit dans un petit cottage derrière le cimetière, était responsable de son entretien. Quand il apprit que nous recherchions le lieu de naissance de Cornelius, il s’est mis immédiatement à parler des Cornelius Brennan qu’il avait connus : “ Oh certainement, c’est un nom commun dans ces collines. J’ai le pressentiment que votre homme venait de cet endroit ”, dit-il avec le sourire. Il ajouta que deux Cornelius Brennan étaient enterrés dans ce même cimetière. »

« Il nous montra comment frotter de l’herbe sur les anciens monuments pour en faire ressortir les inscriptions. La plus ancienne qu’on pouvait lire était celle d’un Brennan qui fut enterré au début du XVIIIe siècle.

« Aux lueurs du crépuscule, alors qu’Avril s’amusait avec le chien et que Fitzpatrick nous continuait de nous raconter ses histoires, j’étais rempli d’un sentiment de calme et de plénitude.

Bien que je ne croie pas beaucoup au surnaturel, il me semble que j’ai eu comme une sorte de contact. James Joyce aurait appelé ça un moment d’épiphanie, car tout semblait merveilleux dans le monde. Tout ça faisait du sens – ne serait-ce que pour ce bref instant.

Plus tard, quand je décrivis cette sensation à Maire, elle me sourit : « Il n’existe qu’une seule explication. Vous êtes chez vous. »

traduction Pierre Lagacé mars 2010

courriel : plagace@videotron.ca

 Revenons au gâteau, à moins que vous ne soyez plus être capable d’en prendre…?

Voici l’anecdote.

Mon beau-frère, fier descendant de Tec Cornelius Aubrenan, me racontait qu’il avait un ami Français. 

Il parlait biscuits…

Grande conversation j’imagine.

Le Français lui demande…

Coudonc Jacques, comment on dit un petit beurre au pluriel.

Mon beau-frère se gratta la tête et se demandait bien de quoi son ami Français parlait…

Un petit beurre, des petits beurres…?

Mais non mon Jacques… On dit des tou yous…

Mon beau-frère encore plus perplexe se grattait encore la tête…

Bien oui mon Jacques…

Chez vous, vous chantez toujours ceci…

Un petit beurre, des tou yous…

Un petit beurre, des tou yous…

Un petit beurre, 

Un petit beurre, 

Un petit beurre, des tou yous…

Excusez-la…

Je me demande si mon beauf m’a monté un bateau ou s’il s’en est fait monter un…

Cliquez ici.

Je vous mets le texte, car l’hyperlien pourrait bien un jour disparaître dans le cyberespace.

« Les petits LU » passent à l’étranger ! Les voilà rachetés par l’Amérique. Cette information, qui peut faire frissonner le monde économique, ou sursauter les amateurs de gastronomie populaire, va-t-elle rider le front de la langue française ? Cela paraît bien lointain.

 

Et pourtant, ce célèbre gâteau sec qu’on appelle « petit beurre » occupe une place très particulière dans la langue, et dans une certaine culture qu’on ne peut comprendre que si on a vécu en France. En effet, il s’agit d’un jeu de mot un peu sot, assez burlesque, qui s’est transmis de bouche à oreille avec un grand succès. Alors voilà la blague, telle que j’ai dû l’entendre à l’extrême fin des années 60 : quel est le pluriel de « petit beurre » ? Spontanément, on est tenté de répondre des « petits beurres », avec le « s » du pluriel. Vous n’y êtes pas ! Le pluriel de « petit beurre », c’est « touyous » ! Comment ? Quel est ce barbarisme étrange ? Des « touyous » ça n’a jamais existé ! Et ça n’a rien à voir avec le petit beurre… Et pourtant, le pluriel de « petit beurre », c’est  « touyous » ! La preuve ? « Un petit beurre, des touyous ». Ca se dit en chantant bien sûr.

 

Le calembour repose sur une approximation, et sur une chanson en anglais, très connue en France, qu’on chantait pendant tout le vingtième siècle pour fêter les anniversaires : « Happy birthday to you ». Elle était si populaire qu’elle faisait vraiment partie de la culture francophone qui s’autorisait ce coup d’œil à la langue voisine. Ce n’est que bien plus tard, qu’est apparue la traduction de cette chanson : « Joyeux anniversaire » qui traduit un genre de culpabilité par rapport à l’insouciance de la citation anglaise.

 

Revenons à notre calembour : « Happy birthday to you » peut être prononcé à la française, « un p’tit beurre, des touyous ». En accentuant évidemment un accent français à couper au couteau, on montre précisément que cette chanson est « francophonisée », kidnappée sans complexe par ceux qui la chantent. Le mauvais jeu de mot qui s’en est suivi n’est peut-être pas du goût le plus raffiné, mais il a justement le mérite de montrer comment une citation étrangère peut être accaparée par une langue, et même détournée jusqu’à être partie intégrante d’une mémoire collective. Le vocable « touyou » (je n’ose pas vraiment parler d’un mot…) n’appartient sûrement pas au vocabulaire du « bon français » mais il fait partie d’une mythologie bien française, et presque « franchouillarde ». Sans qu’il soit un mot français, c’est la langue française qui le fait exister.

 

A part ça que dire des petits beurres et des « petits LU » ? Ils sont tellement passés dans notre culture avec cette marque déposée, que comme « beurré », en argot, veut dire « saoul » : « beurré comme un petit LU » veut dire complètement « saoul ».