Foul Ball

Si je cherche autant mes racines que celles des autres, c’est que je suis toujours senti déraciné conséquence directe et logique de multiples déménagements durant mon enfance.

J’ai déménagé 16 fois peut-être même plus.

C’est sans doute pourquoi je demeure à Ste-Anne-des-Plaines depuis le 28 mars 1981.

C’est sans doute aussi pourquoi je cherche tant à m’enraciner  depuis 1980 et que je n’y parviens pas.

C’est long 31 ans. 

Remontons dans le temps…

J’étais un petit gars de Montréal dans la jeune trentaine.

Je me retrouve le 2 septembre 1980  remontant la 3e Avenue et  cherchant l’école St-François, ignorant complètement sur mon passage les deux belles maisons ancestrales situés au coin du boulevard, celle des prêtres Chaumont à gauche et celle de Delphis Groulx à droite.

Amanda Chaumont à gauche

Anciennement, la scierie de Delphis Groulx se trouvait  justement sur les terrains de l’école…

Delphis et ses fils…

Je me dis qu’on doit tous se retrouver tôt ou tard à Sainte-Anne-des-Plaines un beau jour dans sa vie.

En 1980, je n’avais pas la moindre idée de l’existence de ce petit village qui avait commencé à faire de l’embonpoint à partir des années 70 suite à la construction de la prison fédérale.

En 1980, j’étais un autre parmi ces immigrants anonymes de la grande ville, un enseignant mis en disponibilité de la CECM, après 10 ans de loyaux services, puisque la dénatalité avait commencé à faire sentir ses effets dans la métropole.

Je me rappelle très bien de cette journée de septembre 1980, mais je ne me rappelle plus du tout comment je m’étais rendu sur la 3e Avenue.

On n’avait pas Google Maps à l’époque.

Je me rappelle par contre parfaitement cette odeur de campagne, celle qui annonce l’automne quand les fermiers préparent leurs terres pour le printemps en arrosant celles-ci généreusement.

Mon nez me rappelait ainsi ces odeurs de ma tendre enfance quand j’allais voir mes grands-parents dans le rang de Ste-Julie de Ste-Marthe dans le comté de Vaudreuil.

Je suis le petit gars tenant la main de son père.

Un petit gars a toujours besoin de tenir la main de son père même quand il devient grand… et même quand son père n’est plus de ce monde…

Il a aussi toujours besoin de se tenir au côté de son grand-père…

C’est ma mère  qui a pris la photo. 
On est en 1953.
L’auto est une Pontiac 1951 ou 1952 qui appartenait à mon grand-père Euclide.

Ma mère aimait beaucoup prendre des photos et elle était très attachée à sa famille… un peu trop au goût de mon père.

Je ressemble beaucoup à ma mère et très peu à mon père.

C’est grâce à ces photos que je peux aisément retourner dans le temps de mes grands-parents maternels.

Euclide Sauvé et la belle Rosina Quesnel sont à côté d’un…

Puits!

C’est la première fois que je m’en rends compte.

Pourtant j’ai regardé cette photo tant de fois.

Je me dis que je devais être distrait par la recherche obsessionnelle de mes ancêtres Sauvé et de tous mes autres ancêtres.

Ce puits me rappelle plein de souvenirs.

Pas que je suis tombé dedans quand j’étais petit.

Non…

Je pourrais facilement vous inventer une histoire et en faire un roman.

J’aime mieux écrire mon blogue. 

C’est plus rapide.

Puis, j’aime mieux parler des vraies choses.

Tout ça pour dire que j’ai trouvé dimanche matin deux objets sur mon chemin en allant prendre ma marche quotidienne dans Sainte-Anne…

C’était la journée portes ouvertes des fermes de Sainte-Anne.

J’ai trouvé ceci…

Et cela…

Il y a toute une histoire derrière cette dernière photo.

Je vous la raconterai jeudi.

La balle molle, quant à elle, me rappelait plein de souvenirs de l’école St-François.

Dans les années 80, j’allais jouer à la balle molle au parc avec mes élèves lors des derniers jours de juin.

À cette époque, le parc ne s’appelait pas encore le parc Serge Gagnon.

Je pourrais facilement vous inventer une histoire de baseball et écrire un roman.

Cette balle, je l’ai trouvée dans le gazon derrière les estrades du champ gauche. 

Foul ball!

Si c’est votre balle, alors vous êtes vraiment chanceux.

J’ai retrouvé votre balle.

Écrivez-moi un petit commentaire…

Je sais maintenant pourquoi je suis ici.

Play Ball.

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6 réflexions sur “Foul Ball

  1. Il y a de ces phrases qui vous interpellent. J’en retrouve toujours une ou deux quand tu te laisses aller à tes épanchements familiaux. Des phrases qui font ressurgir le passé… un passé bien différent du mien, à n’en pas douter, mais que vient cimenter une même époque. Des phrases qui ravivent tout autant de souvenirs heureux et moins heureux.

    Jeune, je n’attachais aucune importance au destin… comme toi, sans doute. Puis sont survenus un incident, puis deux, puis trois… à première vue anodins qui m’ont porté à m’arrêter et à réfléchir. Coincidence, concluront certains. Mais je suis loin d’en être sûr. La coincidence suffit-elle à expliquer un changement de cap dans ta vie? Rien de majeur, bien sûr; tout est question de nuances. La vie est une succession de nuances. Ta jeunesse t’a préparé à ce que tu allais devenir, sans que tu en aies la moindre idée. Tes ancêtres, récents et moins récents, t’ont préparé le terrain, sans en avoir la moindre idée.

    Il appartient à chacun d’apprendre à gérer les nuances tout au long de sa vie.

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