L’ancêtre Bud Light de la semaine: Thomas Chartrand ou Thomas Cherten, ou Nicolas Charton

On devait aller se promener en Ontario ce matin, mais j’ai changé d’idée. Ça m’arrive à l’occasion. On ira plutôt sur la rue Ontario de mon adolescence.

J’avais écrit cet article, mais je l’avais oublié dans mes brouillons. L’article est un peu long, mais il coule tout en douceur… 

Voici donc un autre grand oublié des gars de la Labatt.

Une bière qui descend bien de génération en génération…

Les gars avaient dû prendre trop de bière quand ils ont dressé leur liste. À force de parler d’ancêtres, ça doit rendre un peu triste et on veut noyer son chagrin.

Ça me rappelle quand je demeurais sur la rue Ontario à Montréal. On avait deux tavernes si ma mémoire me sert bien…

En tout cas, au moins une. Je me rappelle très bien celle au coin sud-est de la rue Davidson et Ontario.

 

Il y avait un homme qui allait noyer son chagrin. Il habitait juste au sud de la taverne. Je me rappelle très bien de son nom de famille. Par respect pour lui et ses enfants qui devaient aller le chercher à la taverne, je tairai le patronyme. Je le vois encore tituber avec deux de ses enfants qui le ramènent à la maison. Je voyait tout du 3e étage…

On est au début des années 60, fort probablement il y a de ça 50 ans. Aucun jeu de mots facile avec la 50 de Labatt.

Ce qui me fait penser à toutes ces vies brisées par la bière, sans parler du «fort». Il y avait aussi une commission des liqueurs sur Ontario juste un peu à l’est de Davidson, côté nord d’Ontario. J’y allais des fois chercher des petits 10 oz pour mon père. Je n’avais pas 18 ans, mais ça n’avait pas l’air d’énerver le commis et je ne me suis jamais fait carter. En fait, se faire carter ça n’existait pas dans les années 60. 

J’étais devenu pas mal expert dans les sortes de «forts…» Je ne bois pas de bière ni de « forts » pourtant j’ai en moi beaucoup de chagrin.

Je me dis que je dois être fait fort pour ne pas être tombé dans la bière ou le fort…

Anciennement, pour être un homme il fallait boire. Les temps ont bien changé…, maintenant les femmes boivent aussi. Anciennement elles se permettaient des dépressions nerveuses pour noyer leur chagrin comme ma mère le faisait.

La boisson ou la dépression ça n’arrange jamais les choses…

Parlant de chagrin, je vais vous livrer un petit secret de famille. Il y avait un homme qui buvait aussi son chagrin. Il habitait au 3e étage  juste en haut de la pharmacie au coin sud-ouest de Davidson et Ontario.


Il l’a bu son chagrin jusqu’au 27 août 1995. 

Je vais vous livrer un autre petit secret de famille.

Élise Chartrand
1852-1939

Mon oncle Florent Sauvé m’avait déjà raconté qu’une fois rendue vieille, Élise Chartrand était allée habiter chez la soeur de sa belle-fille. Je tairai son patronyme par respect pour les descendants sa belle-fille… et de sa soeur.

Selon mon oncle Florent, ce couple maudit nourrissait mon arrière-grand-mère Élise qu’avec le strict minimum.

Élise Chartrand

Heureusement, je me dis que les temps ont bien changé, car maintenant on «dorlote» mieux nos aînés.

Les temps ont bien changé… N’est-ce pas…?

Parlons maintenant de l’ancêtre d’Élise Chartrand : Thomas Chartrand.

C’est long, mais on y trouvera sûrement une leçon…

Apparemment, pour Thomas Chartrand, cultivateur, l’année 1690 aurait dû être, comme les précédentes, une année de tout repos sur sa terre dans la bourgade de Rivière-des-Prairies, située non loin de Montréal. En réalité des choses graves feront surface dans la vie quotidienne de sa famille. Voyons voir !

Cliquez ici… ou lisez ici…

L’ancêtre Thomas Chartrand en l’an 1690

« Annus horribilis »

Apparemment, pour Thomas Chartrand, cultivateur, l’année 1690 aurait dû être, comme les précédentes, une année de tout repos sur sa terre dans la bourgade de Rivière-des-Prairies, située non loin de Montréal. En réalité des choses graves feront surface dans la vie quotidienne de sa famille. Voyons voir !

