Un grand homme

J’ai cette photo sur le mur de mon bureau de travail.

Edouard

C’est la photo d’Édouard Métayer, capitaine de pompier.

Édouard était le père de ma grand-mère paternelle.

Édouard est mort le 2 avril 1928, la veille de son 34e anniversaire comme pompier au Service incendie de Montréal.

Mon seul souvenir d’Édouard était cette photo dans ce vieux logement que mes grands-parents habitaient et qui était situé au 4430 rue Mentana à Montréal dans les années 50.

Ma grand-mère m’avait dit qu’Édouard était mort en essayant de retenir les guides des chevaux qu’il conduisait. Les chevaux avaient pris le mors aux dents en allant sur les lieux d’un incendie.

Édouard est mort un mois plus tard des suites de l’accident. Il a laissé dans le deuil sa femme et une dizaine d’enfants.

C’est tout ce que je savais. À l’époque, je devais avoir sept ou huit ans.

Cinquante ans plus tard, Édouard me sourit maintenant tous les jours.

Comment se fait-il qu’on ressente ce besoin de retrouver ses ancêtres quand on approche d’un certain « bel âge » ?

Dans mon cas, j’avais besoin de me rapprocher d’Édouard, le père de Juliette Métayer, ma grand-mère, la mère de mon père Léo Lagacé.

J’aimais beaucoup ma grand-mère Juliette. Elle est morte le 24 mai 1962. La famille de ma grand-mère était pauvre et comptait une dizaine d’enfants. Je me rappelais les noms de tous mes oncles et de toutes mes tantes, les frères et les soeurs de mon père. Ce fut donc facile de les inscrire sur le site où je consigne mes découvertes.

Dans mon for intérieur, j’espérais les retrouver.

J’ai retracé une de mes tantes. C’était Denise. J’ai retrouvé sa carte mortuaire dans le site Planète Généalogie. Elle est morte d’un cancer en 2002.

Les yeux me roulaient dans l’eau.

Certains souvenirs me revenaient à l’esprit… J’avais vu Denise la dernière fois en 1978 à Ville St-Michel. J’enseignais alors à l’école St-René-Goupil. J’enseignais à mon cousin Sylvain. Je ne le savais pas, jusqu’à ce que je vois ma tante lors d’une rencontre de parents-enseignants.

Mais pour les ancêtres de Juliette, c’était l’inconnu, sauf… cette photo d’Édouard dans le logement de la rue Mentana… Il portait un képi de pompier avec un écusson de capitaine.

La suite de l’histoire… Demain soir.

Ensuite, ce sera votre tour de me parler d’un de vos ancêtres… ou d’essayer ensemble de les retrouver. Ce blogue deviendra un lieu de partage et d’échanges, et dans certains cas, un lieu de réconciliation avec son passé.