Un secret bien gardé : prise deux

Voici la suite de vendredi dernier…

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Il répéta d’autres injures, et plusieurs fois les mêmes, de manière insistante.

J’étais resté debout devant lui, désemparé, ne sachant que penser, sans vraiment comprendre ce qui m’arrivait. Ce cauchemar a duré combien de temps ? Je ne saurais dire.

Puis, aussi soudainement que l’incident avait éclaté, brusquement, le vicaire me quitte. Il s’engage dans un long couloir conduisant à un appartement à l’arrière du presbytère. Jusqu’à ce que je le vois disparaître au bout du couloir, il me hurle des injures.

Je tourne la tête. Je vois le vieux curé assis sur une chaise, la tête entre les deux mains. Lentement, il se lève et vient vers moi. Je remarque que des larmes coulent de ses yeux. Il pose un regard douloureux et suppliant sur moi, il s’empare de mes deux mains, les enferment dans les siennes. Il me supplie d’une voix qui à peine à contenir son émotion, de pardonner son vicaire au nom de Jésus-Christ. Je reste figé sur place ne sachant comment réagir.

Le désarroi m’envahit ! Brusquement, je libère mes mains et dis au vieux curé que je ne peux, et ne veux pas pardonner au vicaire. Que je n’ai pas compris ses propos à mon égard.

Je quitte le curé d’un pas pressé. Je traverse la grande cour devant le presbytère et l’église de St-Eutrope. J’entends toujours derrière moi les supplications du vieux curé. Arrivé dans un coin du mur de la crypte de St Eutrope, en route vers Saintes, dissimulé dans la noirceur de la nuit, je m’appuie un instant sur le mur de pierre devant moi. J’ai la tête en feu, je me sens complètent épuisé. Le front collé sur la pierre, soudain, je ne contrôle plus mes émotions, je pleure en pensant à mes malheureux ancêtres qui avaient dû vivre avec de tels individus. En pensant à eux, le calme revient dans mon esprit. Mais je n’oublierai jamais ce qu’il m’est arrivé ce soir là.

La semaine prochaine, la fin de l’histoire…