En cette année-là, Thomas Chartran, dit Cherten a déjà franchi le cap de la quarantaine. Et c’est bien par ces mots, Annus horribilis, s’il possédait, bien sûr, quelques notions de langue latine – ce dont on pourrait légitimement douter ! – qu’il a dû qualifier l’année difficile que son épouse, Jeanne Matou, ses enfants et lui allaient vivre. En effet, deux événements dramatiques, mais indépendants de leurs volontés, seront porteurs de profonds malheurs. En 1690, quatre enfants sont nés du second lit. Son fils, Thomas né en 1670 du premier lit, a déjà 20 ans mais n’est pas encore marié. Ce dernier épousera Marguerite Voyne-Venne, le 22 novembre 1694 à Varennes.

L’année 1690 s’ouvre sur un premier événement tragique : Jean Haudecoeur, (parfois orthographié HauteCoeur ou Haude-Cœur) époux de Marie-Madeleine Matou et donc beau-frère de Jeanne et Thomas, tue un marchand de Montréal, François Poignet (orthographié Pougnet dans le site Adhémar). Tous les proches de Jean et de Marie-Madeleine, amis comme parents, durent serrer les coudes face à l’accusation de meurtre, puis à la condamnation, à l’appel refusé et, enfin, à l’exécution d’une peine inhumaine qui frappe Jean au mois de mai. Un malheur ne vient jamais seul, dit l’adage. À peine l’été s’achève-t-il qu’en septembre une nouvelle leur parvient : Toussaint Hunault, l’ex-beau-père de Thomas vient de mourir assassiné.


La mairie de la commune d’Ectôt-les-Baons

Archives personnelles de l’auteur

Faisons tout d’abord un rapide retour en arrière : Thomas Chartrand, natif d’Ectôt-lès-Baons, commune située non loin de la ville de Rouen en Normandie, débarque en Nouvelle-France, entre 1663 et 1665. Fils de Louis Chartrand et de Hermine Agnès Queval, tous deux d’Ectôt-lès-Baons, Thomas serait né vers 1645. On ignore s’il avait des frères et/ou des sœurs. Thomas meurt le 11 janvier 1708 à l’âge de 67 ans, ce qui le fait naître en 1641. Et, dans le recensement de 1666, où son nom apparaît en tant que domestique chez Gilbert Barbier, il déclare avoir 22 ans, donc être né en 1644.

Le 29 janvier 1669, en l’église Notre-Dame de Montréal, il a épousé une très jeune fille, Thècle Hunault, âgée de treize ans, après avoir signé un contrat de mariage en date du 6 janvier dans l’étude du notaire Basset. Thècle, née le 23 septembre 1655 à Ville-Marie, est la fille de Toussaint Hunault dit Deschamps et de Marie Arcouet, dit Lorgueil. Le couple aura deux enfants : Thomas, baptisé le 28 août 1670 et Toussaint, baptisé le 29 avril 1673 et inhumé le 7 mai suivant à Montréal. Thècle décède l’année suivante en mars 1674 à Montréal, à l’âge de dix-neuf ans. Thomas se retrouve veuf avec un enfant à charge d’un peu plus de trois ans.

Il songe à se remarier. Ce qu’il fait cinq ans plus tard. Il épouse alors Jeanne Matou, une jeune fille de Québec venue travailler à Montréal chez Jean-Baptiste Migeon, sieur de Branssat, après avoir signé un second contrat de mariage en date du 3 avril 1679, devant le notaire Claude Maugue. Le mariage a lieu le 17 avril suivant en l’église Notre-Dame de Montréal. Jeanne (ou Marie-Jeanne) Matou (ou Mathon), née à Québec le 5 janvier 1664 et baptisée le lendemain, est la fille de Philippe Matou dit Labrie et de Marguerite Doussinet (ou Doucinet). Ce couple aura une dizaine d’enfants dont nous ne retiendrons ici que la sœur de Jeanne, Marie-Madeleine.

La famille est recensée en 1666 dans le district Notre-Dame des Anges, la Rivière St. Charles & Charlesbourg. Y apparaissent : « Philipes Matou, 31 ans, habittant ; Marguerite Doussinet, 23 ans, sa femme ; Jeanne Matou, 2 ans, fille ; Marie Magdelaine Matou, 6 mois, fille. »

Il est intéressant de noter que Toussaint Hunault est présent au second mariage de Thomas. Ce qui tendrait à prouver que les liens existant entre les deux hommes se sont maintenus bien après le décès de Thècle. Il est vrai que le jeune Thomas, fils du premier lit et donc petit-fils de Toussaint, devait constituer un lien privilégié. Originaire de Saint-Pierre-ès-Champs en Picardie, Toussaint a débarqué en Nouvelle-France avec la recrue de 1653. Marie Lorgueil, originaire de Cognac, qui deviendra son épouse, l’accompagnait à bord du « Saint-Nicolas de Nantes ».

