La grippe espagnole à Sainte-Anne-des-Plaines

Un peu de petite histoire grâce à une lectrice…

Bonjour,

Je lis votre blogue depuis un certain temps.

Ma famille est de Sainte-Anne des Plaines et je trouve merveilleux d’y trouver quelques photos de mes ancêtres.

Mes arrière-grands-parents sont Félix Renaud et Lucia Alary.

collection Rosario Gauthier

Ma grand-mère était Léonie Renaud décédée en mai 2007 à l’âge de 98 ans.  Elle m’a souvent parlé du décès de sa mère, et j’aimerais bien vous la raconter à mon tour puisque aujourd’hui je me pose des questions.

Voila, elle me racontait qu’un dimanche en 1918, le curé de la paroisse de Sainte-Anne avait demandé aux gens de rester chez eux et qu’il n’y aurait pas de messe le dimanche suivant et ce jusqu’à nouvel ordre. Et oui! la grippe espagnole faisait des ravages, même à Sainte Anne des Plaines.  C’est sur le perron de l’église que certaines personnes prenaient conscience de l’ampleur de cette pandémie, et d’autres, inconsciemment, trouvait que le curé était trop sévère avec les paroissiens. Ce fut le cas de Lucia, elle trouvait bien épouvantable de se priver de la seule sortie de la semaine. C’est très malheureux, mais le curé avait bien raison.  Le corps de Lucia fut déposé dans la fosse le vendredi suivant.  Ma grand-mère me disait que plusieurs corps y étaient déposés chaque semaine.

Voici mes questions pour vous ou pour vos lecteurs.

Avez vous une idée du nombre de personnes qui ont été victimes de cette grippe à Sainte-Anne des Plaines?  Avez-vous un de vos ancêtres dans cette fosse?  Et cette fosse elle est où?

Je vous remercie d’avance.

Linda, arrière-petite-fille de Lucia

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23 réflexions sur “La grippe espagnole à Sainte-Anne-des-Plaines

  1. Bonjour
    30 millions de morts selon Wikipédia, c’est l’ancêtre de notre virus H1N1.
    La fosse commune, on peut en trouver une dans chaque cimetière.
    Ma mère me disait qu’il ne prenait pas le temps d’acheter une tombe, c’est directement dans la terre. Le virus restait en vie, même si la personne est décédée.
    Bonne journée

  2. Selon les feuillets paroissiaux

    Sophie Rimbault 69 ans épouse de Ménésipe Grenon 18 novembre 1918

    Lucienne Delorme 11 ans fille de Camille 4 décembre 1918

    Albertine Léveillé 30 ans fille de Camille Léveillé 5 décembre 1918

    Célina Lauzon 74 ans épouse de Joseph Lauzon 6 décembre 1918

    Germaine Grenon 12 ans fille de Jn-Baptiste 9 décembre 1918

    Aldas Lauzon 18 ans fils d’Aquila 15 décembre 1918

    Sylvio Gauthier 13 ans fils de Ulric 19 décembre 1918

  3. Lucia Alary 36 ans épouse de Félix Renaud 18 décembre 1918

    Octave Alary 70 ans époux de feue Victoria Quevillon 19 décembre 1918

    Euclide Lauzon 24 ans fils de David 20 décembre 1918

    Onésime Bélisle 60 ans époux Exilda Racine 22 décembre 1918

    Célina Boisvert 84 ans 26 décembre 1918

    Marie-Anne Renaud 32 ans épouse Sinai Guénette 1er janvier 1919

    Valentine Boisvert 36 ans épouse de Cyrille Forget 2 janvier 1919

    Donalda Boisvert 22 ans fille Ovila Boisvert 2 janvier 1919

  4. Marie Gascon 49 ans épouse de Joseph Delorme 12 janvier 1919

    C’est aussi pendant les années 1918-1919 que fut acheté la statue de St-Roch normalement encore présente dans l’église.
    Saint Roch est devenu le patron des malades et des handicapés, depuis il est invoqué contre les maladies contagieuses
    Il est fêté le 16 août

    http://www.sufmontpellier.info/la-troupe/dossiers-troupe/150-la-vie-de-saint-roch.html

    Dictons qui ont fait leur apparition après sa mort, ainsi on dira de deux amis inséparales « Comme Saint Roch et son chien » ou encore « Qui aime Saint Roch, aime son chien ».

