L’histoire de Jean-Marie Bohémier: la fin

Voici maintenant la fin de l’article paru dans le journal La Minerve concernant les funérailles du docteur Jean-Marie Bohémier. 

La mort de sa soeur madame Dr. Gaudet, de plusieurs parents proches, d’êtres chers à son coeur de jeune homme, les pressantes sollicitations d’un père et d’une mère déjà vieux ne purent le déclouer de ce pilori d’exil. Pourtant il aimait son pays et sa famille. Tous ceux qui l’ont connu là intimement connaissaient tous ses parents, ses compagnons d’enfance, ses amis d’étude, ses plaisirs de collège, les beautés de son pays, les charmes de sa paroisse. Les jours de grandes fêtes, disait son domestique, il ne voulait voir aucun ami, et il passait ces jours à relire les lettres de sa famille et à pleurer; où toutes ces lettres ont-elles été retrouvées froissées de dépit et trempées de larmes?

La charité qu’il professait était le fruit d’une foi vivre qui ne l’abandonna jamais. Le Dr. Marion, qui ne le perdit jamais de vue et auquel, après leur séparation, écrivait toutes les semaines, dit qu’il se faisait un devoir de mettre ses occupations de côté pour assister tous les dimanches à la messe. Le Dr. Ried passant un jour dans un endroit de la ville avec la famille du défunt dit : « Je vous ai conduit ici pour vous dire et me rappeler avec bonheur, ce que votre frère me fit promettre avant sa mort :

– Docteur, me dit-il, nous sommes deux médecins catholiques. Pour que vous soyiez mon ami, il faut que vous me promettiez d’aller à la messe tous les dimanches. Si j’y manque moi-même, je veux que vous me refusiez le titre d’ami.

C’est dans ces sentiments que le Dr. Bohémier s’acheminait vers la mort qui est venue le frapper si tôt et si subitement. Il l’envisagea avec calme. Ceux qui l’assistèrent surent deux heures avant par lui-même qu’il devait mourir ce jour-là. L’évèque de Little Rock, Mgr. Fitzgerald, le confessa et de ce moment jusqu’à son dernier soupir, il ne parla plus qu’en français. Priait-il le Dieu des miséricordes de le recevoir dans son sein? demandait-il des prières à ses amis du Canada? Ceux qui l’entouraient ne le comprirent pas.

C’est ainsi que se termine, pour l’instant, l’histoire oubliée d’un grand homme oublié… sauf que voici une photo de son frère Pierre.

Cette photo était dans les archives de la Ville de Sainte-Anne-des-Plaines.

Pierre-Casimir Bohémier

Ce n’est pas la seule photo que l’on retrouve dans les archives de la Ville…

On se repogne.