Comme nous l’écrivions plus haut, le beau-père de Thomas Chartrand va connaître une fin tragique : le 13 septembre 1690, à l’âge de 65 ans, soit onze ans après le second mariage de Thomas, il meurt sous un coup d’épée que lui porte le baron Gabriel Dumont de Blaignac, fils de Charles Dumont et d’Élisabeth de Jullien, lieutenant dans la compagnie de Jean Bouillet de la Chassaigne. En 1690, M. de Chassaigne est commandant au fort de Lachine. On se perd en conjectures sur les mobiles de cet assassinat et le lieutenant disparaît sans laisser de traces en Nouvelle-France. Pour échapper à la justice, les autorités militaires ont dû forcer son exil vers la métropole. Chose certaine, le crime reste impuni. Son titre de noblesse comme son statut d’officier dans les troupes de la marine lui auront sans doute permis d’éviter un procès humiliant.

Dans le recensement de 1681, on retrouve la famille de Thomas à Rivière-des-Prairies mais sous le nom mal orthographié de « Chastane ». Il se déclare alors « cordonnier », âgé de 45 ans et vit avec sa femme, Jeanne Matou, 19 ans, sa fille, Anne, 1 an et son fils Thomas, 12 ans, né de son premier mariage avec Thècle Hunault.

Entre 1681 et 1690, trois autres enfants s’ajoutent à la famille : Suzanne, née le 26 juin 1681, Pierre, né le 27 avril 1684 et Jeanne, baptisée le 12 mars 1686 à Pointe-aux-Trembles. Au total, Thomas aura onze enfants, en comptant son fils, Thomas du premier lit.

Avant d’aborder le premier drame qui se déroule au début de l’année 1690 et qui a donc précédé le décès tragique de Toussaint Hunault, il nous faut rappeler quelques faits. Le 5 octobre 1682, la sœur de Jeanne, Marie-Madeleine Matou, âgée de 17 ans, épouse à Montréal Jean Haudecoeur, de dix ans son aîné, et le couple s’établit, sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, dans la seigneurie de Boucherville. Un contrat de mariage a été établi le 29 septembre 1682 dans l’étude du notaire Claude Maugue. Jean, fils de Jean et de Marie Boursier, est né vers 1655 dans le faubourg Saint-Germain à Paris. Le couple aura quatre enfants. Marie, baptisée le 2 juillet 1685, Pierre-Louis, le 13 septembre 1686, Noël, le 26 mai 1688 et Marie-Jeanne, le 25 août 1689. Ni Jeanne ni Thomas n’apparaissent en tant que parrain ou marraine de l’un de ces quatre enfants.

Or, le 23 janvier 1690, pour un motif que l’on ignore, Jean Haudecoeur tue un marchand de Montréal, François Poignet dit Beauregard. Il est arrêté et, dans les mois qui suivent, doit faire face à la justice. Face à des preuves irrécusables, semble-t-il, Haudecoeur est accusé de meurtre sur la personne de Poignet qui tenait commerce sur la rue Saint-Paul entre la rue Saint-Pierre et la rue Saint-François-Xavier. Il était né à Forsay vers 1645 ; le jour de son décès, il avait plus ou moins 45 ans.

Pour éviter le châtiment qui l’attend, l’horrible supplice de la roue, Jean Haudecoeur va aller en appel auprès du Conseil souverain de la Nouvelle-France. La décision du Conseil est rendue le samedi 27 mai 1690 et ne lui est pas favorable. Il est condamné à mort et à finir ses jours sur la roue après avoir été étranglé. En lisant l’arrêt rendu par le Conseil Souverain, on apprend qu’un marchand de Montréal qui tient boutique sur la même rue que François à quelque distance l’une de l’autre s’est porté partie prenante dans ce procès criminel en tant que « curateur à la succession vacante de feu françois Poignet » puisque celui-ci étant célibataire n’a pas d’héritier légal.

