Une très mauvaise récolte

L’année 1911 avait été assez désastreuse pour les cultivateurs de Sainte-Anne.

Une maladie mystérieuse avait frappé mystérieusement presque toutes les cultures.

Les animaux aussi étaient mal en point. C’était comme si la malédiction du ciel s’était abattue sur notre petit village des Basses-Laurentides.

Le fou du village avait alors parlé de la colère de Dieu un peu comme lors du déluge des fameux Jeux olympiques de 1876 et avait réussi à mettre mis le feu aux poudres.

Toutes les récoltes ont été touchées sauf celle de monsieur Allen… avait-il dit à la sortie de la grand-messe du dimanche…

Repentez-vous… Repentez-vous… avait-il dit à la sortie de la grand-messe du dimanche…

Monsieur le curé Coursol connaissait bien le fou du village et aussi les Allen, car il était déjà allé leur rendre une petite visite question de tâter le terrain de leurs convictions religieuses.

Mais la grogne s’installait de plus en plus dans le village, à tel point que monsieur le curé avait dû faire une petite rencontre paroissiale question de remettre les pendules à l’heure…

rencontre paroissiale

Bon, on ajuste nos montres…

Le curé Edmond Coursol était un homme fort respecté par ses paroissiens et ses paroissiennes. Âgé de 47 ans, il avait comme vicaire le révérend Théodore Charbonneau, âgé de 33 ans. Bernadette Lauzon, la fille d’Éphrem, était ménagère tout comme Modestina Lauzon, la fille d’Aquila.

Devant le presbytère

Fromage…

Le curé Coursol avait parlé des raccommodements raisonnables, quelque chose du genre. Il avait parlé des Seppey, dans les années 1880, une famille suisse catholique, dont le père s’était fait roulé royalement dans l’achat d’une terre dans le rang Sainte-Claire, devenant ainsi le premier roulé suisse du Québec…

Ça peut sembler drôle, mais Michel-Marie Seppey avait dû déménager sa famille à Montréal faute de crever de faim…

Il y avait eu aussi à la même époque la famille Richard avec le pasteur protestant Emmanuel Richard, encore des Suisses, dont on ne sait que de choses et qu’on ignore s’ils ont aussi été roulés.

Ce qu’on sait, c’est qu’ils étaients des voisins. J’en ai parlé dans un de mes articles sur mon ancien blogue

Charles RICHARD M Male Swiss 41 Suisse Cultivateur Protestant
Emmanuel RICHARD M Male Swiss 75 Suisse Missionaire Protestant
Darette RICHARD M Female Swiss 68 Suisse Protestant
Jule RICHARD M Male Swiss 40 Suisse Protestant
Robecca RICHARD M Female Irish 27 Québec Protestant
Hattie RICHARD Female Swiss 5 Québec Protestant
Caroline RICHARD Female Swiss 3 Québec Protestant
Anna RICHARD Female Swiss -1 an: Feb; 2/12 Québec Protestant
Mary ALEXANDER Female Irish 18 (13) Québec Protestant
William BEAUFILD Male English 27 Québec Gentleman Protestant

Tout au plus, on peut faire l’hypothèse suivante…

Emmanuel avait deux fils, Charles et Jules. Jules vivait avec sa femme Rébecca et avait trois filles.

Quant à Monsieur Allen, en 1911, il vaquait à ses occupations et se mêlaient de ses citrouilles.

Il avait même fait mettre cette enseigne.

enseigne

La municipalité lui avait causé toutes sortes d’ennuis, car son enseigne ne respectait les normes municipales…

De plus, elle était unilingue et contrevenait à la première loi municipale au Québec de francisation des enseignes.

Monsieur Burger avait dû changer son enseigne pour Monsieur Hambourgeois, et Tim Horton pour Timothée Horton.

Georges avait obtempéré…

enseigne en français

Au début, les gens de Sainte-Anne avaient trouvé bien drôle cette culture de potirons de ce vieil anglican.

Georges était devenu maître dans la culture de la citrouille et avait mérité plusieurs prix à travers le monde.

Des gens riches et célèbres étaient même venus d’aussi loin que l’Orégon…, mais ça c’est une autre histoire…

Monsieur Allen avait raconté que sa soeur Anne lui avait ramené quelques graines de citrouille d’Angleterre.

Il les avait tout simplement plantées près de sa maison, un peu comme Jacques dans l’histoire vraie de Jacques et les haricots magiques, et, tous les jours, Georges s’amusait à répéter avec un petit sourire en coin…

Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir ?

Comme elle était un peu sourde, elle se demandait bien ce que son frère lui disait avec le rire fendu jusqu’aux oreilles.

Âgée de 81 ans, Anne n’était plus une jeunesse et les enfants l’avaient baptisé la Old Witch… la vieille sorcière…

Sauf la petite Germaine, la fille d’Aquila Lauzon,

Germaine Lauzon

C’est pas une old witch…

Certains paroissiens avaient été revoir monsieur le curé Coursol, mais celui-ci n’était pas un homme à croire aux histoires de sorcière.

Il retourna voir Georges question d’avoir l’esprit tranquille avec toute cette histoire de sorcière.

Il eut toute une grosse surprise en arrivant à la ferme de Georges…