Les Belles Histoires de Ste-Anne-des-Plaines : La famille Gratton

Voici la deuxième période de l’histoire des Nordiques de Sainte-Anne-des-Plaines.

Cliquez ici pour la première période et lisez bien l’avertissement que j’y ai mis avant de procéder à la lecture…


5 mai 1877

 

 

La défaite avait été très dure à avaler pour la famille Gratton.

Les Nordiques menaient 3 à 1 lors du cinquième match quand les Flyers de Sainte-Sophie ont remonté la pente et l’ont remporté 6 à 2, éliminant ainsi les Nordiques en cinq matchs.

R.J. Umberger, un descendant de Monsieur Burger, et Daniel Brière s’étaient illustrés durant cette série, tout comme le petit Biron. Brière était fort probablement un des descendants éloignés d’Amable Brière, un des tout premiers colons de Ste-Anne-des-Plaines. Daniel avait préféré se joindre aux Flyers de Sainte-Sophie en 1877 au lieu de l’équipe de Sainte-Anne-des-Plaines.

J’ai justement trouvé un texte dans le livre de l’abbé Dugas hier matin. On ne parle pas de Daniel Brière, mais on parle d’Amable Brière…

Un vieux colon du nom d’Amable Brière, mort à Ste-Anne-des-Plaines, en 1844, à l’âge de 99 ans et 8 mois, racontait aux anciens habitants de la paroisse, qu’un an avant son mariage il était venu explorer cette partie de la colonie et qu’il n’y avait pas trouvé un pouce de terre en culture…

 

Les Nordiques ne remporteraient donc pas une 25e coupe Latour d’affilée, mais Sulpice Gratton avait réalisé un grand rêve.

Un peu comme Gordie Howe, Sulpice avait toujours rêvé jouer avec ses fils dans une ligue de hockey professionnel avant de prendre sa retraite.

Son rêve se concrétisa en 1877, quand Sulpice joua sur une même ligne avec ses fils Joseph et Abondius.

Abondius n’était âgé que de 13 ans, mais il était un vrai prodige au hockey.

Sulpice avait aussi deux autres fils, Adélard, âgé de 11 ans et Amédée, mais ce dernier n’avait que 3 ans et patinait sur la bottine. Il rêvait plus d’une carrière en patinage artistique.

 

Quelques années plus tard, les Nordiques de Ste-Anne-des-Plaines seraient vendus à des intérêts américains et déménageraient au Colorado. Dans un courriel la semaine dernière, Benoît, un de mes lecteurs, m’avait parlé des Maroons, mais il a dû certainement se tromper…

L’année suivant le départ, l’aréna de Sainte-Anne-des-Plaines ainsi que le Temple de la Renommée du hockey furent détruits lors de deux incendies suspects.

Les Nordiques de Sainte-Anne-des-Plaines sombrèrent dans l’oubli, sauf pour ce vieux chandail exposé au Temple de la Renommée du hockey à Toronto.

Toujours est-il qu’en 1852, un cultivateur nommé Sulpice Gratton vivait tranquillement avec son épouse et ses enfants. Son père Joseph Gratton et sa mère Sophie Boisvert vivaient également dans le ménage.

Voici le recensement de 1852 pour le prouver. On n’invente pas l’histoire.

Gratton, Sulpice        Cultivateur    32      M

Forget, Clémence     25      F

Gratton, Joseph       Rentier         62      M

Boisvert, Sophie       Rentier          57      F

Gratton, Marguerite 20      F

Gratton, Ludger        Journalier      17      M

Gratton, Albina          13      F

Gratton, Marie           10      F

Gratton, Clémence    6        F

Gratton, Alphonsine 4        F

Gratton, Joseph         2        M

La saison des récoltes était terminée et François Latour, l’orfèvre de Ste-Anne-des-Plaines, l’avait approché pour diriger ses Nordiques.

Sulpice était l’homme tout désigné pour l’emploi.

Il était un joueur de hockey très doué et également un fin stratège. François Latour l’a donc embauché comme joueur-instructeur de ses fameux Nordiques.

Voici d’ailleurs une photo de Sulpice Gratton alors qu’il approchait la soixantaine.

circa 1877

Et une des rares photos de Sulpice Gratton…

Sulpice Gratton

J’ai aussi retrouvé les photos des trois frères Gau… Gau… Gauthier… Les trois “goons” de l’équipe.

Les photos dateraient des années 1860.

Sulpice les avait embauchés pour sauver la concession qui battait de l’aile droite et de l’aile gauche…

Isidore Gauthier

Damase Gauthier

David Gauthier

J’ai retrouvé en plus dans les archives une des rares photos du gardien Jérémie Lefort…

Jérémy Lefort

À la semaine prochaine pour la dernière période de l’histoire des Nordiques de Sainte-Anne-des-Plaines…

À moins qu’on aille en surtemps!

 

En me documentant sur ma série d’articles, je suis aussi allé faire un tour sur E-Bay et j’ai trouvé ça…

et pas cher en plus!