Il s’agit de Louis Lecomte Dupré, né à Pouzauges et décédé à Montréal le 13 juillet 1715 [1]. Louis est le fils de Charles Lecomte et d’Anne de Fosse. Il avait épousé le 4 août 1683 Catherine Rolland de Saint-Georges, fille d’Adrien et de Jeanne de Gainon. Elle était née à Montebourg le 21 octobre 1662 et est décédée à Montréal le 3 avril 1738. En 1690, la famille de Louis occupe une très grande maison de pierre, au toit de bardeau de 2095 pi² français sur un terrain de 6320 pi² français dont le propriétaire est Charles Aubert de La Chesnaye [2]. Voir l’important article qui lui est consacré sous la plume d’ Yves F. Zoltvany dans le Dictionnaire biographique du Canada. À la fin de l’année 1690, en date du 3 novembre, Louis Lecomte se porte acquéreur d’une parcelle (20024) rue Notre-Dame nord, entre la rue Saint-Pierre et la rue Saint-François-Xavier, qu’il va conserver jusqu’en 1704. Y aurait-il un lien entre le rôle qu’il a joué en tant que curateur dans l’affaire Poignet et cet achat immobilier ? Je n’en ai aucune preuve.

Pour en connaître davantage sur la justice en Nouvelle-France et sur la décision rendue dans l’affaire Haudecoeur, le lecteur se reportera au document que nous avons tiré des Jugements et délibérations du Conseil Souverain de la Nouvelle-France, parus en 1887 et que nous reproduisons en annexe. Et comment peut-on définir le supplice de la roue ? En voici une excellente définition extraite du livre de G. Callandraud, De l’exécution capitale à travers les civilisations et les âges :

Le supplice de la roue était un mode d’exécution courant sous l’ancienne monarchie française. Le condamné, seulement vêtu d’une chemise, était solidement attaché, allongé sur le dos, sur une roue placée horizontalement en légère surélévation au-dessus de l’échafaud. Le principe de l’exécution consistait à casser les membres du condamné, à grands coups de barre de fer à section carrée, munie d’une poignée. Le bon ordonnancement de l’exécution prévoyait huit coups, de manière à casser deux fois chaque membre ; puis deux autres portés à la poitrine et à l’estomac. L’individu n’était pas mort pour autant et il devait agoniser sur la roue dans des souffrances atroces, jusqu’à ce que mort s’ensuive et au vu de tous. Le bourreau étranglait parfois le condamné, soit avant, soit pendant le supplice. Cette mansuétude restait toujours tenue au secret et inconnue tant du condamné que du public. Ce supplice traditionnel des assassins, des voleurs de grands chemins, se voulait dur, abominable, pour être encore plus exemplaire.

GIF - 39.9 koLe supplice de la roueImage publiée avec l’aimable autorisation de Thierry Tillet, webmestre du site : www.blisetborn.free.fr

Dans un livre consacré aux Crimes et châtiments au Canada français, l’auteur Raymond Boyer laisse entendre que l’exécution eut lieu à Québec parce qu’il n’y avait pas, en ce temps-là, de bourreau à Montréal. Qui fut chargé de l’exécution ? Un dénommé Jean Rattier, « maître officiel des hautes œuvres du Canada ». On ne peut dire que Jean Haudecoeur fût exécuté par un bourreau aux mains propres. Car ce Jean Rattier (ou Ratier dit Dubuisson) qui a droit à un court article sous la plume d’André Lachance dans le Dictionnaire biographique du Canada, à qui nous empruntons les éléments qui suivent, avait lui-même un crime sur la conscience.

Né en France vers 1650, on le retrouve, dans le recensement de 1666 à Trois-Rivières, domestique dans la famille de Jean-Baptiste Godfroy. Il épouse, en cette ville, le 6 février 1672, Marie Rivière (ou Larivière), fille du Roy (répertoire Landry) originaire de Marennes en Charente-Maritime. Le couple aura cinq enfants.

