Briseur de coffres-forts

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Briseur de coffres-forts

Arrestation de Pat Malone tristement célèbre comme briseur de coffres-forts

Deux agents le capturent malgré ses menaces.

La nitroglycérine en scène.

Explosion qui provoque un vif émoi.

Un véritable arsenal vivant.

Une terrible explosion ébranlait tout un quartier de la ville de Montréal, le 15 novembre 1913, samedi soir, vers 9 heures 15. Quand la fumée se fut dispersée les premiers témoins rendus sur les lieux s’aperçurent que les bandits venaient de tenter de faire sauter avec de la nitroglycérine, le coffre-fort de l’établissement de MM. Webster et Son, marchands de matériel de construction, N. 31, rue Wellington, à quelques portes à l’ouest de la rue McGill.

L’explosion avait causé un émoi bien facile à comprendre parmi les promeneurs qui encombraient les rues voisines et un grand nombre de curieux se dirigèrent au pas de course vers l’endroit où l’attentat venait d’être commis.

Les détectives Georges Thibault et James Walsh, qui étaient de service dans le district eurent bientôt vent de l’attentat, et ils se joignirent aux chasseurs d’hommes divisés en trois groupes.

L’arrestation
L’établissement Webster et les dépendances avaient déjà été visités plusieurs fois de fond en comble, mais l’on n’avait pu rien découvrir de suspect. Les agents allaient abandonner les recherches, lorsqu’ils remarquèrent à une trentaine de pas plus loin, un hangard (sic) dont la porte était hermétiquement close. Ils s’y rendirent, et s’armant d’une pince, ils eurent vite fait d’enfoncer la solide porte qui assujettie à l’intérieur, avait d’abord résisté à leurs efforts.

Comme ils s’élançaient dans la pièce, les deux intrépides agents entendirent une grosse voix, venant d’un angle obscur.

"Si vous faites un pas, disait une voix menaçante, si vous ne levez pas les mains en l’air, vous êtes morts." En même temps, l’on entendait dans le silence effrayant qui suivit le bruit d’un révolver qu’on armait.

Sans se laisser intimider, Thibault et Walsh se saisirent de leurs révolvers et crièrent d’un commun accord :

"Nous sommes ici pour vous arrêter, et nous vous aurons, morts ou vifs! Levez les mains ou nous tirons!" "Très bien, je me rends", fit la voix. On fit de la lumière et les agents s’aperçurent alors qu’ils avaient affaire à deux hommes qu’ils firent prisonniers et qu’ils conduisirent à la Sûreté.

Arsenal vivant
Là, ils ont dit s’appeler Michael Kelly et Joseph Wilson et n’avoir pas de demeure à Montréal.

Quand on fouilla Kelly, on trouva sur lui un révolver chargé, plusieurs cartouches, des mèches, de la dynamite, une scie, un morceau de savon, une montre, une lanterne électrique.

Le malheureux avait aussi dans l’une de ses poches une bouteille contenant une chopine de nitroglycérine.

"Il y avait assez de ce formidable explosif, nous disait un homme qui s’y connaît, pour faire sauter tout le palais de justice ou l’hôtel de ville.

Tous deux avaient cependant donné de faux noms. L’Inspecteur McLaughlin qui a eu l’occasion de voir la plupart des criminels célèbres du continent, en examinant Kelly, le reconnut aussitôt pour un nommé Pat Malone, l’un des briseurs de coffres-forts les plus en renom en Amérique. Il est âgé de 54 ans et a voyagé à travers le monde, à la recherche d’aventures qui l’ont souvent conduit au pénitencier, nous déclarait l’inspecteur de la Sûreté. Il est né à Montréal, rue Hermine, et ses parents étaient très respectables. Pat est entré très jeune dans le monde du vice, mais c’est surtout comme briseur de coffres-forts qu’il a acquis une certaine notoriété.

Le véritable nom de Joseph Wilson est Dick Flanagan. Il est né à Québec, mais il est venu à Montréal alors qu’il était encore très jeune. Il est aujourd’hui âgé de 41 ans.

Un audacieux exploit
Malone faisait une réapparition dans la région après une très longue absence, soit depuis son évasion à la suite d’un coup contre le coffre-fort de la société Goulet, à Joliette.

Il était traqué par deux détectives : L. G. Crevier qui devait ensuite passer à l’emploi de CPR comme inspecteur, et P. McCaskill, qui devait diriger plus tard la Sûreté provinciale. Ces deux hommes travaillaient pour l’agence d Silas H. Carpenter, qui allait devenir plus tard chef de la Sûreté de Montréal, puis de celle d’Edmonton.

Malone fut rejoint à Sainte-Anne-des-Plaines où il livra un duel au révolver à Crevier avant d’être arrêté. Mais une bonne nuit, il forçait la porte de sa cellule et prenait la clef des champs. On ne l’a plus revu au Canada jusqu’à samedi dernier.

On ne saurait terminer ce compte-rendu sans mentionner le fait suivant: Parlant de la bouteille de nitroglycérine trouvée sur Pat Malone, l’inspecteur McLaughlin racontait le fait suivant : Une nuit, des cambrioleurs sont surpris par la police de Philadelphie. Comme ils fuyaient les agents, un de ceux-ci tira un coup de révolver sur l’un des fuyards. Or, le malheureux ayant justement une bouteille de nitroglycérine dans sa poche. Le projectile frappa la bouteille et il se produisit une explosion qui réduisit le voleur en atomes.

(Le texte parut dans l’édition de La Presse du 17 novembre 1913. Le crime y décrit fut commis la soirée du 15).

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3 réflexions sur “Briseur de coffres-forts

  1. Travail extraordinaire! Comme si nous y étions! Mes ancêtres sont les Bohémier et j’aimerais savoir si vous pouvez situer approximativement leur concession. J’irai faire un tour avec une cousine du Manitoba qui aimerait bien voir ce lieu de ses propres yeux. Elle est une descendante de Benjamin, un des fils de Jean-Marie.

    Merci

  2. Pingback: Le gros lot! | Nos ancêtres

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