  5. C’est aussi à ce moment de la grippe espagnole qu’un paroissien promit 150$ pour élever un crucifix de 16 à 20 pieds à l’endroit désigné par le curé si sa famille était exemptée de la grippe. Il s’agirait de la croix du calvaire dans le cimetière (ces promesses étaient secrètes donc on peut dire que sur les oui-dire).

    D’autres paroissiens eux contribuèrent à l’achat de la statue de St-Roch pour les mêmes raisons avec des dons allant même à 15$.

  6. BULLETIN
    PAROISSIAL
    Léon XIII.
    Volume VII No 12
    SAINTE-ANNE-DES-PLAINES JANVIER 1919
    Le docteur Ferdinand Saint-Jacques

    Le docteur Ferdinand St-Jacques, décédé à Sainte-Anne-des-Plaines. le 26 octobre dernier, était élève du Séminaire de Sainte-Thérèse, confrère de classe et ami intime du défunt curé Vaillancourt. Né à Saint-Augustin, le 5 novembre 1853, il pratiquait la médecine dans notre paroisse depuis trente-sept ans et demi.

    L’ami et le bras droit de tous les curés qui se sont succédés de son temps, il a laissé de très beaux exemples de vertu et c’est comme tel que je veux le présenter aux Paroissiens de Ste-Anne. Dévoué et consciencieux, il comptait beaucoup plus sur Dieu que sur la science médicale: »Je le pansai, et Dieu le guérit n aimait-il à redire après un illustre médecin.

    Le docteur St-Jacques était un chrétien d’une foi peu ordinaire. Tous les matins, un quart d’heure avant la messe, on le voyait à son banc, préparer sa communion. Il chantait les messes sur semaine. Cette charge il l’avait acceptée surtout pour avoir l’avantage de faire la sainte communion et d’entendre deux messes chaque matin.

    A l’âge de 50 ans, il s’était imposé la tâche d’apprendre le chant grégorien. C’est dur, disait-il, pour une vieille tête blanche comme moi d’apprendre un chant nouveau. Mais l’amour de Dieu et de sa sainte Église le poussait à tous les sacrifices dans le but de rehausser la beauté du culte.

    Mon vicaire M. Martineau, admirait l’humilité avec laquelle il se mettait à sa disposition, recevant toutes les remarques du directeur du chant avec une humilité et une obéissance d’enfant.

    Son épouse me déclarait après sa mort qu’il pensait tous les jours à son éternité. «Si je vis l’an prochain, disait-il, je ferai telle chose.» Lui arrivait-il de s’approcher trop près du feu: «Qu’est-ce que ce feu de la terre en comparaison du feu de l’enfer et du purgatoire,» ajoutait-il aussitôt. Si quelqu’un se permettait de parler contre la vérité, il rap-pelait l’enseignement théologique: qu’il ne faut pas mentir même pour rendre service.

    Durant ses 37 années de ménage, on m’assure qu’il n’a jamais manqué de dire le chapelet et la prière du soir en famille.

    Auprès des malades il remplissait un vrai ministère et les préparait à la mort quand il les jugeait réellement en danger.

    J’ai eu connaissance que pendant un an il venait faire tous les jours le chemin de la croix, et après diner, pour n’être vu que de Dieu seul.

    A Sainte-Anne, tous, sans exception, le considéraient comme un homme franchement honnête. Il ne connaissait pas les détours des politiciens pour augmenter sa fortune. Si un procédé, un marché lui paraissait quelque peu louche, c’était suffisant pour l’en détourner. Il m’a consulté pour savoir s’il pouvait prêter de l’argent à sept pour cent d’intérêt. Quel homme honnête! Quel bon garçon! Quel bon citoyen! voilà les éloges que l’on entendait partout à la nouvelle de sa mort.

    Il était honnête et il était charitable. Depuis nombre d’années il a toujours donné ses soins aux religieuses sans vouloir recevoir un sou de rétribution. Lui qui n’était pas riche voulait contribuer à toutes les bonnes oeuvres. Je me rappelle la joie que j’éprouvai quand un jour, il est venu déposer entre mes mains la somme de 50 dollars pour l’achat de deux magnifiques candélabres. Tout cela devait rester secret. Je me permets de déclarer ces choses après sa mort pour l’édification de tous.