Deux faits importants tranchent dans le cours de sa vie : Le premier remonte à l’automne 1679. Le 23 octobre, il est mêlé à une rixe au cours de laquelle une jeune fille, Jeanne Couc, est tuée. Reconnu criminellement responsable de cette mort, il est condamné à être pendu. Il se prévaut d’un appel devant le Conseil souverain. Mais celui-ci, en date du 31 décembre 1680, confirme la sentence. Or, Jean Rattier, va jouir d’une chance exceptionnelle, on dirait aujourd’hui qu’il eut la baraka : personne n’est en fonction pour exécuter la sentence, l’exécuteur des hautes œuvres, Jean Daigle (ou Daigre), était décédé au printemps et personne n’avait encore été nommé pour le remplacer. Il faut avouer qu’on ne se bousculait pas au portillon pour exercer le métier de bourreau. On va donc proposer à Jean Rattier de choisir : ou d’attendre en prison qu’un nouvel exécuteur soit nommé ou d’accepter l’office de bourreau. Comment, devant un tel choix, Rattier pourrait-il refuser l’emploi qu’on lui offre ? Il accepte et fait venir femme et enfants à Québec.

Le second remonte à juillet 1695. Sa femme, Marie et sa fille Marie-Charlotte sont arrêtées, emprisonnées et accusées de recel. Marie-Charlotte s’en tire avec une réprimande mais sa femme est condamnée au carcan, « à jour et heure de marché, pendant une heure, ayant sur la poitrine un écriteau en gros caractères portant le mot receleuse. » Le mari est chargé d’exécuter la sentence, sans doute sous les plaisanteries et les quolibets de la foule présente. Rattier exercera ses ignobles fonctions jusqu’à son décès à l’Hôtel-Dieu de Québec le 21 mai 1703.

Le lecteur pourrait se demander ce qu’est devenue la veuve du criminel Jean Haudecoeur ? Eh bien, elle a étrangement trouvé preneur et s’est empressée de se remarier. Le 29 octobre 1692, Marie-Madeleine Matou, veuve de Jean Haudecoeur, épouse à Boucherville René Deniau. Un descendant de ce René Deniau, Sylvain Daigneault a consacré une remarquable recherche pour démêler les fils qui le relient à ses véritables ancêtres. Le lecteur retrouvera à l’adresse Internet suivante l’enquête presque policière menée récemment par ce descendant de René Deniau :

www.marigot.ca/daignault/gauche.htm.

Il est intéressant de noter qu’avant l’étude de Sylvain Daigneault, aucun chercheur n’avait voulu ou été en mesure de solutionner un grave problème de descendance. Pour sauver l’honneur de la famille ? C’est ce que laisse entendre Sylvain Daigneault.

Peut-on penser que Thomas se soit déplacé jusqu’à Québec pour assister à l’exécution de son beau-frère ? Je n’en crois rien. Il a dû courber la tête, s’enfermer dans un mutisme de bon aloi et poursuivre avec un certain courage les travaux printaniers sur sa terre à Rivière-des-Prairies. Après avoir passé à travers ces rudes et douloureuses épreuves, notre ancêtre pouvait dorénavant envisager l’avenir en Nouvelle-France en toute confiance.

ANNEXE :

Jugement rendu par le Conseil souverain de la Nouvelle-France dans l’affaire Jean Haudecoeur

Copie conforme à l’original dudit Jugement

Références :

1. Boyer, Raymond, Les crimes et les châtiments au Canada Français du XVIIe au XXe siècle, Le Cercle du Livre de France, Ottawa 1966, 542 p.

2. Callandraud, Gilbert J. : De l’exécution capitale à travers les civilisations et les âges ; J.-C. Lattès, 1979, 233 p.

3. Charbonneau, Hubert, Les morts violentes de la Grande recrue. Voir : www.historiatv.com/origines

4. Myre, Marcel, Madeleine Matou, la femme du meurtrier de Boucherville, 1665-1699, Septentrion 2006, 150 p.

5. Roy, Pierre-Georges, Toutes petites choses du Régime français, première série, Éditions Garneau, Québec 1944, 304 p.

6. Jugements et Délibérations du Conseil Souverain de la Nouvelle-France. Nous avons consulté à la Bibliothèque nationale du Québec, un document microfilmé sous la cote MIC-A1715, 27 mai 1690, p. 427-428 sur microfilm, No 96.2, Vol. 3.)

7. Tanguay, Cyprien, Dictionnaire généalogique des familles canadiennes en ligne sur le site de BAnQ (Bibliothèque et Archives nationales du Québec).

8. Dictionnaire biographique du Canada en ligne : www.biographi.ca/fr/

9. Base de données du groupe de recherche sur Montréal : http://cca.qc.ca/adhemar/default.htm

C’est en écrivant cet article que j’ai découvert le pot aux roses…

Labatt brasse la Bud Light…

Vous auriez dû me le dire non…