Charles de Langlade

Un petit spécial du vendredi…, car la cour est pleine…

Ma cour est pleine de choses à vous raconter suite à mes petits voyages un peu partout au Québec : lac St-Jean, St-Jean-Port-Joli, St-Roch-des-Aulnaies, Rivière-Ouelle, Kamouraska, St-Vallier et St-Michel-de-Bellechasse.

Pour une fois je ne me suis pas perdu en chemin, car j’avais un GPS.

Mon article de ce matin tombe bien car c’est le 225e article sur ce nouveau blogue.

Un 225e ça se fête en grand tout comme le 225e de Sainte-Anne-des-Plaines en 2012 en moins que les Mayas ne s’en mêlent.

Vous savez tous et toutes combien j’aime l’histoire, la généalogie… et écrire des blogues.

Si vous êtes des lecteurs ou des lectrices assidus, vous savez que je vous avais déjà parlé de ce monsieur…

Charles de Langlade

C’était en mars 2008. Je commençais à peine à bloguer…

Je voulais vous parler la famille Gauthier de Sainte-Anne-des-Plaines, et j’avais abouti par vous parler de lui. J’avais écrit trois articles sur la famille Gauthier sur mon ancien blogue disparu.

Dans le premier article, on avait fait la rencontre de William Gauthier et de son fils…

William et son fils Clovis

Dans le deuxième… On avait appris plein de chose sur Louis Gauthier alias Louis Gokee.

Dans le dernier, on retrouvait une histoire fascinante à découvrir.

Si je vous reparle de Charles de Langlade, c’est qu’un géographe m’a mis un commentaire sur mon ancien blogue.

C’est grâce à la vigilance d’une de mes lectrices que j’ai été mis au parfum, sinon ce commentaire aurait erré pendant des millénaires dans le cyber-espace.

Monsieur Naud m’avait écrit ceci… en 2009 !

L’avantage de mon nouveau blogue est que je reçois un courriel m’avertissant que quelqu’un m’a mis un commentaire.

Voici son commentaire…

Je possède une copie numérisée de la lettre du Roi de France qui décerne personnellement son grade militaire à Charles de Langlade. Si ce document vous intéresse, faites-moi signe.

Charles de Langlade était devenu mon héros depuis que j’avais lu les livres de Marcel Trudel qui remettait drôlement les pendules à l’heure au sujet de Dollard Des Ormeaux et de Madeleine de Verchères.

J’ai donc fait signe à monsieur Naud et j’ai rapidement reçu ceci…

J’ai demandé à monsieur Naud si je pouvais vous en parler tout en mentionnant son nom…

Voici sa réponse :

Aucun problème.

Les photos (lettre et poignée d’épée) proviennent des archives du Neville Museum à Green Bay, Wisconsin (http://www.nevillepublicmuseum.org/).

J’ai visité ce musée au printemps dernier, précisément pour retrouver la trace de cette lettre et ainsi que d’une épée ayant présumément appartenu à Charles de Langlade (via les descendants de la famille d’Augustin Grignon).

Ce musée est très fier de posséder la lettre du Roi de France, l’épée de Charles de Langlade ainsi qu’un ostensoir d’argent ayant appartenu à une mission Jésuite (Sainte-Marie-des-Hurons) et qui a séjourné semble-t-il une centaine d’années sous terre, quoiqu’il soit encore en parfaite condition.

J’effectue à temps "perdu" quelques recherches sur Charles de Langlade, notamment sur le rôle que lui-même et "ses" Indiens ont joué à Québec lors de la grande explication de 1759-1760.

Ci-joint les deux photos.

Bien à vous,

Léonce Naud, géographe

Monsieur Naud m’a ensuite envoyé ceci…


Les Outaouas au siège de Québec

« Le siège de Québec avait commencé  —  siège fameux dans l’histoire et qui devait durer deux mois et douze jours. Le 2 juillet 1759, Wolfe avait occupé La Pointe-de-Lévis avec 5,000 hommes. À l’endroit où le fleuve est le plus resserré, l’artillerie anglaise avait pris position en face de la ville. Les obus britanniques allaient tomber dru sur les édifices civils et militaires de Québec, sur les églises, sur les couvents, sur les maisons. Mais l’armée française demeurait intacte, mais Québec restait inviolé.

Les Canadiens reprenaient courage. Et ils n’étaient pas seuls à espérer encore. À peine les Anglais signalés à l’entrée du Saint-Laurent, M. de Vaudreuil, aux commandants des postes du nord et de l’ouest avait expédié l’ordre de faire descendre au plus vite tous les guerriers des nations qu’ils pourraient décider à partir. L’appel avait été entendu. Effort suprême du monde sauvage. Pour la dernière fois, la Confédération des Pays d’en Haut, remua à la voix de la France !… Le 29 juin, il était 7 heures du soir, une rumeur courut dans la ville de Québec : les Outaouas arrivent… Et chacun de se hâter pour les voir défiler. Ils étaient 230 sauvages outaouas qui s’avançaient en bon ordre. À leur tête les conduisant, habillé comme eux, on se montrait leur interprète, M. Langlade, jeune homme de qualité  —  il avait 30 ans  —  et enseigne des troupes de la marine, mais élevé parmi les sauvages, à demi sauvage lui-même, fils d’une squaw outaoua. Les Outaouas étaient féroces, les Outaouas étaient anthropophages. Enfin, pour tout dire, les Outaouas étaient des sauvages comme tous les sauvages : ils n’adoraient que le succès. Tant pis ! Les Outaouas  —  presque tous les hommes valides de leurs diverses tribus  —  avaient suivi Langlade, ils avaient marché, canoté, ils avaient forcé les étapes.

Rendus à Montréal, les Outaouas avaient été saluer M. de Rigaud, frère de M. de Vaudreuil. Ils lui avaient dit : « Mon père, nous avons entendu la parole de notre Père Ononthio [le gouverneur général]. Tout éloignés que nous sommes, elle est parvenue sous terre [secrètement] jusqu’à nous. Nous voilà arrivés pour faire sa volonté. Disposez de nous. » Et Rigaud à Vaudreuil les avait envoyés.

Aux Outaouas avaient succédé d’autres sauvages. Sur leurs traces, les uns après les autres, étaient venus des Miamis, des Poutéouatamis  —  des sauvages les seuls qui n’eussent jamais trempé leurs mains dans le sang d’un Français  —  des Sauteux, des Têtes de Boule, des Folles Avoine et jusqu’à des Cris des lacs de la Pluie et des Bois. Par les chemins de Montréal à Québec, par le Saint-Laurent, avaient passé toutes les nations des Lacs et même les nations qui habitaient au delà des Lacs. En bref, à l’heure où se jouait la partie suprême, un millier de guerriers peaux-rouges se trouvèrent avoir rejoint les rangs des Français. » (Pages 282-283)

Histoire du Canada français (1534-1763)
par Claude de Bonnault, Presses Universitaires de France (P.U.F.)
Colonies et Empires – Collection internationale de documentation coloniale
Paris, 1950, 348 p.

Fascinant n’est-ce pas.

Une gang de… « sauvages » venus à notre rescousse, quand on sait ce qu’on a fait d’eux avant et par la suite.

Mais ça, c’est une toute autre histoire.

Qui est monsieur Naud…?

Cliquez ici…

Et ici…

Quant à moi, je pense bien me remettre à la semaine de trois jours.

Je vais y penser sérieusement.