    Elle serait longue la liste des pauvres qu’il a soignés par charité. Comme tous les amis du bon Dieu, il a eu de grandes épreuves. Il a perdu une fille de 17 ans et neuf autres enfants en bas âge.

    Il laisse pour pleurer sa mort son épouse dévouée, sa fille et son gendre, Mme et M. Pacifique Gauthier, M.D. Qu’ils me permettent de leur offrir, au nom de tous les paroissiens, nos plus sincères condoléances.

    J.-E. Coursol, prêtre, curé.

  7. Je crois bien que Augustine Hogue et Cécile Hogue soeur de Léon Hogue sont décédées de la grippe espagnole.

    Augustine en 1918 à l’âge de 23 ans.

    Pour ce qui est de Cécile je n’ai pas l’année de son décès.
    Il y a sûrement un fervent de généalogie qui trouvera l’information.

    Merci
    Je tiens ces infos de ma belle-mère Alma Hogue.

    Cécile Guénette

  8. Toujours selon les décès sans mention de cause comme grippe espagnole on cite…

    Carmelle Thérien 15 ans fille de Camille Therien 16 octobre 1918

    Ferdinand St-Jacques 60 ans époux Délima Latour 26 octobre 1918

    Laura Meunier 58 ans épouse Alvarez Villeneuve 29 octobre 1918

    Isidore Huberdeau 28 ans fils de Gédéon 31 octobre 1918

    Augustine Hogue 24 ans fille de Théophile 4 novembre 1918

    Aristide Dauphin 23 ans fils de Aristide 9 novembre 1918

    Georgette Rivard 4 mois fille de William 9 octobre 1918

    Alexis Gagnon 11 mois fils de Nephtalie 5 novembre 1918

    Gilberte Gauthier 6 ans fille de Louis 5 novembre 1918

  9. Jeanne Lauzon, la fille du petit Jérémie m’a toujours dit qu’en 1918, environ une trentaine de décès de grippe espagnole faisaient partie du décompte. Que c’était beaucoup, vu la faible population de Ste-Anne à ce moment-là. Son père était enterré dans une fosse commune, en 1915.

    Celui qui en connaït beaucoup sur cette fosse pourrait bien ëtre M. Paul-Émile Chaumont (ancien bedeau) parent de Doris.
    Comme il creusait les tombes à la main et avait accès aux titres de propriétés des terrains, lui, peut aider.

    Lise fait du bon travail, elle est en train de déterrer tout cela.

  10. Wow! mais comme vous êtes compétents. Je suis vraiment surprise de la rapidité de vous tous. De un, Monsieur Lagacé qui a publié ma demande le lendemain, et de deux, des réponses de vos lecteurs le même jour.

    Contente vous dites Monsieur Lagacé! Oh que oui! Je n’espérais pas autant.

    J’aimerais remercier Lise pour les détails. Faut quand même y donner du temps.

    Mais je me pose une question. Oui! oui! c’est moi. J’ai toujours une question à poser. Je me demande si c’est la Lise que je connais. La Lise de Sainte-Anne, amie de Gilles.

    Linda, petite fille de Lucia.

    • je peux juste dire que j’ai connu Sylvio, Léonie, Marguerite à Ste-Anne, le cordonnier et son épouse en 1963 quand j’allais à l’école normale juste en face de la cordonnerie, famille Gérard Guénette, famille Origène Renaud. Je ne pense pas que l’on se connaisse.
      Merci pour les fleurs, j’ai passé une belle journée juste à fouiller dans mes vieux papiers.

  11. Vos fleurs vont à Lise.

    Je ne suis qu’une courroie de transmission.

    Ok, je pars le moteur des fois, mais ce blogue est un lieu de partage et d’échange.

    Gratuit en plus…

    Pas de petites étoiles.
    On est tous des 5 étoiles sur mon blogue…

    Yvon, Richard, Raymonde, Véro, Michel qui n’a pas eu son morceau de gâteau, Cécile, etc…

  12. Denis, Michel, Lucie, Paul, Ron Depatie sur mon blogue en anglais… J’en oublie sûrement…
    Jocelyne Nicol, Pascale Ouvrard, Sylvain Houde…

  13. En 1919, la finale de la Coupe Stanley opposant les Canadiens de Montréal aux Metropolitans de Seattle a dû être annulée en raison de la grippe espagnole.

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